29 ans de vie d’un pommier sans pesticides

rétrospective : de novembre 1988  à aujourd’hui :  29 ans se sont écoulés …. même arbre, même tracteur, même paysan …

photo du 1er arbre planté sur 1200 …  8 ha (4 ha de verger) entretenus sur le bassin versant sans aucun pesticide ( ni désherbant, ni fongicide, ni insecticide ).

Pour avoir une idée de la santé des  vergers dits ” conventionnels” ( =”chimiques” ) , voici ce que j’aurais dû utiliser comme produits pour satisfaire aux recommandations des instances agricoles des années 1990 ! liste d’époque, non exhaustive. Mais j’étais mauvais élève et je n’ai rien compris !
Geo

Consultation européenne sur la future réforme de la PAC

Une consultation publique a été mise en place par la Commission européenne sur la 
future réforme de la PAC. Cette consultation prendra fin le 2 mai prochain.
 Il est encore temps d'y participer pour mettre l'accent sur les lourdes carences de la 
PAC actuelle en matière d'environnement, de bien-être animal et de respect de la santé 
des citoyens. Voici le lien : 
https://ec.europa.eu/eusurvey/runner/FutureCAP?surveylanguage=FR

Pour vous aider à répondre à ce questionnaire de plusieurs pages, ci-dessous des éléments qui peuvent vous être utiles.

Les bios plaident pour des aides directes à l’agroécologie
http://www.lafranceagricole.fr/actualites/pac-post-2020-les-bios-plaident-pour-des-aides-directes-alagroecologie-1,1,284407433.html

POUR UNE PAAC POST 2020 AU SERVICE DES PAYSANS, DES CITOYENS ET DES TERRITOIRES http://www.confederationpaysanne.fr/sites/1/mots_cles/documents/PAAC_post_2020.pdf

Voici les réponses préparées par le WWF qui sont envoyées à la Commission européenne

« Quels sont les problèmes/obstacles empêchant la politique actuelle de tenir ses promesses ? Quelles en sont les causes ? »

Si la PAC ne promeut pas l’agriculture durable, c’est parce qu’elle est avant tout conçue pour bénéficier à un nombre restreint de grandes exploitations intensives. Elle ne soutient pas non plus une réelle mise en œuvre de la législation environnementale européenne et des législations liées aux enjeux agricole et alimentaire tels que le bien-être animal et la santé.

« Dans la PAC actuelle, quels éléments vous apparaissent les plus contraignants et les plus complexes, et pourquoi ? »

Dans sa forme actuelle, cette politique (et en particulier les subventions du Pilier I), constitue un fardeau tant pour la société que pour la nature. Malgré son budget considérable, elle n’apporte pas les bénéfices sociaux et environnementaux attendus, ni en termes d’emplois, ni pour la ruralité, ni pour la santé publique, ni pour l’alimentation, le climat ou encore la biodiversité.

« Jugez-vous nécessaire d’ajouter des objectifs à la PAC pour la moderniser ? Si oui, lesquels ? »

Modernisée, la PAC doit faciliter la transition vers un système alimentaire et agricole durable, sauvegarder l’environnement et apporter de réels bénéfices à l’ensemble de la société, agriculteurs compris. Elle doit renoncer aux subventions néfastes et contribuer à l’atteinte des Objectifs de développement durable de l’ONU, à commencer par la lutte contre le changement climatique.

« Avez-vous des pistes concrètes pour simplifier la PAC et alléger la charge administrative des agriculteurs et des bénéficiaires (ou des administrations publiques) ? Veuillez justifier votre réponse en détaillant vos arguments. »

Les subventions prévues par le Pilier I de la PAC doivent être remplacées par des incitations conditionnées au respect d’exigences sociales et environnementales ciblées (et contrôlés).

« Avez-vous d’autres propositions pour moderniser la PAC ? »

J’adhère à la vision de Living Land (www.living-land.org). La nouvelle politique agricole de l’UE doit être juste, écologiquement durable, saine et mondialement responsable. L’élaboration de cette politique doit être ouvert et transparent, il doit aussi associer l’ensemble des autorités et des secteurs concernés (en particulier l’environnement, mais aussi climat, développement, santé, etc.).

http://www.wwf.fr/nos_modes_d_action/influencer_les_pouvoirs_publics/reforme_de_la_pac_changeons_d_agriculture/?gclid=Cj0KEQjwuOHHBRDmvsHs8PukyIQBEiQAlEMW0Hinc5c9V8ZC4HFvGuYMCqRNCyYcaXPCMzjKgzo3utAaArd_8P8HAQ

lundi 17 avril : Plovan (29) Marche pour des fermes à dimension humaine

Marche pour des fermes à dimension humaine

Lundi 17 avril à 15h00

Rendez-vous à Ty Nancien à Plovan

Randonnée jusqu’aux menhirs de Kerglogué et le lit de Saint-Kodélic

A l’occasion de l’enquête publique de Kerviel et Kerdeurnel à PLOVAN et PLOGASTEL SAINT-GERMAIN, le Collectif pour une Alternative aux Fermes Usines en Bigoudénie  vous invite à cheminer à leurs côtés pour un temps de réflexion sur l’évolution du paysage visuel et olfactif ainsi que les conditions de vie à la campagne pour l’homme et l’animal.

Le groupe cheminera sur le sentier d’interprétation aménagé par l’office du tourisme et fera étape pour débattre, illustrer et échanger les points de vue.

CAFUB, Eau et Rivières de Bretagne, Baie de Douarnenez Environnement

Marché sur l’eau Sizun (29)


Au programme de la journée :Dès 10h00 : Marché des producteurs fermiers et des artisans locaux des Monts d’Arrée

10h30 : Départ de la balade nature « A la découverte du lac du Drennec »
Balade guidée d’1h30 pour découvrir les richesses du Lac. Circuit de 4 km accompagnés de guide naturaliste

11h30 à 12h30 : Apéro-Causerie avec Jacky DORVAL, cidrier
Jacky DORVAL, membre de Bro An Are, nous présentera son métier : le travail de la pomme et du cidre

A partir de 12h00 : Restauration paysanne sur place

14h à 16h30 : table ronde «  Bilan de 20 ans de reconquête de la qualité de l’eau sur l’Elorn»

“Qui dit Marché sur l’eau dit débat citoyen, des discussions ouvertes sur la place publique qui réchauffent l’atmosphère printanière au bord du lac Drennec .
Une 20ème  édition pour faire le bilan de la reconquête de la qualité de l’eau et de ses conséquences positives et négatives pour l’eau, l’environnement mais aussi sur le monde rural , l’agriculture. Deux paysans et deux environnementalistes échangeront sur cette “bataille pour l’eau” et sur son résultat qui soulève de nombreuses questions auxquelles il va falloir maintenant répondre.
Un débat en contre-pied, comme souvent, pour bien prendre en compte le coût sociétal, économique et environnemental des choix politiques pris hier et à prendre dans l’avenir .”

avec la participation de Jean Yves Kermarrec de l’AAPPMA de l’Elorn, Alain Guillou, paysan, Joël Kerglonou, paysan, et un représentant de l’association Eaux et Rivières de Bretagne

De 14h à 17h :

– marché en musique avec la Fanfare BARAKA SANTEC et la Fanfare de POULLAOUEN

Mad-eo-Jeu : jeux en bois

Stands associatifs

– Balade guidée autour du Lac toute la journée

N’hésitez pas à faire circuler l’annonce de cette journée.

merci beaucoup

L’équipe du CIVAM 29

 

ARRÊTÉ D’AUTORISATION À EXPLOITER LA PORCHERIE INDUSTRIELLE D’HEURINGHEM :

ARRÊTÉ D’AUTORISATION À EXPLOITER LA PORCHERIE INDUSTRIELLE D’HEURINGHEM :

VERS UN PASSAGE EN FORCE ?

L’impossible est-il possible ?

Alors que la population locale est contre ce projet

Alors que les municipalités locales sont contre cet élevage industriel

Alors qu’une grande majorité des consommateurs se prononcent contre les fermes-usines

Alors qu’à l’audience du Tribunal Administratif de Lille du 28 mars 2017, le Rapporteur Public demande au moins l’annulation partielle de l’arrêté d’autorisation à exploiter et une reprise du dossier de la pression azotée au niveau de l’Enquête Publique (voir l’extrait sur le site en cliquant) :

1 • L’EARL Bridault-Chevalier proclame la mise en service effective de son installation le 13 mars 2017 (soit quelques jours avant l’audience !) alors que l’ensemble des installations n’est pas achevé : la fosse à lisier n’est pas couverte, certains bâtiments ne sont pas clos, ce qui se construit ne correspond même pas aux plans du permis de construire, …

Nul doute que l’EARL Bridault-Chevalier a mis quelques animaux dans ses bâtiments à partir du 13 mars 2017 pour pouvoir :

– dire aux juges le 28 mars 2017 … que la porcherie est fonctionnelle ! Sic !

– demander au Préfet du Pas de Calais des autorisations provisoires en cas d’annulation par ce tribunal administratif de l’arrêté d’exploitation du 29 mars 2013 !

2 • Les services de la Préfecture d’Arras défendent à cette audience du 28 mars 2017 un projet de porcherie industrielle qui ne respecte pas l’arrêté du Préfet du 29 mars 2013. C’est une évidence en ce qui concerne la pression azotée au vu des nouvelles surfaces d’épandage et au vu de la quantité d’azote à épandre telles que prévues par le projet !!! C’est une difficulté qu’a développée le rapporteur public.

Nous sommes dans une zone réputée vulnérable aux nitrates et la France est régulièrement rappelée à l’ordre au niveau européen car elle ne respecte pas la directive nitrate. Qui va payer les lourdes amendes infligées à la France par l’Europe pour le non-respect de règles que notre pays a pourtant approuvées ?

Comment peut-on imaginer que des services de l’État censés protéger l’ensemble de la population puisse défendre un projet privé et son arrêté d’exploitation qui ne respectent pas nos propres réglementations ? Comme l’explicite le rapporteur public, il fallait refaire l’étude de la pression azotée avant de délivrer l’autorisation à exploiter ! Alors les grossières erreurs du projet auraient été mises en évidence … demandons-nous pourquoi cette étude n’a-t-elle pas été faite ?

Nous espérons que le jugement sera conforme aux demandes du Rapporteur Public, il en va de la protection de notre environnement et en l’occurrence ici de la protection de nos eaux de surface et de nos eaux de nappes !

Continuons notre Cyber@ction jusqu’au jugement, signons et faisons signer cet appel vers le Préfet :

Cliquez ici pour participer à la cyber@ction d’AIVES

le PDF de ce communiqué est visible à l’adresse : 

Soutenir les Buffets Zéro-Gaspi d’Al’Terre Breizh !

Al’Terre Breizh (coloc de Cyberacteurs) se lance dans le concours de La Fabrique Aviva pour financer du matériel de cuisine professionnel et organiser des BUFFETS ZERO-GASPI joyeux et décalés (à partir de fruits, légumes et pains sauvés du rebut). On a besoin de chacun pour obtenir 15 000 votes en ligne !

votez buffets zero gaspi

Voici le lien du projet

POUR VOTER, 3 CLICS :
1. D’abord s’inscrire (coordonnées à remplir ou inscription via facebook très rapide) pour obtenir vos 10 votes :
2. Si inscription par mail, confirmer votre compte par le lien d’activation Aviva
3. Si vous ne tombez pas directement sur la page projet, allez-y :
https://lafabrique-france.aviva.com/voting/projet/vue/17-526
4. Depuis cette page, dans le cadre de vote, poussez la tirette jusqu’à 10 et cliquez sur “VOTER” !

MERCI BEAUCOUP pour votre soutien ! On vous attend pour partager nos buffets et recettes zéro-gaspi

A diffuser sans modération dans les réseaux, faire voter bénévoles et adhérents, sur Facebook, Linkedin, Viadeo… merci

Belle journée à tutti !

Amandine, Audrey, Fella, Ian, Juliette, Maëlann, MarieE, MarieG, Marie-Elise, Marina, Marion, Marty et Valérie

Association Al’Terre Breizh
7 rue Aristide Briand
29000 Quimper
09.72.37.18.24
info@alterrebreizh.org

Les Agronautes

Je voudrais vous présenter mon nouveau film “Les Agronautes”, pour lequel je cherche des partenariats pour le faire connaitre et le diffuser.

Une projection aura lieu le lundi 20 mars à 19h30 aux Ateliers Varan à Paris 11ème, 6 impasse Montlouis. Entrée libre et gratuite, apéro partagé à la fin. Merci de faire circuler l\’info.

http://ateliersvaran.net/wp-content/uploads/2017/03/flyer-soiree-oeil-agronautes.pdf

Ce film retrace notre parcours pour trouver du foncier et nous installer comme paysans-boulangers en zone péri-urbaine.Comme nous de nombreux agriculteurs doivent surmonter beaucoup de difficultés pour faire aboutir leur projet. Ce film a pour objectif de sensibiliser les élus, l\’administration, les propriétaires terriens, et les citoyens en général sur ces difficultés qu\’il faudrait résoudre tous ensemble si l\’on veut que l\’agriculture locale puise continuer de nourrir les citadins.
Je serais ravie de vous rencontrer à cette occasion. Le cas échéant, si le sujet du film vous intéresse et que vous souhaitez le relayer, je peux vous envoyer un lien de visionnage.

Cordialement
Honorine Perino

Ferme des 1000 vaches : le témoignage de Dominique Henry

Dominique Henry était l’une des cinq gardés à vue suite à l’action de l’usine des 1000 vaches, elle nous livre son témoignage.
Quand j’ai entendu parler de cette action à l’usine des 1000 vaches, je n’ai pas hésité. Cet endroit où 1000 vaches et 750 veaux et génisses seront enfermés en permanence me donne la nausée…
Le projet imaginé par M. Ramery ( entrepreneur en BTP déjà patron de 3500 salariés) prévoit de produire de l’électricité à partir d’un immense méthaniseur alimenté par le lisier, le fumier, des résidus de céréales et autres végétaux. Le méthane libéré par la fermentation alimente un générateur électrique d’une puissance équivalente à 25 éoliennes. Le courant sera racheté par EDF. Encouragé par les primes, le méthane agricole est un nouvel agro-business. Le lait n’est qu’un sous-produit du lisier, du lait low cost, vendu à moins 20% du prix du marché.
Un projet démesuré, aux conséquences environnementales et sociales inadmissibles, pour le profit d’une seule personne ( M. Ramery fait partie des 350 personnes les plus riches de France ). Antidémocratique. Le maire de Drucat, le village concerné, est contre ; les villageois ont monté une association pour défendre leur cadre de vie (Novissen). Les villageois ne peuvent se faire entendre ; les agriculteurs, prônant une agriculture paysanne créatrice d’emplois et fournissant des produits de qualité, sont mis au rebut. Il est temps de provoquer un débat public sur l’orientation de l’agriculture dans notre pays. Action.
Mercredi 28 mai au petit matin, nous sommes une soixantaine motivés à nous approcher des immenses bâtiments. Démonter, dévisser, déboulonner, ne rien casser bien sûr. Tout reste sur place sauf une partie du matériel qui doit être remis à Stéphane Le Foll qui déjeune le jour même à la Villette (Paris) avec Ségolène Royal. Un groupe part assez rapidement dans ce but.
Un ouvrier arrive, agressif. Bien sûr, c’est son outil de travail. Certains essaient en vain de discuter. Les journalistes arrivent, plusieurs d’entre nous sont interviewés. Les forces de l’ordre ne tardent pas et vont directement vers 4 personnes pour relever leur identité. Tous les militants présents s’étonnent et donnent leur carte d’identité, pour cette action revendiquée collectivement.
Dès que tous les journalistes attendus sont venus, nous décidons de lever le camp. En arrivant aux véhicules on aperçoit les fourgons qui déchargent les CRS. J’ai à peine le temps de comprendre qu’ils sont sur moi pour m’embarquer. Des militants s’interposent, montrent leurs outils, demandent à être arrêtés mais rien n’y fait. Je me retrouve embarquée avec 3 gendarmes dans un fourgon qui roule à vive allure vers Hallencourt. Le temps est suspendu.
9H30. Je suis placée en garde à vue. Interrogatoire : qu’est-ce que je faisais là ? Dans quel but ? Comment ? Etc, etc….une seule réponse : le silence ! L’adjudant tape plein de choses sur son ordi, me réinterroge, retape ….vu mon refus de répondre, les questions se font plus rares.
12H. Je demande si j’ai le droit de manger, ce n’est visiblement pas prévu, j’ai quand même droit à une barquette réchauffée d’une bouillie indéfinissable. Pour les toilettes je suis accompagnée, porte ouverte, super !
13H. Transfert à Abbeville à un train d’enfer avec 3 gendarmes. J’aperçois quelques manifestants à l’arrivée de la gendarmerie, ça réchauffe le cœur. Je ne sais pas combien ont été arrêtés. L’interrogatoire recommence. On me dit que si je ne dis rien la garde à vue va durer. On me laisse mon sac pour l’instant, je peux dessiner entre les questions.
Je peux voir mon avocat. Il m’explique que la garde à vue peut durer 24 h. Je commence à comprendre que je dois m’armer de patience.
18H. On m’emmène à une confrontation avec un ouvrier du site qui a photographié 4 personnes en action. C’est comme ça qu’ils ont choisi.
19H30. Convocation devant le substitut du procureur qui me reproche dégradation et vol en réunion. Ma garde à vue est prolongée jusqu’à 9h30 le jeudi.
On me transfère à Hallencourt pour la nuit. On m’ouvre la porte d’un « cachot » (comment appeler ça autrement?) où je réalise que je vais devoir passer la nuit. Un sommier en béton, un « matelas » en plastique de 5 cm d’épaisseur, des couvertures de l’armée, un trou au fond pour les besoins (sans chasse d’eau). On me retire toutes mes affaires. On m’explique que je pourrais me suicider ; j’ai beau expliquer que je ne suis pas du tout suicidaire, que j’ai 4 enfants et 6 petits-enfants, rien n’y fait. Quand la lourde porte se referme sur moi (combien de verrous ? 4 au moins) je suis sous le choc. Je ressens une telle inhumanité. J’aime écrire, lire, mais on ne me laisse rien. Je suis face à 4 murs sales et à un trou. J’ai quelques instants le sentiment que je ne suis plus rien. Il ne s’agit pas seulement de privation de liberté, c’est autre chose ; dans quel but agissent-ils ainsi ? Je pleure un bon coup puis je m’organise pour gérer mon temps : quelques mouvements de yoga, que passer en revue dans ma tête pour que ce temps se déroule au mieux. Je réussis à dormir. Le lendemain matin je demande à faire ma toilette ; ce n’est visiblement pas prévu non plus, on me trouve 2 lingettes minuscules. Pas d’eau.
Jeudi 29 mai 9h. Retransfert à Abbeville. Je comprends que la garde à vue est prolongée de 24h. Je suis blasée. Mais les manifestants sont là, je les entends et je les aperçois même par la fenêtre, ça fait vraiment chaud au cœur. Ils ne désarment pas. Je vois sur les journaux laissés sur le bureau que le porte-parole de la Conf a été arrêté en revenant pour nous soutenir.(J’apprendrai plus tard comment il a été plaqué au sol par les gardes du corps de M. Le Foll et la violence de son arrestation ). Les médias sont bien présents. Entre les questions je dessine : notre ferme, les champs, les vaches, chacune avec son nom et son caractère. Les militants me font porter des sandwichs, trop bien.
Puis c’est la douche froide : ils parlent de me remettre en cellule d’isolement. Je me jette sur la fenêtre et je hurle qu’on va m’enfermer. Les potes en-dessous font le bazar. Ils me ramènent dans ce cachot, je vois les militants postés à la grille. Courage ! 4 heures dans ce cachot, avec rien, enfermée par 2 gendarmes qui ont l’âge de mes enfants. On ne me laisse pas un gobelet d’eau sous prétexte que je pourrais le découper et l’avaler …? ils disent qu’ils ne sont pas psychologues, dommage. Je vais chanter, ma France de Ferrat, des chansons d’amour et de lutte, ça résonne pas si mal ; le temps passe.
Retransfert. Je demande à voir mon avocat qui m’annonce que je serai présentée au juge d’Amiens le lendemain.
Le retour en cellule est une horreur. Je sais que ça ne durera pas, que ce n’est rien comparé à d’autres. Ma tête raisonne mais les larmes coulent toutes seules Je réussis à gérer. Je m’endors mais un abruti me réveille en pleine nuit pour savoir si je vis toujours.
Vendredi 30 mai. Transfert à Amiens. Avant de partir j’offre à certains gendarmes mes dessins, ils ne paraissent pas insensibles. Je comprends qu’on va me menotter. Ils sont sur les dents. Départ donc menottée encadrée de 3 gendarmes armés jusqu’aux dents avec des gilets pare-balles. On part en convoi, sirènes hurlantes, avec 2 motards qui ouvrent la route, ils ont ordre de ne pas s’arrêter. Que doivent penser les personnes qu’on croise ? Que j’ai commis un infanticide ou découpé mon amant en morceaux ? J’essaie d’avoir de l’humour pour prendre du recul !
Arrivée à Amiens je vois mes potes et je lève les poignets dans leur direction ; on me tire à une telle allure dans le palais de justice que je manque tomber à terre. On attend les 5 dans des « cages ». Les gendarmes se marrent entre eux. Je chante.
Verdict : je suis placée sous contrôle judiciaire jusqu’au procès qui doit avoir lieu le 1er juillet avec interdiction de rencontrer mes «complices » sinon c’est la prison immédiatement m’a dit le juge. En clair on nous empêche de préparer notre défense ensemble. Ils ne connaissent pas (et n’aiment pas) l’action collective.
Ainsi l’objectif est clair :
– faire passer individuellement les 5 personnes interpellées pour de dangereux illuminés
– éviter tout débat démocratique et museler les opposants au projet
– orienter l’agriculture vers une industrialisation avec des coûts les plus bas possible
Des campagnes vidées de leurs paysans, sans vaches dans les champs, parsemées de grands bâtiments-usines ! Des scandales sanitaires à répétition, l’eau et le sol irrémédiablement pollués ! (comme c’est le cas pour les rivières de Franche-Comté)
Mais attention : trop de citoyens conscients vivent dans les campagnes pour qu’un tel projet passe. On est bien dans une action collective et pour un enfermé 10 le remplacent.
Que faire ?
– vous pouvez diffuser mon témoignage dans vos réseaux
– adhérez à Novissen, aux amis de la Conf
– vous pouvez envoyer un soutien financier à la Conf pour payer le procès
Gardez votre liberté de penser et d’agir sans vous laisser influencer par les médias dominants. Il faut s’informer au quotidien dès que l’on consomme. On est tous citoyens du monde et responsables !
Dominique Henry
Institutrice et paysanne en retraite

Un pas vers un moratoire sur le forçage génétique, CBD COP 13

Nous vous remercions sincèrement d’avoir signé l’Appel en faveur d’un moratoire mondial sur le forçage génétique obtenu par génie génétique.

Vous savez peut-être que la treizième Conférence des Parties (COP) à la Convention des Nations Unies pour la Biodiversité (CBD) s’est conclue la semaine dernière à Cancun, au Mexique. Bien que nous n’ayons pas réussi à obtenir un moratoire sur le forçage génétique, nous avons tout de même atteint une partie de l’objectif : les pays ont convenu d’aborder les systèmes d’entraînement de gènes avec précaution, de procéder à l’évaluation des risques et d’instaurer des réglementations en la matière. Vous trouverez le texte de la décision et plus de détails dans ce communiqué de presse de la semaine dernière.

Nous pouvons être fiers des progrès remarquables ayant été réalisés, compte tenu du défi qui s’offrait devant nous. Plusieurs gouvernements étaient arrivés à Cancun refusant a priori et catégoriquement d’examiner le moindre nouveau texte ou enjeu. Le forçage génétique s’est avéré un enjeu émergeant depuis seulement 18 mois et c’était la première fois qu’il était mentionné devant la CBD ou tout organe de l’ONU. Nous avons pu constater une forte résistance de la part des gouvernements canadien, australien, brésilien et nouveau-zélandais, très enclins vers la biotechnologie, ne voulant tout simplement pas que l’enjeu soit adressé formellement par la COP. Parallèlement, les promoteurs du forçage génétique tels que “Target Malaria” (qui ont reçu 70 millions $ de la Fondation Gates) et “Island Conservation” avaient déployé leurs armées de lobbyistes sur le terrain. L’industrie du biotech avait aussi délivré une lettre signée par des scientifiques de la biotechnologie demandant à la CDB de ne pas accepter le moratoire (http://targetmalaria.org/open-letter/)

Malgré tout, certains courageux gouvernements – en particulier les gouvernements africains et d’Amérique latine ont défendu la nécessité d’adresser le forçage génétique et ses risques. Le groupe des pays africains, menés par la Mauritanie, ont exercé des pressions pour qu’un langage soit adopté qui insiste sur les“ torts irréversibles que pourraient subir les populations, les espèces et les écosystèmes à cause du forçage génétique ” et qui exhorte instamment les “Parties et les autres gouvernements à adopter une approche de précaution lors de la possibilité d’autoriser un forçage génétique, jusqu’à ce que des évaluations des risques exhaustives aient été menées, notamment des écosystèmes et des risques socioéconomiques, et de la création de forçage génétique dans les laboratoires, jusqu’à ce que des règles précises sur le forçage génétique dans un contexte de bioconfinement soient élaborées et mises en place, et à informer et obtenir le consentement d’autres gouvernements dont la diversité biologique pourrait être touchée par tout forçage génétique proposé avant son approbation.”

À la dernière minute, un texte fut adopté en compromis pour remplacer celui-ci. Ce nouveau texte, plus succinct et se référant à une décision antérieure, insistait tout de même sur la précaution et la nécessité d’évaluer les risques et sur la réglementation du forçage génétique.

L’appel en faveur d’un moratoire, qui fut signé par plus de 170 organisations du monde entier, s’est avéré déterminant dans notre capacité à amener le sujet du forçage génétique à la table de négociation et à fournir aux gouvernements l’élan politique nécessaire pour désigner expressément le forçage génétique dans le texte. Il est évident que le forçage génétique sera dorénavant un sujet de préoccupation croissant mais, il s’avère aussi que l’industrie de la biotechnologie est prête à se battre pour que les systèmes d’entraînement de gènes progressent et qu’ils soit libérés dans la nature. Nous devrons persister et continuer à travailler ensemble si nous voulons arrêter cette dangereuse technologie!

Le communiqué de presse sur la biologie synthétique, incluant le forçage génétique, à COP 13 est disponible ici: “Gouvernance mondiale de la biologie synthétique: Quatre pas en avant, un en arrière” (en anglais)

Le communiqué de presse annonçant le moratorium à COP 13 est disponible ici:

L’Appel en faveur d’un moratoire et une liste de ses signataires est disponible ici:

Des semences pour Haiti

Je profite de l’occasion pour vous donner un aperçu de la situation actuelle de l’agriculture haïtienne dans le département de la Grand’Anse où je me trouve actuellement.

Je ne reviens pas sur le passage de l’ouragan Matthew la nuit du 3 au 4 octobre dernier. Tout ou presque a été dévasté ici. Maisons et cultures.

Au niveau des cultures les estimations oscillent entre 70 et 90% de perte en fonction des espèces. Les cultures de rente et maraîchères ont été détruites à 100%. Certaines espèces non cultivées pourraient avoir disparu à jamais.
La nourriture ne manque pas encore vraiment même si elle est très pauvre en énergie, plus aucun fruit sur les marchés, plus d’igname ou si peu, seulement du riz blanc et de la farine de blé made in USA.
Les paysans sont inactifs tout simplement parce qu’ils n’ont pas les semences pour travailler et mettre en place les nouvelles cultures qui apporteraient de la nourriture dans quelques mois (2 ou 3).
Un des producteurs de semences avec qui je travaille me disait lundi avoir sauver ses graines de gombo et d’aubergine. Pour le reste, la pluie quasi incessante pendant les 45 jours qui ont suivi le passage de l’ouragan, a eu raison des stocks qui se sont retrouvés à l’air libre. Cela signifie qu’à l’avenir produire ne suffira pas, il faut prévoir des lieux résistants aux intempéries. Vous me direz il y a Svalbard… C’est ironique de ma part mais hier j’étais en formation avec des agronomes et des techniciens et je leur ai dit qu’ils devaient revoir sans plus tarder la question de la production de semences s’ils ne veulent pas qu’après chaque catastrophe, la population se retrouve à consommer la nourriture importée que les aides d’urgence veulent bien fournir.
Ici, tout le monde annonce une famine dans les mois à venir par le simple fait qu’il n’y aura pas de production dû à un manque de semences. Les distributions (FAO, PAM…) touchent 25% des paysans, il y en a donc 75% qui ne pourront pas cultiver et par voie de conséquences, ne produiront pas et encore je ne compte pas ceux qui vont manger les semences faute de mieux.

Si vous avez des solutions pour faire venir des semences ici, je suis preneur. Merci.

Didier MEUNIER

Sèm’la Vie
Formation en agroécologie et production de semences
Membre du réseau des agroécologistes sans frontière

Les quatre routes
Le Pleyssac
24310 Paussac et Saint Vivien
Tél: 00 33 (0)5 53 03 22 08
Mob: 00 33 (0)6 80 52 68 85
Courriel:
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