relance du nucléaire vue par Le Monde

Bonjour,

Si vous avez envie de vous lancer dans cette lecture, voila de quoi se documenter. Ci-dessous,  4 articles que le Monde vient de publier concernant les conditions de la relance du nucléaire. Il est interessant que ce journal qu’on dit de “référence”, et qui de fait est dans l’idéologie dominante, pose de vraies questions quant à la mise en chantier de nouveaux réacteurs. Macron et le lobby seraient-ils l’objet la part de leur camp de réserves quant à la politique énergétique du pays?

Pierre
Nucléaire : débattre et informer, avant de décider
ÉDITORIAL Jérôme Fenoglio Directeur du « Monde »

Relancer un chantier colossal de plusieurs EPR, comme le souhaite le président Macron, a de très nombreuses implications, budgétaires, environnementales, technologiques… A quelques mois de la présidentielle, les Français méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité.

Editorial du « Monde ». En France comme ailleurs, les campagnes en vue d’une élection présidentielle apportent souvent autant de clarifications bienvenues que de simplifications malheureuses. Ces dernières semaines, les candidats virtuels ou déclarés au scrutin du printemps 2022 ont précisé leur position sur une question rendue impérieuse par l’ampleur de la crise climatique en cours : l’évolution de notre production d’énergie, principalement électrique, dans le cadre d’une trajectoire rigoureuse de réduction de nos émissions de CO2. Pour produire cette électricité décarbonée, notre pays possède un atout qui est devenu source de perplexité. Notre parc nucléaire, contributeur à hauteur d’environ 70 % du mix actuel, entre dans la dernière phase de sa vie et ne sera quasiment plus opérationnel dans une vingtaine d’années.

C’est sur son sort que les options défendues par les candidats ont tendance à basculer dans le simplisme. A droite, et à l’extrême droite, l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 est perçu comme une occasion d’offrir une revanche historique à la filière nucléaire, tout en évacuant toutes les questions gênantes : le nécessaire effort de réduction de la consommation d’énergie ainsi que l’indispensable développement des énergies renouvelables, notamment ces éoliennes devenues, pour ceux de ce bord politique, l’objet de tous les griefs. A gauche et chez les écologistes, à quelques exceptions près, la sortie rapide du nucléaire est toujours à l’ordre du jour, même si sa date prévue a été légèrement décalée. Ce report serait toutefois loin de nous éviter les nombreuses difficultés dans lesquelles nous voyons aujourd’hui se débattre l’Allemagne, après la décision d’un arrêt précipité de ses centrales, à la suite de la catastrophe de Fukushima.

Entre ces illusions du tout et celles du rien, Emmanuel Macron vient de se prononcer pour une relance de la construction de plusieurs centrales de type EPR, concomitante avec une accélération dans les énergies renouvelables, au sein d’un mix décarboné dont les proportions exactes doivent être encore choisies parmi les modélisations présentées récemment par le Réseau de transport d’électricité (RTE). Cette option, présentée comme rationnelle et raisonnable, n’en constitue pas moins, elle aussi, un pari sur l’avenir, comportant de nombreux risques qui devraient être beaucoup plus mûrement réfléchis et débattus avant de s’imposer comme une décision du président de la République.

D’abord parce que ses implications budgétaires sont considérables. Le renouveau, même limité, de l’atome en France, c’est avant tout l’allocation d’une manne financière à la fois immense et imprévisible. Songeons que l’EPR de Flamanville devait être connecté au réseau en 2012 après un investissement de quelque 3 milliards d’euros et qu’il ne devrait finalement entrer en service qu’une décennie plus tard, pour un budget de six à sept fois supérieur. Les problèmes techniques rencontrés depuis par l’un des deux réacteurs de l’EPR de Taishan (Chine) laissent craindre que les retards et dérives budgétaires soient plus une norme qu’une exception. Or les ressources d’argent public considérables qui seront consenties au nucléaire manqueront d’autant à la recherche de solutions techniques de stockage de l’énergie et d’adaptation des réseaux, aux renouvelables, à l’accompagnement des mesures de sobriété énergétique…

Les défauts en série sur le chantier de Flamanville, les inquiétudes maintes fois exprimées par l’Autorité de sûreté nucléaire et la situation financière désastreuse d’EDF ne peuvent qu’inciter à la prudence. Lancer un chantier colossal de plusieurs EPR implique pour les pouvoirs publics de disposer de garanties indépendantes sur la capacité d’EDF et de ses sous-traitants à mener à bien ce défi. Cette circonspection s’impose d’autant plus que les futures centrales pourraient fonctionner dans un milieu déréglé par l’effet d’un réchauffement climatique qui aura grand-peine à être maîtrisé. Dans un tel monde, ni le débit des fleuves, ni l’étendue des inondations, ni les dégâts que les ondes de tempêtes peuvent causer sur les littoraux ne sont pleinement anticipables. Comme n’était pas prévisible ou même imaginable la brutalité des inondations qui ont ravagé la Belgique et l’Allemagne cet été. A mesure que le climat change, l’improbable devient plausible, l’impensable s’impose dans l’actualité. Les risques faibles d’aujourd’hui sont les catastrophes de demain.

Ces nouvelles menaces, comme les dangers plus anciens – la lancinante question des déchets est toujours posée –, doivent être portées à l’attention du grand public. Tout comme les difficultés du démantèlement des centrales en fin de vie, le renchérissement prévisible des tarifs, les instabilités des sources renouvelables, l’adaptation inévitable de notre consommation et de nos modes de vie à cette nouvelle donne. Sur l’ensemble de ces sujets, nos concitoyens méritent un débat public sérieux et transparent, qui s’appuie sur des chiffres et des arguments de qualité. Cela passe tout autant par un effort de la filière nucléaire, qui a fini par se nuire à elle-même en se complaisant dans sa culture de l’opacité, que par une revitalisation de nos échanges démocratiques. Avant que le prochain président de la République ne présente ses orientations devant des citoyens – et leurs représentants – pleinement éclairés, les échanges entre candidats ne pourront pas se limiter à une stigmatisation stérile de l’atome ou de l’éolien.

Nucléaire : l’autre dépendance énergétique européenne à la Russie

Au-delà du gaz et du pétrole, Moscou est également un acteur clé du secteur de l’atome et de nombreux pays entretiennent des liens étroits avec le géant Rosatom. Mais cette industrie reste épargnée par les sanctions.

Par Perrine Mouterde et Marjorie Cessac
Le Monde

Gaz, pétrole, charbon. La guerre en Ukraine, en provoquant une crise énergétique d’ampleur inédite, a clairement exposé les liens des pays européens avec le secteur des hydrocarbures russes. Mais une autre dépendance a jusqu’ici été très peu évoquée : dans l’est de l’Union européenne (UE) notamment, des Etats comptent sur l’industrie nucléaire russe pour faire tourner leurs centrales et produire jusqu’à la moitié de l’électricité dont ils ont besoin.

Alors que le géant de l’atome Rosatom est un réel instrument d’influence pour le pouvoir de Vladimir Poutine, qu’il est chargé des armes nucléaires du pays et impliqué dans l’occupation de la centrale de Zaporijia en Ukraine, ce secteur a jusqu’ici été épargné par les sanctions. Un statu quo qui ne devrait pas empêcher le marché de se restructurer au moins en partie, en bénéficiant au passage à des acteurs français.

Rosatom, champion toutes catégories

Un chiffre illustre le poids de la Russie dans l’industrie nucléaire : sur quelque 440 réacteurs en opération à travers le monde, 80 sont de conception russe, soit de type VVER. Au cours des dernières décennies, le pays a exporté plus d’unités que n’importe quel autre acteur.

L’UE en compte dix-huit sur une centaine en activité, notamment dans les pays de l’ex-bloc soviétique. En Bulgarie, par exemple, les deux réacteurs russes fournissent un tiers de l’électricité du pays. En République tchèque, les six unités sont à l’origine de près de 37 % de la production tandis qu’en Hongrie les quatre réacteurs en produisent près de la moitié.

Moscou continue par ailleurs de dominer le marché international. Selon le World Nuclear Industry Status Report, sur les cinquante-trois réacteurs en cours de construction à la mi-2022, vingt l’étaient par le groupe Rosatom, dont dix-sept hors de Russie. Seules la France et la Corée du Sud construisent également des réacteurs (deux chacun) hors de leurs frontières.

Avec plus de 300 entreprises, 275 000 employés et des partenariats commerciaux signés avec plus de cinquante pays, l’Agence fédérale de l’énergie atomique Rosatom est un mastodonte. Impliquée dans la quasi-totalité des pays nucléarisés, elle a été créée officiellement, en 2007, par le président russe. « Vladimir Poutine a réuni cette année-là les activités nucléaires du secteur public et du secteur privé, raconte Mark Hibbs, spécialiste de la politique nucléaire au Carnegie Endowment for International Peace. Il a centralisé l’ensemble de l’industrie, y compris le nucléaire militaire, au sein d’une seule organisation placée directement sous ses ordres. »

Depuis, Rosatom a mené une stratégie offensive, en proposant de livrer des centrales « clés en main ». Non seulement la Russie construit, assure la maintenance, fournit l’expertise technique ou le combustible, mais elle peut aussi prendre en charge le coût financier, même pour des opérations considérées comme à risque.

« Les Russes sont hypercompétitifs »

Un tel contrat, pour quatre réacteurs estimés à environ 20 milliards de dollars (un peu plus de 19 milliards d’euros), a ainsi été signé en 2010 avec la Turquie, qui cherchait en vain depuis des décennies à lancer un programme nucléaire. « Les Russes sont hypercompétitifs, personne au sein de l’Organisation de coopération et de développement économiques [OCDE] ne peut rivaliser avec les conditions qu’ils proposent », souligne Marc-Antoine Eyl-Mazzega, directeur du centre énergie et climat de l’Institut français des relations internationales.

Concernant l’uranium naturel, la Russie était en 2021 le troisième fournisseur de l’UE avec 20 % des parts de marché, selon l’agence européenne Euratom. Le Kazakhstan figure en deuxième position ; or une certaine part de l’uranium extrait dans ce pays enclavé transite par le territoire russe. « Environ 45 % de l’uranium français vient de l’Ouzbékistan et du Kazakhstan, des régimes sous influence russe, et transite dans des cargos russes, ce n’est pas neutre », dénonce Pauline Boyer, chargée de campagne nucléaire à Greenpeace.

Quel est le niveau de dépendance des pays européens au gaz et au pétrole russe ?

Une fois extrait, l’uranium naturel doit également être « converti » – le minerai est purifié et transformé en hexafluorure d’uranium (UF6) – puis « enrichi » – la concentration d’uranium 235 est augmentée – avant de pouvoir être utilisé sous forme de combustible. Là aussi, Rosatom exerce un poids réel : le groupe contrôle 25 % du marché européen de la conversion et 31 % de celui de l’enrichissement – des chiffres qui grimpent à environ 40 % et 46 % au niveau mondial.

Outre l’UE, les Etats-Unis sont également lourdement dépendants de la Russie. « A tout moment, Moscou pourrait réduire de moitié l’approvisionnement mondial disponible en combustible nucléaire, et le marché le plus exposé au monde est les Etats-Unis », estimait fin octobre Paul Dabbar, ancien secrétaire adjoint du ministère américain de l’énergie. En 2021, Rosatom a fourni près du quart du combustible nécessaire aux 93 réacteurs du parc américain. La plupart des modèles de réacteurs avancés dits « de quatrième génération », en cours de développement, ont par ailleurs besoin d’un uranium enrichi jusqu’à 20 %, que seule la Russie est actuellement en capacité de fournir.

« La dépendance au nucléaire est particulièrement forte parce qu’il ne s’agit pas simplement d’une dépendance à une matière, mais aussi à des technologies et des capacités industrielles », résume Yves Marignac, expert du nucléaire au sein de l’Association négaWatt, organisation militant pour la sobriété énergétique et le remplacement des énergies fossiles et nucléaires.

Le nucléaire à l’abri des sanctions

En avril, le Parlement européen appelait à un « embargo total » sur les importations de charbon, de pétrole, de gaz mais aussi de combustible nucléaire en provenance de Russie. Mais, après neuf mois de guerre et huit volets de sanctions, l’industrie de l’atome est l’un des rares secteurs à ne pas être concerné par les restrictions, au grand regret des dirigeants ukrainiens. Elle a même bénéficié d’exemptions : des avions cargo venant de Moscou et transportant du combustible destiné aux centrales slovaques ou hongroises ont été autorisés à circuler malgré la fermeture de l’espace aérien européen aux appareils russes.

En termes économiques, les pays de l’UE ont déboursé environ 210 millions d’euros pour les importations d’uranium brut de Russie en 2021. Si cette somme est bien inférieure à celle dépensée pour les achats de gaz ou de pétrole, elle masque d’autres gains indirects pour la Russie. « Il serait logique de sanctionner Rosatom, qui est impliqué dans l’occupation de la centrale ukrainienne de Zaporijia et donc complice de la stratégie de guerre de Moscou, mais personne ne l’a fait », constate Mark Hibbs.

Cette exception liée au nucléaire s’explique d’abord par le contexte énergétique. Alors que le conflit a privé les Européens de la quasi-totalité de leur approvisionnement en gaz russe, se passer de capacités de production nucléaire ajouterait au risque de pénuries d’électricité lors des prochains hivers, qui s’annoncent particulièrement tendus. De surcroît, l’UE est engagée dans un processus visant à réduire massivement ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à la fin de la décennie. En juillet, elle a choisi d’inclure le nucléaire, une source d’électricité bas carbone, dans la liste des investissements « verts » permettant de lutter contre le réchauffement.

Pour certains Etats, sanctionner Rosatom reviendrait aussi à rompre de multiples relations commerciales et des engagements de long terme. « Si le volet nucléaire était abordé dans le cadre des sanctions, il y a fort à parier que la Hongrie s’y opposerait », estime par exemple Phuc-Vinh Nguyen, expert à l’Institut Jacques-Delors.

L’inertie liée au nucléaire représente une autre difficulté. Si des sanctions étaient décidées, il faudrait sans doute des années pour mettre en place des alternatives fiables sans mettre en péril la sûreté des installations. La plupart des Etats ont des réserves d’uranium suffisantes pour faire fonctionner leurs réacteurs plusieurs mois, voire plusieurs années, mais conclure de nouveaux contrats d’approvisionnement peut être complexe et coûteux, tout comme développer de nouvelles capacités de conversion, d’enrichissement ou même d’expertise. « Compte tenu du déclin de l’industrie nucléaire ces dernières années, il existe un réel manque de personnes qualifiées qui pourraient venir en appui rapidement à des pays comme la Bulgarie ou la Slovaquie », complète Mark Hibbs.

Une domination russe remise en cause ?

La guerre en Ukraine, qui expose la dépendance de l’UE ou des Etats-Unis au nucléaire russe, aura-t-elle toutefois un impact sur cette industrie ? Selon Euratom, le fonctionnement du marché a été « profondément affecté » par les évolutions géopolitiques : « Cela a compromis la confiance dans ce qui était auparavant un partenaire majeur de l’énergie nucléaire, affaiblissant la sécurité d’approvisionnement de l’UE en matières et services nucléaires et aggravant ses problèmes de dépendance », écrit l’institution dans un rapport publié en août. « Compte tenu de la guerre en Ukraine, les Etats-Unis et l’UE doivent désormais s’interroger sur la manière de réduire leur dépendance à Rosatom », conviennent aussi les porte-parole du groupe Orano (ex-Areva) en France.

De fait, si la plupart des experts estiment peu probable l’imposition de sanctions visant le nucléaire, la domination de Rosatom pourrait être en partie remise en cause, et le groupe perdre certaines parts de marché. Concernant la livraison de réacteurs, la Finlande a annulé un contrat passé avec Rosatom pour la construction de la centrale de Hanhikivi après le déclenchement du conflit. « Le rôle de développeur de nouvelles centrales du groupe russe va être restreint, estime Marc-Antoine Eyl-Mazzega. Il ne peut plus prêter comme avant à ses clients, la guerre compliquant l’accès aux financements. » « La première perte [liée à la guerre en Ukraine] pour le secteur nucléaire est la confiance en la Russie, et la seconde concerne les perspectives d’exportation de Rosatom », écrivait aussi en juin Jeremy Gordon, un consultant dans le domaine du nucléaire. Il soulignait alors que le vide laissé par Rosatom ouvrirait le marché à d’autres acteurs dont la France, la Corée du Sud ou le Royaume-Uni.

Conséquence très concrète de la guerre, le français Orano cherche aujourd’hui à développer ses capacités d’enrichissement d’uranium, soit en construisant une nouvelle installation aux Etats-Unis, où il est déjà impliqué, soit en augmentant d’environ 30 % la capacité actuelle de l’usine de Tricastin (Drôme). Pour cette seconde option, la Commission nationale du débat public (CNDP) a déjà été saisie par le groupe, et une concertation va être organisée dès 2023. « Il y a un intérêt manifeste de clients européens et américains qui souhaitent réduire leur dépendance à la Russie, explique-t-on chez Orano. Le processus serait plus rapide en France mais tout dépendra de la vitesse à laquelle les clients s’engageront. » Il n’est d’ailleurs pas le seul sur ce créneau du cycle amont, sur lequel le groupe anglo-germano-néerlandais Urenco pousse aussi ses pions.

Concernant les combustibles, l’américain Westinghouse avait commencé dès l’annexion de la Crimée par la Russie en 2014 à approvisionner certains réacteurs de type VVER en Ukraine. Il devrait compter à l’avenir de nouveaux clients tels que la République tchèque, qui se fournissait jusque-là auprès de la filiale de Rosatom TVEL. La Suède, pour sa part, a annulé ces derniers mois un contrat d’importation d’uranium russe. De son côté, le français Framatome développe un combustible sous licence achetée auprès des Russes, tout en travaillant à sa propre technologie pour la fin de la décennie.

Impulsion politique

Un réalignement du marché nécessitera néanmoins, à un moment ou à un autre, une impulsion politique. « Avant de mettre de l’argent dans de nouvelles capacités, les acteurs occidentaux vont se tourner vers les gouvernements pour qu’ils établissent des politiques claires, soulignait, en mai, Matt Bowen, chercheur au Centre sur la politique énergétique mondiale de l’université Columbia (Etats-Unis). Leur inquiétude est que dans un an ou deux, peut-être moins, les produits russes soient autorisés à revenir sur les marchés, ce qui leur ferait perdre leurs investissements. » Jusqu’ici, cependant, les acteurs et Etats qui réfléchissent à diversifier leurs sources d’approvisionnement le font en toute discrétion, les liens avec l’industrie nucléaire russe n’ayant suscité que peu de débats.

Une partie du monde semble par ailleurs peu encline à remettre en question la position dominante aujourd’hui occupée par Rosatom. Le groupe a entamé ces derniers mois le chantier de construction du premier réacteur d’Egypte à El-Dabaa, dans le nord du pays, et démarré en juillet celui du quatrième réacteur de la centrale d’Akkuyu, en Turquie. La Hongrie a donné en septembre son feu vert au lancement de deux nouvelles unités et, le 23 novembre, le Kirghizistan a annoncé qu’il allait étudier la possibilité de construire avec la Russie sa première centrale. Au total, le géant russe, qui n’a pas répondu aux questions du Monde, revendique encore trente-quatre projets à l’étranger pour un montant de 140 milliards de dollars.

La Russie possède la seule usine au monde capable de « recycler » l’uranium déchargé des réacteurs nucléaires français

Le groupe français Orano a continué à envoyer jusqu’en octobre de l’uranium en Sibérie, où se trouve une installation de conversion. La guerre en Ukraine pose la question de l’avenir de la filière du retraitement.
Par Perrine Mouterde et Marjorie Cessac Le Monde

A la différence d’autres pays d’Europe de l’Est, la France ne dépend pas de la Russie pour faire fonctionner ses 18 centrales. L’uranium naturel importé provient du Niger, du Kazakhstan, d’Ouzbékistan et d’Australie. Il peut ensuite être converti et enrichi dans les installations d’Orano sur les sites de Malvési (Aude) et du Tricastin (Drôme), les combustibles étant ensuite fabriqués dans les usines du français Framatome ou de l’américain Westinghouse.

Mais la guerre en Ukraine, qui expose la dépendance européenne et mondiale à l’industrie nucléaire russe, n’est pas totalement sans conséquences sur la filière française. Car aujourd’hui, une seule installation permet de « recycler » l’uranium issu des combustibles utilisés dans les 56 réacteurs du parc : l’usine de Seversk, située dans la région de Tomsk, en Sibérie, qui appartient au groupe russe Rosatom.

Un arrêt définitif du commerce d’uranium entre Paris et Moscou aurait inévitablement des conséquences sur une filière du retraitement déjà fragilisée et pourrait conduire, à terme, à ce que l’uranium issu des combustibles usés soit considéré comme un déchet supplémentaire à gérer, et non comme de la matière pouvant être réutilisée.

Ces deux dernières années, de l’uranium a été envoyé de la France vers la Russie. L’ONG antinucléaire Greenpeace a documenté au moins cinq livraisons entre janvier 2021 et janvier 2022 : 11 conteneurs chargés dans le port du Havre, le 12 février 2021, 20 conteneurs chargés à Dunkerque, le 29 octobre 2021, et 13 conteneurs dans le même port, en novembre 2021… Le 28 septembre 2022, soit sept mois après le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, l’organisation révélait encore la présence du cargo russe Mikhail Dudin dans le port de Dunkerque.

« Les allers-retours ininterrompus de ce cargo entre Saint-Pétersbourg et Dunkerque trahissent à quel point l’industrie nucléaire française est prise au piège de sa dépendance à la Russie, dénonçait alors Pauline Boyer, chargée de campagne transition énergétique et nucléaire pour Greenpeace. La France doit de toute urgence stopper tout commerce d’énergie nucléaire avec la Russie. » Le secteur de l’atome ne fait pas l’objet de sanctions européennes.

Contrat soldé avec Rosatom

Le groupe français Orano, propriétaire d’uranium de retraitement (URT) provenant essentiellement de centrales étrangères et engagé par un contrat signé en 2020 avec Rosatom, a confirmé avoir effectué « cinq ou six livraisons » vers la Russie, pour un volume total de 1 150 tonnes. L’entreprise a toutefois révélé au Monde que ce contrat était désormais soldé, un dernier transport d’uranium ayant eu lieu en octobre 2022. Orano affirme par ailleurs ne pas envisager de signer de nouveau contrat avec le géant russe du nucléaire.

Pour EDF, qui exploite les centrales françaises et est donc propriétaire de l’uranium de retraitement issu des combustibles usés, l’enjeu est plus important. En 2018, l’électricien a signé un contrat avec une filiale de Rosatom, Tenex, pour la transformation d’URT, également à Seversk. En mars 2022, le Haut Comité pour la transparence et l’information sur la sécurité nucléaire indiquait qu’EDF avait repris « depuis 2021 l’envoi de lots pour réenrichissement ».

Contactée, l’entreprise ne donne pas de précision sur la mise en œuvre de ce contrat, mais assure qu’« aucune livraison ni importation » d’uranium vers ou en provenance de Russie « n’ont eu lieu depuis février 2022 ». Selon les informations de Greenpeace, le gouvernement aurait sommé EDF de cesser ses exportations. Le ministère de la transition énergétique ne souhaite pas s’exprimer sur ce dossier.

EDF affirme par ailleurs avoir « engagé des discussions » avec Orano et avec Westinghouse pour mettre en place une installation de conversion de l’URT en Europe de l’Ouest. « La construction d’une usine prendra une dizaine d’années et décalera d’autant la réutilisation de cette matière, explique l’énergéticien. En attendant, l’URT sera stocké à Pierrelatte [Drôme], dans des entrepôts. » Fin octobre, Orano n’envisageait pas d’investir à court terme dans une installation de conversion, faute de débouchés suffisants. « Nous sommes à disposition s’il y a des besoins, mais il faut une réelle demande pour développer un nouvel atelier », expliquait le groupe, ajoutant que, « pour l’instant, il n’y [avait] pas d’urgence. »

La France est en effet l’un des seuls pays à avoir fait le choix du retraitement, et donc à avoir besoin de telles capacités. Une fois les assemblages de combustibles usés déchargés des centrales et refroidis, les éléments qui les composent sont séparés : les déchets ultimes (4 %) sont entreposés à La Hague (Manche) ; le plutonium (1 %) est expédié à Marcoule (Gard) pour fabriquer un nouveau combustible appelé MOX ; et l’uranium de retraitement (95 %) est envoyé vers les installations d’Orano à Pierrelatte. Officiellement destinés à être réutilisés, le plutonium et l’URT sont considérés comme des matières radioactives, et non comme des déchets.

Risque de saturation

De 1972 à 2010, plusieurs milliers de tonnes d’URT ont été envoyées vers la Russie. En 2010, ces exportations ont pris fin pour des raisons économiques – le cours de l’uranium naturel était bas –, mais aussi environnementales, le procédé alors utilisé pour la transformation de l’uranium à Seversk étant particulièrement polluant. Depuis 2013, la réutilisation de l’URT converti et réenrichi, possible uniquement dans la centrale de Cruas (Ardèche), est à l’arrêt. EDF confirme vouloir relancer cette utilisation en 2023 « a minima pour une recharge » afin de « refaire la démonstration du caractère recyclable de l’URT ».

Dans les entrepôts de Pierrelatte, près de 34 000 tonnes d’URT s’accumulent, les stocks augmentant d’environ 1 000 tonnes par an. En raison du risque de saturation, de nouvelles capacités d’entreposage doivent être mises en service prochainement. Une situation qui avait déjà poussé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) à évoquer, en octobre 2020, « la perspective d’une éventuelle requalification de l’uranium de retraitement en déchet radioactif pour les volumes qui ne seraient pas utilisés ». Même si l’URT était réutilisé à partir de 2023, cela ne suffirait pas à compenser la production annuelle, expliquait le gendarme du nucléaire.

« Dans l’hypothèse où aucune perspective d’utilisation à long terme n’apparaîtrait pour l’uranium de retraitement, il conviendrait alors de le requalifier et de le gérer comme un déchet, répète aujourd’hui l’ASN. La décision de poursuivre ou non le retraitement appartient aux acteurs industriels et institutionnels. » « Soit un projet de conversion voit le jour en dehors de la Russie, soit il faudra se reposer la question de la qualification de cet URT », confirme Igor Le Bars, directeur de l’expertise de sûreté de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire.

Les opposants à l’atome dénoncent de longue date le choix du retraitement, considéré comme un moyen « d’entretenir l’illusion d’un cycle du combustible et d’un nucléaire “vert” », alors que cette option génère des coûts, des transports de matières et des déchets. Si l’industrie met en avant que 96 % des combustibles usés sont « valorisables », seul le plutonium est actuellement réutilisé.

L’usine de Melox (Gard), où est fabriqué le combustible MOX à partir de ce plutonium et d’uranium appauvri, a par ailleurs connu de grandes difficultés ces dernières années. La filière nucléaire défend au contraire l’idée que le retraitement permet de réduire la quantité d’uranium naturel excavée ainsi que les volumes de déchets.

Coût, gestion des déchets et sécurité : huit questions que pose le retour annoncé du nucléaire en France

Emmanuel Macron a dit vouloir de nouveaux réacteurs, au nom de l’indépendance énergétique de la France et de la préservation du climat. Mais où en est la filière et que suppose ce choix ?
Par Perrine Mouterde, Adrien Pécout et David Larousserie Le Monde

Quelle place la France doit-elle accorder au nucléaire dans le cadre de sa transition énergétique ? En annonçant, sans entrer dans le détail, mardi 9 novembre, sa volonté de relancer le programme nucléaire français, le président Emmanuel Macron a pris position et contribué à imposer le débat à cinq mois de la prochaine élection présidentielle.

Avec ses 56 réacteurs et ses quelque 70 % d’électricité d’origine nucléaire, la France jouit de l’un des systèmes électriques les plus décarbonés d’Europe. Mais son parc, construit entre les années 1970 et 1990, le deuxième plus important dans le monde derrière les Etats-Unis, est vieillissant : 36 ans de moyenne d’âge. Pour des raisons de vétusté, il devra en grande partie être mis à l’arrêt d’ici à la moitié du siècle.

Le pays sera donc amené à remplacer cette importante capacité de production électrique bas carbone. En parallèle, pour tenir ses objectifs climatiques et réduire sa consommation encore majoritaire d’énergies fossiles, il lui faudra surtout produire 35 % de térawattheures d’électricité de plus qu’aujourd’hui d’ici à 2050, selon le scénario central de Réseau de transport d’électricité (RTE), le gestionnaire national du réseau de transport d’électricité.

Dans ce contexte, la France doit-elle lancer un programme afin de construire en série d’autres réacteurs de nouvelle génération, les EPR (sigle anglais pour « réacteur pressurisé européen ») ? Ou bien ferait-elle mieux de tout miser sur les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire, et sortir progressivement du nucléaire ? A ce sujet, opinion, experts et politiques restent divisés.

De nouveaux réacteurs sont-ils indispensables face au défi climatique ?

Pour ses partisans, se passer de l’atome à l’heure de l’urgence climatique serait une aberration. Le nucléaire est, avec l’éolien, la source d’énergie qui émet le moins de gaz à effet de serre au cours de son cycle de vie, soit de l’extraction du minerai au démantèlement des installations. D’après l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), le nucléaire a permis d’éviter dans le monde au moins l’équivalent de 60 gigatonnes de CO2 depuis 1970, soit cinq années d’émissions mondiales du secteur électrique. Les réacteurs ont aussi l’avantage de produire de l’électricité à la demande et de manière continue, contrairement aux éoliennes et aux panneaux solaires, dont la production varie avec la météo ou le cycle jour/nuit. Ils sont, pour leurs défenseurs, un complément incontournable au développement des renouvelables.

Au niveau mondial, les grandes institutions, dont l’Agence internationale de l’énergie (AIE), misent sur une augmentation des capacités de production nucléaire au cours des prochaines décennies. « Le défi du changement climatique est tellement immense que nous ne pouvons nous permettre d’exclure des technologies bas carbone », estime Fatih Birol, le directeur général de l’AIE. La part globale de l’atome dans la production mondiale d’électricité restera toutefois limitée – moins de 10 %, selon l’AIE.

Pour les opposants au nucléaire en revanche, la construction de nouveaux réacteurs n’est pas nécessaire à l’atteinte de nos objectifs climatiques. Ils pointent d’abord la question des délais : en France, la mise en service d’une première paire d’EPR ne devrait pas intervenir avant, au mieux, 2035 ou 2040. Ils ne contribueront donc pas à la très forte réduction des émissions attendue d’ici à 2030. Des experts et des ONG avancent que la priorité, pour répondre rapidement au défi du réchauffement, est plutôt d’agir sur la maîtrise de la consommation et l’efficacité énergétique, tout en développant les renouvelables et les solutions de flexibilité, comme notamment le stockage par batterie. Dans son rapport publié le 25 octobre, le gestionnaire national RTE laisse le débat ouvert. Sur les six scénarios permettant tous d’atteindre la neutralité carbone en 2050, trois misent sur la mise en service de nouveaux réacteurs.

La filière est-elle capable de construire de nouveaux réacteurs ?

La France a longtemps vécu sur son parc historique. Une dizaine d’années sépare la mise en service du dernier réacteur inauguré à Civaux (Vienne), en 1999, et le lancement, en 2007, du chantier actuel de Flamanville (Manche). Un « trou » qui a notamment conduit à « une perte de compétences généralisée », comme l’a pointé en 2019 le rapport Folz portant sur les déboires du chantier de Flamanville.

Ces dernières années, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) s’est également inquiétée à plusieurs reprises de la « capacité industrielle d’EDF et des intervenants de la filière » dans le cadre des travaux colossaux engagés actuellement pour prolonger de dix ans l’activité des réacteurs déjà existants. Fin 2020, son président, Bernard Doroszczuk, rappelait que le secteur devait, d’une certaine façon, faire ses preuves : « La filière se mobilise pour qu’il y ait de nouveaux grands projets », mais « il faut d’abord qu’elle démontre sa capacité à réussir le réexamen » des réacteurs atteignant l’âge de 40 ans. « C’est en quelque sorte un test préalable », insistait-il.

Aujourd’hui, la filière se déclare « prête » à reprendre les grands travaux, comme le groupe Electricité de France (EDF) l’a encore affirmé, le 8 novembre, à l’occasion d’un point d’étape du « plan Excell ». Depuis 2019, le groupe coordonne ce « plan d’excellence de la filière nucléaire » visant à restaurer « la confiance » et à « fabriquer conforme du premier coup ». L’électricien national souligne qu’à la différence des premiers EPR, qui s’apparentaient à un prototype de tête de série, les nouveaux réacteurs reposeront sur une conception simplifiée. Par exemple, « la diversité des robinets en catalogue a été divisée par 10, passant de 13 000 [pour l’EPR de Flamanville] à 1 200 références [pour les futurs EPR]. »

En parallèle de Flamanville, EDF a participé au lancement effectif du premier EPR dans le monde en 2018 : celui de Taishan, en Chine, où une fuite de gaz rares a déjà entraîné une mise provisoire à l’arrêt. Le groupe mène aussi un projet, toujours en cours, au Royaume-Uni (Hinkley Point C). « Pour aller au bout des investissements nécessaires, les entreprises auront besoin de visibilité », souligne Cécile Arbouille, déléguée générale du Groupement des industriels français de l’énergie nucléaire. La filière française, qui revendique 220 000 emplois directs et indirects, estime qu’une nouvelle paire de réacteurs pourrait représenter 10 000 emplois supplémentaires. Mme Arbouille espère attirer « les bonnes compétences au bon moment », alors que le pays manque par exemple de soudeurs, toutes filières confondues.

Combien coûterait la relance d’un programme nucléaire et qui le paierait ?

A Flamanville, la facture s’est envolée : de 3,3 milliards d’euros envisagés en 2007, l’enveloppe globale pourrait atteindre 19,1 milliards d’euros en 2023 (dont 12,4 milliards de coûts de construction), selon la Cour des comptes. Pour autant, EDF l’assure : le lancement de six nouveaux EPR permettrait d’abaisser les coûts, du fait d’une production en série. L’exploitant table aujourd’hui sur un coût de 46 milliards d’euros pour la construction de trois nouvelles paires de réacteurs, quand les ministères de la transition écologique et de l’économie envisagent déjà une fourchette supérieure, de 52 à 64 milliards d’euros, selon un document de travail révélé par le média Contexte.

Les modalités exactes du financement n’ont pas encore été tranchées, et ne seront pas neutres pour EDF (dont l’Etat détient la majorité des parts), déjà fortement endettée. Le déploiement de nouveaux réacteurs nécessiterait une implication des pouvoirs publics, par exemple sous forme de garantie d’emprunt. « Les coûts de production d’électricité dépendront beaucoup du schéma financier, un peu comme s’il s’agissait d’une voiture pour laquelle vous payez chaque mois, explique Valérie Faudon, déléguée générale de la Société française d’énergie nucléaire. Tout dépendra du taux auquel vous avez emprunté. » L’Etat lève en effet de l’argent sur les marchés à de bien meilleurs taux que les acteurs privés.

Dans son rapport du 25 octobre, RTE estime, en se fondant sur une hypothèse centrale d’un coût de financement assez faible (4 %), que construire de nouveaux réacteurs est « pertinent du point de vue économique ». Malgré des « coûts bruts de production des nouvelles centrales nucléaires (…) en moyenne plus élevés que ceux associés aux grands parcs d’énergies renouvelables », et malgré les montants nécessaires au retraitement et au stockage des déchets radioactifs comme au démantèlement futur des sites, les scénarios les plus nucléarisés « peuvent conduire, à long terme, à des coûts plus bas pour la collectivité qu’un scénario 100 % renouvelables ».

Pour le système électrique, la méthode de calcul retenue par RTE est celle des « coûts complets annualisés ». En raison de leur caractère intermittent, les énergies renouvelables comme l’éolien ou le solaire supposent davantage de capacités d’acheminement ou de flexibilité (stockage, pilotage de la demande et nouvelles centrales d’appoint).

La conclusion de RTE ne convainc pas les opposants au nucléaire, qui soulignent la très forte chute des coûts du solaire et de l’éolien observée ces dernières années. « En prenant en compte l’incertitude liée aux hypothèses [prises par RTE], les différents scénarios relèvent des mêmes ordres de grandeur en matière de coûts : il n’y a pas véritablement d’avantage économique du nucléaire », estime Greenpeace. Selon l’étude de RTE, le scénario du mix électrique à l’horizon 2060 le moins coûteux (et aussi le plus nucléarisé) représenterait 59 milliards d’euros par an, contre 80 milliards pour le scénario le plus onéreux (sans nouveau nucléaire).

Le nouveau nucléaire présente-t-il des gages de sûreté ?

Dans son bilan annuel 2020 sur l’état des installations du parc, Bernard Doroszczuk indique que la sûreté s’est « globalement améliorée » en 2020, tout en pointant la persistance de « points d’attention ». Les futurs EPR2, s’ils voient le jour, seront-ils plus sûrs que les réacteurs actuels ? Le gendarme du nucléaire a validé, en 2019, les « options de sûreté » proposées par EDF pour ces futures installations, qui devraient garantir le même niveau de sûreté que l’EPR de Flamanville.

« La vraie marche en matière de sûreté se trouve entre les réacteurs dits de deuxième génération, qui fonctionnent actuellement en France et dont la conception date des années 1970, et la troisième génération, dont font partie Flamanville 3 et les EPR2 », précise Julien Collet, le directeur général adjoint de l’ASN. La troisième génération prend notamment en compte, dès sa conception, le risque d’un accident avec fusion du cœur et celui d’agressions externes, telles que des séismes ou des inondations extrêmes.

Malgré ces progrès, les opposants rappellent que la France ne sera jamais totalement à l’abri d’un accident, citant les catastrophes de Tchernobyl (1986) et de Fukushima à la suite d’un tsunami (2011). Les conséquences pour les populations ou l’environnement peuvent être majeures. Ils estiment aussi que le système de contrôle de la sûreté, qui repose notamment sur le principe de la déclaration des incidents par EDF, n’est pas suffisant.

Sait-on gérer les déchets et démanteler les installations ?

Outre le risque d’accident ou d’atteintes à l’environnement, la gestion des déchets est le sujet qui préoccupe le plus les opposants au nucléaire. Fin 2019, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs stockait 1,67 million de mètres cubes de déchets radioactifs. Les plus dangereux ne représentent qu’une toute petite part de ce volume : 3 % d’entre eux concentrent plus de 99 % de la radioactivité – ils resteront radioactifs jusqu’à des centaines de milliers d’années. Actuellement entreposés dans les installations d’Orano à La Hague (Manche), ils pourraient à terme être enfouis sous 500 mètres d’argile à Bure, dans la Meuse.

Le projet de Centre industriel de stockage géologique (Cigéo), encore fortement contesté, attend sa reconnaissance d’utilité publique, qui pourrait être déclarée dans les prochaines semaines. A l’échelle mondiale, aucun site de stockage définitif de ces déchets de haute activité n’a encore été mis en service, à l’exception d’une installation pilote aux Etats-Unis pour des déchets issus du programme militaire.

Au-delà de Cigéo, l’ASN a multiplié les alertes concernant le risque que des « filières de gestion sûres » ne soient pas disponibles dans les quinze à vingt ans à venir pour les autres types de déchets, faute de décisions politiques rapides. A La Hague, les piscines où sont entreposés les combustibles usés seront saturées à l’horizon 2030. Même chose pour l’installation abritant les déchets très faiblement radioactifs à Morvilliers (Aube), alors que d’autres produits, comme des éléments conditionnés dans du bitume, n’ont toujours aucune solution de stockage pérenne.

Les partisans du nucléaire avancent, de leur côté, que la filière a fait la démonstration, depuis quarante ans, de sa capacité à gérer les déchets qu’elle produit sans impact sanitaire ou sur l’environnement. « Les déchets les plus dangereux sont en très petite quantité par rapport au service qu’ils nous rendent, insiste Myrto Tripathi, présidente de l’association Voix du nucléaire. Et Cigéo est une solution pour les gérer. »

Concernant le démantèlement, neuf réacteurs de quatre technologies différentes sont actuellement « en cours de déconstruction en France », selon EDF. Le plus ancien se trouve à Chinon (graphite gaz) et sa mise à l’arrêt remonte à… 1973. La déconstruction des réacteurs de deuxième génération (à eau pressurisée), qui constituent la majorité du parc, coûterait selon l’exploitant entre « 350 et 400 millions d’euros » par unité. Outre ceux de Fessenheim (Haut-Rhin) en 2020, seuls deux réacteurs de cette catégorie ont déjà été arrêtés sur le site de Chooz (Ardennes) : la fin de leur démantèlement est prévue pour 2024, soit trente-trois ans après leur mise à l’arrêt. A l’avenir, EDF espère accomplir ses prochaines déconstructions en une quinzaine d’années de travaux.

En quoi le nucléaire est-il un gage d’indépendance ?

Depuis le début, le nucléaire repose sur l’idée d’une certaine souveraineté de la France. En mars 1974, moins d’un an après le choc pétrolier, le plan Messmer, du nom du premier ministre d’alors, avait un objectif : se passer d’importations d’hydrocarbures pour la production nationale de l’électricité, à partir des centrales réparties dans le pays. Aujourd’hui encore, alors que la consommation d’énergie repose en France principalement sur des importations d’énergies fossiles, les partisans du nucléaire soulignent l’intérêt d’une source d’énergie produite sur le territoire.

En partie grâce à l’atome, la France produit sur son sol un peu plus de la moitié de son énergie consommée (54,6 % en 2019). Pour autant, ce pourcentage baisserait significativement si l’Agence internationale de l’énergie et Eurostat prenaient en compte l’origine du minerai nécessaire à la combustion nucléaire. Le pays importe environ 8 000 tonnes d’uranium naturel par an, notamment en provenance du Kazakhstan, du Canada et du Niger. « La géopolitique de l’uranium n’est pas du tout la même que celle des énergies fossiles, la répartition de l’uranium est plus homogène sur terre et il se stocke très facilement pendant plusieurs années », précise Michel Berthélemy, économiste à l’Agence pour l’énergie nucléaire, rattachée à l’Organisation de coopération et de développement économiques.

Le minerai étant présent dans une variété de pays et sur tous les continents, les risques de dépendance à tel ou tel pays sont moindres. « L’uranium représente à peu près 5 % du coût global de production de l’électricité », indique le groupe Orano, spécialisé dans les métiers du combustible, pour signifier que les fluctuations des cours de ce minerai ne modifieraient qu’à la marge la facture totale.

Un débat démocratique est-il possible ?

Après l’annonce du président sur la construction de nouveaux réacteurs, les détracteurs du nucléaire ont dénoncé une décision « antidémocratique » et « unilatérale ». « S’il s’était exprimé en tant que candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron aurait été tout à fait légitime à se prononcer en faveur d’une relance du nucléaire, a par exemple réagi France Nature Environnement. Le problème, c’est qu’il a annoncé cette relance en tant que président. Les citoyennes et citoyens méritent d’être maîtres de l’avenir énergétique et décarboné de la France à travers un vrai et riche débat démocratique. » « Ce n’est pas en imposant des décisions depuis l’Elysée que l’on réussira notre transition énergétique », a aussi estimé Greenpeace.

De fait, la construction – ou non – de nouveaux réacteurs ne sera mise en œuvre que lors du prochain quinquennat, en fonction du candidat qui aura été élu. Avec cette annonce, Emmanuel Macron a surtout clarifié sa position dans le cadre de la campagne présidentielle. « Au moins ses intentions sont claires, estime Nicolas Goldberg, analyste énergie auprès du cabinet Colombus Consulting. Et il y aura forcément des débats au Parlement, dans le cadre d’un projet de loi de finances à propos du financement, autour de la régulation, pour la mise à jour de la programmation pluriannuelle de l’énergie… » Ce document, qui constitue la feuille de route énergétique de la France, doit être révisé d’ici à 2023.

Au Parlement, une quinzaine de députés ont déposé mi-octobre une proposition de loi pour renforcer les pouvoirs du Parlement sur la stratégie nucléaire, en instituant diverses mesures de transparence afin que les élus puissent se prononcer « de façon éclairée sur des choix qui engagent l’avenir de toute une nation ». Les citoyens pourraient être consultés lors du choix des sites retenus pour implanter de nouveaux réacteurs, si leur construction était effectivement lancée.

Où en est la recherche sur le nucléaire ?

Fin août 2019, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) décidait d’abandonner un projet de recherche sur un nouveau type de réacteur nucléaire, dit de quatrième génération, Astrid. « Astrid constituait le programme phare de la recherche nucléaire française. L’industrie nucléaire française ne dispose plus aujourd’hui de projet comparable de long terme, permettant aux chercheurs de confronter et valider de nouvelles options technologiques », résume un rapport de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques du 8 juillet (Opecst), qui craint « un risque de perte de l’acquis de soixante-dix ans de recherche ».

Sur les six concepts de quatrième génération qu’explorent Etats-Unis, Russie, Chine ou Inde, la France ne conserve des compétences que sur deux. La famille Astrid, dite des réacteurs à neutrons rapides refroidis au sodium, et celle dite des sels fondus, où le combustible est liquide, mélangé à des sels qui servent aussi de caloporteurs. Ces deux technologies consomment mieux l’uranium et peuvent aussi « brûler » le plutonium ou d’autres produits, permettant de réduire les déchets à traiter et de limiter les risques de dépendance à l’uranium.

Une autre voie de recherche est également explorée sans projet de prototype en France, les réacteurs pilotés par accélérateur de particules, pour transmuter la matière, c’est-à-dire transformer des éléments radioactifs en éléments de plus courte durée de vie ou moins actifs. Depuis octobre, le plan d’investissements France 2030 a porté l’attention sur les « petits réacteurs modulaires », de plus faible puissance et n’impliquant pas de rupture technologique. Le projet Nuward, entre notamment EDF et le CEA, doit déboucher sur un démonstrateur vers 2035. Mais il se destine principalement à l’export.

Finalement, le projet le plus concret en recherche nucléaire est le réacteur international ITER, en cours de construction dans les Bouches-du-Rhône, dont le but est de démontrer la capacité à générer de l’énergie par la fusion nucléaire, plutôt que par la fission, le principe qui anime jusqu’à présent tous les réacteurs.

INDÉPENDANCE ÉNERGÉTIQUE DE LA FRANCE ET NUCLÉAIRE

On entend souvent dire, par des dirigeants politiques favorables au nucléaire, que cette énergie est garantede notre indépendance énergétique. Cette affirmation serait justifiée par le fait que les approvisionnements en uranium sont diversifiés et que la France a la maîtrise technologique de l’ensemble de la chaîne de transformation de l’uranium en « combustible » et de son « retraitement »1.

Pourtant, aucune personne sensée n’oserait affirmer aujourd’hui que le pétrole brut assure notre indépendance énergétique grâce à des approvisionnements diversifiés et à notre maîtrise technologique, du transport, du raffinage et de la transformation des produits raffinés, en chaleur dans des chaudières, en force motrice dans des moteurs, en électricité dans des centrales thermiques, etc. Le pétrole importé n’assure pas notre indépendance énergétique, c’est une évidence.
Pour ce qui concerne l’énergie nucléaire et l’indépendance énergétique de la France, la réalité est bien 
différente de ce que certains prétendent. Quelle est cette réalité et quelles en sont les conséquences ?

Qu’appelle
ton indépendance énergétique, comment la mesureton, quelle est sa valeur actuelle ?

Selon l’INSEE, le taux d’indépendance énergétique d’un pays est le rapport entre sa production d’énergie 
primaire (chaleur générée par la fission nucléaire dans les réacteurs, charbon, pétrole, gaz naturel, hydraulique, énergies renouvelables) et sa consommation en énergie primaire. Ce taux est généralement indiqué pour une année et l’INSEE en fait le calcul en utilisant une convention datant de l’époque où l’uranium des réacteurs nucléaires provenait de mines françaises. Selon cette convention, la chaleur produite par la fission de l’uranium est une production nationale. C’est ainsi que l’INSEE indique un taux d’indépendance énergétique de la France de 55,5 % pour l’année 2020 2.
Pourtant, l’uraniu
m est entièrement importé, soit sous une forme (« yellow cake »3, hexafluorure d’uranium4uranium enrichi) qui nécessite des traitements complémentaires pour être utilisable dans les réacteurs, soit sous la forme d’assemblages de « combustibles » prêts à l’emploi 5.

En réalité, les seules sources d’énergie non importée qui contribuent à l’indépendance 
énergétique française sont les renouvelables et le peu de pétrole et de gaz extraits du soussol. En 2020, le taux d’indépendance énergétique réel, calculé avec les données Eurostat6, était de l’ordre de 13,5 %. On est bien loin de la valeur annoncée par l’INSEE.
La France est donc un pays très dépendant des importations d’énergies fossiles et d’uranium
. Tout comme l’industrie pétrolière, l’industrie nucléaire mondialisée et sous influence de pays guerriers comme la Russie, est une source de dépendance énergétique et géopolitique.

D’où vient l’uranium importé sous
forme de « yellow cake » ou sous d’autres formes ?

Selon un article du journ
al Le Monde7, l’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales nucléaires françaises est importé en totalité depuis 2003. L’exploitation de la dernière mine d’uranium en France a cessé en 2001. En 2020, l’uranium a été importé pour près de 10 % d’Australie, 26 % d’Ouzbékistan, 35 % du Niger et près de 29 % du Kazakhstan. C’est donc 90 % de l’uranium importé en 2020 qui provenait de pays sous
infl
uence russe ou chinoise, depuis que la Chine est installée au Niger8 et que la milice proPoutine Wagner opère au Mali 9. Et 55 % de l’uranium importé en 2020 provenait du Kazakhstan et de l’Ouzbékistan. Or, dans ces deux pays, selon Le Monde, « Moscou est en position de force 10 » et, selon Le Point, « la Russie et l’Ouzbékistan scellent leurs liens dans tous les domaines 11 ».

Selon un article du quotidien de l’écologie
Reporterre12, qui cite une note de l’ONG Greenpeace, « la France a importé 19 245 tonnes d’uranium naturel et 8 213 tonnes d’uranium enrichi de Russie entre 2000 et 2020 ».

Toujours selon
Reporterre (référence 3), l’usine ANF (Advanced Nuclear Fuels, filiale de Framatome) de Linden en Allemagne, alimentée en hexafluorure d’uranium par la Russie, livre des «assemblages combustibles » pour les réacteurs nucléaires français.

Quelle est notre dépendance énergétique au nucléaire ?
En 2020, l’électricité issue des centrales nucléaires et consommée en France a fourni 16
% de toutes les consommations finales d’énergie (celle que les consommateurs achètent sous forme de combustibles, de chaleur et d’électricité). Notre dépendance énergétique au nucléaire est donc de cet ordre et bien moindre que notre dépendance aux énergies fossiles, de l’ordre de 60 %. S’affranchir très rapidement de cette dépendance énergétique au nucléaire ne devrait donc pas constituer un obstacle insurmontable pour un pays technologiquement développé comme la France. L’Italie et l’Allemagne, qui ont choisi d’arrêter le nucléaire, ont une indépendance énergétique, avec ou sans énergies fossiles extraites de leur soussol, significativement plus élevée que celle de la France (voir annexe). Et ils ne dépendent plus d’importations d’uranium provenant de pays sous influence russe. L’Allemagne dispose en outre de mines et de centrales à charbon qu’elle peut utiliser de manière plus intense qu’actuellement en cas de nécessité.

La France peutelle résister longtemps aux aléas de fonctionnement des centrales nucléaires et aux mauvais choix de politique énergétique ?

Au cours de l’hiver 2021
2022, la puissance électrique maximale consommée,enregistrée le 14 janvier 2022 à 9 h 30, a été de 87 039 MW. Si les 56 réacteurs des centrales nucléaires françaises avaient été en état de fonctionner, ils auraient pu fournir 61 370 MW. Mais ce jourlà, 10 d’entre eux étaient complètement arrêtés et 6 autres à puissance réduite. Ceux qui étaient encore en état de marche ont alors fourni 48 585 MW. C’était
insuffisant pour l’équilibre du réseau. Heureusement, la France dispose encore de moyens de production 
« pilotables » et moins aléatoires que le nucléaire (centrales hydroélectriques de barrage, centrales à gaz, à charbon et à fioul) et de moyens de production au fil de l’eau, du soleil et du vent. Ils ont alors fourni 31 391 MW. Et d’autres moyens de production, dans les pays riverains de la France, ont fourni le solde (7 063 MW) indispensable pour passer la pointe de consommation.

L’approvisionnement électrique de la France est donc sous triple dépendance :

à de l’uranium entièrement importé de pays pour la plupart alliés à la Russie,
à des installations nucléaires de forte puissance vieillissantes, dont les indisponibilités sont de plus en plus fréquentes13, dont le fonctionnement est très aléatoire dans un monde incertain soumis aux « crises » (sanitaires, géopolitiques, guerres, attentats) et aux aléas climatiques,
aux importations d’électricité (essentiellement en provenance d’Allemagne) en période de pointes de consommation mais aussi hors de ces périodes lorsque plusieurs réacteurs nucléaires sont indisponibles.
Le recours important au chauffage électrique, générateur d’appels de puissance élevés en période froide 
(selon RTE, un degré de baisse de température extérieure augmente la puissance appelée sur le réseau de 2 400 MW), est un facteur aggravant de dépendance.
La guerre de Poutine en Ukraine devrait pousser le gouvernement français à revoir de toute urgence sa 
politique énergétique. Et il ne s’agit pas de faire la même erreur que celle commise dans les années 1970 au moment des « chocs pétroliers ». Il s’agit de s’affranchir du nucléaire, c’estàdire de technologies militaro– civiles qui provoquent des catastrophes d’ampleur mondiale, d’installations défaillantes, énergétiquement
inefficaces
, importatrices d’uranium, productrices d’effluents et déchets radioactifs ingérables et potentielles cibles militaires.

François Vallet
septembre 2022

Annexe : taux d’indépendance énergétique et autres indicateurs pour quelques pays d’Europe en 2020
Pays ou groupe de pays
                                        EU27 Allemagne Espagne France Italie
Efficacité énergétique (consommation finale
d’énergie/consommation d’énergies primaires).       64,2 % 67,6 % 61,2 % 57,1 % 71,5 %
Part des renouvelables dans la consommation
finale 
d’énergie.                                                       26,4 % 24,0 % 27,2 % 21,8 % 26,5 %
Indépendance énergétique (rapportée à la
consommation 
d’énergies primaires).                      28,9 % 28,4 % 17,1 % 13,5 % 26,2 %
Indépendance énergétique (rapportée à la
consommation 
finale d’énergie).                              45,0 % 42,0 % 28,0 % 23,7 % 36,6 %

Les indicateurs suivants ont été calculés à partir des statistiques énergétiques publiées par Eurostat.
Parmi les 4 pays examinés, et par rapport à la moyenne européenne (EU 27), c’est la France qui a le système 
énergétique le moins efficace, la plus faible part d’énergies renouvelables et le plus faible taux d’indépendance énergétique. De ce point de vue, c’est un des maillons faibles de l’Europe dans la situation de guerre aux frontières de l’Union européenne.

Pour assurer son approvisionnement énergétique, la France dépend non seulement de pays hors UE, de pays sous influence de la Russie pour l’uranium, mais aussi de ses voisins de l’UE pour assurer l’équilibre de son réseau électrique.

Pour illustrer la dépendance énergétique de la France, il suffit de comp
arer notre consommation d’énergies fossiles avec celle de l’Italie, pays qui n’a plus aucun réacteur nucléaire en fonctionnement et dont le nombre d’habitants est très proche (en 2020, 59,6 millions en Italie, 67,4 millions en France). En 2020 l’Italie a consommé 111,9 Mtep sous forme de charbon, de pétrole et de gaz, et la France 107,7. L’Italie par ailleurs augmente régulièrement la part des énergies renouvelables dans sa production d’électricité : de moins de 16 % en 1990, elle est passée à 39 % en 2019, alors que cette même année la France arrivait à peine à 20 %.

1 Réponse de la ministre de la transition énergétique, aux questions du député LFI Matthias Tavel, lors de son audition à l’Assemblée Nationale le 13 septembre 2022
https://videos.assemblee-nationale.fr/video.12149243_63207c68b962b.commission-des-affaires-economiques–mme-agnes-pannier-runacher-ministre-de-la-transition-energeti-13-septembre-2022?timecode=3524020
2 Bilan énergétique de la France – Données annuelles de 2011 à 2020 – Chiffres-clés – Paru le : 24/12/2021


3 Concentré d’uranium sous forme de d’octaoxyde de triuranium U₃O₈.

4
https://reporterre.net/L-encombrante-livraison-d-uranium-russe-a-l-Europe
5
https://fr.wikipedia.org/wiki/Usine_Framatome_de_Lingen
6
https://ec.europa.eu/eurostat/fr/web/energy/data/energy-balances
7 L’indépendance énergétique de la France grâce au nucléaire : un tour de passe-passe statistique

8 Uranium : une société chinoise va lancer de nouvelles prospections au Niger Reporterre 10 octobre 2018


Niger : la ville d’Arlit perd une mine d’uranium et plus de 600 emplois France Info Afrique 18 mars 2021


9 Avancées russes sur le continent africain : l’UE doitelle s’en inquiéter ? – RTBF 20 février 2022

https://www.rtbf.be/article/avancees-russes-sur-le-continent-africain-lue-doit-elle-sen-inquieter-10935681

10 Moscou en position de force au Kazakhstan

https://www.lemonde.fr/international/article/2022/01/08/entre-le-kazakhstan-et-la-russie-une-relation-ambivalente_6108655_3210.html

11
https://www.lepoint.fr/monde/la-russie-et-l-ouzbekistan-scellent-leurs-liens-dans-tous-les-domaines-19-10-2018-2264208_24.php
12
https://reporterre.net/En-pleine-guerre-la-France-recoit-de-l-uranium-russe
13 EN 2020, selon le World Nuclear Industry Status Report de 2021 (pages 87 à 89), l’indisponibilité totale des réacteurs nucléaires a été de l’ordre de 32 %, avec 10 réacteurs complètement arrêtés toute l’année

https://www.worldnuclearreport.org/IMG/pdf/wnisr2021-lr.pd

La politique énergétique de l’État met le pays en danger.

Notre pays, de plus en plus dépendant des pays voisins pour assurer son approvisionnement en électricité, apparaît particulièrement fragile pour faire face aux conséquences de la guerre en Ukraine et aux événements climatiques extrêmes de plus en plus fréquents.

En prolongeant le fonctionnement des vieux réacteurs, il accroît le risque de catastrophe atomique. En prétendant lancer la construction de nouveaux réacteurs EPR, le gouvernement s’enferre dans des choix de politique énergétique qui nous amènent dans un mur.

La vétusté de nos centrales, l’émergence de défauts génériques et le réchauffement climatique entraînent, avec l’arrêt de la moitié du parc, une production insuffisante pour assurer les besoins en électricité du pays. Il en résulte un appel croissant au soutien des pays voisins.

Si jusque-là la France peut compter sur le réseau européen pour assurer ses pointes de consommation, ses besoins d’importation en cours de journée s’accroissent avec la défaillance de ses centrales, tandis que l’importation réduite d’hydrocarbures russes va rendre plus difficiles et plus chers les transferts d’électricité depuis les pays proches.

Le pays est donc confronté à de sérieuses difficultés : hausse importante du prix de l’électricité, délestages probables en période de pointe (coupures de courant temporaires et localisées) afin d’éviter un effondrement du réseau au cas où la consommation dépasserait l‘énergie électrique disponible. La tentation est grande de faire fonctionner des équipements en dehors des normes de sûreté et de faire courir le danger d’une catastrophe atomique. On ne peut pas compter sur la vigilance de l’Autorité de sûreté nucléaire, trop soumise aux impératifs de survie de cette industrie.

Notons, pour en rire si c’est possible, que l’ASN a dénoncé le cas caricatural des groupes électrogènes diesel de secours des réacteurs nucléaires : cette technique on ne peut plus rustique, sur laquelle repose notre sécurité, est déclarée défaillante, en particulier en cas de séisme ! Et ils peuvent même prendre feu au démarrage.

Comment en est-on arrivé là ? Il faut pour le comprendre remonter aux choix de politique énergétique engagés par l’État depuis une soixantaine d’années : investissements massifs et coûteux dans le « tout nucléaire » électrique, avec la construction à marche forcée de 58 réacteurs, qui de ce fait arrivent tous en fin de vie dans la même décennie –, promotion du chauffage électrique, encore relancé actuellement alors qu’en Suisse par exemple il est interdit, développement de la climatisation, autant d’obstacles au développement de l’efficacité énergétique et à la de moyens de production d’énergie renouvelable décentralisés et beaucoup moins dangereux que le nucléaire (solaire, éolien essentiellement).

Cela n’empêche pas l’Etat de prétendre vouloir relancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires EPR au nom d’une indépendance énergétique chimérique, du soi-disant faible coût de l’électricité nucléaire, en fait financé par nos impôts pour éviter la faillite d’EDF, et de la prétendue production d’énergie décarbonée.

Mais l’énergie nucléaire n’est pas une solution face au réchauffement climatique — même si la France a réussi, à force de lobbying, à faire adopter par l’Union européenne qu’elle soit considérée comme énergie de transition.

En effet, le faible rendement thermique des centrales fait que les deux tiers de la chaleur produite ne servent qu’à réchauffer l’environnement. De surcroît, la pénurie d’eau et les conditions climatiques extrêmes en rendent le fonctionnement intermittent.

De plus, sachant qu’au maximum de ses possibilités, l’électricité nucléaire a couvert à peine 17 % de la consommation totale d’énergie en France, il faudrait, pour réduire significativement la consommation d’énergie fossile, construire près de 200 réacteurs, et cela dans des délais extrêmement courts . Est-ce seulement imaginable ?

Enfin, avec tout ce qu’elle implique d’extraction de matériaux, de béton, d’énergie, de transports, de rejets, c’est un mensonge de prétendre que l’énergie nucléaire est décarbonée.

N’oublions pas non plus l’énorme production de déchets radioactifs, à gérer pour des temps infinis à notre échelle, les dégâts sur la santé des êtres vivants et bien sûr les risques de catastrophe !

Aux mains de la nucléocratie, l’État s’entête, ne veut rien comprendre, cela pour protéger les intérêts de grands groupes et d’élus locaux bénéficiant de la « manne » nucléaire, mais aussi pour préserver la maintenance de la force de frappe au nom de sa « grandeur ». Il s’apprête déjà à annoncer la construction de 6 réacteurs EPR au mépris de toute démocratie.

Pourtant il est acquis que l’avenir passe par d’autres voies. Et d’abord par la sobriété et l’efficacité énergétiques, appliquées jusqu’au plus haut sommet de l’Etat et des grandes entreprises, la meilleure énergie étant celle qui n’est pas consommée. Ce n’est certainement pas le développement du transport routier, l’éloge de la vitesse, le soutien inconditionnel aux industries aéronautiques (y compris militaires) et automobiles (voitures électriques), le numérique, etc., qui répondront à cette attente.

Il est aussi possible, on le sait, de produire une électricité moins chère et moins polluante, à partir de l’énergie qui nous parvient naturellement du soleil. L’Allemagne, l’Italie, produisent déjà la moitié de leur énergie de cette façon et vont accélérer pour être moins dépendants du gaz et du charbon. Avec l’Espagne, ce sont ces pays qui comblent notre déficit de production électrique aux heures de pointe, et de plus en plus souvent dans la journée, pour l’instant du moins.

L’annonce de décisions de construction de nouveaux réacteurs et de nouveaux équipements de gestion des déchets (Cigeo à Bure, piscines à la Hague) sans consultation démocratique relève de la fuite en avant. Elle doit provoquer une réaction massive et radicale : revendiquons l’arrêt du nucléaire sans délai, à commencer par celui des plus vieux réacteurs. C’est la condition pour que les sommes considérables investies dans l’énergie nucléaire soient utilisées plus utilement.

Annie et Pierre Péguin, suite aux Journées d’été du collectif Arrêt du Nucléaire, juillet 2022

Voir le diaporama “Le nucléaire va mal” sur lequel Stephane Lhomme s’est appuyé pour son intervention!

Pour un Débat public sur le nucléaire

Suite aux délibérations de la séance plénière du 1er décembre, la Commission Nationale de Ddébat Public publie son avis sur la tenue d’un débat public de programmation relatif à l’énergie nucléaire.

La Commission nationale du débat public (ma parole a du pouvoir !) constate qu’une relance de l’énergie nucléaire en France représente un choix démocratique majeur, engageant les générations futures. Toute personne vivant en France doit pouvoir être pleinement informée de ces enjeux et participer à l’élaboration des décisions concernant cette politique.

En 25 ans, la Commission nationale du débat public a organisé ou garanti 23 débats publics et 38 concertations sur des projets, des plans ou programmes relatifs à l’énergie dont 6 dans le domaine nucléaire. Forte de cette expérience et de cette connaissance de la participation du public uniques en France, la Commission connait la grande sensibilité, voire la conflictualité de ces sujets. Il en résulte une exigence accrue du public quant aux garanties de sincérité et d’impartialité donc d’indépendance et de neutralité de l’instance garante de ces procédures et des démarches participatives.

La Commission souligne que le public n’a jamais pu être pleinement associé à ces choix énergétiques majeurs concernant l’énergie nucléaire.

La Commission constate que la loi du 8 novembre 2019, dite loi « énergie – climat », exclut explicitement du champ du débat public, la programmation pluriannuelle de l’énergie et la stratégie nationale bas carbone, en ne prévoyant qu’une concertation préalable dont les modalités n’ont d’ailleurs pas encore été définies par voie réglementaire.

La Commission constate également que les annonces de relance de la construction de réacteurs nucléaires ont été formulées avant toute procédure de participation du public prévue par les conventions internationales, en particulier la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information, la participation du public au processus décisionnel et l’accès à la justice en matière d’environnement, ainsi que l’article 7 de la Charte de l’environnement, de portée constitutionnelle.

A défaut, d’un débat public large, ouvert à toute personne vivant en France, le risque d’une radicalisation des conflits et d’un accroissement de la défiance à l’égard des responsables publics n’est pas négligeable. Seul un débat conduit dans le respect des principes d’indépendance, de transparence, de neutralité, d’argumentation, d’équivalence et d’inclusion qui régissent l’intervention de la CNDP peut contribuer à asseoir la légitimité de toute décision future concernant l’énergie nucléaire en France. La sensibilité de la question nucléaire interroge autant la transition écologique que la démocratie.

https://www.debatpublic.fr/debat-public-sur-le-nucleaire-la-recommandation-de-la-cndp-2686

L’enquête publique sur la demande d’EDF de prolonger la durée de vie à 50 ans du réacteur n°1 de tricastin a lieu actuellement jusqu’au 14 février.

Nous avons déjà une cyberaction : Stop Tricastin 40 ans, ça suffit !

Pour sa part l’Association Stop Tricastin compte remettre au commissaire enquêteur sa pétition , signée par 45 000 personnes , qui demande déjà l’arrêt immédiat du réacteur n°1.

Cette enquête fait suite

– à celle du démantellement de Brennilis le premier mini réacteur Le démantèlement de Brennilis avec sa durée (36 ans et ce n’est pas fini!), son coût avoisinant le milliard, ses difficultés et sa pollution est la démonstration implacable que le nucléaire n’est pas l’avenir et que dans ce parc naturel, ce sera au mieux un retour à l’herbe contaminée vu ce qu’EDF laisse dans les sous-sols en terme de radioactivité.
https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=3670

– à celle du projet Cigéo, d’enfouissement des déchets radioactifs les plus dangereux à Bure (Meuse).
https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=3624

– à l’autorisation d’exploiter l’EPR

Cyberaction N° 1410: Autorisation d’exploiter l’EPR : NON
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/autorisationdexploiterlepr-4906.html

– à la volonté de de permettre que les déchets radioactifs métalliques produits par le démantèlement des installations nucléaires puissent être “libérés” et recyclés dans les filières conventionnelles

cyberaction : DÉCHETS RADIOACTIFS Il ne faut pas ouvrir la boite de Pandore !

https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/dyichetsradioactifsilnefautpasouvri-4738.html

– à La mise en service de l’ICEDA (Installation de Conditionnement et d’Entreposage de Déchets Activés), sur le site nucléaire du Bugey dans l’Ain qui va générer de nombreux transports de matières et déchets radioactifs sur nos routes et voies ferrées, dans nos villes et villages, du Nord au Sud et d’Ouest en Est, à moins que ce soit l’inverse !

cyberaction : ICEDA : halte à la contamination nucléaire généralisée
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/iceda-halteyalacontaminationnuclyna-4297.html

– au ballon d’essai des mini-réacteurs SMR

cyberaction : Pas de réacteur nucléaire SMR (ni EPR), ni à Cordemais, ni ailleurs!
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pasderynacteurnuclynairesmr-niepr-n-5042.html

C’est la première d’une longue série qui va probablement concerner tous les réacteurs de 900 MW après leur quatrième visite décennale (à moins qu’une décision politique remette en cause la mécanique infernale enclenchée par EDF et l’ASN).

Avant de s’intéresser aux problèmes spécifiques du réacteur N°1 il nous semble indispensable de s’intéresser aux problèmes « génériques » communs à tous les réacteurs nucléaires et au système anti-démocratique qui permet qu’ils existent et continuent à fonctionner.

cyberaction N° 1452: Pas de nucléaire dans la taxonomie verte européenne
https://www.cyberacteurs.org/cyberactions/pasdenuclynairedanslataxonomieverte-5145.html

EDF est endettée, dans une fourchette peu transparente de 34, officiellement, à 61 milliards d’euros,(selon certains experts). Elle a gaspillé en vain plus de 30 milliards d’euros à l’international et envisage d’engloutir de 55 à 100 milliards d’euros pour le rafistolage de ses 58 réacteurs, sans compter le projet de stockage des déchets nucléaires à Bure, les démantèlements, le chantier d’Hinkley Point en Grande-Bretagne pour lequel le directeur financier d’EDF Thomas Picquemal a préféré démissionner .

le MWh des ENR (ENergies Renouvelables) est à moins de 50 euros alors que le MWh de l’EPR est estimé à plus du double comme l’expliquent les auteurs du livre « Nucléaire, danger immédiat » et du documentaire « Nucléaire, la fin d’un mythe » diffusés en 2018.

A moins de se mettre sous tutelle d’une puissance étrangère (Chine? UE ?), le nucléaire d’Etat, en France, est au bout du rouleau.

Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a décrit le 19 janvier les « fragilités du cycle du combustible et du parc nucléaire ». Il a ouvert l’hypothèse d’arrêter à terme le retraitement des combustibles usés, une particularité de l’industrie française.
https://reporterre.net/L-ASN-envisage-l-abandon-du-retraitement-des-dechets-nucleaires

Nous sommes face à un lobby très puissant et d’autant plus dangereux que c’est un monstre aux pieds d’argile soutenu par un Etat qui doit au nucléaire sa place dans le monde. Nous sommes trop divisés et émoussés par, pour certains, une vie complète consacrée à la lutte contre le nucléaire. Si nous restons chacun dans notre pré-carré nous allons perdre par appartement, les efforts que chaque groupe fait dans son secteur pour mobiliser n’étant pas suffisamment mutualisés.

Il nous faut a minima exiger ce débat public national, tel que recommandé par la CNDP, avant toute enquête publique relative aux prolongations des réacteurs de 900 MW. Et ce débat devrait être organisé en associant toutes les parties concernées y compris dans les pays riverains de la France concernés par les conséquences de la prolongation des réacteurs de 900 MW. A l’issue de ce débat un référendum européen, pour ou contre la prolongation des réacteurs de plus de quarante ans, devrait être organisé.

Sans ce débat public préalable on peut considérer que l’enquête publique est illégale car elle ne respecte pas la procédure de participation du public prévue par les conventions internationales, en particulier la convention d’Aarhus sur l’accès à l’information.

En effet, les travaux de remise en état après 40 ans de fonctionnement, les modifications pour mise aux normes « post Fukushima » et les changements dans l’environnement naturel et humain du site du Tricastin sont d’une telle ampleur que le projet de prolongation de l’exploitation au-delà de 40 ans de chaque réacteur concerné s’apparente à la création d’une nouvelle installation.

Par ailleurs, une étude réalisée par l’Institut Biosphère de Genève a montré qu’en cas d’accident, sur un seul des réacteurs de la centrale du Tricastin, la contamination radioactive de nombreuses régions et grandes villes en France et hors de France serait bien supérieure aux seuils actuellement autorisés.

Les frontières administratives du périmètre dans lequel est organisée l’enquête publique ne sont pas du tout adaptées à la nature et à l’ampleur du risque d’accident nucléaire.

Nous proposons de faire ensemble une campagne générale de soutien à la CNDP en direction des parlementaires pour qu’ils saisissent la CNDP en vue d’organiser un débat publique national parallèlement aux démarches spécifiques organisées par les uns et les autres dans leur secteur d’intervention géographique ou technique.

De nous donner éventuellement les moyens d’une campagne d’affiches sur tout le territoire.

D’utiliser pour chaque enquête les signatures de cette campagne générale en réclamant de chaque commission d’enquête ce préalable.

De nous mettre en situation d’attaquer systématiquement toutes les décisions qui ne respectent pas la convention d’Aarhus en créant une base de données de jurisprudences, un annuaire d’avocats spécialisés et un fonds spécifique pour cela.

Projet de politique publique impactant l’environnement ou l’aménagement du territoire

Dans le cas d’un projet de réforme d’une politique publique du gouvernement ayant un effet important sur l’environnement ou l’aménagement du territoire , le Gouvernement, 60 députés ou 60 sénateurs, ou 500 000 ressortissants majeurs de l’UE résidant en France, peuvent saisir directement la CNDP en vue d’organiser un débat public national.

Pour connaître les critères techniques de recevabilité d’une saisine de tiers, vous pouvez également vous reporter aux articles L121-10 du code de l’environnement et R121-28 CE du Code de l’environnement. »
https://www.debatpublic.fr/nous-saisir-735#scrollNav-3

Nous vous proposons donc d’interpeller, en même temps que la commission d’enquête, nos parlementaires, pour leur demander de saisir la CNDP en vue d’organiser un débat public national.

Nous proposons que ces signatures électroniques soient utilisées dans toutes les enquêtes publiques à venir concernant le nucléaire dans tous ses aspects ainsi que les signatures papier qui seraient recueillies localement par tous les groupes mobilisés.

enquete-publique-2797@registre-dematerialise.fr

Madame, Monsieur,

Je soutiens la CNDP dans sa demande d’un débat public national avant toute enquête publique relative aux installations électronucléaires : qu’il s’agisse de construction, de remise en état ou de gestions des déchets les modifications pour mise aux normes « post Fukushima » et les changements dans l’environnement naturel et humain des sites sont d’une telle ampleur que tout projet de prolongation d’exploitation s’apparente à la création d’une nouvelle installation.
Je demande à la commission d’enquête, comme je le fais par ce message, de demander à nos parlementaires de saisir la CNDP en vue d’organiser un débat public national pour erspecter la convention d’Aarhus.

Dans cette attente, veuillez croire en ma vigilance sur vos décisions.

Nucléaire questions et mensonges.

Ce message ne s’adresse pas à ceux d’entre vous qui êtes engagés dans la lutte contre le nucléaire, mais à ceux qui suivent ces questions de plus loin et qui sont perturbés par les  annonces contradictoires le concernant. Lambition du texte ci-dessous est de faire un  point sur les polémiques actuelles, à partir de données classées par thème permettant à  chacun de piocher des informations en fonction de questionnements ou de réponses à  apporter face à l’argumentation des tenants du nucléaire présenté comme indispensable à la lutte contre le réchauffement climatique, immense mensonge, comme celui concernant la sortie du nucléaire en Allemagne.
Pierre Péguin, décembre 2021.

Face à l’offensive médiatique pour relancer du
nucléaire revenu en grâce, avons-nous perdu la
bataille idéologique ?

La bataille idéologique autour du nucléaire est relancée depuis peu autour de la
problématique du climat qui mobilise beaucoup de jeunes et de militants écologiques. Pour le lobby du nucléaire affronté à de multiples difficultés et au bord de la faillite, c’est  inespéré et il mobilise ses réseaux pour prétendre que sa production électrique est  « décarbonée », que l’arrêt du nucléaire en Allemagne s’accompagne de l’augmentation  de la consommation de charbon, et que les énergies renouvelables posent trop de  problèmes.
Le spectacle a de quoi déconcerter. Alors que le mouvement écologiste s’est construit  dans les années 1970 en France contre l’essor de l’industrie nucléaire, nous voyons cette  dernière tenter aujourd’hui d’investir nos terrains de lutte. L’offensive est générale. Elle se  fait à grands coups de campagnes publicitaires avec le soutien d’élus, et d’influenceurs  tels que Jancovici de Shift Project, dans le but de convaincre l’opinion publique d’accepter  la construction de nouveaux réacteurs.
Le combat est particulièrement intense auprès de la Commission européenne et du  Parlement européen. L’enjeu est de taille, il s’agit pour le gouvernement français d’obtenir  que l’Europe classe le nucléaire comme une énergie « verte », car prétendument  « décarbonée ». Pour cela E. Macron s’allie à certains Etats contestés tels que la Hongrie, la Pologne et la Tchéquie, et pour avoir leur soutien s’engage à soutenir que le gaz naturel soit aussi qualifié de « vert », et à fermer les yeux sur le charbon polonais !

Le sujet s’infiltre dans la campagne présidentielle, entre les pro nucléaire (le PC, toute la  droite et l’extrème droite) et les rares anti (NPA, FI, EELV) qui n’appellent qu’à un arrêt  progressif calqué sur le scénario Negawatt. L’opposition radicale appelant à l’arrêt au plus  vite pour nous épargner d’avoir à subir une catastrophe atomique est donc absente des débats de la prochaine élection…. Et si deux des six scénarios présentés par le réseau de transport d’électricité RTE montrent bien que nous pourrions produire une électricité 100% renouvelable sans recourir au nucléaire, il n’est question bien sûr que de construire de nouveaux réacteurs que réclame même la Cour des Comptes !

Dans le même temps en France, les déclarations se succèdent annonçant l’imminence de la décision de construire de nouveaux EPR, et même de lancer une filière de petits réacteurs, tandis qu’en sous-main et sans attendre les autorisations officielles, EDF passe déjà ses commandes. Le fiasco des projets en cours, les difficultés financières d’EDF et d’Orano/Areva sauvés de la faillite par les contribuables n’empêchent pas nos dirigeants de foncer dans le mur….

Non le nucléaire ne sauvera pas le climat, c’est un
mensonge que de le prétendre décarboné, de plus il contribue au
réchauffement climatique, tout en répandant dans l’environnement
de dangereux éléments radioactifs.


S’il est vrai que le fonctionnement d’un réacteur n’émet pratiquement pas de gaz
carbonique, par contre tant l’amont que l’aval consomment beaucoup d’énergie fossile,  nécessitent beaucoup d’extraction, et génèrent énormément de pollution : Béton et acier de la construction du réacteur, extraction du minerai d’uranium abandonnant aux populations locales démunies des stériles radioactifs, transport jusqu’à Malvesi (Narbonne) où est affiné chimiquement, enrichissement au Tricastin, élaboration des barres de combustibles à Marcoule, Romans, livraisons aux centrales, etc. .
Et en aval, une fois « usés » les combustibles sont transportés à la Hague pour y être retraités et stockés dans des piscines déjà saturées. Les plus dangereux d’entre eux devront être gérés pendant des centaines de milliers d’années avec un coût énergétique carboné incalculable et des installations gigantesques nécessitant d’énormes travaux….Ainsi la création contestée d’un immense centre de stockage souterrain (Cigéo), à Bure dans la Meuse, nécessiterait des travaux pharaoniques pendant des dizaines  d’années. Enfin le démantèlement à venir des centrales nécessitera des travaux importants qui poseront des problèmes difficiles à résoudre.
Tous comptes faits prétendre que le nucléaire fournit une énergie décarbonée est un immense mensonge !

ET les centrales réchauffent leur environnement.

Les centrales thermiques n’ont pas un bon rendement thermodynamique à part celles au gaz , tandis que celles à l’uranium plafonnent à un tiers, ce qui signifie que lorsqu’un réacteur fonctionne par exemple à sa puissance électrique de 950MW , il émet deux fois plus de mégawatt dissipés en chaleur qui réchauffe ou évapore de l’eau, perturbant l’environnement. Cette chaleur est inutilisable car il est beaucoup trop dangereux de mettre du nucléaire près des villes, c’est pourquoi elle ne sert qu’à développer des élevages ridicules de crocodiles….


Le nucléaire ne sauvera donc pas le climat, il en subira plutôt les conséquences,
Les centrales atomiques sont vulnérables aux événements climatiques (inondations, sécheresse), et aux séismes imprévisibles. Tandis que les renouvelables, très dispersés  dans le pays, ne peuvent subir que des dégâts localisés.
L’industrie nucléaire est un danger pour les populations par les rejets réguliers, dans l’eau  et l’air, de contaminants radioactifs qui affectent leur santé. Quant au risque croissant de  catastrophe on en imagine mal les conséquences qui affecteraient toute l’Europe occidentale et au-delà. Par ailleurs elle génère des déchets d’extrême dangerosité qu’on  ne sait pas gérer.
Enfin la société nucléarisée est incompatible avec un fonctionnement démocratique : Il y a-t-il jamais eu en France un débat national, un referendum, une décision de l’Assemblée à ce sujet ?


Pour Bernard Laponche, de Global Chance “L’énergie nucléaire ne répond pas au défi  climatique”.  et « Le nucléaire est la plus mauvaise méthode pour  faire bouillir de l’eau » .


Voir également ce texte collectif : « le nucléaire ne sauvera pas le climat »


Le grand mensonge à propos de la politique
énergétique controversée de l’Allemagne
:
Après la catastrophe de Fukushima en 2011, l’Allemagne a décrété la sortie du nucléaire et décidé de miser sur le développement des énergies renouvelables. Sur les 17 centrales existantes, onze sont déjà fermées, les six dernières le seront très prochainement. Une décision fort critiquée en France. Nos voisins germains sont accusés d’accroître leur  consommation de charbon, ce qui entraînerait une augmentation de leurs émissions de  CO2. Ainsi P. Thevenot porte parole d’En Marche a pu annoncer “prôner la fin du nucléaire permettra simplement de rallumer des centrales à charbon comme cela a été fait en  Allemagne”.
En réalité, rien n’est plus faux. La production électrique des centrales nucléaires et au  charbon ont baissé radicalement, tandis que celle des renouvelables a pris le dessus. Ainsi en 2014 le charbon contribuait pour 45% à l’électricité produite, il n’en fournit plus que 24% aujourd’hui. La part du nucléaire est passée de 27% à 11% en 2020. Mais ce sont les énergies renouvelables qui ont largement compensé cette baisse. Leur part dans la production d’électricité a atteint 44% en 2020 et le nouveau gouvernement annonce  vouloir accélérer cette transition.
Il est vrai qu’une nouvelle centrale à charbon a été mise en service en 2020, mais leur  nombre global a bien baissé, passant de 84 en 2010 à 63 aujourd’hui. Certes, la part de  l’électricité produite par les centrales à gaz (energie fossile la moins polluante et la plus  efficace) a un peu augmenté, passant de 12% à 16%, mais au final ce sont bien les  énergies renouvelables qui ont couvert le recul du charbon et de l’uranium, devenant, et  de loin, la source d’électricité la plus importante.
Évidemment, les émissions allemandes de gaz à effet de serre sont encore plus élevées  que celles de la plupart des autres pays européens, du fait de sa tradition du charbon et  de l’importance de son industrie, mais ce n’est pas la décision de sortie du nucléaire qui  en est la cause, et encore moins la forte progression des renouvelables.

Notons que l’Allemagne reste le 2ème exportateur mondial d’électricité, en particulier à  prix élevé vers la France aux heures de pointe. Celle-ci reste 1er exportateur d’électricité,  mais à prix cassé car il s’agit de la surproduction nucléaire en heures creuses…..
Une enquête menée cette année à l’occasion des 10 ans de cette sortie du nucléaire montre que trois quarts des Allemands saluent cette décision et jugent sévèrement ses voisins français dont le risque de catastrophe de l’un de ses vieux équipements menace toute l’Europe occidentale.

 


Les “petits réacteurs modulaires” un mirage de plus?
https://www.can-ouest.org/la-france-nucleaire-apres-les-maxi-les-mini/,
Pour les défenseurs du nucléaire, ces réacteurs de plus petite taille (ou “SMR”) seraient  plus sûrs et plus facilement acceptés par la population. Pourtant, il ne s’agit pas de  réacteurs “de poche” ! Avec 170 MWe, Nuward, le projet français dans les cartons,  représente 40% de la puissance du réacteur 1 de Fukushima, ce qui est loin d’être  dérisoire.
Si des réacteurs plus puissants sont effectivement plus difficiles à construire et à gérer,  multiplier les installations de petite taille soulève d’autres problèmes : encore plus de sites nucléaires et des transports radioactifs potentiellement plus nombreux, qui accroissent la  vulnérabilité du territoire français face au risque d’accident et au risque terroriste.
Et malgré leur petite taille, ces nouveaux réacteurs continueront à générer des déchets  radioactifs tout aussi ingérables. Ils relâcheront des radioélément dans l’environnement et  seront toujours une menace de catastrophe atomique. Enfin Ils perpétueront la pollution  des mines d’uranium et la dépendance de la France envers les pays producteurs de  minerais.
Leur prix est annoncé comme élevé, et le coût de leur électricité serait deux fois supérieur à celui des grands réacteurs. Les retards et surcoûts rencontrés par les deux seuls SMR actuellement connus dans le monde montrent qu’au delà de l’effet d’annonce et de mode, l’urgence climatique peut attendre…..

Cette volonté de développer les SMR apparaît comme une ultime tentative pour sauver une industrie en difficultés techniques et financières, avec l’espoir de vendre et d’exporter cette technologie. Mais leur commercialisation ne se fera pas avant une douzaine
d’années ! Le coût prévisionnel par MW installé serait triple de celui de l’éolien, sans compter les dérives possibles. Y investissent néanmoins actuellement, entre autres, le constructeur de moteurs d’avions britannique Rolls-Royce, et Bill Gates !

Peut-on arrêter quasi immédiatement la production
d’électricité nucléaire du pays ?

La question est-elle bien posée ?
Prenons l’exemple d’un immeuble dont on s’aperçoit qu’il menace de s’effondrer. On  l’évacue immédiatement, ou on attend d’avoir trouvé des conditions d’accueil des  habitants à reloger au moins aussi bonnes que dans leur ancien logement ?


Ne sommes-nous pas dans la même situation pour le nucléaire ? Tout le monde sait que  nous sommes menacés d’une catastrophe majeure, l’État s’y est préparé, il a fixé les  procédures réglementaires : L’armée est prête à assumer la gestion des flux de population à évacuer ou au contraire à bloquer chez eux ; il est déjà décidé que le seuil de  radioactivité artificielle subi par la population sera multiplié par 20 (augmentant d’autant  le nombre de victimes de la radioactivité); il est même prévu par l’Europe que la France  pourra continuer à exporter son blé contaminé (sauvant ainsi l’agriculture industrielle du  pays au détriment de la santé des consommateurs…), etc.


Tout est prêt, car tous les responsables savent que nous pouvons subir cet effondrement  d’un jour à l’autre.
,
Alors pourquoi ne pas arrêter dès maintenant cette technologie mortifère quelles qu’en soient les conséquences et les difficultés rencontrées ?
Et nous sommes là au cœur du problème, la « grandeur de la France », la poursuite de  l’armement atomique, les intérêts économiques et politiques, la quasi religion du nucléaire dont les grands prêtres sont souvent issus (formatés?) de Polytechnique-Corps des mines, concourent à imposer à la population le risque majeur d’avoir à subir cette terrifiante épreuve !


Enfin nous savons que l’Arrêt quasi immédiat du nucléaire est possible,
,
Les installations de production d’électricité européennes sont actuellement
surdimensionnées, et nous pouvons nous appuyer provisoirement sur elles, quitte à ce que certaines consomment des énergies fossiles, le temps que nous mettions en pratique une  politique de sobriété et que nous développions à notre tour suffisamment de renouvelables. Cela ne serait-il pas préférable à cette menace de catastrophe permanente  que fait peser sur nous cette énergie du passé ?
Qu’avons-nous à gagner à la « concurrence » entre les catastrophes climatiques et  nucléaires conduisant à un véritable négationnisme du péril nucléaire ?
,
On peut combattre les deux par une politique de sobriété …. dont on ne prend pas le chemin.


Macron l’a dit, « sans nucléaire civil pas de nucléaire  militaire et inversement », . Il faut se débarrasser des deux.

Les victimes du nucléaire. La Commission Internationale de Protection contre les  Radiations (CERI) a publié un rapport alarmant en 2003,

Il apparaît qu’une véritable épidémie de cancers, leucémies et autres pathologies s’est  développée à partir des années 70 liée aux multiples explosions de bombes atomiques  (plus de 2000 dans le monde) qui ont entraîné la dispersion de radioéléments sur  l’ensemble de la planète. Ceux-ci ont été terriblement préjudiciables à la santé non  seulement dans les zones d’essai, mais aussi partout dans le monde et l’ADN de tout le  vivant a été touché. Les résultats de l’étude sont impressionnants : De 1945 à 2002, 60  millions de morts, le double de cancers, les mortalités enfantines et autres. Combien  aujourd’hui ?
La France a contribué à ce carnage par ses 210 essais de bombes atomiques dans le sud-algérien et en Polynésie, elle laisse aux populations autochtones maladies et morts  prématurées dont elle résiste à en reconnaître la responsabilité.
L’uranium appauvri. Mais ce n’est pas tout, la France exporte des armes équipées  d’uranium (dit « appauvri »). Très lourd, habillant les têtes de projectiles, il est efficace pour transpercer les parois des blindages, des tanks, de béton. Leur explosion libère de  grandes quantités d’aérosols radioactifs d’uranium qui contaminent éternellement l’environnement. C’est criminel pour les populations qui en sont victimes.
http://arretsurinfo.ch/category/international/europe/france/page/6/,


Quant aux personnels qui ont à gérer l’armement nucléaire leur sort est peu enviable.
D’après une étude portant sur les années de 1970 à 1996, ceux qui ont manipulé des têtes nucléaires sur la base sous-marine de Brest (presqu’île de l’Ile-Longue) n’avaient aucune protection contre la radioactivité dont les dangers leur ont été dissimulés. Un quart d’entre eux était mort à 62 ans, et il y a eu nombre de cancers parmi le autres. Les familles se battent pour que l’armée reconnaisse ses fautes. https://www.asso-henri-pezerat.org/brest/.


Qu’en est-il sur la base de Toulon ou à Valduc là où sont fabriqués les missiles ?
Face à la barbarie du nucléaire militaire, il faut appeler à signer le traité d’interdiction des armes nucléaire (TIAN ) de l’ONU déjà ratifié par plus de 50 Etats et approuvé par 122 pays. Ce traité équivalent à celui d’interdiction des armes chimiques est l’avancée la plus importante de ces dernières années car il permet à un Etat comme la France de renoncer à l’arme nucléaire sans attendre que les autres puissances nucléaires fassent de même.
Nous avons à condamner la menace que représente l’armement nucléaire français, sans attendre que les autres pays fassent de même.


Peut-on au moins compter sur la protection des organismes officiels de
protection contre les rayonnements ?
En fait, nationaux ou internationaux, ils font tout pour cacher la gravité des dégâts humains de cette technologie et en nier le nombre de victimes. Ils ont d’abord pour rôle de protéger l’industrie de l’atome plutôt que la santé des populations. Ils vont jusqu’à prétendre que les pathologies liées aux contaminations radioactives sont dues pour l’essentiel à la « nucléophobie »! Ils obligent les populations biélorusses à vivre dans le « jardin nucléaire », en application du programme Ethos-Core, et vont jusqu’à supprimer les cures de pectines pouvant alléger les souffrances des enfants contaminés!
http://coordination-antinucleaire-sudest.net/2012/index.php?post/2016/11/07/Vivre-dans-le-jardin-nucleaire-avec-Ethos-un-crime-contre-l- humanite,

Cela montre ce qui nous attend en cas de catastrophe en France, soyons sûrs que les autorités prétendront que « la situation est sous contrôle » après avoir muselé les voix  discordantes et neutralisé la Criirad (Commission de recherche et d’information  indépendantes sur la radioactivité) pour que ne soit pas diffusées les mesures réelles de radioactivité ambiante….  
Il ne faut pas hésiter à qualifier les activités nucléaires aussi bien militaires que civiles de  criminelles.

Dans le monde, La fin programmée de l’énergie
nucléaire ?
La nouvelle édition du « World Nuclear Industry Status Report » sur la situation du  nucléaire civil dans le monde vient de sortir. Ce rapport présente chaque année un panorama du parc nucléaire mondial. Bien que maintenu à flot par la Chine, il ne couvre que 10 % de l’électricité mondiale produite, soit 2 % seulement de l’énergie totale consommée sur la planète.. Il n’est guère optimiste pour l’avenir…

Un déclin irréversible ? Tandis que le plus grand constructeur de l’histoire du nucléaire Westinghouse a fait faillite en 2017, Areva techniquement en faillite a été sauvée par l’État et restructurée, devenant Orano pour une part de ses activités.
Les réacteurs vieillissants ne sont guère remplacés, tandis que les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives. À la mi-2021 33 pays exploitaient 415 réacteurs nucléaires, d’âge moyen de 31 ans. Par ailleurs, en 2020, la production nucléaire a diminué de 4 %, tandis que la production électrique de l’éolien et du solaire a augmenté de 13 %.
Cela s’explique notamment par la perte rapide de compétitivité de l’énergie nucléaire :
entre 2009 et 2020, les coûts du solaire ont baissé de 90 % et ceux de l’éolien de 70 %,
tandis que les coûts de construction des réacteurs nucléaires ont augmenté de 33 %. Ceci  explique que dans l’Union européenne, les énergies renouvelables non hydroélectriques  ont généré en 2020, pour la première fois, plus d’électricité que les centrales atomiques.
Un autre symptôme du déclin prévisible de l’énergie nucléaire est le faible renouvellement du parc de réacteurs. Si tous ceux qui sont en service allaient jusqu’à la fin de leur durée  de fonctionnement autorisée, 120 réacteurs supplémentaires devraient être mis en service avant la fin de 2030 pour simplement maintenir le statu quo. Cela impliquerait de doubler le rythme de construction annuel de la décennie, c’est-à-dire passer de 6 à 12 unités. Or, depuis 2016, le rythme de construction a encore ralenti : moins de 5 mises en chantier par an. La capacité nucléaire globale est donc appelée à diminuer, sauf si la Chine relancait un gros programme de construction. .
En Chine, L’espoir des nucléocrates repose sur la Chine, qui a dépassé la France en tant que deuxième producteur d’électricité nucléaire au monde. Un espoir lui aussi à modérer, la production d’électricité nucléaire en Chine n’a augmenté que de 4% en 2020, tandis quecelle des renouvelables a crû de 8 %.
Très récemment la Chine a annoncé un grand programme de construction de plusieurs dizaines de réacteurs nucléaires dans l’avenir. Elle promet de devenir leader des énergies nucléaire mais aussi solaire, éolienne!
Au Japon, le nucléaire est au ralenti malgré les ambitions du gouvernement. Il y avait 54 réacteurs exploitables au moment de la catastrophe de Fukushima, tous arrêtés à ce moment là. A ce jour il n’en reste plus que 33 dont seulement sept sont actuellement en service. l’énergie nucléaire représentait près d’un tiers de la production d’électricité au Japon, elle n’est plus que de 6% actuellement et le manque a été comblé essentiellement par les centrales thermiques au charbon ou au gaz et par les énergies renouvelables.
Le gouvernement japonais rêve de faire comme la France, d’après ses plans, la part de l’énergie nucléaire devrait remonter à 22% environ d’ici à 2030 .
En fait, trois réacteurs étaient entrés en construction avant le sinistre de Fukushima et 6 autres étaient en projet, mais tout a été gelé depuis cette catastrophe. De plus, la plupart des installations qui devaient permettre au Japon de maîtriser le cycle du combustible, dont une usine de retraitement, n’ont jamais fonctionné et pourraient même être démantelées sans jamais avoir été utilisées.
La France s’accroche désespérément à une industrie du passé contrairement à ses voisins (certains n’ont jamais eu recours à cette énergie, c’est le cas de l’Autriche, du Luxembourg et du Danemark, et d’autres comme la Belgique, l’Italie et l’Espagne en sortent).
Que savons-nous de l’opinion publique du pays,

Que nous apprennent les sondages quant à l’appréciation par les citoyens de la
politique énergétique du pays? Des résultats contradictoires :
La comparaison entre deux sondages réalisés par Odoxa, en 2018 et en 2021, fournit des informations assez étonnantes. Les sondés tout à fait opposés au nucléaire ne seraient plus que 7% en 2021 alors qu’ils étaient 19% en 2018. On y voit que ce sont les sympathisants de droite et d’extrême droite qui sont les plus favorables au nucléaire.
Mais 50% des sondés considèrent que le nucléaire est plutôt une menace pour
l’environnement à cause de la gestion des déchets nucléaires et des risques d’accidents graves qu’il présente, alors que 47% pensent que le nucléaire est plutôt une opportunité pour l’environnement car il serait la principale source d’énergie décarbonée et non polluante contrairement au charbon ou au pétrole.
Un autre sondage contredit les résultats ci-dessus notamment sur les investissements à faire :

64 % des Français estiment qu’il faut investir prioritairement dans les énergies
renouvelables. Seuls 10 % estiment qu’il faut investir en priorité dans la modernisation du parc nucléaire et la prolongation de la durée de fonctionnement des centrales.
Selon l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) 53 % des Français
considèrent que cette énergie a été une bonne chose pour la France, mais ils seraient 45 % à s’opposer à la construction de nouvelles centrales.

Une large majorité de Français favorables à l’éolien ,

Les Français ont en majorité une image favorable de l’énergie éolienne, et cette adhésion  est encore plus marquée chez ceux vivant à moins de 10 km d’un parc éolien, selon un sondage publié cet été, commandé à Harris Interactive par l’Ademe (Agence pour la transition écologique) et le ministère de la transition écologique. Commentaire d’Arnaud Leroy, le PDG de l’Ademe “Depuis plusieurs mois, les énergies renouvelables, en particulier les éoliennes, font l’objet de vifs débats, voire sont les cibles de virulentes controverses. Ce sondage nous montre que la relation entre les Français et l’énergie éolienne n’est pas aussi polarisée qu’il n’y paraît”, relevant au contraire “une adhésion pour faire face au dérèglement climatique”.
Dans cette enquête, 73% des sondés disent avoir une bonne image de l’éolien, 27% une mauvaise image. D’une façon surprenante l’avis favorable est plus élevé chez 80% des personnes possédant une résidence à moins de 10 km d’un champ éolien, et chez 88% de moins de 35 ans. Notons que les associations qui se soulèvent contre les projets d’éolien  sont souvent animées par des anciens du CEA ou d’EDF…..
Près de 9 personnes sur 10 considèrent que le développement des énergies renouvelables en France est nécessaire face au dérèglement climatique. Mais il faudrait que l’État comme nos voisins espagnols et allemands impose des systèmes solaires sur les bâtiments neufs !
Quant à la polémique « éolien ou nucléaire » le gestionnaire du réseau électrique RTE a  planché sur le mix entièrement décarboné du futur, et a proposé cet automne six  scénarios pour une électricité zéro carbone en 2050, allant du 100% énergies

https://www.liberation.fr/economie/eolien-ou-nucleaire-six-scenarios-pour-une-electricite-zero-carbone-en-2050-20210608_EIGRA7GZKJHAHNQSZ4GTQOF4EA/.

Bilan électrique français, que retenir de 2020 ?

Le Réseau de Transport d’Electricité (RTE) vient de publier son bilan électrique pour 2020 :

 

Par rapport à 2019 la consommation d’électricité a diminué de 5 %. Elle avait déjà diminué de 1 % l’année précédente, avant le covid. La consommation électrique de l’activité  industrielle a baissé, drastiquement de 10 %, tandis que celle du secteur résidentiel est  restée plutôt stable à 38 % de la consommation totale, elle est donc relativement stable  depuis 2010.
La production d’électricité d’origine nucléaire est en baisse, à 67% de la production totale  d’électricité en France. Cette baisse n’est pas due à la fermeture de la centrale de  Fessenheim qui aurait dû être arrêtée de toutes façons pour d’importantes révisions, mais  par une moins bonne disponibilité des centrales.
Les renouvelables ont couvert 25,5 % de la consommation, dont l’hydraulique 13 %, et  l’éolien devenant la 3ième source d’électricité 7,9 %. Le solaire quant à lui est à 2,5 %.
Les centrales thermiques, tous fossiles confondus, en fournissant 7,5 %, dont
principalement le gaz à 6,9 %. Cela permet à EDF de prétendre à la fourniture d’électricité  décarbonée à 92 % …. Dans la mesure où l’électronucléaire est effectivement décarboné…
Précisons enfin que la France a exporté 2 fois plus d’électricité qu’elle en a importé, sauf  que les ventes ont lieu plutôt en heures creuses à prix cassé (le nucléaire fonctionnant en  base), et les achats aux heures de pointe au prix fort ! La fiabilité financière d’EDF est  ébranlée. Les agences de notation ont dégradé en juin 2020 sa note notamment en raison d’une «disponibilité des réacteurs nucléaires plus faible que prévu ». Quant à la filiale  britannique d’EDF, EDF Energy, elle a été rétrogradée à une catégorie très inférieure.

Parcours parmi les multiples difficultés de l’industrie
nucléaire française.
– C’est un mode de production d’électricité dont le faible rendement thermodynamique (à  peine plus de 30%) conduit à des pertes de chaleur considérables. Compter sur une  industrie ayant d’aussi piètres performances, pour atténuer le réchauffement climatique  en faisant mine d’ignorer qu’elle en est un des facteurs importants, est à tout le moins  déraisonnable. De plus le nucléaire continue à produire des désordres sanitaires,  environnementaux, économiques et politiques, en plus des catastrophes majeures.
Pour ces raisons la contribution de l’énergie nucléaire à l’approvisionnement énergétique  mondial n’est que de l’ordre de 2%, et ne peut pas vraiment augmenter.
– Que faire des combustibles usés qui s’accumulent ? Il n’existe pas de solution à la  gestion des combustibles nucléaires usés et des déchets radioactifs, ni en France ni  ailleurs. Lancer un nouveau parc nécessiterait de redimensionner l’usine de retraitement  de La Hague, de prévoir de nouveaux sites d’entreposage et d’avoir la garantie que le  centre d’enfouissement des déchets radioactifs Cigéo soit mis en service un jour. Sur ce  dernier point, le 23 novembre, l’Autorité environnementale a souligné un manque  d’information sur les coûts environnementaux et économiques de ces différentes  installations.
Les piscines d’entreposage des combustibles usés sont bientôt saturées. Les parades  envisagées par EDF et Orano, sont la construction d’une nouvelle piscine à la Hague, un  moxage accru des réacteurs de 900 MWe et un entreposage à sec des combustibles usés.

Cela explique sans doute pourquoi EDF cherche à acheter des terrains autour des  centrales nucléaires existantes.
La Hague. L’usine de retraitement de déchets radioactifs de la Hague est l’un des  centres atomiques les plus polluants en fonctionnement « normal ». Selon l’association  Robin des bois, la Hague polluerait autant qu’une porcherie industrielle de 100 000 porcs.
Chaque année, elle rejette 2 000 tonnes de nitrates directement dans la Manche issues de l’acide nitrique utilisé pour dissoudre les combustibles irradiés et pour séparer le  plutonium, l’uranium et les produits de fission….” ,
S’y ajoute d’après le Groupe radioécologie du Nord Cotentin 100 tonnes de nitrite,  2 900 tonnes de phosphore, les métaux lourds tels que plomb et mercure, sans compter  évidemment les innombrables rejets de substances radioactives qui contaminent la  Manche…..
De plus l’un des 2 évaporateurs concentrateurs de produits de fission de La Hague, dont  les équipements vieillissent, a atteint un niveau de corrosion qui le fragilise. L’arrêt de cet évaporateur entraînera une diminution embarrassante de la capacité de retraitement.
– A l’usine Melox de Marcoule qui fabrique le combustible MOX (mélange d’oxydes  d’uranium et de plutonium) destiné aux réacteurs de moyenne puissance, les difficultés  ne manquent pas avec un nouveau procédé de production. EDF à dû alors réduire le  nombre d’assemblages MOX fabriqués, ce qui entraîne une moindre consommation du  plutonium qui s’accumule à La Hague (le plutonium destiné au départ à la bombe est la  pire substance jamais élaborée par l’humanité, par sa terrible toxicité aussi bien chimique  que radioactive ; et sa durée de vie est éternelle à notre échelle).
Les centrales du Bugey et du Tricastin sont désormais les plus anciennes de France, depuis la fermeture de celle de Fessenheim. Elles approchent des cinquante ans et n’ont  jamais été conçue pour cette durée. Elles vieillissent mal, elles subissent de multiples  dysfonctionnements inquiétants, et il est avéré que les coeurs de celles du Tricastin sont  fissurées !
Au Tricastin justement, un scandale a éclaté en novembre dernier, un cadre de
l’entreprise a révélé la dissimulation des incidents de sûreté. Il a déposé plainte contre  EDF, accusant sa hiérarchie de l’avoir « placardisé » pour avoir dénoncé une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté. Cela nous autorise à nous poser des questions sur le rôle de l’autorité de sûreté du nucléaire (ASN),
https://www.linfo.buzz/centrale-nucleaire-de-tricastin-des-dissimulations-en-
cascade/,
La filière EPR en question. La France montre de graves signes de déclin technologique et industriels, notamment avec son incapacité à terminer la construction d’un EPR en  Finlande, et celui de Flamanville en Normandie, dont les coûts et les délais du contrat  initial ont été multipliés par quatre! Le premier EPR, mis en fonctionnement à Taïshan en  Chine en 2018, est aujourd’hui à l’arrêt, suite à une grave défaillance qui paraît due à un  défaut générique qui concernerait toute la filière.
– Sous traitance danger. EDF sous-traite désormais 80% de la maintenance de ses centrales, malgré une précarisation sans cesse dénoncée. Les « nomades du nucléaire »  mal payés, exposés aux rayonnements, mal formés, pressés par le temps réduit  d’intervention ne peuvent garantir un travail de qualité garantissant la sûreté des  réacteurs.


– Démantèlement,
la France ne maitrise toujours pas le démantelement d’une centrale  nucléaire, alors que la question devient d’actualité. La centrale de Brennilis en Bretagne,  mise à l’arrêt en 1985 devait être une vitrine des capacités de démantèlement. 35 ans  plus tard, elle n’est toujours pas démantelée.

– EDF en quasi faillite.

EDF est lourdement endettée à hauteur d’une cinquantaine de
milliards d’euros, auquel s’ajoute 100 milliards d’euros pour le rafistolage des réacteurs de  plus de 40 ans, ainsi que 35 milliards d’euros du projet d’enfouissement des déchets  nucléaires CIGEO à Bure. Pour les 6 nouveaux EPR à la sûreté au rabais , il faudrait  trouver au minimum 60 milliards. La Cour des Comptes a jugé en 2020 qu’ EDF n’en avait  pas les moyens. Quant au chantier d’Hinkley Point en Angleterre, il prend le chemin du  fiasco de Flamanville avec retards, malfaçons et inflation des coûts.


En conclusion, le grand et dangereux mensonge,


L’État a engagé une grande campagne de promotion du nucléaire au nom de la lutte  contre le bouleversement climatique. Son but est bien sûr de préparer l’opinion aux  décisions de construire de nouvelles centrales atomiques.


Nous affirmons que cette campagne s’appuie sur un énorme mensonge,
celui de  la production propre et décarbonée d’électricité nucléaire. En effet tout l’amont et l’aval du fonctionnement d’un réacteur impliquent d’énormes consommations de matériaux, d’énergies fossiles, entrainant d’importantes contaminations radioactives et pollutions de toutes sortes.


Par ailleurs, face à l’urgence climatique,
comment prétendre construire rapidement de nouveaux réacteurs quand on sait le fiasco de ceux en construction en Finlande et à Flamanville, et que l’un des deux seuls en fonctionnement en Chine a été mis à l’arrêt révélant déja un grave défaut générique qui remet en cause la fiabilité de la filière.

Comme dans les pays voisins, il faut appeler à l’arrêt du nucléaire, et à la promotion de la sobriété énergétique en même temps que des énergies
renouvelables. A l’inverse les décisions de l’Etat, enrobées de beaux discours,  nous engagent vers une société gourmande en électricité et en énergie. La  surenchère dans le soutien au nucléaire de la majeure partie des candidat.e.s à  la présidentielle, Emmanuel Macron compris, est tout simplement lamentable.
Les générations futures méritent mieux que ces propositions d’un autre âge.

Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo

CIGéo : votre participation à l’Enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP)

Si vous n’avez pas encore envoyé votre avis au Commissaire enquêteur,
et vous avez jusqu’au samedi 23 octobre,
merci de transférer tout simplement : « Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo », ci-dessous, à :

dup-cigeo@mail.registre-numerique.fr

Objectif de cette opération de communication : 100 000 participations ! 

Le Commissaire enquêteur va devoir embaucher des secrétaires…Et n’oubliez pas de faire circuler ce mail dans vos réseaux.

Les 100 raisons de ne pas construire CIGéo :

La qualification du projet

1 – parce que c’est un projet hors norme.
2 – parce que c’est un projet illusoire.
3 – parce que c’est une mission impossible.
4 – parce que c’est une immense supercherie.
5 – parce qu’il y a trop d’incertitudes.
6 – parce qu’il y a trop de réserves.
7 – parce qu’il y a trop de problématiques majeures.
8 – parce que c’est une impasse : l’ANDRA veut nous faire croire qu’elle maîtrise complètement la radioactivité.
9 – parce que personne au monde ne sait neutraliser la radioactivité des déchets radioactifs. On ne sait que  les stocker en attendant que leur activité décroisse jusqu’à l’acceptabilité.
10 – parce que c’est un pari risqué de vanter les qualités de la couche géologique du Callovo-oxfordien. De nombreuses études contradictoires effritent les certitudes de l’ANDRA.
11 – parce que c’est une utopie de croire que l’ANDRA va pouvoir gérer 270 km de galeries souterraines. C’est l’équivalent d’un métro parisien et demi.
12 – parce que la phase pilote est un leurre. En fait, durant cette phase, l’ANDRA construit la quasi totalité des installations de surface et les premières galeries et alvéoles.
13 – parce qu’il y a des risques de combustion et d’explosion du fait de la génération d’hydrogène par la radiolyse et la corrosion des métaux. L’expert indépendant Bertrand THUILLIER parle “d’une véritable usine à gaz” !
14 – parce que les systèmes de ventilation imaginés par l’ANDRA ne peuvent fonctionner sans panne durant un siècle.
15 – parce qu’au bout de quelques semaines l’air contenant plus de 4% d’hydrogène explose !
16 – parce que l’arrêt volontaire de la ventilation pendant la fermeture et le scellement d’une alvéole provoquera immanquablement une explosion. Quant à l’inertage du volume à l’azote, il présente un risque d’anoxie !
17 – parce que personne ne peut garantir qu’aucune étincelle ne sera produite dans ce vaste chantier pendant un siècle par : une batterie défaillante et non étanche – un éclairage défectueux – l’huile d’un moteur électrique en surchauffe – un système de contrôle, de mesure ou de surveillance – une simple friction ou un choc de deux objets.
18 – parce que, si un incendie se déclenche, il est non maîtrisable (accès des secouristes – problème de la ventilation – utilisation de l’eau interdite – problèmes des bituminés – température de 70°C à ne pas dépasser pour le béton des colis et le béton des murs.
19 – parce que, si un incendie se déclenche, les filtres des ventilations seront bouchés en 30 minutes !
20 – parce que l’hydrogène produit poussera les gaz radioactifs hors des alvéoles, d’où les risques : de détérioration des scellements – de fragmentation de la roche – d’élargissement des microfissures.
21 – parce que les déchets bituminés sont inflammables, et donc inacceptables dans le stockage en l’état.

Alvéoles irradiantes

22 – parce que, une fois remplies, les alvéoles MA-VL sont irradiantes et inaccessibles, en l’absence de protection radiologique des colis. L’ANDRA a fait ce choix pour gagner du volume utile, et donc réduire les coûts. Les alvéoles sont passées de 400 à 500 m de longueur, et de 9 à 12 m de diamètre. Les alvéoles HA, elles, sont passées de 100 à 150 m.
23 – parce que, dans une alvéole irradiante, une action corrective de maintenance est impossible : on ne peut remplacer des capteurs, réparer un système de manutention ou de ventilation, intervenir sur un scellement.
24 – parce que le personnel ne peut opérer dans un tel milieu confiné, avec des produits radioactifs, des produits chimiques, des gaz, des poussières, etc. (notamment des éléments cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction)

Argilite, sel, granite, etc.

25 – parce que l’argilite est beaucoup trop friable. Le 26 janvier 2016, un technicien, a été tué, enseveli dans  l’éboulement du pan entier d’un front de taille. D’où la nécessité de construire des soutènements et des enveloppes métalliques très importantes et onéreuses.
26 – parce qu’une catastrophe est possible, comme celle de Stocamine en Alsace, avec incendie et contamination chimique de la nappe phréatique.
27 – parce qu’il est difficile de croire en la réversibilité-récupérabilité de CIGéo, quand on voit comment cela se passe pour Stocamine qui était annoncé comme un stockage réversible : aujourd’hui, il est impossible de remonter les déchets chimiques.
28 – parce qu’une catastrophe est possible, comme celle du WIPP aux Etats Unis : l’incendie d’un camion, puis l’incendie d’un colis au contenu non-autorisé, d’où la contamination radioactive des galeries et du puits d’extraction d’air, avec des rejets radioactifs dans l’environnement.
29 – parce qu’il est préférable de prendre une sage décision comme l’a fait l’administration OBAMA, qui a arrêté le projet de stockage à Yucca Mountain.
30 – parce qu’il est préférable de prendre une sage décision comme la fermeture du site de PINAWA au Canada, ou de sites en Angleterre, en Suisse et en Australie, suite à l’opposition des riverains.
31 – parce qu’il n’existe à ce jour, dans le monde, aucun stockage en profondeur en fonctionnement : que ce soit en Belgique – Suède – Finlande – Canada – Chine – Japon – Suisse – USA – Russie – Allemagne.

Dangerosité

32 – parce que la dangerosité des déchets nucléaires est effective durant 1000 fois leur période. Pour les HA et MA-VL, elle est quasi éternelle. En effet, ces déchets contiennent de l’Uranium 238, pour qui cette éternité est de 4 mille milliards d’années !
33 – parce que personne ne sait ce qui peut se passer sur notre planète Terre sur une aussi longue période.
34 – parce que, pour raisonner sur une aussi longue période, l’ANDRA utilise des modèles mathématiques. Et comme le confirme Bertrand THUILLIER : un modèle mathématique non validé, n’a aucune valeur.
35 – parce que le consensus mondial sur l’enfouissement n’est qu’une théorie.
36 – parce que le fait que l’ANDRA échange avec d’autres pays sur les techniques d’enfouissement n’est pas une garantie.
37 – parce que la barrière du colis en métal va rouiller, et parce que la barrière de l’argilite n’est pas imperméable : elle est en effet fissurée, et en plus elle contient de l’eau. Ces barrières ne sont donc que des ralentisseurs, et ne constituent nullement un coffre-fort.

Développement du territoire

38 – parce que ce n’est pas une espérance de développement pour la région.
39 – parce que c’est sacrifier un territoire.
40 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe médiatique et économique pour le champagne de la Champagne.
41 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe médiatique et économique pour les eaux minérales de Lorraine : CONTREX, VITTEL, HEPAR.
42 – parce que CIGéo peut déstabiliser la ressource en eau locale.
43 – parce que CIGéo aura un impact catastrophique sur les nappes phréatiques, l’agriculture, le maraîchage, la pêche, la biodiversité…
44 – parce que les 11 millions de m3 de terres excavées contiennet de l’arsenic et de l’uranium, qui vont se retrouver dans le milieu naturel, dans l’ORMANCON, dans l’ORNAIN, voire dans le captage d’alimentation en eau potable de BAR-LE-DUC. L’ANDRA imagine même la création de bassins de retention.
45 – parce que les événements pluvieux exceptionnels dûs au changement climatique peuvent avoir un impact sur l’Environnement du stockage.
46 – parce qu’il y a un risque d’inondation du stockage via les descenderies et les puits, à cause de la nappe de l’Oxfordien. L’ANDRA parle de 100 à 10 000 m3 par jour, qui seraient remontés par des pompes !

L’impact sur l’Environnement et la santé

47 – parce qu’à quelques dizaines de mètres au-dessus du Callovo-Oxfordien, l’existence démontrée de fractures ouvertes qui sont de véritables autoroutes pour des radionucléides en cours de dispersion.
48 – parce qu’en cas de catastrophe, la circulation des contaminants s’effectuerait vers le Nord-Ouest puis vers le centre du Bassin parisien.
49 – parce que tôt ou tard, quand les radionucléides seront remontés en surface, les riverains de BURE seront impactés comme le sont aujourd’hui les riverains de SOULAINES. Voir villesurterre.com
50 -parce que l’air à proximité de BURE sera irrespirable. Ce ne sont pas des cheminées de 12 m de hauteur qui vont assurer dans l’air une diffusion sans risque.
51 – parce que la biodiversité autour de BURE est en danger.
52 – parce que CIGéo ne respecte pas la séquence : EVITER – REDUIRE – COMPENSER (principe ERC).
53 – parce que l’ANDRA n’a pas envisagé de mesures compensatoires affectées aux cours d’eau. Alors que l’impact est bien réel : rejets, franchissabilité, débit, faune, etc.
54 – parce que le territoire de Meuse et de Haute-Marne va subir une inquiétante mutation, qui n’a rien à voir avec le PDT (Projet de développement du territoire). PDT qui a été entériné sans intégrer l’avis de la population.

L’achat des consciences

55 – parce que les GIP (Groupement d’intérêt public) et “”le pôle national d’excellence en maintenance nucléaire”” ne sont que des outils pour acheter les consciences.”
56 – parce que les départements MEUSE et HAUTE-MARNE reçoivent chacun 30 millions d’euros par an !
57 – parce que le secteur va connaître un développement économique exclusivement nucléaire, donc avec des entreprises à hauts risques, sales et polluantes. Le secteur est sacrifié sur l’hôtel du nucléaire.
58 – parce que c’est la programmation de l’inéxorable désertification du territoire. Aux USA les déchets nucléaires sont stockés dans un désert de sable. En France, c’est dans un désert vert.
59 – parce que le projet est imposé. Le projet avance inéxorablement quels que soient les réserves, les doutes, les arguments des opposants. Le débat est souvent tronqué. Les opposants ne peuvent pas participer aux processus de décision, et ce, dans le non-respect de la Convention d’Aarhus.
60 – parce que la réalisation de Cigéo est une catastrophe pour les populations voisines qui seraient obligées de s’éloigner de BURE en cas de problème.
61 – parce que c’est la perte du potentiel géothermique de la région.
62 – parce qu’enfouir les déchets nucléaires à 500 m sous terre n’est pas un cadeau pour les générations futures. Et on vient de le vérifier avec le stockage de déchets chimiques STOCAMINE.
63 – parce que l’enfouissement n’est qu’une solution, et que la séparation-transmutation, ainsi que l’entreposage de longue durée sont abandonnés.
64 – parce qu’il est préférable de conserver en surface ces déchets, les surveiller, et chercher une solution pour réduire leur dangerosité. Les ingénieurs des générations futures seront peut-être moins “bêtes” que ceux d’aujourd’hui.
65 – parce qu’il n’y a eu aucune concertation populaire avec les Meusiens et les Hauts-Marnais. L’ANDRA se contente d’arroser les élus, les municipalités, les entités économiques, les associations… Et même l’Eglise !

La communication mensongère de l’ANDRA

66 – parce que le discours de l’ANDRA est trop optimiste
67 – parce que l’ANDRA n’a pas encore démontré que CIGéo est réalisable technologiquement et financièrement.
68 – parce que l’IRSN a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.
69 – parce que l’ASN a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.
70 – parce que la CNE2 a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.
71 – parce que l’OPECST a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.
72 – parce que l’Agence environnementale a soulevé quantités de lacunes et de problèmes techniques non résolus.
73 – parce que l’Agence environnementale regrette le choix de l’argilite, rendu possible par le volontariat des collectivités locales.
74 – parce que l’Agence environnementale regrette que l’ANDRA n’ait créé qu’un seul laboratoire souterrain.
75 – parce que l’Agence environnementale se demande si la couche d’argilite est bien la plus adaptée pour engager aujourd’hui l’avenir sur des millénaires.
76 – parce que l’argilite n’est pas une argile homogène, mais une suite de sept strates de calcaires marneux, moins imperméables, cassant et présentant des fissures. ( 41% d’argile et 31% de carbonates)
77 – parce que l’épaisseur de la couche d’argilite ferait plutôt 110 m que 130 à 150 m. Et s’ajoute le problème du pendage à 2%.
78 – parce que des champs de contrainte s’exercent dans le sous-sol, et sont à l’origine de déformations lentes qui peuvent fragiliser les bâtis.
79 – parce que le calendrier de la réalisation est inacceptable. Pourquoi cette précipitation ?
80 – parce que l’enfouissement n’est pas une solution parfaitement sûre. Rien n’est prouvé, rien n’est incontestable.
81 – parce que les promoteurs de ce projet sont en permanence en flagrant délit de désinformation.
82 – parce que, quel que soit l’inventaire de référence ou l’inventaire de réserve, on n’enfouit pas les déchets nucléaires. Et l’inventaire est très discutable, notamment à cause des combustibles usés.
83 – parce que personne ne sait ce qu’il adviendrait en cas de tremblement de terre. Même si Anne LAUVERGEON a déclaré : “Rien ne bougera””, en pariant sur une sûreté absolue.
84 – parce qu’il n’est pas pertinent d’installer un tel stockage si près de failles comme Le Fossé de GONDRECOURT, le Fossé de la MARNE, les failles d’ECHENAY. En 2019, en Ardèche, la faille à l’origine du séisme de TEIL était considérée comme non active ! Rappelons également les séismes voisins de REMIREMONT en 1682, et de SAINT-DIE-DES-VOSGES en 2003.
85 – parce que la co-activité est une source de risques : pendant les 130 années du chantier, comment les opérations de construction des alvéoles et les opérations de remplissage en déchets radioactifs vont-elles pouvoir cohabiter sans accroître les dangers potentiels ?
86 – parce que c’est une source de danger et de nuisances considérables pour les riverains. Notamment l’excavation de millions de m3 de terre. Zone de verses. Bassins de rétention d’eau.
87 – parce que CIGéo, c’est 500 hectares d’installations de surface : entreposage tampon, terminal ferroviaire, réception, contrôle & réconditionnement des colis, descenderies, etc.          

Le transport des déchets

88 – parce que c’est une folie de transporter et de concentrer en un seul lieu 99,96% de la radioactivité totale des déchets nucléaires produits depuis 1960. C’est 1 à 2 convois de 10 wagons par semaine pendant un siècle, sur un réseau commun à la population.
89 – parce que le transport des déchets est très dangereux : il suffit de rester une demi-heure à côté d’un véhicule transportant ces colis pour atteindre la dose annuelle de rayonnement autorisée. Egalement risque de contamination par inhalation ou ingestion de particules projetées sur la peau ou l’environnement. Il vaut donc mieux les stocker là où ils sont produits.

Le financement du projet 

90 – parce que le financement de CIGéo n’est pas assuré. L’ANDRA cherche même à réduire les coûts de la construction au détriment de la sûreté.
91 – parce que c’est le plus gros chantier de ce siècle, et que l’on ne connaît pas son coût réel : 16 milliards en 2003 – 33 milliards en 2014 – 43 milliards selon un cabinet d’audit – 14 milliards selon les producteurs de déchets – 34 milliards en 2016 – et 25 milliards selon Ségolène ROYALE, alors que des experts indépendant l’évaluent à 100 milliards.       

Et pour conclure…

92 – parce que CIGéo est un vieux projet imaginé dans les années 1990, pour recevoir des colis sans protection radiologique, donc avec une maintenance impossible.
93 – parce que le choix du projet CIGéo a été fait sur des critères politiques et non pas techniques.
94 – parce que le personnel serait exposé à trop de risques : écrasement (chute de charges, d’objets) – heurt avec un équipement – électrisation – intoxication – asphyxie.
95 – parce que la matérialisation de la mémoire du site est irréalisable, et représente donc un danger pour les générations futures.
96 – parce que les ONG comme Greenpeace ont bien étudié le projet et sont opposées à la construction de CIGéo.
97 – parce que les mouvements politiques et les partis politiques comme EE-LV, La France Insoumise, NPA, Nouvelle Donne, Génération.s, etc. ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.
98 – parce que les laboratoires indépendants comme la CRIIRAD et l’ACRO ont bien étudié le projet et sont opposés à la construction de CIGéo.
99 – parce que la communication de l’ANDRA sur ce projet applique la règle bien connue : “Plus c’est gros, plus ça passe !”, notamment lors du webinaire du 9 septembre dernier : l’ANDRA ne voit aucun obstacle à la construction de CIGéo.
100 – parce que, comme l’a rapporté Takeo Okada, archevêque de Tokyo, le Pape François a critiqué l’énergie nucléaire en la comparant à la Tour de Babel : quand les hommes tentent d’atteindre le paradis, ils créent leur propre destruction. « Les humains ne devraient pas enfreindre les Lois de la nature créées par Dieu » – C’est plus important que l’interdiction du boogie woogie avant la prière du soir !

villesurterre.com

APPEL DU 26 AVRIL 2021 AUX FEMMES DU MONDE ENTIER

Cet APPEL fait suite à l’ APPEL du 26/4/2016 qui avait suscité 400 initiatives à travers le monde

Contexte Le 26 avril 1986 commençait la catastrophe de Tchernobyl. Analysé, commenté, filmé depuis 35 ans, cet évènement majeur de notre histoire contemporaine reste une « énigme à résoudre pour le XXIème siècle » nous avait annoncé Svetlana Alexievitch (prix Nobel de littérature en 2015). C’est justement son texte La supplication paru en 1997 dans la revue russe Amitié entre les peuples et traduit depuis dans de très nombreuses langues qui a permis aux lecteurs du monde entier de prendre conscience des effets délétères de cette catastrophe technologique et humaine sans retour. Récit tragique régulièrement adapté au théâtre, à la radio et au cinéma, il inspire de nombreux colloques, articles, romans, interviews … et controverses. D’une histoire d’amour banale, Le prologue de La supplication nous transporte au coeur d’un désastre technologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Le simple témoignage d’une toute jeune femme parlant de son mari sapeur-pompier va prendre les accents d’une épopée. De garde cette nuit-là, son mari intervient avec quatorze collègues pour éteindre en vain ce qu’on leur avait annoncé comme « un incendie ordinaire » sur le réacteur N°4 de la Centrale Lénine. Irradié dès les premières minutes, son agonie durera quatorze jours au coeur de l’irrationnel, de l’épouvante … et de l’amour fou. Quatorze journées hallucinées, ravageuses pour lui et pour sa femme, pour leurs familles, leurs amis, mais aussi pour La Médecine, La Science, Le Pouvoir politique et Le Pouvoir militaire. En Union Soviétique comme dans le reste du monde. 

 

Cet « Hymne à l’amour » vaut d’être chanté partout sur la Terre par un gigantesque choeur de femmes. Vous aimez lire ou dire à haute voix ? Vous êtes comédienne ou pas ? Alors, où que vous soyez dans le monde les 25 et 26 avril 2021 et à l’heure que vous déciderez ( à partir de 18h le 25 et jusqu’à minuit le 26 ) lisez ou jouez le Prologue de La supplication de Svetlana Alexievitch. Liste des éditions et traductions du monde entier sur: https://april26appeal.noblogs.org

Cet acte artistique éphémère est adressé à un public convié gratuitement dans une librairie, une bibliothèque, une ruine, un appartement, un théâtre, un jardin public, une salle de classe, une usine désaffectée, au coeur d’une forêt, en haut d’une montagne, dans une cour, un bar, un parking, un cinéma, une prison, un hôpital… 

du 25 à 18h au 26 avril 2021 à minuit lecture ou représentation du Prologue uniquement simplicité d’interprétation gratuité de l’évènement aucune captation si ce n’est une photo 

Aux strictes conditions ci-dessus, Svetlana Alexievitch autorise et soutient l’initiative. Dès maintenant, vous pouvez signaler votre participation sur le groupe Facebook https://www.facebook.com/groups/977646358962204/ Inscrivez votre nom, le lieu (adresse et pays) et l’heure de l’évènement. Si vous le souhaitez, vous pouvez ajouter une photo-portrait de vous ou/et du lieu, une adresse mail, un site internet, un N° de téléphone. Vous êtes responsable de l’évènement. Sa mise en oeuvre doit être simple et non onéreuse. Vous en assurez la publicité en précisant simplement que vous répondez à « l’appel du 26 avril 2021 ». Le groupe Facebook et le Blog de L’APPEL DU 26 AVRIL 2021 répertorient la totalité des propositions au fur et à mesure qu’elles sont reçues. Ils sont des espaces d’information et de communication pour les journalistes du monde entier et pour quiconque veut se renseigner. Correspondance possible avec l’équipe de l’ APPEL DU 26 AVRIL 2021: – en français avec Bruno Boussagol cokoller@bluewin.ch – en anglais avec André Larivière andre.lariviere@laposte.net – en japonais avec Yumi Célia yumi.celia@gmail.com – en russe et ukrainien avec Nika Le Dantec artnouv@gmail.com 

Lancement de la campagne de vote des franciliens pour le projet de sonde de mesure indépendante de la radioactivité de l’air dans le cadre du Budget participatif Régional Île-de-France

Bonjour
Nous avons besoin de vos votes, citoyen-ne-s d’Île-de-France.
Plus de 3000 cyberacteurs-trices d’entre-vous aviez signé notre pétition en ce sens en 2019.
En créant Nucléaire Je Balise en 2019, nous avions l’ambition de promouvoir l’installation de sondes de mesure indépendante de la radioactivité de l’air en France, en Île-de-France, plus particulièrement dans notre intercommunalité GPS&O, en premier lieu, notre association étant déclarée à Verneuil sur Seine. D’autres projets sont en cours en Île-de-France pour couvrir le territoire représentant pratiquement 20% de la population française.
2021 sera l’année d’une première installation grâce à la commune d’Andrésy (78) et à son maire EELV, Monsieur Lionel Wastl, qui accepte le principe de voir une sonde sur sa commune.
Ainsi nous avons pu concourir au Budget participatif régional.
La campagne de vote des Franciliens  pour les projets retenus dans le cadre de ce Budget est ouverte jusqu’au 8 mars.
Pour voter pour notre projet, il suffit de créer un compte sur
Vous allez ensuite sur le thème Santé environnementale et nous trouvez en 8ème position.
Nous vous sollicitons afin que vous puissiez nous aider :
en contactant vos réseaux sociaux, votre famille, vos ami-e-s, connaissances*, en leur joignant les pièces ci-dessous et en leur demandant de voter sur le site du lien ci-dessus pour le projet Nucléaire Je Balise.
..* à condition qu’ils habitent en Île-de-France
– en demandant à ceux-ci de faire pareil (s’ils ont des connaissances qui habitent en IDF), ainsi de suite, comme une chaîne.
– si cela est possible, en adhérant pour 10€ ou + à NJB. Afin d’avoir plus de poids dans nos démarches pour obtenir d’autres subventions, d’autres soutiens, il nous semble important de vous compter parmi nous en tant qu’adhérent.
Un grand merci
VIREMENT IBAN FR 76 1027806118000203767013 en indiquant vos coordonnées complètes pour le reçu fiscal

Fin du nucléaire asbl Einde van kernenergie Ende der Atomkraft

Le 26 avril 2019 verra la commémoration du 33e anniversaire de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Après 33 années, la situation sanitaire des habitants qui vivent dans un territoire grand comme 5 fois la Belgique continue de se dégrader du fait de la contamination radioactive : plus de 80 % des enfants qui y vivent sont en mauvaise santé, contre moins de 20 % avant l’accident. Cette déclaration de Raisa Misura, pédiatre et directrice de l’hôpital central de Stoline, à 240 km au nord-ouest de Tchernobyl, ne surprend donc pas : « 84 % des femmes enceintes ont une pathologie. C’est pourquoi la naissance d’un enfant en parfaite santé est un évènement rare » (bulletin de janvier 2008 du bureau biélorusse de l’ONU).

En Belgique, tout va bien. pour l’instant : avec deux réacteurs dont les cuves présentent des milliers de fissures et trois autres ayant plus de 40 ans de fonctionnement, la probabilité d’un accident majeur, comme à Tchernobyl et Fukushima, est loin d’être négligeable. Plus un réacteur atomique est vieux, plus il est dangereux.

Aussi l’ASBLFin du nucléaire, le RAN et Bouli Lanners vous invitent à participer à la manifestation antinucléaire du vendredi 26 avril à 16 h à Bruxelles. Ci-dessous et sur le sitewww.findunucleaire.be, vous trouverez les informations pratiques et l’adresse de l’évènement Facebook. Vous y trouverez aussi un argumentaire à propos du risque inacceptable que nous fait courir la filière nucléaire qui, en plus de produire des déchets hautement radioactifs et quasi éternels dont on ne sait que faire, génère aussi des gaz à effet de serre en quantité.

Cordialement,
le comité de coordination de
Fin du nucléaire

Fin du nucléaire asbl, rue de la Charrette 141, 4130 Esneux
www.findunucleaire.be – info@findunucleaire.be– 04.277.06.61

 ___
Extrait de l’annonce à l’agenda du site web de Fin du nucléaire (www.findunucleaire.be/26042019.htm) :

Vendredi 26 avril 2019, 16 h, Bruxelles

Manifestation pour la fermeture immédiate des 5 réacteurs belges les plus dangereux
À la date anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl du 26 avril 1986.
Une action similaire sera menée simultanément à Cologne.

Horaire

  • 15 h : rassemblement à la gare du Nord (côté boulevard Simon Bolivar – voir ce plan d’accès).

  • 16 h : début de la manifestation.

  • Vers 17 h : fin de la manifestation.

Déroulement

Vers 16 h, les manifestants se rendront devant le siège d’Engie-Electrabel situé à 400 m de la gare.

À la fin de la manifestation, toutes les personnes présentes seront invitées à se coucher par terre pendant 1 minute pour évoquer les conséquences d’un accident nucléaire grave ; le début et la fin de cette action finale seront signalés par sirène et mégaphone.

Pas de discours prévu en fin de manifestation. N’oubliez pas vos pancartes et calicots pour montrer nos exigences à Engie et au pouvoir politique, ni de prévoir ce qu’il faut pour se coucher par terre.

Argumentaire:

Promotion

Si possible, imprimer les tracts et affiches en noir et blanc sur du papier jaune intense. Si vous habitez en région liégeoise, les tracts et affiches sont disponibles à Barricade, rue Pierreuse 19, 4000 Liège (du lundi au vendredi, de 12h30 à 18h30, et le samedi, de 13h30 à 18h30).

Soutien

Écrivez-noussi vous pouvez aider concrètement à l’organisation de la manifestation (avant et/ou le jour même).

Merci de relayer vers la (les) association(s) dont vous êtes membre.

Organisation: Fin du nucléaire asbl, RAN et Aachener Aktionsbündnis gegen Atomenergie.

NUCLÉAIRE ET CLIMAT

Le fonctionnement d’un réacteur lui-même ne génère que peu de gaz à effet de serre (GES). Mais la filière nucléaire comporte de nombreuses autres étapes qui toutes nécessitent beaucoup d’énergie d’origine fossile et donc émettent des GES, principalement : extraction du minerai, broyage, raffinage, enrichissement de l’uranium, construction et démantèlement des centrales, conditionnement et stockage des déchets.

Le nucléaire génère environ 8 fois plus de GES que l’éolien par unité d’énergie produite. C’est là une affirmation étayée, alors même que pour plusieurs étapes du cycle de vie du nucléaire, les données ne sont pas disponibles ou sont très incertaines : enrichissement, démantèlement et gestion des déchets pendant plus de cent-mille ans. Pour l’enrichissement de l’uranium, l’industrie nucléaire mondiale consomme annuellement 150 000 tonnes de fluor et de chlore sous des formes diverses, qui peuvent constituer des GES dont le potentiel de réchauffement est beaucoup plus grand que celui du gaz carbonique (CO2). Que deviennent-ils ? Quelle proportion est relâchée dans l’atmosphère ? Il n’existe pas de données accessibles pour répondre à ces questions.

Un seul réacteur de 1 GW nécessite annuellement l’extraction d’environ 200 000 tonnes de minerai*, une quantité qui est appelée à augmenter, le minerai exploité étant de moins en moins concentré. Les étapes d’extraction, broyage et raffinage produiront donc de plus en plus de GES. Dans quelques décennies, la quantité de GES émise par kWh nucléaire dépassera le niveau du kWh fossile.

__
* Auquel il convient d’ajouter les « roches stériles », c’est-à-dire les roches extraites mais non traitées, car présentant des taux d’uranium trop faibles pour l’exploitation industrielle. Ce qui donne 800 000 tonnes supplémentaires, soit un total annuel de 1 million de tonnes de roche extraites par GW nucléaire, du moins en se basant sur les données de l’exploitation des mines d’uranium en France (source : IRSN).

Pour aller plus loin : Climate change and nuclear power, Jan Willem Storm van Leeuwen, 2017, 85 pages.

L’énergie nucléaire est-elle une bonne solution pour lutter contre le réchauffement climatique ?

Accéder au sondage du POINT

Sondage aberrant et même peut-être bidon. Sabine

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Sondage ambigu, digne de l’hebdo qui le publie. Bien évidemment que le nucléaire n’émet que très peu de gaz à effets de serre… mais il est hautement radioactif et produit des déchets que personne ne sait recycler et ne sait s’ils pourront être recyclés un jour. Si dans le texte qui accompagne le sondage, s’il y a un texte, ils indiquent uniquement le peu de production de gaz, nombre de gens tomberont dans le piège s’ils n’ont aucune info supplémentaire sur les questions de contamination des zones irradiées après un accident, sur les victimes que l’atome provoque sur le long terme, sur la gestion des tonnes de déchets produits chaque année, sur le gouffre financier que sont ces centrales… et j’en oublie certainement. Jean Michel

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Bonjour Alain , et amis écologistes dans le cœur, l’esprit et la main…
J’ai appelé le point. Je vous livre partie de ce que je leur dis, et que vous savez peut-être déjà…  : Je verrai s’il faut aller sur leur compte fbk… j’espère avoir le temps.

Ce sondage n’a aucune valeur scientifique, ne peut que donner une idée de la prise, dans l’opinion publique, de la doxa scientiste, ou, si elle est erronée, de l’importance de l’effort pédagogique à fournir pour en sortir.

Puisque le nucléaire prétend sauver le climat, en focalisant l’attention sur le rôle des émissions carbonées dans l’effet de serre, voyons qui participe à l’effet de serre ?

L’eau dans l’air, est responsable de 70% de l’effet de serre, 55% pour la part radiative, #15% pour la part thermodynamique, ce qui ne laisse plus que 30% pour les émissions carbonées.
Tout rejet thermiquedans la troposphère provoque une augmentation de sa température, qui provoque une augmentation de la quantité d’eaudans l’air, qui s’ajoute aux émissions carbonées, et c’est l’ensemble ( GES + Eau) qui, étant en augmentation, augmente l’effet de serre.

La durée de vie moyenne de l’eau dans l’air n’est peut être que de 2 semaines, mais la persistancedu niveau plus élevé de la température globale, validée par les COP, obéit à des lois physiques élémentaires, ( couple thermo hygrométrique de l’air ), qui font que la quantité moyenne globale d’ eau dans l’atmosphère aura toutes les chances d’être plus élevée, et cette eau interagit à la fois sur le rayonnement solaire incident et sur l’irradiation naturelle émise par la Terre.

Partant d’une moyenne globale terrestre évaluée à 5 g d’eau par kg d’air à 15°C, température globale moyenne de la troposphère, si l’on suit le couple thermo hygrométrique de l’air, une augmentation de 1°Cde cette température globale peut provoquer une augmentation globale de 0.8 g d’eau par kg d’air, soit une augmentation de 16 % de la quantité globale d’eaudissoute dans la troposphère terrestre, donc une augmentation de 16% de l’effet de serre.
A titre de comparaison, on est passé de 350 à 400 ppm de CO2, ce qui fait une augmentation de 14% du CO2.
Cette évaluation justifie la nécessité de la prise en compte de l’eau d’origine anthropiquedans les gaz à effet de serre.

Comme toute centrale qui convertit la chaleur en électricité, si l’on prend les données élogieuses de l’ EPR, pour 1.6 GW de puissance électrique produite, il rejette 6 GW d’énergie thermique, ( et accessoirement produit 2GW d’énergie nucléaire dont il faut se protéger jusqu’à décroissance sur des durées qui posent un problème de sécurité et d’éthique graves).
Le rapport Energie thermique sur énergie injectée sur le réseau est donc dans le meilleur des cas, de 6 / 1.6 = 3.75.
Le nucléaire qui se prévaut de produire 74% de l’énergie électrique nationale, ne représente que 24 % de l’énergie livrée aux utilisateurs finaux.
En fait cette filière énergétique consomme près de 68% de sa propre énergie, sans compter le retraitement des déchets et les démantèlements. Le ratio Energie thermique rejetée sur énergie livrée aux utilisateurs finaux est donc au moins de # 12, soit 4 fois moins bon que les centrales thermiques classiques…

La lutte contre le réchauffement global de la biosphère, nécessite donc de :
CESSER  d’ IMPORTER de l’ ENERGIE dans la BIOSPHERE, donc :
=>  de sortir du carbone fossile,
=>  de sortir du nucléaire, pour plein d’autres bonnes raisons,
=>  de ne pas avoir recours à l’énergie géothermique,
=>  si l’on a recours au solaire, il faut qu’il soit :
+ albédo compensé, et plutôt thermique, car 2 à 3 fois plus puissant, plus simple, plus rustique, plus facilement stockable que l’électricité du photovoltaïque.
+ avec des panneaux relevable, pour servir lorsqu’on en a le pluS besoin, c’est-à-dire en hiver, et pour faciliter leur entretien, les protéger de la grêle par exemple…

REDUIRE nos EMISSIONS de GESde manière significative, particulièrement le METHANE issu de l’ ELEVAGE.
Si l’on part des bilans carbones, et qu’on y applique les PRG à t réel des GES, le méthane est plus climaticide que le CO2.
Dans le 4ème rapport du GIEC, l’élevage était plus climaticide que le transport, hors :
– on consomme autant d’énergie pour les transports,
– on consomme presque toujours autant de viande ( hélas ),
– les PRG du méthane ont été revus à la hausse, et on ne parle plus de ce problème…
Conclusion sur ce problème d’élevage :
Les conservatismes culturels, socioéconomiques et les politiques ne font pas preuve ni de Sagesse, ni d’ éthique.
Quand on sait que ne plus manger de viande nous affranchit des rendements biologiques des espèces intermédiaires de la chaine alimentaire, a pour conséquence de décupler les rendements surfaciques alimentaires, libérer de l’espace à la biodiversité, aux ressources biomasse, mais aussi aux forêts, donc aux puits de carbone, amorçant le cercle vertueux de lutte contre la réchauffement…
Cela permet en plus d’avoir un autre rapport au vivant, plus respectueux, plus humble. C’est un défit gastronomique sympa, c’est meilleur pour la santé, et c’est bon pour notre Conscience… L’espèce humaine doit évoluer, ou disparaître. Alors qu’attend on pour évoluer ?

– nous tourner vers des ENERGIES PRIMAIRES NON CLIMATICIDES, c’est à dire :
=> Eolien et Hydraulique.La solution des stations de pompage – turbinage permet de stocker l’énergie, de l’utiliser de manière très souple, de constituer des stocks d’eau vivrière, qui permettront de faire face aux périodes de sécheresse à venir.
Cette solution est applicable du niveau territorial au niveau domestique.
Pour développer cette solution à l’ échelle humaine, en limitant les bouleversements écologiques et les risques, il faut maintenir le parc des barrages dans le bien commun, et conserver la trace de l’existence des petits cours d’eau. La politique en place a fait l’inverse…

=> Biomassedans la mesure de ce que la Nature POURRA régénérer dans un contexte qui va inéluctablement se dégrader.

La sobriété énergétique est une nécessité vitale.
Tableau tiré de données wiki

Plus tôt nous commencerons, moins dramatique seront les conséquences, pour le Vivant, pour notre espèce, pour notre CONSCIENCE.
Daniel

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64 % ont répondu oui !!! Les gens n’ont-ils plus de cervelle ???? Je suis vraiment écoeurée…. Ghyslaine

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On a du retard pour remonter la pente et donc merci d’avoir fait cette diffusion que j’avais vue passer quand Bernard Laponche s’en est préoccupé.J’ai diffusé aussi avec ce message :

Utiliser un critère tiré par les cheveux via la “faible” production du CO2 pour dire que le nucléaire est une aide pour le climat est questionné ici. Au fur et à mesure de l’épuisement des mines la baisse de la qualité des minerais d’uranium fait que l’on anticipe un nucléaire source de CO2 comparable à celle du gaz en 2040. Associé avec tous les dangers et les déchets ingérables qu’il produit, avec un prix qui dépasse de très loin celui des autres sources, il est temps de prononcer la fin de l’expérience électro-nucléaire de l’humanité.
J’ai dit NON à ce sondage du Point.etc…… Amitiés   Hubert

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Je suis ahurie par le ombre de personnes qui ont répondu oui …..Amicalement  Marie

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Merci de nous avoir indiqué la bonne réponse, on aurait pu se tromper 😀
C’est fait sans blague: merci pour ton travail.
Gerlind
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pour être aberrant, c’est aberrant… et le taux de oui l’est encore plus !!!

cela doit faire partie de la campagne de green washing :
Bonne soirée Laurence
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Bonjour Alain
Je reste stupéfaite de ce sondage et de son résultat !! Comment peut-il y avoir autant de gens pour dire oui à cette question ?
On voit bien toute l’efficacité des mensonges de EDF et Engie and C°. Quel désastre !!!!
Bien amicalement. FAbienne
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Il faut dénoncer ce sondage, avec une question aussi mal posée !!%£
Cordialement Lionel
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Bonjour à tous Oui il faut voter mais c’est déjà une tricherie : C’est typiquement le genre de sondage où aucun contrôle n’est possible sur le résultat affiché au nom du bon vouloir du détenteur du site. La seule validation possible serait la publication intégrale de la liste des emails votants avec leur vote en face. Mais comme la loi impose de cacher cette liste au nom du respect de la vie privée, cela est impossible. Trazibule

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35 000 “oui”
18 000 “non” dont le mien
no comment !

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Ce sondage est une honte absolue. Pas d’argument et de problème posé, juste une question brute, idiote. Pas d’indication méthodologique, pas de garantie de chasse aux doublons. A dénoncer haut et fort comme une manipulation de l’opinion. Il est vrai que c’est à la mode en ce moment…
Françoise
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C’est fait ( directement , alertée par B.Laponche ) et transféré ;  encore plus aberrant , ce sont les commentaires des lecteurs ! s’ils sont authentiques , on est mal barrés …amitiés Anne

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’ai voté bien sûr mais vérifier si le compteur votes s’incrémente, ça s’est déjà vu des sondages bidon…

Merci de cette alerte alors qu’un « débat » sur la gestion des déchets nucléaires se prépare pour ces six prochains mois.
https://www.debatpublic.fr/plan-national-gestion-matieres-dechets-radioactifs-pngmdr

Un document de synthèse déjà orienté
Etonnamment de bonnes question en séance comité du 6 février et apparemment réponses suffisantes pour que le comité du 3 avril acte le top départ.
Idée : transmettre a tous les cyberacteurs les attentes du 6 février :
Bien activement et amicalement
Michel

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Le commentaire  expose bien  l’aberration Michel

Par Ioan Bengel le 08/04/2019 à 20:23

La question est-elle bien posée ?

Le nucléaire en France est et restera toujours source de travail, avec 58 réacteurs en activité, la France est le pays le plus équipé au monde. Beaucoup d’employés vont s’atteler au démantèlement de la première vingtaine de réacteurs qui arrivent en fin de vie.

La filière a besoin d’uranium pour fonctionner. Connaissez-vous les mines d’uranium françaises ? Avec le nucléaire nous resterons malheureusement dépendants des pays partenaires. Areva qui gère la filière nucléaire en France a acquis la mine d’UraMin au Niger pour 3 milliards d’Euros en 2007, avant de se rendre compte qu’elle est inexploitable. Le prochain scandale guette avec la mine d’Imouraren… Sauverons-nous Areva ?

La consommation d’uranium sert à produire de la chaleur que l’on transforme en électricité. Si une centrale a de grandes tours de refroidissement c’est qu’il est nécessaire de refroidir le coeur du réacteur en permanence pour éviter la surchauffe et l’accident. La température des rivière est impactée aux abords des centrales.

Le nucléaire est dangereux.Depuis le début de son utilisation, 5 réacteurs nucléaires ont connu un accident majeur. L’accident au Japon était-il prévisible ? Dans un pays aussi avancé que le Japon, il s’est pourtant produit. Aujourd’hui un douzième du Japon est contaminé, c’est autant que les Hauts de France ou que la Région PACA (30 000km²). Imaginez l’agriculture, le tourisme. En Europe Tchernobyl a causé 1 million de morts et l’espérance de vie en Ukraine a mis 22 ans à revenir à sa valeur d’avant l’accident.

Commençons par des économies d’énergie pour réussir notre transition écologique. L’isolation des bâtiments, la chasse au gaspillage et le développement d’équipements moins énergivores. Parmi les énergies renouvelables on compte non seulement les panneaux solaires, les barrages et les éoliennes, mais il y a plein d’exemples : le chauffage au bois, la combustion de biomasse, la méthanisation de nos déchets alimentaires et des surplus de productions agricoles.

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Bonjour  Alain , certes la question est très  ambiguë, car rèpondre oui peut être  interprété  comme un accord pour le développement  de l’énergie  nucléaire. Néanmoins, bien qu’étant contre le développement  de l’énergie nucléaire  force est de constater que ,dans le cadre d”un parc existant cela participe moins au réchauffement  climatique  que bien d’autres sources d’énergie. Aussi je m’abstiens de répondre à cette question qui est stupide  sauf à servir les intérêts  de l’industrie  nucléaire . Philippe

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