ANNONCES D’EMMANUEL MACRON SUR LE CLIMAT RÉACTIONS DES ONG

ANNONCES D’EMMANUEL MACRON SUR LE CLIMAT

RÉACTIONS DES ONG

Pour Morgane Créach, Directrice du Réseau Action Climat :

Le Président de la République a acté le retard pris par la France dans la transition écologique et beaucoup parlé de méthode, sans faire d’annonces concrètes. Pire, le report à 2035 des objectifs de réduction de la part du nucléaire va freiner la transition écologique. Plutôt que d’entériner de fausses solutions, le Gouvernement devrait mettre en œuvre des mesures supplémentaires pour réduire les émissions des principaux secteurs émetteurs de gaz à effet de serre. Sans ces mesures, ce quinquennat se soldera par un nouvel échec. Qu’il s’agisse de la rénovation performante des logements, de la demande alimentaire ou du projet de loi mobilités, on ne perçoit que des ajustements à la marge, alors que des mesures profondes sont indispensables.

Pour Florent Compain, Président des Amis de la Terre France :

Ce qui est prévu par le gouvernement dans la PPE ne va pas assez vite ni assez loin, et inclut même le risque de fausses solutions comme le recours massif à la biomasse. L’Histoire a montré que les États étaient capables de transformer en profondeur leur économie en temps de guerre. Ce sont ce même type d’efforts qui sont attendus pour construire une société plus juste socialement et plus soutenable écologiquement. Les citoyens sont saturés des effets d’annonces, des fausses solutions, des incohérences et des mesurettes : c’est cela qui nourrit aujourd’hui la colère qui monte.

Pour Jean-Baptiste Lebrun, Directeur du CLER Réseau pour la Transition Énergétique :

Comme ses prédécesseurs, Emmanuel Macron recule devant la nécessité d’engager les mesures structurantes de transition énergétique pour lesquelles les solutions existent pourtant déjà et de nombreux acteurs de terrain sont mobilisés. En exprimant seulement de grandes intentions, il espère sans doute calmer les symptômes des difficultés sociales liées aux prix de l’énergie mais ne s’attaque pas aux causes réelles du problème et des factures des Français, comme les consommations trop élevées des 27 millions de logements en France dont 7,5 millions de passoires énergétiques. Une transition énergétique et solidaire est pourtant possible, en accompagnant les citoyens vers les solutions pertinentes pour eux et pour la planète !

Pour Audrey Pulvar, Présidente de la Fondation pour la Nature et l’Homme :

Ce discours c’est le statu quo sur l’ère du nucléaire et l’art du vide en matière de transition écologique et solidaire. Nous ressortons avec plus d’interrogations que de réponses. Sur les fermetures de réacteurs nucléaires, par rapport à ce que Nicolas Hulot avait négocié, le Président acte un recul et ouvre la porte à de nouveaux EPR. Sur l’accompagnement, il reste flou concernant l’utilisation des recettes de la taxe carbone. Aucune annonce concrète sur la rénovation énergétique des logements, à part le changement de chaudière. Et ses propos sur l’industrie automobile, partout pour tous, laisse entendre un soutien au tout-routier.

Pour Jean-David Abel, Vice-président de France Nature Environnement :

La PPE annoncée aujourd’hui est inquiétante au regard de l’urgence des enjeux. Elle ne permet pas d’engager la France dans une transition énergétique et écologique digne de ce nom. La fermeture de quelques centrales nucléaires en plus de Fessenheim est insuffisante pour tenir le cap et les engagements de la Loi de Transition Énergétique : la France doit s’engager sur un rythme de fermeture de 2 réacteurs par an minimum pour respecter l’objectif de réduction de la part de nucléaire à 50 %. C’est extrêmement décevant car ce faisant, le Président nie la volonté des Français de réduire la part du nucléaire, les difficultés économiques d’EDF et le risque croissant lié à la prolongation des centrales au-delà des 40 ans. Il est pourtant possible de fermer plus de réacteurs sans mettre le réseau électrique en difficulté, comme démontré par RTE. Avec cette PPE, le gouvernement se montre incapable de se débarrasser du boulet que le nucléaire représente pour la transition énergétique de la France. Enfin, nous appelons le Gouvernement à mettre ses actes en cohérence avec ses mots. Cela veut dire notamment mettre fin aux projets climaticides dans les territoires, comme le Grand Contournement Ouest de Strasbourg ou le forage offshore de Total en Guyane. Et cela veut dire également rendre la fiscalité plus juste, en taxant les plus gros pollueurs que sont les camions, les avions et les navires.

Pour Jean-François Julliard, Directeur de Greenpeace France :

Emmanuel Macron est en train de réussir un tour de force : alors que l’urgence climatique s’aggrave, il s’apprête à faire moins pour la transition énergétique et le climat que son prédécesseur, François Hollande. Les effets d’annonces ne doivent pas masquer la réalité : les mesures annoncées par le président de la République ne permettent pas de réduire rapidement les émissions de gaz à effet dans les secteurs fortement émetteurs, la consommation d’énergie et d’électricité. Au contraire, le gouvernement continue d’accorder un soutien aveugle au nucléaire, au mépris des objectifs fixés en matière d’énergies renouvelables. Le gouvernement semble privilégier les lois dictées par les industriels et les lobbys à celles votées à l’Assemblée Nationale. À quelques jours seulement de l’ouverture de la COP, les beaux discours d’Emmanuel Macron n’y changeront rien, la France se décrédibilise sur la scène internationale.

Contact presse :

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Sauvons la Roya : Balance ton Poids Lourd

Depuis 2017, les habitants de la Vallée de la Roya excédés du mépris manifesté à leur égard, ont décidé de ne plus supporter les graves atteintes à leur environnement, à leur santé, à leur cadre de vie et à leur sécurité, découlant du passage de camions lourds dans leurs villages les les 5 maires, toutes étiquettes politiques confondues, ont cosigné un arrêté municipal commun interdisant le transit dans leurs agglomérations, des poids lourds de plus de 19 tonnes de port en lourd .

Le Conseil Départemental des Alpes-Maritimes a complété par un arrêté interdisant le transit hors agglomération. Du col de Tende à Fanghetto, la RD6204 leur est désormais interdite. Les transporteurs italiens bénéficient d’une alternative beaucoup plus pratique qui est l’autoroute Cuneo-Fossano-Savona-Ventimiglia et pour les transports lourds, la voie ferrée Cuneo-Breil-Ventimiglia. Or ces arrêtés ne sont pas respectés par les transporteurs qui profitent de la nuit pour passer en fraude et les forces de l’ordre n’interviennent que très peu.

Nous vous demandons donc d’intimer l’ordre aux forces publiques dépendant de l’Etat de faire respecter les arrêtés municipal et départemental, et notamment au checkpoint de la frontière à Fanghetto où tous ces camions passent impunément sans que les forces de l’ordre présentent 24h sur 24 ne réagissent.

Roya Expansion Nature et Sauvons la Roya.

Argumentaire

La vallée de la Roya est un bout du sud-est de la France de 450km2, composé de 5 communes, traversé par la RD6204 qui est aussi l’itinéraire européen E74. Cette route touristique relie deux agglomérations italiennes, raccordées au réseau autoroutier italien, distantes d’une centaine de km, celle de Cuneo au nord et celle de Vintimille au sud où la Roya se jette dans la Mer Méditerranée. Entre les deux se dresse, au nord de Tende, la fin de la chaîne alpine, obstacle imposant avec des sommets dépassant 2500m voire 3000m et un seul point bas, le Col de Tende à 1900m d’altitude. A la fin du XIXè siècle, quand la Haute-Roya était italienne, deux tunnels ont été construits, le tunnel routier de 3200m de long à 1370m d’altitude, accessible par une route en lacets et le tunnel ferroviaire de 8100m de long à 1000m d’altitude.

Le tunnel ferroviaire joue un rôle mineur car la voie ferrée rétablie dans la vallée de la Roya en 1979 après avoir été dévastée pendant la 2ème guerre mondiale est à nouveau en mauvais état faute d’entretien régulier suffisant et assure donc peu de trafic faute d’ambition et d’investissements. Des risques de fermeture sont régulièrement évoqués au titre de « mesures d’économie ».

La route a été construite par les ducs de Savoie, futurs rois d’Italie, à partir du 17è siècle pour des diligences et des charrettes à partir d’une ancienne piste caravanière apportant à dos de mulet le sel provençal en Piémont. Depuis elle n’a connu pendant longtemps que le minimum d’investissements et d’entretien. Puis depuis une trentaine d’années, sous l’emprise de lobbys économiques italiens privilégiant le transport par camion sur une route gratuite plutôt que sur des autoroutes payantes, des travaux ont été faits sur certains tronçons en Italie (tunnels des gorges d’Airole et aménagement du tronçon nord entre Cuneo et Limone) et en France (tunnels des gorges de Saorge et rectification de la route d’accès au tunnel du col de Tende)

Devant l’augmentation du gabarit des camions, le tunnel du Col de Tende, trop étroit a vu la circulation règlementée et un alternat par feux mis en place. Cela n’a pas beaucoup dissuadé le passage des camions. Ceux-ci-traversent ensuite les villages de Vievola, Tende, Saint-Dalmas, Fontan, Breil, Piène-Basse,, puis en Italie, Fanghetto, San Michele puis Trucco avant d’arriver à Bevera à la bretelle donnant accès à l’autoroute côtière. Dans les villages français, la route n’est pas adaptée à un trafic lourd, du fait de sa sinuosité, de son étroitesse, des nuisances (dont le bruit) et du danger pour les riverains. Des dispositifs ralentisseurs ont été implantés en agglomération (zones 30km/h et 50km/h) voire un alternat par feu à Fontan où seuls deux véhicules légers peuvent se croiser. Dans le reste de la route, coincée le plus souvent entre de hautes falaises et La Roya, on remarque régulièrement les croix fleuries marquant les sites d’accidents mortels qui se produisent trop fréquemment.

En 2017, au lieu dit Scarassoui, une catastrophe a été évitée de justesse quand des ouvriers chargés de nettoyer la berge de la Roya ont découvert une véritable caverne dans le remblai sous la RD 6204, qui aurait pu s’effondrer au passage d’un véhicule. De trop nombreux tronçons sont dans le même état de vétusté, non seulement de revêtement et de géométrie, mais aussi dans la structure profonde de la route qui n’a jamais été dimensionnée pour supporter du trafic lourd intense.

En 2017, devant l’énervement croissant des populations locales, les 5 maires de la vallée concernés, toutes étiquettes politiques confondues, ont pris un arrêté municipal commun interdisant le transit des camions de plus de 19T de port en lourd dans leurs agglomérations. Le conseil départemental, gestionnaire de la route, a confirmé hors agglomérations. Cet arrêté s’impose à tous les poids lourds sauf livraisons locales et son respect doit être assuré par les forces de gendarmerie. Il apparaît qu’il n’en est rien, celles-ci préférant pourchasser les immigrants illégaux et les habitants qui les aident plutôt que d’arrêter les poids lourds qu’ils voient passer au « cheikh-point » de la frontière à Fanghetto.

Les riverains peuvent constater le passage des camions sous leurs fenêtres au petit matin. Mais tout le monde peut les voir sur les caméras du Col de Tende qui sont en ligne sur internet.

Des transporteurs continuent à faire passer les plus de 30 tonnes dans la vallée. Il suffit pour le constater de se lever tôt (entre 4h30 et 6h) et de regarder ce qui circule sur la route :

Les infractions ne sont pas verbalisées. Les autorités et la gendarmerie sont au courant, mais interviennent au compte-goutte. Pourquoi les autorités ne font-elles rien?

De leur côté les entreprises de transports italiennes font pression pour obtenir des aménagements et tentent un passage en force. N’oublions pas que l’arrêté des maires fait toujours l’objet d’un recours au Tribunal Administratif.

Puisque les autorités ne veulent pas faire respecter la loi, nous voulons les y obliger et nous vous demandons donc de nous aider à faire respecter les décisions de nos conseils municipaux pour préserver notre environnement. :

a) de bien vouloir signer et diffuser la pétition ci-jointe #balanceTonPL

b) de répondre à notre appel à témoin : si vous avez la possibilité de filmer ou de photographier les plus de 19 tonnes traversant la vallée, merci de nous les faire parvenir à l’adresse suivante : sauvons.la.roya@gmail.com .

Voici une vidéo qui présente la problématique transports dans la vallée :

[FINALE] COP 21 – Lettre ouverte aux décideurs des politiques de transport des massifs alpins 

Comment surveiller les caméras du Col de Tende et enregistrer les images de passage de gros poids lourds :

Sur la page du site Sauvons-la-Roya, en haut à droite :

 

On peut visualiser les captures d’écran de la caméra du tunnel de Tende et parcourir les images.

Par exemple,camion Tende la nuit :

Si vous en voyez une suspecte, merci de la faire parvenir à sauvons.la.roya@gmail.org .

Diffusion presse :

En Italie : Article de la Stampa

http://www.lastampa.it/2018/02/22/edizioni/cuneo/ancora-furbetti-dei-tir-in-valle-roya-dove-sono-i-controlli-HxkHRWQh2GAvixwrfc7w6K/pagina.html

En France: Article dans  CNEWS Matin Cote d’Azur

https://www.facebook.com/CNEWSMatinCoteDAzur/photos/a.239335202911965.1073741830.148505735328246/960597964119015/?type=3

NDL2018 ajourné, Une sacrée belle victoire quand même !

NDL2018 ajourné
Une sacrée belle victoire quand même !

Dans les années 1970, les premiers opposants au projet de Notre-Dame-des-Landes furent les paysans menacés d’expulsion sur les terres qu’ils cultivaient. Ils ont organisé les premiers rassemblements contre ce funeste projet.

Depuis 2001, les opposants au projet se sont rassemblés chaque été, voyant leur nombre s’étoffer très régulièrement et peser de manière évidente sur les enjeux et décisions.

Le 17 janvier 2018, après près de 50 ans de résistance acharnée, l’abandon définitif du projet fut annoncé de manière claire, nette et définitive, par le gouvernement. L’avenir de la ZAD n’était pas pour autant réglé…

Après avoir participé à la liesse générale du 10 février dernier pour fêter la victoire et « enraciner l’avenir » sur l’ex-ZAD, la Coordination des organisations opposées au projet de Notre-Dame-des-Landes avait souhaité organiser un dernier grand moment festif, les 7 et 8 juillet 2018, pour clore la tradition des rassemblements estivaux tant attendus et appréciés des militants.

La Coordination soutient la mise en place et la reconnaissance des différents projets agricoles et autres sur la zone. Elle s’investit dans la délégation de négociation avec la préfecture depuis des mois.

Aujourd’hui, force est de constater que depuis plusieurs semaines, le climat s’est beaucoup dégradé sur la zone. L’impossible remise en circulation de la départementale 281 et l’intervention policière de l’Etat ne se limitant pas à l’ouverture de ladite route, ont généré un déchaînement de violence, alors que la délégation était en pleine discussion avec Mme la Préfète.

Considérant que le climat actuel ne permet pas l’organisation d’une fête de l’ampleur des rassemblements que la Coordination a l’habitude de gérer – qui réunissent depuis plusieurs années, des dizaines de milliers de militants ou sympathisants – et considérant que la situation sur la zone reste très incertaine pour les mois à venir – le premier ministre donnant un délai de trois semaines aux occupants pour vider les lieux s’ils n’ont pas de projet agricole – la Coordination a décidé d’ajourner le rassemblement NDL2018 qu’elle avait annoncé pour les 7 et 8 juillet prochains.

La Coordination remercie les dizaines de milliers de personnes qui ont participé au succès des rassemblements estivaux toutes ces dernières années et tout particulièrement les milliers de bénévoles, les personnes des comités de soutien et celles en lutte contre d’autres Grands Projets inutiles et Imposés, qu’il s’agira de continuer à soutenir.

Elle invite chacun à garder en mémoire que le 17 janvier 2018, le projet d’aéroport fut abandonné grâce à eux tous.

Cette victoire est la leur, la nôtre à tous, une magnifique victoire populaire et collective !

La Coordination des organisations opposées au projet de NDL

ACTION POUBELLES CONTRE BURE

APPEL DES POUBELLES 

CONTRE LE PROJET DE POUBELLE ATOMIQUE DE BURE 

Nos Poubelles n’acceptent pas d’être assimilées à la méga poubelle atomique de Bure où le gouvernement veut entasser à 500 mètres de profondeur les déchets les plus radioactifs à très longue vie produits par les 58 réacteurs nucléaires français depuis leur mise en service.

Nos Poubelles ne cautionnent pas cet enfouissement irréversible de déchets radiotoxiques et inflammables pour certains, qui devront être ventilés pendant plus d’un siècle et resteront extrêmement dangereux durant des centaines de milliers d’années.

Faire croire qu’enfouir ces déchets c’est en régler le problème est une aberration. Ce n’est que les “mettre sous le tapis”

La sécurité est loin d’être assurée (risques sismiques, risques d’incendie, risques terroristes, risques de rejets radioactifs gazeux). En témoignent des documents internes de l’ANDRA, l’agence en charge de la construction du centre d’enfouissement.

Nos Poubelles s’opposent à la contamination de la région de Bure mais aussi à la mise en danger des générations futures.

Des alternatives existent (Stockage dans des conditions permettant de faire face en cas d’incident). Et puis il est urgent de ne plus produire de nouveaux déchets nucléaires, donc de sortir du nucléaire !

Voir le site d’information www.burestop.eu 

Aussi nos Poubelles ont décidé de se “customiser” pour afficher leur désaccord avec ce projet de POUBELLE ATOMIQUE. 

COMMENT FAIRE ? 

• Imprimez l’affichette.

• Collez-la en permanence sur votre poubelle de rue personnelle, telle quelle ou plastifiée (sur une, deux, voire quatre faces…).

• Pour montrer la détermination de votre poubelle, vous pouvez la laisser plus qu’il ne faut dans la rue…

• Relayez cette action et incitez vos amis, famille et voisins à faire de même

Vous pouvez faire un peu plus :

• Prenez une chouette photo de votre poubelle, avec ou sans mise en scène, avec ou sans vous (laissez libre cours à votre créativité !).

• Envoyez la photo à burecnon@yahoo.com (en précisant votre commune et votre département). 

Retrouvez ici toutes les photos des poubelles participantes : 

contre les poubelles nucléaires

LA POLLU-TAXE (contribution climat)  : UN FINANCEMENT JUSTE ET ECOLOGIQUE DES MOBILITES DU QUOTIDIEN

Le rapport Spinetta sur l’avenir du rail, qui préconise notamment la suppression de nombre de dessertes, a été dénoncé par des ONG environnementales, qui soulignent que le train est “essentiel” pour combattre le réchauffement climatique.

Ne pas construire de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes est un signal positif dans la lutte contre le changement climatique, mais ça ne suffit pas, insistent des ONG qui réclament des mesures pour freiner l’expansion du trafic aérien.

Pour participer au débat actuel dans le cadre de la préparation de la loi d’orientation des mobilités nous vous proposons de reprendre la campagne menée en 2014 sur la pollu-taxe pour interpeller les députés en nous appuyant sur l’excellent rapport du Réseau Action Climat

LE TRAIN, UN ALLIÉ ESSENTIEL POUR LE CLIMAT

https://reseauactionclimat.org/train-allie-climat/

M. Spinetta a remis au gouvernement des préconisations sur la pertinence et l’avenir du train. Alors qu’il recommande de recentrer le ferroviaire sur les grandes villes, nous rappelons le rôle majeur que peut jouer un maillage dense du transport ferroviaire dans la lutte contre les changements climatiques et les fractures territoriales.

Délaissé par l’Etat ces dernières années et à nouveau menacé, ce mode de transport d’avenir mérite une politique d’amélioration et de modernisation volontariste pour se passer des modes de transports les plus polluants.

LE TRAIN, NOTRE ALLIÉ POUR LE CLIMAT

En moyenne, un déplacement en train émet au moins 10 fois moins de CO2 que le même trajet en voiture et jusqu’à 50 fois moins de CO2 que l’avion.

Un constat appuyé par l’étude SNCF/Carbone 4 : selon cette étude, un voyage en train Intercités génère environ 15 fois moins d’émissions de CO2 par passager que le même trajet en covoiturage, 5 à 15 fois moins que le même voyage en autocar et 50 fois moins que l’avion.
http://www.carbone4.com/wp-content/uploads/2017/06/Plaquette-SNCF-Intercite
́s.pdf


LE TRAIN EST MAL AU POINT EN FRANCE

Malgré le formidable potentiel du train pour la préservation de l’environnement, le train continue à perdre du terrain par rapport aux autres modes de déplacement. C’est au coeur du bilan publié par l’Arafer fin 2017 

http://www.arafer.fr/wp-content/uploads/2017/11/CP-Arafer-Bilan-ferroviaire-voyageurs.pdf

: la baisse de fréquentation affecte surtout les Intercités et dans une moindre mesure les TER. En résulte, logiquement, la suppression de certaines lignes et la dégradation de l’offre pour les voyageurs : retards, annulation…etc. Les grandes orientations du gouvernement en faveur de ce transport du quotidien et de sa régénération sont donc louables mais supposent de répondre à des besoins urgents dans un cadre budgétaire contraint. La priorité doit être de rendre opérationnelles et attractives les lignes Intercités et TER qui transportent 90% des voyageurs en France.

Alors que les Français boudent le train, le défi du gouvernement devrait consister à rendre celui-ci à nouveau attractif !

Or le  manque d’investissement dans la régénération du réseau menace de fermeture environ 9 000 km de petites lignes, comme le révélait Reporterre dans cette carte.

https://reporterre.net/Les-trains-du-quotidien-en-France-la-grande-enquete-de-Reporterre

UN FUTUR PLAN D’ENCLAVEMENT FERROVIAIRE ?

Un gâchis car la France dispose du deuxième réseau ferroviaire européen après l’Allemagne, selon SNCF Réseau. Et l’intensité d’utilisation est médiocre : selon l’ARAFER, seuls 48 trains par kilomètre passent chaque jour en France, contre 140 trains par kilomètre aux Pays-Bas, 119 en Suisse, 96 au Royaume-Uni et 75 en Allemagne.

Il est aujourd’hui donc essentiel de revitaliser et préserver le patrimoine du réseau ferroviaire français : c’est là la clef pour obtenir un train accessible et abordable, permettant dans le même temps de lutter contre la fracture territoriale.

L‘amélioration ou la renaissance des petites lignes ferroviaires en zone périurbaine et rurale et des trains Intercités de nuit en fait partie.

LE TRAIN : UN ALLIÉ POUR RÉDUIRE LES FRACTURES TERRITORIALES

Alors que le gouvernement prévoit un plan routier sur dix ans pour achever le désenclavement de la France dans la future loi sur les mobilités, il faut veiller à ce que ces travaux ne facilitent pas les déplacements en voiture dans des territoires où son utilisation est d’ores et déjà prédominante.

C’est tout particulièrement le cas dans les peu territoires peu denses, où la voiture est déjà utilisée pour les déplacements quotidiens à plus de 90%, contre 15% à Paris, 50 à 70% dans les grandes agglomérations, 75 à 85% dans les villes petites et moyennes.

Résultat, les déplacements quotidiens de ces ménages périurbains et ruraux génèrent deux fois plus de CO2 que ceux des pôles urbains qui ont plus tendance à utiliser la marche, le vélo et les transports en commun (études de l’INSEE et du SOeS).

Il est donc essentiel de préserver les rares alternatives à la voiture dans ces territoires au lieu de les supprimer.

LE GÂCHIS DES TRAINS DE NUIT
Avec une portée jusqu’à 1500 km, le train de nuit est aussi un mode de transports pertinent pour les liaisons européennes et métropolitaines de longue distance. Malheureusement la plupart des lignes ont été supprimées ces 3 dernières années en raison de leur manque de rentabilité (qui a depuis été contesté).

Alors que la France a démantelé la plupart de ses lignes, l’Autriche, à travers son entreprise public ÖBB, déploie un réseau en Europe Centrale, de Hambourg jusqu’à Rome. Cette nouvelle offre a obtenu une augmentation subite de la fréquentation et a dégagé des bénéfices dès la première année.

https://blogs.mediapart.fr/ouiautraindenuit/blog/151217/relance-des-trains-de-nuit-quelle-est-la-strategie-de-lautriche

Là où l’offre ferroviaire se modernise pour devenir attractive, elle résulte en une augmentation du nombre de voyageurs.

La menace qui pèse actuellement sur les trains risque donc très probablement de laisser la France sur le quai de la transition énergétique.

LES PRÉCONISATIONS DU RÉSEAU ACTION CLIMAT ET DE SES ASSOCIATIONS MEMBRES POUR LA FUTURE LOI SUR LES MOBILITÉS

L’offre de transport qui se décide aujourd’hui structure fortement les mobilités de demain. Elle détermine donc la capacité de la France à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris de limiter la hausse des températures.

L’effort de planification attendu des ONG devrait se traduire dans la future loi sur les transports au moyen d’un schéma national de transports sobre en carbone et en énergie qui garantit la desserte ferroviaire de toutes les grandes et moyennes villes françaises.

Un milliard d’euros supplémentaire est nécessaire au financement de la modernisation du réseau ferré pour assurer le transport de voyageurs de manière sûre et fiable, la sécurité des voyageurs, l’augmentation des capacités de circulation avec également le doublement des voies uniques.

En matière de transports de marchandises, l’utilisation, l’exploitation et l’optimisation du réseau existant pour le transport des marchandises est indispensable avec le développement du transport combiné et les autoroutes ferroviaires.

Le volontarisme de l’Etat et des collectivités territoriales est crucial pour étoffer l’offre et les services de trains de manière qualitative et quantitative (lignes capillaires, lignes d’équilibre du territoire, lignes régionales).

Les caractéristiques d’un meilleur niveau de service concernent à la fois le prix avec les tarifications solidaires, le cadencement et l’optimisation des correspondances pour favoriser l’intermodalité mais aussi les services à bord dont le transport de vélo doit faire l’office de priorité.

DES PISTES DE FINANCEMENT JUSTES ET ÉCOLOGIQUES

Introduire une pollutaxe kilométrique sur les poids lourds pour mettre sur un pied d’égalité les différentes modes de transports et encourager le report modal.
Introduire une pollutaxe sur le kérosène sur les vols domestiques pour réduire de manière immédiate les émissions de gaz à effet de serre tout en dégageant de nouvelles ressources pour financer la modernisation du train.

SNCF: des ONG dénoncent le rapport Spinetta, au nom du climat

https://www.romandie.com/news/SNCF-des-ONG-denoncent-le-rapport-Spinetta-au-nom-du-climat/890911.rom

Voir en archives la cyberaction de 2014 : Les Français payeront l’addition pour les camions : Défendons la pollu-taxe

https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=739

Des régions se disent prêtes à expérimenter une nouvelle écotaxe

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecotaxe-regions-se-disent-pretes-experimenter-nouvelle-1367535.html

Interpellons Barbara Pompili présidente de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

Madame la députée, Monsieur le député,

Réfléchir aux transports de demain compatibles avec nos engagements internationaux pour le climat nécessite de revoir nos moyens de transports.
Ne pas construire de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou limiter la vitesse à 80 km/h sont des signaux positifs mais insuffisants.

Développer des transports du quotidien sobres en carbone et en énergie nécessite d’introduire une pollu-taxe climatique (contribution climat ) affectée au financement des régions

– sur les poids lourds pour mettre sur un pied d’égalité les différentes modes de transports et encourager le report modal.
– sur le kérosène sur les vols domestiques pour réduire de manière immédiate les émissions de gaz à effet de serre tout en dégageant de nouvelles ressources pour financer la modernisation du train.

Les habitants de la zad ne sont toujours pas légalement expulsables.

Hier matin, le ministre de l’intérieur affirmait que la zad serait évacuée des « éléments les plus radicaux », appuyant une nouvelle fois la fable d’un groupe fantômatique de quelques dizaines d'”ultra-violents” que l’on cacherait quelque part dans le bocage. Nous réaffirmons qu’il n’y a pas des “élements plus radicaux” d’un côté et de “bons zadistes” paysans de l’autre. Comme le soutient l’ensemble du mouvement, repris à son tour en ce sens par un ensemble d’organisations,syndicats et ong’s nationales dans une tribune hier, nous nous opposons à “toute expulsion de celles et ceux qui sont venus habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y projeter leurs vies et leurs activités”.
Pour un accès complet à cette tribune :

Par ailleurs, nous entendons beaucoup parler de mouvement de troupes et de volonté d'”expulser au plus vite aéroport ou pas”. Au-delà de toute considération politique ou logistique sur la légitimité et la faisabilité d’expulser les habitants de Notre-Dame-des-Landes, il nous semble nécessaire de rappeler que cela n’est aujourd’hui tout simplement
pas légalement possible.

Nous l’avions démontré dès l’automne 2016, appuyé en cela par le Syndicat des Avocats de France, le DAL et le Syndicat de la Magistrature et la situation légale n’a pas évolué depuis :

– les 14 lieux d’habitation de la zad ayant été l’objet de procédures d’expulsion bénéficient tous de la trêve hivernale. Ceux-ci ne sont donc pas expulsable avant le 31 mars.

– plus de 60 autres habitats situés sur la zad n’ont pas encore été l’objet de procédures d’expulsion. Le droit français est strict à ce sujet : tout.e habitant.e d’un lieu considéré comme son logement principal, même sans doit ni titre, doit pouvoir bénéficier d’une
procédure nominative avant qu’un juge décide de son expulsion et que la préfecture puisse ensuite accorder le concours de la force publique pour la mettre en oeuvre.

Il serait donc bon que ceux qui brandissent des menaces d’expulsion à tout va commencent par respecter le droit dont ils se prétendent garant.

Pour une meilleure compréhension de ces enjeux, nous vous renvoyons au communiqué commun du Syndicat de la Magistrature, du Syndicat des Avocats de France et du DAl paru le 2 novembre 2016 et toujours d’actualité :
https://zad.nadir.org/IMG/pdf/com_nddl_saf_sm_dal_.pdf

Ainsi qu’à celui des occupant.e.s de la zad sur la trêve hivernale avec une carte des lieux non expulsables à ce titre :
https://zad.nadir.org/spip.php?article4166

PARCE QU’IL N’Y AURA PAS D’AÉROPORT (TEXTE DES 6 POINTS SUR L’AVENIR DE LA ZAD)

Ce texte en 6 points a pour but de poser les bases communes nécessaires pour se projeter sur la zad une fois le projet d’aéroport définitivement enterré. Il a été réfléchi au sein d’une assemblée régulière ayant pour objet de penser à l’avenir des terres une fois le projet d’aéroport abandonné. Assemblée qui regroupe des personnes issues des différentes composantes du mouvement de lutte. Ce texte a été longuement débattu, à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces d’organisation du mouvement.
Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage.
Une fois le projet d’aéroport abandonné, nous voulons :

1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits.

2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGO-VINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l’usage, recouvrer leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.

3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la zad pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en termes d’expérimentations agricoles hors cadres, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc.), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.

4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture pour le compte d’AGO-VINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.

5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.

6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leurs mise en oeuvre.

Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C’est à nous tout-e-s, dès aujourd’hui, de le faire fleurir et de le défendre.
Acipa, Coordination des opposants à l’aéroport, occupant.e.s de la zad, copain 44, naturalistes en lutte.

Nous nous engageons pour l’avenir de la ZAD

// Communiqué commun national d’associations, syndicats et organisations

Depuis presque cinquante ans, des paysan.ne.s et habitant.e.s de la région nantaise résistent contre un projet d’aéroport qui viendrait détruire 1.650 ha de terres agricoles et de zones humides. Le gouvernement a annoncé qu’il trancherait en ce mois de janvier sur ce dossier brûlant devenu emblématique d’enjeux de fond et de choix de société. Au niveau national, nos organisations, associations et syndicats se sont engagés au fil du temps dans un mouvement large et populaire contre ce projet.

La commission de médiation nommée il y a sept mois par le gouvernement a mis en évidence la faisabilité de la rénovation de l’aéroport actuel, alors même que les tenants du projet de transfert vers Notre-Dame-des-Landes s’évertuent depuis des années à refuser de prendre en compte les études qui le démontrent.

Emmanuel Macron s’est engagé à agir vigoureusement contre le réchauffement climatique et pour la préservation de la biodiversité. Il serait alors absurde et dramatique que le gouvernement s’entête à vouloir construire cet aéroport. Il serait tout aussi dramatique qu’après avoir enfin abandonné ce projet, l’exécutif s’enferme dans une logique répressive visant à expulser celles et ceux qui auront su prendre soin de ce territoire. Il est pour nous impensable de
laisser le gouvernement mettre fin brutalement à l’expérience singulière qui s’est construite à Notre-Dame-des-Landes. Dans la foulée de l’abandon espéré du projet d’aéroport, nous appelons au contraire au dialogue. Les différentes composantes du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad ont fait savoir qu’elles y travaillent depuis des mois et qu’elles sont prêtes à s’engager en ce sens dès l’abandon du projet.

Le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant
Dans ce contexte, nous voulons soutenir les bases communes pour l’avenir de la zad établies par l’ensemble des usager.e.s actuel.le.s de ce territoire [1] — paysan.ne.s, voisin.e.s, habitant.e.s, naturalistes, syndicalistes, membres d’associations, randonneurs.euses :

* la nécessité pour les paysan.ne.s et habitant.e.s résistant.e.s ayant refusé la vente amiable à AGO-Vinci et étant allés à l’expropriation de pouvoir recouvrer pleinement leurs droits au plus vite ;

* le refus de toute expulsion de celles et ceux qui sont venu.e.s
habiter ces dernières années dans le bocage pour le défendre et qui souhaitent continuer à y projeter leurs vies et leurs activités ;

* une volonté de prise en charge à long terme des terres de la zad
par une entité issue du mouvement dans toute sa diversité ;

* le fait que les terres sauvegardées aillent à de nouvelles
installations et pas à l’agrandissement d’exploitations existantes ;

* la nécessité de continuer à préserver et faire vivre ensemble
les patrimoines naturels et agricoles exceptionnels de cette zone.

Pour qu’un projet pérenne, en cohérence avec les valeurs portées par le mouvement, puisse se constituer, une période de gel de la redistribution institutionnelle des terres est nécessaire. Nous savons que cette voie est possible : par le passé et en d’autres lieux, des terres agricoles préservées ont continué à être prises en charge collectivement par celles et ceux qui s’étaient battu.e.s pour elles.

Au-delà des justes combats contre des projets destructeurs, nous sommes convaincu.e.s de la nécessité que puissent aussi se développer des espaces où des personnes réinventent d’autres formes d’habitats, d’agricultures, de rapports au travail et de relations sociales. Dans un monde miné par l’individualisme, le gaspillage des ressources naturelles, les crises sociales et environnementales, le bocage de Notre-Dame-des-Landes doit rester une terre d’inspiration et d’espoir, nourrie par l’idée des biens communs, les solidarités et le soin du vivant.
Nous relayons en ce sens l’appel du mouvement contre l’aéroport et pour l’avenir de la zad à converger massivement dans le bocage le 10 février, au lendemain des 10 ans de la déclaration d’utilité publique du projet d’aéroport. Il s’agira alors, espérons-le, de saluer ensemble une décision d’abandon et de soutenir avec détermination l’horizon souhaité collectivement pour l’avenir de ce territoire préservé. D’autres rendez-vous sont d’ores et déjà prévus sur la zad, entre autre les 7 et 8 juillet pour le rassemblement annuel de la Coordination des organisations anti-aéroport de
Notre-Dame-des-Landes.

PREMIERS SIGNATAIRES :

SIGNATURES NATIONALES
350.ORG, AGIR POUR L’ENVIRONNEMENT, AGTER, ALOFA TUVALU, ALTERNATIBA, ANV-COP21, ATTAC, COLLECTIF POUR LA SAUVEGARDE DE LA ZONE HUMIDE DU TESTET (SIVENS), CONFÉDÉRATION PAYSANNE, COORDINATION DES OPPOSANT.E.S AU LYON TURIN, COORDINATION BURE STOP, DROIT AULOGEMENT, EELV, ENSEMBLE!, FÉDÉRATIONS SUD-RAIL, SUD-PTT, SUD-BPCE, GREENPEACE, LES AMIS DE LA TERRE, PARTI DE GAUCHE, RÉSEAU CIVAM, UNION SYNDICALE SOLIDAIRES.

SIGNATURES LOCALES : ALTERNATIBA NANTES, ALTERNATIBA LIMOUSIN, AMIS DE LA CONFÉDÉRATION PAYSANNE LIMOUSINE, ASODEDRA 88, ATTAC87, BURE STOP 55, BRETAGNE VIVANTE, CEDRA 52, COLLECTIF NOVISSEN 23 CONTRE LES 1400 VEAUX, COLLECTIF POUR LA SAUVEGARDE DE LA ZONE HUMIDE DU TESTET
SIVENS), COLLECTIF STOP-EPR NI À PENLY NI AILLEURS, COLLECTIF ANTI-LGV LIMOGES-POITIERS /PRO POLLT, COLLECTIF NON À LA MONTAGNE À PELLETS, COORDINATION BURE STOP, COORDINATION DES OPPOSANT.E.S AU LYON TURIN, EELV BRETAGNE, EELV LORRAINE, EELV PAYS DE LA LOIRE, ENSEMBLE! 44, EODRA ASS. ELUS DE LORRAINE OPPOSÉS À L’ENFOUISSEMENT DES DÉCHETS RADIO ACTIFS), FRANCE INSOUMISE ST JUNIEN 87, GROUPE D’ACTION CLISSON DE LA FRANCE INSOUMISE, GROUPE D’ACTION NANTES CATHÉDRALE DE LA FRANCE INSOUMISE, GROUPE D’ACTION PONTCHATEAU ET ENVIRON DE LA FRANCE
INSOUMISE, HABITANTS VIGILANTS DE GONDRECOURT 55, HABITANTS VIGILANTS DE VOID 55, GROUPE D’INTERVENTION DES GRENOUILLES NON-VIOLENTES (GIGNV), LES AMIS DE LA TERRE 38, LES AMIS DE LA TERRE LIMOUSIN,MIRABEL LORRAINE, MNE 55, MNLE PAYS DE LA LOIRE, PLACE AU PEUPLE 44, PG 44, GROUPE MAMMALOGIQUE BRETON, REZÉ À GAUCHE TOUTE, SORTIR DU NUCLÉAIRE PAYS NANTAIS, SDN 57, SOLIDAIRES BRETAGNE, STOP LINKY LIMOUSIN 87, STOP MINES 23

_(1) Ces bases communes ont été plus amplement détaillées dans un texte en 6 points ci-dessous, signé par les composantes du mouvement sur le terrain :

Expulsions à ND-des-Landes ? Un non-sens

Lettre ouverte de Léon Maillé, paysan retraité du Larzac

Si après avoir, en 1981, annulé l’extension du camp militaire du Larzac, le président Mitterrand avait expulsé les squatters, le laboratoire rural extraordinaire imaginé par les jeunes illégalement installés sur le plateau n’aurait jamais existé.

Ainsi, fait unique en France, l’admirable gestion collective, depuis 30 ans, des 6 300 ha appartenant à l’Etat et des 1 200 ha aux GFA militants n’aurait, elle non plus, jamais existé. Cela a permis l’éclosion d’une agriculture paysanne très diversifiée que nous les anciens, engoncés dans la mono-production roquefort, n’aurions jamais imaginée, encore moins osée. Transformation à la ferme, vente directe de fromage de brebis et chèvre, de viande d’animaux de plein air (bœuf, agneau, cochon…), très souvent en bio, auxquels il faut ajouter miel, artisanats divers, dresseur de chiens de berger, chèvres angora, et même fabrication de bière et d’apéritifs, etc.

En fait, chaque maison ou ferme vide dans les années 1970 est maintenant vivante. Ainsi, par endroit, on a doublé la population agricole et, pour mieux écouler ces produits fermiers, voilà 30 ans a été inventé ici le concept de marché à la ferme, largement repris ailleurs.

C’est le résultat du brassage d’idées provoqué par l’arrivée de tous ces jeunes de l’extérieur qui a été le levain de la revitalisation du causse. Ainsi, le prototype du premier rotolactor pour brebis a été inventé par… un natif du Pas-de-Calais, et le créateur de la magnifique coopérative des Bergers du Larzac (34 producteurs et 35 salariés) est venu de Nanterre reprendre une ferme vendue à l’armée. Du coup, ici on innove : ainsi plusieurs hameaux sont chauffés par un réseau de chaleur à la plaquette forestière locale, les toits des fermes hébergent des panneaux photovoltaïques, et depuis peu une Toile du Larzac (copiée sur une initiative de la Manche) amène Internet à haut débit via un collectif d’habitants.

N’oublions pas non plus ces débats de société engendrés sur le plateau, comme les combats contre la malbouffe, les OGM, la mondialisation libérale, les gaz de schiste, etc.

Ce tumulte local répercuté par les médias a été bénéfique à toute la région, au tourisme et à la vente des produits locaux. Lorsqu’on entend aujourd’hui des décideurs s’abriter derrière le droit pour justifier des expulsions à Notre-Dame-des-Landes, il faut leur rappeler que le droit n’est qu’une règle du moment, qui peut être modifiée, voire inversée. Exemple : l’arrachage des OGM était interdit (Bové a fait de la prison pour cela), maintenant ce sont les OGM qui sont interdits dans les champs, et c’est même l’Etat qui en a fait arracher !

Quant à notre « bergerie cathédrale » de La Blaquière, elle a été construite sans permis par des bénévoles, et financée en partie par le refus de l’impôt. Mais au final elle a quand même été inaugurée par  un ministre de la République : Michel Rocard. En fait, c’est la légitimité qui devrait toujours l’emporter sur la légalité ; l’oublier, comme à ND-des-Landes, c’est aller à contresens de l’histoire. Et combien d’hommes politiques (De Gaulle, Mandela, Havel, etc.), après avoir enfreint la loi, sont un jour devenus président de leur pays.

Bref, heureusement que François Mitterrand n’avait pas eu l’idée saugrenue d’expulser les occupants d’alors…
Léon Maillé
paysan retraité

A NDDL, un retour à l’ordre public est possible sans évacuation violente !

Matthieu Orphelin, député La République en Marche du Maine-et-Loire (proche de Nicolas Hulot) et  José Bové, eurodéputé écologiste, ont adressé une tribune libre au Courrier de l’Ouest, au Maine Libre et à Presse Océan. 

Leur prise de parole intervient alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, recevra demain les élus de Maine-et-Loire et que Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, est attendu dans la Sarthe aujourd’hui.

A NDDL, un retour à l’ordre public est possible sans évacuation violente !

“A quelques jours de la décision définitive du gouvernement, nous affirmons qu’une sortie par le haut est possible à NDDL, loin des tentations belliqueuses de certains ou des rêves d’un Etat de non-droit d’autres. Un retour à l’ordre public à NDDL sans évacuation violente est possible ; c’est, à nos yeux et de très loin, le meilleur scénario !

Saluons d’abord la méthode mise en œuvre par le Président de la République (qui tranche avec celle des responsables politiques précédents !) : regarder d’un œil nouveau l’avenir du transport aérien du grand Ouest de la France. Le rapport de médiation rendu mi-décembre 2017, dont nul ne peut sérieusement contester la qualité du travail, montre que le réaménagement de l’aéroport existant de Nantes-Atlantique est une alternative crédible. L’ultime phase d’écoute des élus et décideurs locaux, pilotée par le Premier Ministre, permettra à l’exécutif de prendre une décision éclairée avant fin janvier.

Au-delà du choix de la plate-forme aéroportuaire (NDDL ou Nantes-Atlantique), sur lequel notre préférence est connue de tous, ce sont les conditions de sortie de crise qui se jouent. Retrouver un climat pacifié est non négociable et si nécessaire pour les habitants de la zone. Dans le cas du choix du réaménagement de l’aéroport existant, notre conviction est que l’Etat peut être fort en assurant un retour à l’ordre public à NDDL sans évacuation violente.

Pour y arriver, l’Etat peut imaginer un nouvel avenir pour NDDL, via un projet fédérateur autour de l’agriculture durable et de la biodiversité. Une mission pourrait être nommée pour élaborer ce nouveau projet emblématique, animer le dialogue avec toutes les parties prenantes, imaginer les soutiens aux actions portées par les acteurs locaux et préfigurer une future « Société civile du bocage » à qui serait confiée la concrétisation de ce projet agricole innovant sur les 1600 hectares préservés et la gestion de l’usage de ces terres agricoles.

Des expériences réussies peuvent être inspirantes. Celle du Larzac, où les terres récupérées après l’abandon de l’extension du camp militaire sont depuis gérées, avec la satisfaction de tous, par une société foncière titulaire d’un bail emphytéotique de longue durée signé avec l’Etat. Celle également du Plan Loire Grandeur Nature qui avait acté, après cinq années d’occupation du site de Serre de la Fare, l’abandon de quatre projets de barrages sur la Loire et permis de mettre en place une équipe pluridisciplinaire d’experts aux services de territoires et des porteurs de projets.

L’Etat peut également être fort en assumant une phase de transition de quelques mois vers un retour à la normale. Est-ce si étonnant, pour un projet si mal emmanché depuis plus de 50 ans ? Cette transition pourrait commencer à se concrétiser par de premiers signaux rapides, dont un nettoyage de la route « à chicanes » RD 281 qui doit sans délai retrouver une circulation normale. Le dialogue sera aussi enclenché avec les citoyens non-violents qui expérimentent sur le site de nouvelles organisations sociales ou activités -de facto pour l’instant de façon irrégulière-, pour, par exemple à terme, qu’une zone définie de la ZAD leur soit accessible pour continuer ces activités dans une relation régularisée. L’Etat gérera cette transition et les éventuelles difficultés qu’elle engendrera. Il faudra évidemment également du temps pour gérer la question de la remise à plat des droits de propriété et d’usage des terres sur lesquelles devait être construit l’aéroport.

L’Etat peut également démontrer sa force en s’assurant qu’il n’y ait plus jamais de projets menés comme celui-ci l’a été. Il doit y avoir un avant et un après NDDL. Les convictions d’élus locaux, aussi respectables soient-elles, ne doivent plus suffire à convaincre de l’utilité d’un grand investissement. Il faut de nouvelles pratiques : plus jamais un grand projet ne pourra être mené sans que ses impacts sur les grands enjeux de demain (climat, préservation des terres agricoles) ne soient correctement évalués et que ses alternatives n’aient été envisagées ; c’est d’ailleurs le sens de la loi sur le dialogue et l’évaluation environnementale des projets qui va être votée dans quelques semaines, sans beaucoup d’écho médiatique alors qu’elle changera vraiment la donne.

Enfin, l’Etat doit être fort dans sa négociation avec le groupe Vinci. Il est hors de question de payer des centaines de millions d’euros à un groupe qui tire une grande part de ses bénéfices d’équipements dont la puissance publique lui a confié la gestion, et qui de plus, gère l’aéroport existant de Nantes-Atlantique !”

Matthieu Orphelin, député (LREM) de Maine-et-Loire et José Bové, eurodéputé écologiste