Victoire pour les blaireaux devant la Cour administrative d’appel de Bordeaux !

Pour la première fois, une juridiction d’appel considère qu’eu égard à l’objectif d’équilibre agro-sylvo-cynégétique posé par l’article L. 420-1 du code de l’environnement, il y a lieu d’entendre par « petits de tous mammifères » le petit qui n’a pas atteint une autonomie et qui n’est pas capable de survivre seul sans dépendance de sa mère. Un tel état ne devant être assimilé, ainsi que la cour le précise, ni à la période de sevrage ni à la maturité sexuelle du mammifère.

C’est une grande victoire pour les associations AVES France, One Voice et Indre Nature, ainsi que pour le cabinet Géo Avocats qui les représente !

⚖️   Par deux arrêts du 24 février 2026, la Cour administrative d’appel de Bordeaux s’est prononcée sur le principal moyen mobilisé par les associations à l’encontre des arrêtés préfectoraux autorisant des périodes complémentaires de vénerie sous terre (VST) du blaireau : leur méconnaissance de l’article L.424-10 du code de l’environnement, interdisant la destruction des « petits » des mammifères chassables.

C’est la première fois qu’une décision d’appel est rendue sur ce point de droit spécifique

La Cour a rejeté les appels formés par le ministère de la transition écologique à l’encontre des jugements du tribunal administratif de Limoges ayant annulé les arrêtés préfectoraux contestés par les associations.

Cela signifie que :

1️⃣  Les arrêtés préfectoraux autorisant des périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau sont soumis au respect de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique et de l’interdiction de tuer les petits de mammifères chassables.

2️⃣  Le « petit » doit être défini comme le spécimen qui est dépendant de sa mère et ne peut pas survivre sans elle, c’est-à-dire le blaireau non émancipé.

3️⃣ Il ressort des publications scientifiques concordantes produites par les associations que l’apprentissage du petit blaireau perdure jusqu’à ses 6 à 8 mois, soit jusqu’à l’automne, de sorte que « l’émancipation du petit blaireau n’est atteinte à aucun moment de la période complémentaire » autorisée par les arrêtés.

4️⃣ L’abattage des femelles « menace également indirectement la survie des petits blaireaux ».

5️⃣  La nature même des opérations de vénerie sous terre « ne permet pas de sélectionner la taille des spécimens détruits », ce qui en fait une chasse non-sélective.

6️⃣  Ni l’existence de prétendus dommages, ni une éventuelle surpopulation de l’espèce ni un risque allégué d’épizootie ne justifient l’ouverture d’une période complémentaire, dès lors qu’elle entraîne une atteinte aux petits.

 A noter que par deux arrêts du même jour, la Cour a également rejeté les appels formés par deux fédérations départementales des chasseurs à l’encontre de jugements ayant annulé des arrêtés similaires au motif qu’elles ne justifiaient pas d’un droit lésé leur donnant qualité pour interjeter appel.

✨  Nous espérons désormais que les préfectures respecteront ces décisions en s’abstenant d’ouvrir de nouvelles périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau dès cette année.

L’équipe bénévole d’AVES France tient à remercier Maîtres Coline Robert et Andrea Rigal-Casta du cabinet Geo Avocats pour leur engagement à ses côtés pour la défense des blaireaux et la grande qualité des recours portés devant les juridictions administratives. Nous tenons aussi à remercier nos bénévoles, donateurs, mécènes et les associations partenaires engagées contre les périodes complémentaires de vénerie sous terre du blaireau.

https://www.aves.asso.fr/2026/02/victoire-pour-les-blaireaux-devant-la-cour-administrative-dappel-de-bordeaux/?doing_wp_cron=1773152203.4638741016387939453125 

Pour lire l’arrêt simplifié rendu :

https://bordeaux.cour-administrative-appel.fr/decisions-de-justice/dernieres-decisions/la-chasse-au-blaireau-ne-peut-etre-autorisee-pendant-la-periode-ou-le-jeune-blaireau-est-encore-dependant-de-sa-mere

⚖️ Consulter les ordonnances rendues sur la page des recours juridiques : https://www.aves.asso.fr/plaintes-recours/

Cet article reprend le post LinkedIn du cabinet Geo avocats : https://www.linkedin.com/posts/geo-avocats_la-chasse-au-blaireau-ne-peut-%C3%AAtre-autoris%C3%A9e-activity-7432432291894804480-_XgZ

Les 15 et 22 mars mon bulletin de vote a du pouvoir

Il y a trop de pays où les citoyennes et citoyens souffrent de ne pas pouvoir s’exprimer pour que je n’utilise pas mon bulletin de vote pour faire connaître mes préférences. Mon bulletin sera nul mais au moins il sera scruté par les scrutateurs.

Pour plus de 23 000 communes, un seul tour sera suffisant pour renouveler les sièges des conseillers municipaux le 15 mars. Si ce chiffre inédit est avant tout la conséquence d’une réforme du mode de scrutin, il révèle aussi la difficulté croissante à recruter des volontaires pour se lancer dans l’aventure politique.

“À quoi bon aller voter ?” : une seule liste dans votre commune, pourquoi votre vote aux municipales est quand même important

« A quoi bon aller voter car nous avons une seule liste cette fois ? » : les petites communes face au risque de hausse de l’abstention aux municipales – Public Sénat

“Ça ne va pas mobiliser les foules” : pourquoi il n’y aura qu’une seule liste candidate aux municipales dans plus de deux tiers des communes de France

Le maire, le transport solidaire et la ″liberté″ retrouvée
Dans les Côtes-d’Armor, des chauffeurs bénévoles roulent pour les habitants isolés

les bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Chasse du lagopède suspendue pendant 5 ans

Le Conseil d’État ordonne au gouvernement de suspendre pendant cinq ans la chasse au lagopède, un oiseau de montagne en fort déclin et disparu de nombreuses communes alpines. (Reporterre)

2. L’UE veut financer l’accès à l’avortement dans un autre pays membre

La Commission européenne prévoit d’utiliser des fonds pour permettre aux femmes ne pouvant pas avorter dans leur pays de se rendre dans un autre État de l’UE, avec des frais médicaux et de transport pris en charge. (La Relève et la Peste)

3. Brésil : les peuples indigènes obtiennent l’abandon d’un projet de privatisation de fleuves

Après 33 jours d’occupation d’un port de Cargill, des communautés indigènes ont obtenu l’abrogation d’un décret autorisant la privatisation et le dragage de plusieurs fleuves amazoniens. (Révolution Permanente)

4 Des cultures de blé et betteraves viables sans pesticides

Une expérimentation menée pendant dix ans sur neuf sites en France montre que des cultures sans pesticides peuvent atteindre des rendements proches du conventionnel, notamment pour la betterave sucrière. (La Relève et la Peste)

5. Nemesis ne sera pas à la manif du 8 mars

Le collectif d’extrême droite Némésis a annoncé, jeudi 5 mars, qu’il ne prendrait pas part à la manifestation parisienne du 8 mars pour la Journée internationale des droits des femmes. Le groupe a indiqué qu’il organiserait son propre rassemblement dans le 16ᵉ arrondissement de Paris, après que plusieurs organisations féministes et syndicats ont réclamé l’interdiction de sa participation au cortège.(Le Monde)

6. Galice : un méga-projet d’usine de cellulose abandonné 

La Galice enterre la procédure d’autorisation d’une usine géante d’Altri à Palas de Rei, après des années de mobilisation (“Ulloa Viva”). Motif avancé : pas de raccordement électrique prévu avant au moins 2030, sans compensation pour l’entreprise. (taz)

7. Écosse : réintroduire des loups pourrait augmenter le stockage de CO₂

Selon une modélisation de chercheurs de l’Université de Leeds, environ 167 loupsdans les Highlands pourraient réguler les cerfs et favoriser la régénération forestière, avec jusqu’à 1 million de tonnes de CO₂ captées par an.(Sciencepost)

8. Serbie : le pygargue impérial d’Orient en nette reprise

Après être tombée à un seul couple reproducteur il y a moins de 10 ans, la population atteindrait 19 couples nicheurs (dont 10 avec des jeunes), portée par le suivi de terrain et des programmes de protection. Des menaces persistent (empoisonnement, collisions avec lignes électriques). (Serbian Times)

9. Afrique du Sud : record de poussins manchots du Cap en centre de soin

SANCCOB annonce plus de 150 poussins manchots éclos dans sa nurserie, un record en une saison pour une espèce en danger critique, alors qu’il resterait moins de 10 000 couples reproducteurs à l’état sauvage. Les jeunes seront relâchés une fois aptes. (Good Things Guy)

10. Amazonie : une naissance redonne un espoir de survie à une tribu au bord de l’extinction

La tribu Akuntsu, réduite à trois femmes depuis la mort du dernier homme en 2017, a accueilli un garçon né le 8 décembre 2025, dont le père est issu du peuple voisin Kanoe. L’article rappelle que la protection des territoires autochtonesest centrale face à la déforestation, notamment au Rondônia. (Libération)

Les bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Bruxelles adopte une résolution sur la Sécurité sociale de l’alimentation

Le Parlement bruxellois a adopté à 60 % une résolution, non contraignante, en faveur d’une Sécurité sociale de l’alimentation, demandant une étude nationale et un soutien public aux projets existants. (La Relève et la Peste)

2. Climat : des communes misent sur l’adaptation locale

Un rapport d’Oxfam recense 24 mesures déjà mises en œuvre par des villes françaises pour faire face au dérèglement climatique (végétalisation, rénovation thermique, désimperméabilisation, ORE). Malgré ces initiatives, les communes manquent de financements face à des besoins estimés à 1,5 milliard d’euros par an. (La Relève et la Peste)

3. Agriculture : le collectif Nourrir propose sa contre-loi

Au Salon de l’agriculture, le collectif Nourrir a présenté une proposition de loi pour protéger les revenus paysans (interdiction des ventes à perte), développer le bio en grande distribution, renforcer la protection de l’eau et interdire certains additifs nocifs. (Vert)

4. Parlement européen : une résolution reconnaît les femmes trans

Le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante reconnaissant les femmes trans comme des femmes et affirmant leur inclusion dans les politiques d’égalité de genre. Les conservateurs et l’extrême droite ont voté contre. (Politis)

5. Yangtsé : la biodiversité repart après l’interdiction de pêche

Depuis l’interdiction totale de pêche en 2021, la biodiversité du fleuve Yangtsé se rétablit : la biomasse de poissons a plus que doublé en trois ans et des espèces rares, comme le marsouin aptère, réapparaissent, selon une étude publiée dans Science.(CNRS)

6. États-Unis : des ONG attaquent l’abrogation d’un texte climatique

Une coalition d’associations environnementales poursuit l’administration Trump après l’abrogation du « constat de mise en danger » de 2009, fondement juridique des régulations fédérales sur les gaz à effet de serre.Elles jugent la décision illégale et annoncent une bataille judiciaire pouvant aller jusqu’à la Cour suprême. (Le Monde)

7. PFAS : 1 400 riverains poursuivent 3M en Belgique

Quelque 1 400 habitants près de l’usine 3M de Zwijndrecht accusent le groupe de les avoir exposés aux PFAS et réclament 20 000 euros chacun.L’affaire fait suite à la découverte, en 2021, de fortes contaminations des sols, de l’eau et du sang des riverains. (Reporterre)

8. Afrique du Sud : des cornes de rhinocéros rendues radioactives contre le braconnage

Une université sud-africaine injecte des isotopes radioactifs inoffensifs dans les cornes de rhinocéros pour les rendre détectables aux frontières.L’objectif est de lutter contre le trafic, alors qu’environ 500 rhinocéros sont braconnés chaque année dans le pays.(L’actualité)

9. Norvège : fin des poulets à croissance rapide d’ici 2027

L’industrie avicole norvégienne abandonnera d’ici 2027 les races de poulets à croissance rapide, accusées de graves problèmes de bien-être, au profit de souches plus lentes. Le pays élève environ 70 millions de poulets par an et deviendrait le premier à généraliser ces races dites « à meilleur bien-être». (The Canary)

10. Canicules : la végétalisation réduit la mortalité à Paris

Une étude de l’Inserm montre que les arrondissements parisiens les plus végétalisés enregistrent moins de décès lors des fortes chaleurs. L’effet des espaces verts apparaît plus déterminant que le niveau socio-économique, avec un rôle clé de l’âge des habitants et du bâti ancien. (ID, l’Info Durable)

Sécu, climat et contre-loi : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Saône-et-Loire jusqu’au 20 mars 2026

consultation publique sur le projet d’arrêté prévoyant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau

La préfecture de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre du Blaireau du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

La préfecture a publié une note de présentation.

AVES France vous invite à vous opposer à ce projet d’arrêté jusqu’au 20 mars 2026.

Important : pour que votre avis soit pris en compte, utilisez nos arguments pour rédiger une réponse personnalisée.

Modalité de réponse à cette consultation : 

Précision importante : tout le monde a le droit d’exprimer son avis sur ce projet d’arrêté, quel que soit son département de vie.

 

ATTENTION : vous devez accepter la publication de votre contribution ET cocher la case AVIS DEFAVORABLE puis donnez votre avis. Vous pouvez utiliser les arguments ci-dessous. Ne vous laissez pas tromper par la mention “Avis favorable au projet d’arrêté”. Nous avons demandé à la préfecture de corriger cela au plus vite, car la mention est trompeuse. Vous devez tout de même cocher AVIS DEFAVORABLE.


Monsieur le Préfet de la Saône-et-Loire,

La Direction Départementale des Territoires de la Saône-et-Loire propose à la consultation du public un projet d’arrêté préfectoral portant sur la période complémentaire de la vénerie sous terre du Blaireau pour la période allant du 15 juin 2026 au 14 septembre 2026.

Je souhaite déposer un AVIS DÉFAVORABLE à votre projet d’arrêté.

SUR LA FORME :

  • En introduction à la note de présentation, vous rappelez que « La clôture de la vénerie sous terre du blaireau intervient le 15 janvier en vertu de l’article R 424-5 du code de l’environnement. Cette fermeture anticipée s’adapte à la biologie de l’espèce et à la période de mise-bas (en février) dans l’objectif de ne pas compromettre sa pérennité » et que ce même article dispose que le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie sous terre du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai. Toutefois, les connaissances sur le blaireau ont évolué et l’avis de l’ensemble de la littérature scientifique est que le blaireau est un « petit » tout au long de sa première année de vie et qu’il est donc illégal de le tuer. 
  • Le sevrage des blaireautins n’est que le passage d’une alimentation lactée à une alimentation solide, généralement fournie par la mère blairelle. Cette étape alimentaire n’a aucun rapport avec le passage à l’âge adulte des blaireautins.
  • Le scientifique François Lebourgeois a écrit dans Activités saisonnières et comportements du blaireau européen (Meles meles L.) en contexte forestier tempéré de feuillus de plaine : résultats de 11 ans de suivi journalier (2013-2023) : “Comme beaucoup de mammifères, le blaireau est donc une espèce « altriciale », c’est-à-dire que la croissance et le développement des jeunes nécessitent des soins postnaissance prodigués par des individus adultes (notamment la mère). Même après le sevrage (chez les mammifères « processus durant lequel une mère cesse définitivement d’allaiter son petit »), les jeunes restent dépendants des adultes pour les soins, les différents apprentissages liés à la recherche de la nourriture, aux comportements pour la cohésion des groupes, à l’entretien des terriers.” Cet article est en accès libre et serait certainement une lecture plus enrichissante que les documents qui vous sont transmis par la fédération départementale des chasseurs. 
  • Les éléments mentionnés dans la note de présentation font la distinction entre adultes et juvéniles. Il est même précisé que seuls 66% des blaireaux prélevés sont adultes, ce qui signifie que 34% des blaireaux tués par les équipages de vénerie sous terre sont des jeunes ! Il est alors démontré que les chasseurs font parfaitement la distinction entre les classes d’âge. Par conséquent, l’infraction avec l’article L. 424-10 du Code de l’environnement est caractérisée.
  • Alors que le tribunal administratif de Dijon, dans son jugement du 15 mars 2022, a annulé l’arrêté préfectoral du 11 mai 2020 ouvrant une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau dans le département de Saône-et-Loire en 2020, la FDC71 continue de réclamer l’ouverture de la période complémentaire de vénerie sous terre au 15 mai, au mépris de la biologie de l’espèce.
  • Vous écrivez dans votre note de présentation qu’ « Une ouverture de la période complémentaire au 15 juin et non au 15 mai permet de garantir le sevrage des blaireautins. Ce décalage d’un mois prend en compte la décision rendue lors du jugement administratif du 15 mars 2022. » La Cour administrative d’appel de Bordeaux a rendu plusieurs avis le 24 février 2026 dans lequel elle écrit : «  Par suite, d’une part les dispositions de l’article R. 424-5 du code de l’environnement citées ci-dessus et autorisant une période de vénerie complémentaire, s’appliquent nécessairement dans le respect des articles L. 420-1 et L. 424-10 du même code. D’autre part, dans le cadre de l’équilibre ci-dessus décrit, nécessaire au maintien d’un bon état de conservation de la population des blaireaux, auquel concourt l’activité de la chasse, il y a lieu d’entendre par « petits de tous mammifères », le petit qui n’a pas atteint une autonomie, c’est à dire qui est incapable de survivre seul sans dépendance de sa mère, cet état ne devant être assimilé ni à la période de sevrage, ni à la maturité sexuelle du mammifère (…) Il s’ensuit qu’en l’état des connaissances scientifiques, l’émancipation du petit blaireau n’est atteinte à aucun moment de la  période complémentaire de chasse autorisée par l’arrêté préfectoral attaqué ». L’ouverture d’une période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau, même au 15 juin, est donc illégale. 
  • La note de présentation indique que « Les membres de la CDCFS ont très majoritairement émis un avis favorable à une ouverture complémentaire à partir du 15 mai 2026 (13 avis favorables, 3 avis défavorables et 2 abstentions) », ce qui est normal puisque la composition des CDCFS est déséquilibrée et qu’une minorité de membres représentent les intérêts de la nature et de la faune sauvage. La période complémentaire de vénerie sous terre ayant été réclamée par la fédération départementale des chasseurs de la Saône-et-Loire dans un courrier du 1er décembre 2025, on voit bien ici qu’elle n’a pas pour but de défendre l’intérêt général, mais l’intérêt particulier de ses membres, qui payent leur cotisation pour pouvoir chasser le plus longtemps possible dans l’année.
  • L’article 9 de la Convention de Berne prévoit des dérogations à la protection des espèces pour des motifs strictement définis, dont l’exercice récréatif de la chasse est exclu. Vous souhaitez justifier l’ouverture anticipée de la vénerie sous terre du blaireau sur l’ensemble de votre département par des déclarations de dommages aux cultures alors que vous ne fournissez aucune preuve ni aucun chiffrage des dégâts et par des dommages aux infrastructures routières ou ferroviaires. Or, la vénerie sous terre ne peut en aucun cas répondre à une problématique de terrier  sous une route ou une voie ferrée.
  • De plus, l’article 9 de la Convention de Berne n’autorise les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées qu’« à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété ». Pour être légales, les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux blaireaux doivent être justifiées par trois conditions, devant être cumulativement vérifiées : la démonstration de dommages importants aux cultures notamment ; l’absence de solution alternative ; l’absence d’impact d’une telle mesure sur la survie de la population concernée. Or, la note de présentation n’apporte aucun élément pour justifier cette période complémentaire. Elle ne fournit aucune estimation fiable des populations de blaireaux dans le département, ni aucun détail sur les estimations de dégâts attribuées à l’espèce (qui sont d’ailleurs peu nombreux, puisque vous en dénombrez 22 à l’échelle du département). Par ailleurs, il n’est pas fait mention de mesures préventives qui pourraient solutionner les rares dommages causés par ces animaux. Dans ces conditions, rien ne justifie la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau et le projet d’arrêté est donc entaché d’illégalité.
  • Vous reconnaissez dans la note de présentation qu’il “n’existe pas de recensement de la population de blaireaux en Saône-et-Loire”. Le recensement des blaireautières par les chasseurs, à la fois juges et parties, ne permet pas de connaître les effectifs de blaireaux de votre département. Au mieux, ces données permettent d’attester la présence de l’espèce sur une partie du territoire.
  • De la même façon, le suivi kilométrique d’abondance réalisé par les chasseurs ne peut pas être pris comme une donnée fiable, ces comptages étant réalisés par les membres de la fédération qui vous demande d’autoriser l’ouverture anticipée de la vénerie sous terre du blaireau chaque année, ce qui présente un conflit d’intérêt manifeste. Seule la réalisation de comptages par une autorité indépendante permettrait de fiabiliser ces données.
  • Dans sa note de présentation, la préfecture de la Saône-et-Loire publie une carte de l’OFB présentant les communes avec au moins une observation de blaireau entre le 1er janvier 2023 et le 31 décembre 2025. Observer un blaireau tous les deux ans n’est en aucun cas une preuve de la présence de l’espèce et encore moins de son abondance. La seule présence de blaireaux ne peut en aucun cas justifier l’autorisation d’une période complémentaire de vénerie sous terre.
  • De l’aveux même des chasseurs, la vénerie sous terre est une chasse récréative qui n’a pas d’objectif de régulation. 
  • Je me permets de vous rappeler qu’au moment de la publication de l’arrêté final, l’article L 123-19-1 du code de l’environnement stipule qu’ « au plus tard à la date de la publication de la décision et pendant une durée minimale de trois mois, l’autorité administrative qui a pris la décision rend publics, par voie électronique, la synthèse des observations et propositions du public avec l’indication de celles dont il a été tenu compte, les observations et propositions déposées par voie électronique ainsi que, dans un document séparé, les motifs de la décision. » Je vous remercie donc de bien prévoir la publication d’une synthèse des avis anonymisés qui vous ont été envoyés.

LES JURISPRUDENCES EN FAVEUR DU BLAIREAU : 

Suite aux recours en justice déposés par les associations, les juges des tribunaux administratifs donnent de plus en plus souvent raison aux associations.

Dans leurs ordonnances, les tribunaux administratifs justifient la suspension ou l’annulation des arrêtés pour les motifs suivants :

  • Insuffisance de démonstration de dégâts
  • Illégalité destruction « petits » blaireaux
  • Défaut de recours à des mesures alternatives à l’abattage
  • Insuffisance de justifications dans la note de présentation
  • Méconnaissance de l’état des populations de blaireaux
  • Défaut de fixation d’un nombre maximal d’animaux susceptibles d’être prélevés
  • Irrégularité de la convocation des membres de la CDCFS
  • Risque sanitaire lié à la tuberculose bovine
  • Illégalité de l’article R. 424-5 du code de l’environnement
  • Non respect de l’équilibre agro-sylvo-cynégétique
  • Maturité sexuelle des petits non effective
  • Insuffisance de démonstration de dégâts aux infrastructures

SUR LE FOND : 

  • De moins en moins de départements autorisent la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau, conscients que la progression de la connaissance scientifique sur l’espèce rend illégale l’ouverture anticipée de la vénerie sous terre.
  • Cette pratique, appelée « vénerie sous terre », est particulièrement barbare et cruelle. Elle inflige de profondes souffrances aux animaux puisqu’elle consiste à acculer les blaireaux dans leur terrier à l’aide de chiens, puis, pendant plusieurs heures, à creuser afin de les saisir avec des pinces. Les animaux, dans un état de stress très important, sont ensuite achevés à la dague.
  • La vénerie sous terre met en danger les chiens qui sont envoyés dans les terriers et qui peuvent être blessés, répandre des zoonoses ou être tués par les animaux sauvages qui se défendent d’une agression extérieure. D’ailleurs, la Suisse a interdit cette pratique dans le but de protéger les chiens.
  • La vénerie sous terre n’est pas sans conséquences pour d’autres espèces sauvages. En effet, une fois l’opération terminée, les terriers, souvent anciens, se trouvent fortement dégradés. Or ces derniers sont régulièrement utilisés par d’autres espèces, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) pour les départements concernés ou des chiroptères lorsque certaines espèces sont en phase d’hibernation pendant la période de septembre/octobre à fin avril : « Le Petit rhinolophe hiberne dans des gîtes souterrains (mines, caves, sous-sols ou même terriers de Renard ou de Blaireau) »source : Atlas des Mammifères de Bretagne éd. 2015.
  • Le Conseil de l’Europe recommande d’interdire le déterrage : « Le creusage des terriers, à structure souvent très complexe et ancienne, a non seulement des effets néfastes pour les blaireaux, mais aussi pour diverses espèces cohabitantes, et doit être interdit. »

À PROPOS DU BLAIREAU :

  • Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.
  • Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».
  • La dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par femelle et par an).
  • Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année).
  • Une mortalité importante de blaireaux est liée au trafic routier.
  • Les opérations de vénerie peuvent affecter considérablement les effectifs de blaireaux et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.
  • Les dégâts que le blaireau peut occasionner dans les cultures de céréales sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt. Selon l’Office National de la Chasse ONC bulletin mensuel n° 104 : « Les dégâts que peut faire le blaireau dans les cultures ne sont gênants que très localement (…) Et il suffit de tendre une cordelette enduite de répulsif à 15 cm du sol pour le dissuader de goûter aux cultures humaines. »
  • En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité, voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu.
  • Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)

Des bio-loc-halles pour conjuguer fin du monde, fin du mois et faim de démocratie

Bio Loc Halles

Alors qu’une consultation avait eu lieu auprès des quimpérois qui avaient voté pour une rénovation des halles actuelles, la municipalité décidait en 2021 de construire des halles neuves qui ne prévoient aucun espace pour les bios et les locaux. Du coup les halles se vident perdant peu à peu leur attractivité économique.

Sans attendre les futures nouvelles halles nous proposons une consultation sur le devenir des halles actuelles qui pourraient devenir des « bio-loc-halles » pour y accueillir sans attendre tous les agriculteurs qui sont actuellement sur le marché parking de la glacière et les associations demandeuses d’une maison des transitions en début du mandat précédent. La gratuité des droits de place pour les bios serait un beau signal de la ville centre à son arrière-pays.

En plus d’un marché bio et local le mercredi et samedi, les halles pourraient accueillir des expositions sur les différents éléments de la transition (alimentation, eau, énergie, déchets, transports….) pour apprendre comment concilier fin du monde et fin du mois en préservant à la fois son budget et la planète.

Accessible par le bus gratuit le week end, c’est un lieu de vie mêlant activités économiques et culturelles, agora rassemblant les générations et les origines sociales, lien vivant reproduisant en le modernisant les liens entre la ville bourgeoise et son arrière pays fournisseur de produits du terroir paysan comme maritime. Cet espace couvert aura vocation à accueillir au fil des saisons les manifestations rythmant la vie sociale, sportive ou culturelle de la capitale de la Cornouaille.

Premiers signataires : Alain Uguen Kemper Ecologie, Gérard Bensoussan ex producteur paysan herboriste

 

les bonnes nouvelles de la semaine de Mr Mondialisation

1. Dans l’Aude, redonner de l’espace aux rivières pour prévenir les crues

Le département a choisi de désartificialiser et recréer zones humides et champs d’expansion pour absorber et ralentir les crues, avec des effets jugés efficaces notamment à Trèbes. En élargissant les cours d’eau, les débordements deviennent anticipables et moins destructeurs. (La Relève et la Peste)

2. « QuitGPT » : un boycott contre ChatGPT après un don à Trump

Une campagne de boycott de « QuitGPT » a été lancée après un don de 25 millions de dollars de Greg Brockman, cofondateur d’OpenAI, à Donald Trump. Le collectif appelle à résilier les abonnements et à se tourner vers d’autres chatbots. (Vert)

3. À Clermont-Ferrand, une épicerie remplace l’hypermarché fermé

Après la fermeture d’Auchan, laissant 200 salariés sans emploi, Hélène Nguyen a ouvert Wassanaune épicerie multiculturelle pour recréer un commerce de proximité et un lieu de sociabilité. Fragilisée par des soucis de trésorerie, la boutique tente de répondre aux besoins d’un quartier populaire privé de grande surface. (Reporterre)

4. EDF condamnée pour le licenciement d’un lanceur d’alerte

Le conseil de prud’hommes de Paris a condamné EDF à verser 250 000 euros à Arnaud Begin, ex-cadre nucléaire mis à la retraite d’office après avoir dénoncé harcèlement et écarts de sûreté. La justice a requalifié cette mise à la retraite en licenciement nul, pour violation de sa liberté d’expression.(Reporterre)

5. Braconnage des rhinocéros : baisse de 16 % en Afrique du Sud en 2025

Le braconnage de rhinocéros a reculé de 16 % en 2025 en Afrique du Sud, selon les autorités, grâce au renforcement des mesures de protection et des poursuites judiciaires. Les défenseurs de la faune alertent toutefois : le trafic reste actif et la lutte est loin d’être terminée. (World Animal News)

6.Près de 9 000 amphibiens sauvés grâce à des filets en Drôme

À Moras-en-Valloire, la LPO et des étudiants ont installé 250 mètres de filets le long d’une route pour protéger les amphibiens durant leur migration prénuptiale. Depuis 16 ans, l’opération a permis de sauver 8 584 grenouilles et tritonsmenacés d’écrasement. (ICI Drôme Ardèche)

7. Record historique de ponte pour un papillon rare au Royaume-Uni

Le thécla du bouleau (Thecla betulae), papillon rare britannique, a atteint en 2025 son plus haut nombre d’œufs jamais recensé. Cette hausse est liée à des haies laissées en croissance libre, favorables à sa reproduction. (Butterfly Conservation)

8. Capri limitera les groupes touristiques à 25 personnes

Dès l’été 2026, l’île italienne de Capri interdira les groupes de plus de 25 personnes et imposera l’usage d’écouteurs pour les guides afin de réduire les nuisances liées au surtourisme. La mesure vise à fluidifier la circulation dans les ruelles étroites et à préserver la tranquillité des habitants. (La Libre)

9. Un escargot des Bermudes officiellement sauvé de l’extinction

Un petit escargot terrestre endémique des Bermudes a été officiellement retiré de la liste des espèces menacées, après avoir frôlé l’extinction. Sa sauvegarde est le résultat d’un programme de reproduction et de réintroduction mené sur plusieurs années.(Le Monde)

Mauricette Baelen

les bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Les loutres de mer, un atout pour restaurer les forêts d’algues

En Californire, les loutres de mer, autrefois presque exterminées pour leur fourrure sur la côte californienne, jouent un rôle clé dans la régénération des forêts de varech (kelp), écosystèmes marins importants comme puits de carbone. Leur présence permet de contrôler les populations de oursins qui détruisent ces forêts, et des programmes de protection cherchent à renforcer leur population (ORF Science).

2. Mexique : nouvel accord pour lutter contre le trafic d’animaux sauvages

Au Mexique, l’ONG Humane World for Animals a signé en janvier 2026 un accord avec l’agence fédérale PROFEPA pour soutenir la stratégie nationale de lutte contre le trafic d’espèces sauvages. Le partenariat prévoit sensibilisation du public, formation des autorités et coopération internationale pour renforcer l’application des lois (Humane World for Animals).

3. L’Écosse rend obligatoires les « swift bricks » dans les nouveaux bâtiments

À Édimbourg, le Parlement écossais a voté l’installation obligatoire de briques à cavité (« swift bricks ») dans toutes les nouvelles habitations afin de favoriser la nidification des martinets, dont la population a chuté de 60 % depuis 1995. La mesure, soutenue par le gouvernement écossais, contraste avec l’Angleterre où leur usage n’est pas juridiquement contraignant (The Guardian).

4. Au Japon, un ostréiculteur sauve ses huîtres en replantant la forêt

Dans la baie de Kesennuma (préfecture de Miyagi), Shigeatsu Hatakeyama a lancé dans les années 1980 un vaste programme de reforestation pour restaurer l’apport en nutriments essentiels aux huîtres, après des marées rouges liées à la déforestation et aux pollutions. Son initiative « Mori wa Umi no Koibito » a permis de régénérer l’écosystème et de relancer la production ostréicole (La Relève et la Peste).

5. Eau de Paris : –77 % de pesticides autour des captages

Eau de Paris a aidé 123 agriculteurs à réduire de 77 % les pesticides autour des captages, évitant 55 tonnes de substances depuis 2020. Financé à 80 % par l’Agence de l’eau, le programme prouve qu’une protection stricte de l’eau potable est possible sans pénaliser les exploitants. (La Relève et la Peste)

6. Dans les Bouches-du-Rhône, des chantiers nature pour favoriser la réinsertion

À Saint-Chamas et dans d’autres sites naturels des Bouches-du-Rhône, des personnes condamnées à des travaux d’intérêt général participent à des chantiers écologiques encadrés par le Conservatoire d’espaces naturels Paca. Cette alternative à la prison pour des infractions mineures vise à favoriser la réinsertion sociale tout en contribuant à la protection de la biodiversité (Reporterre).

7. Au Super Bowl, Bad Bunny célèbre l’Amérique latine et provoque la colère de Trump

Lors du spectacle de la mi-temps du Super Bowl à Santa Clara, le chanteur portoricain Bad Bunny a célébré la culture latino-américaine en chantant presque exclusivement en espagnol, une première dans l’histoire de la NFL, avec une apparition surprise de Lady Gaga. Sans discours politique frontal, l’artiste a néanmoins irrité Donald Trump, qui a dénoncé sur Truth Social un « affront à la grandeur de l’Amérique » ( Ouest-France ).

8.Le sang d’un ver marin, un espoir pour soigner les grands brûlés

Un traitement expérimental à base d’hémoglobine de ver marin, capable de transporter jusqu’à 40 fois plus d’oxygène que celle de l’humain, montre des résultats prometteurs pour régénérer la peau des grands brûlés. Déjà utilisé notamment pour des victimes de l’incendie de Crans-Montana, ce gel pourrait révolutionner la cicatrisation, sous réserve d’essais cliniques supplémentaires ( France Info ).

9. États-Unis : la population de loups gris mexicains en hausse de 24 %

La population sauvage de loups gris mexicains a augmenté de 24 % en 2019, passant de 131 à 163 individus en Arizona et au Nouveau-Mexique, selon un recensement du U.S. Fish and Wildlife Service. Malgré cette progression encourageante, les défenseurs de la biodiversité alertent sur les risques de consanguinité et demandent la reprise des réintroductions de meutes familiales pour renforcer la diversité génétique ( World Animal News ).

10. À Paris, le pain de la veille devient une solution antigaspillage

À Paris, des boulangeries vendent désormais le pain de la veille à prix réduit dans le cadre de l’opération « Demain est déjà antigaspillage », une initiative qui lutte contre le gaspillage alimentaire tout en rendant le pain plus accessible. (We demain)

Loutres, Mexique et martinets : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Un million de signatures pour le droit à l’alimentation

Le 7 janvier dernier, une Initiative Citoyenne Européenne (ICE) pour le droit à l’alimentation a été lancée avec pour objectif de recueillir 1 million de signatures à travers l’Union européenne en un an. Par l’obtention de ces signatures, la coalition Good Food for All, dont fait partie le CFSI, espère faire reconnaîte et appliquer le droit à l’alimentation au sein de l’UE et au-delà.

UNE ICE, QU’EST-CE QUE C’EST ?

Une Initiative Citoyenne Européenne est un outil démocratique de l’UE qui permet aux citoyennes et citoyens européens de demander à la Commission de modifier ou proposer de nouvelles législations. Afin d’être enregistrée par la Commission, une ICE doit être déposée par un groupe d’organisateurs composé d’au moins sept citoyennes ou citoyens de l’UE issus de sept pays différents. 

Une fois enregistrée, l’initiative dispose d’un an pour recueillir du soutien, sous la forme de signatures de citoyennes et citoyens. Si elle rassemble au moins 1 million de signatures dans un minimum de sept pays de l’Union européenne, elle peut être présentée à la Commission pour examen. Un seuil minimal de signatures fixé pour chaque pays (en France, par exemple, il s’élève à 58 320). 

Cette présentation à la Commission peut aboutir à une proposition d’acte législatif, qui sera ensuite examinée par le Parlement européen et le Conseil de l’UE.

UNE ICE POUR FAIRE APPLIQUER LE DROIT À L’ALIMENTATION

L’ICE sur le droit à l’alimentation est le fruit d’un processus de réflexion et de cocréation entre plusieurs organisations de pays membres de l’UE, initié à Genève en 2024. Les acteurs mobilisés autour de cette initiative, qui vise à garantir l’accès de toutes et tous à une alimentation choisie, saine, durable et produite dans le respect des paysannes et paysans, se sont regroupés au sein de la coalition Good Food for All (GF4A), porteuse officielle de l’initiative. 

Bien que reconnu par les conventions internationales, le droit à l’alimentation n’est pas réellement mis en œuvre. Avec cette ICE, la coalition GF4A souhaite obliger l’Union européenne à agir concrètement en garantissant des systèmes alimentaires sains, justes et durables.

QUELLES SONT LES DEMANDES ? 

Avec l’ICE pour le droit à l’alimentation, Good Food for All souhaite proposer ou modifier des actes juridiques dans plusieurs domaines liés à l’alimentation, notamment :

  • des systèmes alimentaires équitables et avec une gouvernance démocratique ;
  • la reconnaissance du fait que les produits agricoles et les denrées alimentaires ne sont pas des marchandises ordinaires ;
  • le soutien à l’agroécologie paysanne et aux systèmes alimentaires territoriaux ;
  • la lutte contre la concentration des terres agricoles ;
  • le soutien aux systèmes de semences paysannes ;
  • une réglementation stricte des OGM, y compris ceux obtenus par les nouvelles techniques génomiques ;
  • le soutien à la consommation de fruits et légumes et réglementation des aliments ultra-transformés ;
  • un approvisionnement alimentaire durable ;
  • le renforcement du droit à l’alimentation dans les pays tiers.

L’ENGAGEMENT DU CFSI

Depuis sa création, le Comité Français pour la Solidarité Internationale (CFSI) œuvre pour la promotion de systèmes agricoles et alimentaires durables et solidaires. Il s’aligne naturellement avec les demandes exprimées par GF4A et s’est associé à la coalition dès l’été 2025. Pour des transitions économiques, environnementales et sociales inclusives, le CFSI défend le droit à l’alimentation, la souveraineté alimentaire, la démocratie alimentaire ainsi que l’exception agricole et alimentaire. 

La cohérence des politiques commerciales européennes avec les politiques de développement dans les pays dits « du Sud » constitue un enjeu majeur pour le CFSI. L’organisation est notamment engagée sur ce sujet à travers la campagne « N’exportons pas nos problèmes », qui dénonce les conséquences de la surproduction laitière en Europe – encouragée par des politiques publiques telles que la Politique Agricole Commune de l’UE – sur les marchés locaux en Afrique de l’Ouest.

DES PROPOSITIONS CONCRÈTES POUR DES POLITIQUES COHÉRENTES

A ce titre, l’ICE sur le droit à l’alimentation propose notamment de :

  • subordonner tous les accords commerciaux existants et futurs à la nécessité de protéger le droit à l’alimentation ;
  • interdire l’exportation ou l’importation de produits agricoles à des prix qui ont un impact négatif sur l’agriculture paysanne ;
  • interdire l’exportation dans les pays tiers de pesticides de synthèse et d’engrais chimiques interdits en Europe.

Les décisions auxquelles pourrait aboutir cette ICE ne se limitent donc pas aux populations de l’Union européenne, mais concernent également celles des pays commerçant avec l’UE.

Ensemble, faisons du droit à l’alimentation une réalité pour toutes et tous.

SE MOBILISER POUR LE DROIT À L’ALIMENTATION EN SOUTENANT L’INITIATIVE

A la fin de son premier mois, la France, l’Espagne et les Pays-Pas se montrent moteurs en termes de nombres de signatures de l’ICE, et celles-ci s’élèvent à 12 000 pour l’ensemble de l’Union européenne, ce qui est encore loin des objectifs de la campagne. Pour peser sur les politiques alimentaires européenne, chaque signature compte !

Signez dès maintenant pour soutenir l’initiative :

https://eci.ec.europa.eu/053/public

Bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Fin du « devoir conjugal » votée à l’unanimité

Le 28 janvier 2026, l’Assemblée nationale a voté à l’unanimité la suppression du « devoir conjugal » du code civil, précisant qu’aucune obligation sexuelle n’existe entre époux et que le refus ne constitue plus une faute en cas de divorce. Cette réforme, transpartisane et motivée par une condamnation de la France par la CEDH en 2025, vise à prévenir les violences sexuelles dans le couple et à briser un tabou, tout en renforçant le mariage. L’adoption définitive dépend encore du Sénat et l’évolution des mœurs de la sensibilisation des citoyens. (Le Monde)

2. Espagne : régularisation exceptionnelle de sans‑papiers à contre‑courant de l’Europe

Fin janvier, l’Espagne a lancé une régularisation exceptionnelle visant environ 500 000 personnes sans papiers présentes avant fin 2025, leur donnant un titre de séjour et le droit de travailler (candidatures d’avril à juin). Le gouvernement socialiste présente cette mesure comme pragmatique, tandis que les médias européens la saluent comme une réponse réaliste aux besoins économiques et sociaux du pays. (Courrier International)

3. PFAS : près de 200 citoyens engagent une action civile historique contre des industriels de la chimie

Une action civile d’ampleur inédite est lancée à Lyon contre Arkema et Daikin pour la pollution aux PFAS : près de 200 citoyens et associations demandent réparation. Portée par le cabinet Kaizen Avocat ce lundi 2 février, la procédure vise à faire reconnaître la responsabilité des industriels et à appliquer le principe pollueur-payeur. Après des années de mobilisation, ce procès marque une avancée majeure pour la reconnaissance des préjudices subis. Il ouvre aussi la voie à une meilleure prise en compte judiciaire des scandales sanitaires environnementaux. (Reporterre)

4. En appel, prison et inéligibilité sont à nouveau requises contre Marine Le Pen

Marine Le Pen est jugée en appel depuis le 13 janvier 2026 dans l’affaire des assistants parlementaires européens, après sa condamnation en première instance en mars 2025 à une peine de prison et cinq ans d’inéligibilité. Lors de ce procès, les procureurs ont requis, le 3 février 2026, une peine similaire — notamment cinq ans d’inéligibilité — ce qui pourrait la priver de se présenter à l’élection présidentielle de 2027 si la cour suit ces réquisitions. Son recours se poursuivra avec un jugement attendu avant l’été. (Mediapart)

5. Groenland : les Inuits s’organisent et refusent toute vente aux États‑Unis

Au Groenland, peuple majoritairement inuit et territoire autonome du Danemark, les autorités et la population affirment leur contrôle sur leurs terres et ressources et rejettent toute idée de vente ou de cession à une puissance étrangère, en réponse aux appétits exprimés par Donald Trump. Le mouvement local souligne que le Groenland n’est « pas à vendre » et défend son droit à l’autodétermination. (L’Humanité)

6. Mouvement paysan : vers un tournant décisif

Le mouvement paysan français de début 2026, initialement né contre l’abattage des troupeaux pour lutter contre une maladie bovine, s’est radicalisé en ciblant le traité de libre‑échange UE‑Mercosur, qu’il juge néfaste pour l’agriculture française et l’environnement. Il mène des blocages de routes, ports et dépôts, et réunit des agriculteurs de différentes tendances avec des écologistes et citoyens préoccupés par les pesticides et la biodiversité ; il est ainsi à la croisée entre un repli corporatiste productiviste et une possible revendication pour une agriculture plus durable(Frustration Magazine)

7. L’Indonésie interdit les promenades à dos d’éléphant

L’Indonésie a interdit les promenades à dos d’éléphant dans les zoos, parcs animaliers, aires de conservation et sites touristiques, une première en Asie. La mesure vise à mettre fin à une pratique jugée néfaste pour le bien-être des animaux, dont la morphologie n’est pas adaptée au port de charges.Des sanctions sont prévues en cas d’infraction, avec quelques exemptions possibles sur autorisation ministérielle. Toutefois, cette décision ne suffit pas à protéger l’éléphant de Sumatra, toujours menacé par la déforestation et le braconnage. (L’Humanité)

8. Puy-de-Dôme : abandon du projet de deux mégabassines

Dans le Puy‑de‑Dôme, le projet de construction de deux mégabassines — très grandes réserves d’eau — a été abandonné, après avoir suscité une forte opposition locale et des manifestations importantes en 2024. Ces ouvrages, qui auraient été parmi les plus grands de France, étaient jugés « gigantesques, démesurés et mal ficelés » par leurs détracteurs et ont connu des problèmes techniques qui ont finalement bloqué leur réalisation. Les opposants locaux se félicitent de cette décision tout en restant vigilants, craignant que d’autres projets plus petits ne soient proposés à l’avenir. (Le Parisien)

9. En Inde, un État de 25 millions d’habitants passe en 100% bio

Un État indien d’environ 25 millions d’habitants a annoncé un passage à 100 % d’agriculture biologique, abandonnant l’usage de pesticides et d’engrais chimiques après un scandale sanitaire et en réponse à des préoccupations environnementales et de santé publique. Cette transition, qui s’inscrit dans une politique volontaire de longue date pour développer une agriculture sans produits chimiques, vise à protéger l’environnement, améliorer la qualité des sols et encourager des pratiques agricoles durables malgré les défis économiques et structurels. (Reporterre)

10. Les députés votent la gratuité des parkings d’hôpitaux publics 

Les députés ont adopté en première lecture, le 29 janvier 2026, une proposition de loi visant à rendre gratuits les parkings des hôpitaux publics pour les patients, leurs proches et le personnel, avec une gratuité limitée à deux heures pour les visiteurs avant l’application d’un tarif plafonné. Cette mesure, portée notamment par des députés socialistes, est présentée comme un moyen de faciliter l’accès aux soins en allégeant les coûts annexes, mais le texte doit encore être examiné par le Sénat et a suscité des débats sur l’étendue de la gratuité. (France Bleu)

– Mara Pron

https://mrmondialisation.org/devoir-conjugal-regularisation-pfas-10-bonnes-nouvelles-semaine/