LA POLLU-TAXE (contribution climat)  : UN FINANCEMENT JUSTE ET ECOLOGIQUE DES MOBILITES DU QUOTIDIEN

Le rapport Spinetta sur l’avenir du rail, qui préconise notamment la suppression de nombre de dessertes, a été dénoncé par des ONG environnementales, qui soulignent que le train est “essentiel” pour combattre le réchauffement climatique.

Ne pas construire de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes est un signal positif dans la lutte contre le changement climatique, mais ça ne suffit pas, insistent des ONG qui réclament des mesures pour freiner l’expansion du trafic aérien.

Pour participer au débat actuel dans le cadre de la préparation de la loi d’orientation des mobilités nous vous proposons de reprendre la campagne menée en 2014 sur la pollu-taxe pour interpeller les députés en nous appuyant sur l’excellent rapport du Réseau Action Climat

LE TRAIN, UN ALLIÉ ESSENTIEL POUR LE CLIMAT

https://reseauactionclimat.org/train-allie-climat/

M. Spinetta a remis au gouvernement des préconisations sur la pertinence et l’avenir du train. Alors qu’il recommande de recentrer le ferroviaire sur les grandes villes, nous rappelons le rôle majeur que peut jouer un maillage dense du transport ferroviaire dans la lutte contre les changements climatiques et les fractures territoriales.

Délaissé par l’Etat ces dernières années et à nouveau menacé, ce mode de transport d’avenir mérite une politique d’amélioration et de modernisation volontariste pour se passer des modes de transports les plus polluants.

LE TRAIN, NOTRE ALLIÉ POUR LE CLIMAT

En moyenne, un déplacement en train émet au moins 10 fois moins de CO2 que le même trajet en voiture et jusqu’à 50 fois moins de CO2 que l’avion.

Un constat appuyé par l’étude SNCF/Carbone 4 : selon cette étude, un voyage en train Intercités génère environ 15 fois moins d’émissions de CO2 par passager que le même trajet en covoiturage, 5 à 15 fois moins que le même voyage en autocar et 50 fois moins que l’avion.
http://www.carbone4.com/wp-content/uploads/2017/06/Plaquette-SNCF-Intercite
́s.pdf


LE TRAIN EST MAL AU POINT EN FRANCE

Malgré le formidable potentiel du train pour la préservation de l’environnement, le train continue à perdre du terrain par rapport aux autres modes de déplacement. C’est au coeur du bilan publié par l’Arafer fin 2017 

http://www.arafer.fr/wp-content/uploads/2017/11/CP-Arafer-Bilan-ferroviaire-voyageurs.pdf

: la baisse de fréquentation affecte surtout les Intercités et dans une moindre mesure les TER. En résulte, logiquement, la suppression de certaines lignes et la dégradation de l’offre pour les voyageurs : retards, annulation…etc. Les grandes orientations du gouvernement en faveur de ce transport du quotidien et de sa régénération sont donc louables mais supposent de répondre à des besoins urgents dans un cadre budgétaire contraint. La priorité doit être de rendre opérationnelles et attractives les lignes Intercités et TER qui transportent 90% des voyageurs en France.

Alors que les Français boudent le train, le défi du gouvernement devrait consister à rendre celui-ci à nouveau attractif !

Or le  manque d’investissement dans la régénération du réseau menace de fermeture environ 9 000 km de petites lignes, comme le révélait Reporterre dans cette carte.

https://reporterre.net/Les-trains-du-quotidien-en-France-la-grande-enquete-de-Reporterre

UN FUTUR PLAN D’ENCLAVEMENT FERROVIAIRE ?

Un gâchis car la France dispose du deuxième réseau ferroviaire européen après l’Allemagne, selon SNCF Réseau. Et l’intensité d’utilisation est médiocre : selon l’ARAFER, seuls 48 trains par kilomètre passent chaque jour en France, contre 140 trains par kilomètre aux Pays-Bas, 119 en Suisse, 96 au Royaume-Uni et 75 en Allemagne.

Il est aujourd’hui donc essentiel de revitaliser et préserver le patrimoine du réseau ferroviaire français : c’est là la clef pour obtenir un train accessible et abordable, permettant dans le même temps de lutter contre la fracture territoriale.

L‘amélioration ou la renaissance des petites lignes ferroviaires en zone périurbaine et rurale et des trains Intercités de nuit en fait partie.

LE TRAIN : UN ALLIÉ POUR RÉDUIRE LES FRACTURES TERRITORIALES

Alors que le gouvernement prévoit un plan routier sur dix ans pour achever le désenclavement de la France dans la future loi sur les mobilités, il faut veiller à ce que ces travaux ne facilitent pas les déplacements en voiture dans des territoires où son utilisation est d’ores et déjà prédominante.

C’est tout particulièrement le cas dans les peu territoires peu denses, où la voiture est déjà utilisée pour les déplacements quotidiens à plus de 90%, contre 15% à Paris, 50 à 70% dans les grandes agglomérations, 75 à 85% dans les villes petites et moyennes.

Résultat, les déplacements quotidiens de ces ménages périurbains et ruraux génèrent deux fois plus de CO2 que ceux des pôles urbains qui ont plus tendance à utiliser la marche, le vélo et les transports en commun (études de l’INSEE et du SOeS).

Il est donc essentiel de préserver les rares alternatives à la voiture dans ces territoires au lieu de les supprimer.

LE GÂCHIS DES TRAINS DE NUIT
Avec une portée jusqu’à 1500 km, le train de nuit est aussi un mode de transports pertinent pour les liaisons européennes et métropolitaines de longue distance. Malheureusement la plupart des lignes ont été supprimées ces 3 dernières années en raison de leur manque de rentabilité (qui a depuis été contesté).

Alors que la France a démantelé la plupart de ses lignes, l’Autriche, à travers son entreprise public ÖBB, déploie un réseau en Europe Centrale, de Hambourg jusqu’à Rome. Cette nouvelle offre a obtenu une augmentation subite de la fréquentation et a dégagé des bénéfices dès la première année.

https://blogs.mediapart.fr/ouiautraindenuit/blog/151217/relance-des-trains-de-nuit-quelle-est-la-strategie-de-lautriche

Là où l’offre ferroviaire se modernise pour devenir attractive, elle résulte en une augmentation du nombre de voyageurs.

La menace qui pèse actuellement sur les trains risque donc très probablement de laisser la France sur le quai de la transition énergétique.

LES PRÉCONISATIONS DU RÉSEAU ACTION CLIMAT ET DE SES ASSOCIATIONS MEMBRES POUR LA FUTURE LOI SUR LES MOBILITÉS

L’offre de transport qui se décide aujourd’hui structure fortement les mobilités de demain. Elle détermine donc la capacité de la France à atteindre les objectifs de l’Accord de Paris de limiter la hausse des températures.

L’effort de planification attendu des ONG devrait se traduire dans la future loi sur les transports au moyen d’un schéma national de transports sobre en carbone et en énergie qui garantit la desserte ferroviaire de toutes les grandes et moyennes villes françaises.

Un milliard d’euros supplémentaire est nécessaire au financement de la modernisation du réseau ferré pour assurer le transport de voyageurs de manière sûre et fiable, la sécurité des voyageurs, l’augmentation des capacités de circulation avec également le doublement des voies uniques.

En matière de transports de marchandises, l’utilisation, l’exploitation et l’optimisation du réseau existant pour le transport des marchandises est indispensable avec le développement du transport combiné et les autoroutes ferroviaires.

Le volontarisme de l’Etat et des collectivités territoriales est crucial pour étoffer l’offre et les services de trains de manière qualitative et quantitative (lignes capillaires, lignes d’équilibre du territoire, lignes régionales).

Les caractéristiques d’un meilleur niveau de service concernent à la fois le prix avec les tarifications solidaires, le cadencement et l’optimisation des correspondances pour favoriser l’intermodalité mais aussi les services à bord dont le transport de vélo doit faire l’office de priorité.

DES PISTES DE FINANCEMENT JUSTES ET ÉCOLOGIQUES

Introduire une pollutaxe kilométrique sur les poids lourds pour mettre sur un pied d’égalité les différentes modes de transports et encourager le report modal.
Introduire une pollutaxe sur le kérosène sur les vols domestiques pour réduire de manière immédiate les émissions de gaz à effet de serre tout en dégageant de nouvelles ressources pour financer la modernisation du train.

SNCF: des ONG dénoncent le rapport Spinetta, au nom du climat

https://www.romandie.com/news/SNCF-des-ONG-denoncent-le-rapport-Spinetta-au-nom-du-climat/890911.rom

Voir en archives la cyberaction de 2014 : Les Français payeront l’addition pour les camions : Défendons la pollu-taxe

https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=739

Des régions se disent prêtes à expérimenter une nouvelle écotaxe

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ecotaxe-regions-se-disent-pretes-experimenter-nouvelle-1367535.html

Interpellons Barbara Pompili présidente de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire

Madame la députée, Monsieur le député,

Réfléchir aux transports de demain compatibles avec nos engagements internationaux pour le climat nécessite de revoir nos moyens de transports.
Ne pas construire de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes ou limiter la vitesse à 80 km/h sont des signaux positifs mais insuffisants.

Développer des transports du quotidien sobres en carbone et en énergie nécessite d’introduire une pollu-taxe climatique (contribution climat ) affectée au financement des régions

– sur les poids lourds pour mettre sur un pied d’égalité les différentes modes de transports et encourager le report modal.
– sur le kérosène sur les vols domestiques pour réduire de manière immédiate les émissions de gaz à effet de serre tout en dégageant de nouvelles ressources pour financer la modernisation du train.

NDDL = Notre Don Des Landes

Notre Don Des Landes : que diriez-vous d’une initiative qui dirait en gros nous créons un fond qui servira à financer l’alimentation électrique (solaire, éolien…) de la ZAD de NDDL une fois le projet d’aéroport abandonné et remplacé par un projet collectif élaboré par les opposants locaux avec le soutien du Ministère de l’Ecologie et géré par une structure ad-hoc ?  L’énergie produite serait revendue à Enercoop.

Les comités locaux NDDL se reconvertiraient en groupes locaux de Transacteurs pour faire dans chaque département une antenne du réseau économique et social des acteurs de la transition Ecologique Solidaire.

A vous lire.

Alain

PS : Comme pour le téléthon, les promesses de dons pour ce fond (qui verra le jour si les partenaires locaux sont partants) sont les bienvenus

Un plan de sortie heureux pour le conflit de Notre-Dame-des-Landes

Que faire de Notre-Dame-des-Landes dans l’hypothèse où l’État aurait renoncé au projet d’aéroport ? Des centaines d’occupants, installés pour longtemps dans le bocage, poursuivent de prometteuses innovations, révélatrices des évolutions profondes de la société française. Les auteurs de cette tribune plaident pour un règlement global et pacifique, qui transformerait ce conflit en solution d’avenir, pour le bien de tous.

Journaliste engagé pour l’écologie, Fabrice Nicolino est chroniqueur à La Croix et à Charlie Hebdo. François de Beaulieu a publié depuis 1967 une soixantaine de livres et plusieurs centaines d’articles sur le patrimoine naturel et culturel de la Bretagne et est engagé dans la protection de la nature et spécialement des landes bretonnes. Jean-Paul Besset, journaliste, a été député européen écologiste de 2009 à 2014.

Rien n’est terminé, tout peut recommencer, le pire peut encore se produire. Le texte qui suit n’envisage qu’une possibilité et une seule : l’abandon du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes par le gouvernement, au terme d’une médiation intelligente de quelques mois. Mais, même dans ce cas, il resterait à régler la redoutable question de la présence de plusieurs centaines d’occupants sur le site. Selon nous, une intervention policière, même après le renoncement à toute construction, conduirait à des affrontements graves, potentiellement meurtriers. Pour quantité de raisons, dont celle-ci : bon nombre d’occupants sont devenus paysans, éleveurs, tisserands, maçons, charpentiers. Notre-Dame-des-Landes est devenu leur pays.

Avant de développer notre proposition, il nous semble nécessaire de garder à l’esprit que la société française est en train de vivre une révolution aussi vive que rapide de ses habitudes alimentaires. La consommation de produits bio, qui n’en est qu’un aspect, a augmenté de 20 % l’an passé, et de 278 % en neuf ans. Quel secteur économique pourrait en dire autant ? Neuf Français sur dix ont acheté des produits bio en 2016. La surface agricole dédiée à la bio a grossièrement triplé depuis 2007, et la demande, loin de s’essouffler, oblige à importer massivement.

C’est un mouvement de fond, qui atteint un modèle agricole déjà en crise depuis des années pour des raisons structurelles. Il existe dans le fond culturel de la société française une aspiration massive à manger mieux et autrement. Pesticides, antibiotiques, chimie de synthèse, intensification des productions et concentration des animaux d’élevage sont des méthodes du passé.

Des millions de Français le savent ou le pressentent, et parmi eux, un nombre croissant d’agriculteurs, coincés par un système qui les aura enrichis avant de les ruiner. Il existe une base sociale capable d’entendre de nouveaux discours et de soutenir des projets audacieux. À deux conditions au moins : qu’ils soient bien entendu porteurs d’avenir et qu’ils soient aidés avec sincérité et dans la durée par la puissance publique.

Les changements de pied du pouvoir politique, si fréquents depuis une dizaine d’années, ont cristallisé un sentiment de défiance généralisé. Plus personne ne croit plus personne. Les partisans de l’aéroport restent nombreux, mais ils ont clairement perdu le leadership qu’ils croyaient durable à la suite de la consultation. Bruno Retailleau, qui aurait pu incarner politiquement cette position, surtout s’il était entré au gouvernement, a perdu la main. Il reste des intérêts épars, qui sont loin d’être tous cohérents. Mais avouons-le, cela peut encore changer.

Du côté des opposants organisés, on peut distinguer quatre forces de tailles disparates :

La structure dite Copain, qui regroupe des paysans engagés de longue date dans ce combat. Son cœur est la Confédération paysanne, qui a dans le département de Loire-Atlantique des attaches historiques. Copain dispose d’une vraie légitimité dans le monde agricole local, qui a résisté en partie au conflit.

L’Acipa, bien sûr, actrice historique, est parvenue à organiser, à fédérer un très grand nombre d’initiatives qui ont débouché sur la création de comités dans la plupart des villes importantes du pays. L’Acipa, qui jouit d’une grande considération, a toujours voulu, et c’est à noter, conserver des liens vivants, bien que parfois tendus, avec les occupants du site. Il n’est pas interdit de parler d’une dialectique avec ces derniers.

Les Naturalistes en lutte sont un groupe informel, né fin 2012 dans l’esprit de François de Beaulieu et de Fabrice Nicolino. Pendant trois ans, une centaine de naturalistes — des amateurs éclairés, des biologistes, des salariés de bureaux d’études évidemment bénévoles — ont sillonné le bocage. Cette mobilisation sans précédent dans ce secteur de l’opinion a conduit à des publications, et fait émerger une question jusque là ignorée : la nature. La défense de la biodiversité est entrée en fanfare dans la bagarre et en est devenue une sorte d’épicentre fédérateur. Où a-t-on vu 30.000 personnes défiler derrière un triton géant, sinon dans les rues de Nantes ?

Les Occupants, cela va de soi. Leur présence sur place a permis de donner au projet d’aéroport la dimension d’un vaste débat national, puis européen, et parfois mondial. Ne revenons pas sur le sujet de la violence exercée par une minorité d’entre eux, car notre but est précisément de la laisser derrière nous tous. Le fait est et demeure que les plus pragmatiques d’entre eux sont devenus d’étonnants entrepreneurs sociaux, qui entretiennent cette vaste zone humide et la protègent, tout en commençant à produire des biens agricoles de qualité, et en construisant des bâtiments en bois d’une esthétique indiscutable. Et ce n’est pas toujours le cas dans nos campagnes.

Réunion à Notre-Dame-des-Landes en novembre 2016, à l’instigation notamment de l’Acipa.

Des naturalistes à Notre-Dame-des-Landes.

Notre projet repose sur une idée fondatrice : personne ne doit partir des 2.000 hectares autrefois destinés à la construction de l’aéroport. Tel est notre changement de perspective : personne ne part. Ou plutôt, personne n’est contraint de partir, car comme on le verra, certains parmi les plus énervés du lieu partiront nécessairement, mais sur la durée.

La première question est à coup sûr celle du foncier. Que faire de la surface — 850, 1.250, 1.400 hectares ? — déjà préemptée, entre les mains pour l’heure d’Aéroport Grand Ouest-Vinci ? Cette zone peut bien entendu être remise entre les mains du système agricole dominant. Il est probable dans ce cas que, la Safer [société d’aménagement foncier et d’établissement rural] aidant, quelques propriétaires locaux trouveraient là le moyen de s’agrandir, au travers d’un mini-remembrement fait d’arasement au bulldozer de nombreux talus boisés. L’un des soubassements de la lutte contre l’aéroport — la défense intransigeante de la nature — disparaîtrait avec. Est-ce bien souhaitable ?

Il existe heureusement d’autres voies, dont certaines sont puissamment originales.

Certains imagineraient volontiers qu’on crée sur la Zad la réserve naturelle nationale justifiée par de nombreux critères européens. Cela suppose un fort investissement financier et que l’on chasse les occupants. Or, nous sommes dans une configuration toujours affirmée sur le papier mais jamais réalisée dans les faits où la population d’un lieu fait siens les objectifs de protection de la biodiversité dans la durée d’un espace naturel habité. Mieux encore, cette étonnante population le fait gratuitement.

Sur cette base, il convient donc de reprendre la question foncière moins insoluble qu’il y parait. Quand François Mitterrand s’est retrouvé face à Valéry Giscard d’Estaing pour l’élection présidentielle de 1981, il a dû composer avec un vote écolo — 5 % au premier tour pour Lalonde et Bouchardeau — et a promis l’abandon de l’extension du camp militaire du Larzac.

Vainqueur, Mitterrand tint parole, mais il restait à décider la destination de plusieurs milliers d’hectares achetés par l’État en vue de son projet. En 1985, grâce à un montage juridique astucieux, 6.300 hectares furent rétrocédés à la Société civile des terres du Larzac, sous la forme d’un bail emphytéotique de 60 ans. La terre revenait aux paysans du plateau, sous la forme étonnante d’un bien commun. Nous reviendrons sur cette dimension.

Est-il possible d’imaginer quelque chose de proche mais de différent avec les terres de l’aéroport ? Sans aucun doute. Les centaines d’hectares de zone humide bocagère sont un pur joyau écologique, presque banal en apparence, mais dont la cohérence et la richesse globales ne se retrouvent plus que rarement en France. On peut à bon droit parler d’une butte-témoin, rappel des temps où les activités humaines pactisaient avec les écosystèmes. Et c’est pour cette raison un synonyme d’espoir.

Lâcher ce territoire serait, sans jeu de mots, une défaite collective en rase campagne. Il faut imaginer, ensemble, une vision utile à l’avenir et à nous tous.

Nous pensons qu’il faut donc tenir le territoire de Notre-Dame-des-Landes pour un tout. La société et la politique l’ont transformé à jamais en y faisant apparaître des acteurs nouveaux — les occupants —, dont la plupart entretiennent des rapports de confiance avec une partie des paysans locaux, ceux de Copain notamment. Il faut leur proposer un pacte global qui tienne compte des singularités et conformations de leur collectif. Son caractère novateur devrait être assumé sous le nom de laboratoire écologique et social.

Marcel et Sylvie Thebault, paysans à Notre-Dame-des-Landes.

Rappelons qu’en France, les deux tiers des exploitations menées par des plus de 55 ans n’ont aucun successeur. Or, les chefs d’exploitation ont en moyenne 48 ans, ce qui annonce une nouvelle vague de déprise agricole au moment même où se posent de nouvelles et radicales questions sur le dérèglement climatique et l’alimentation de bientôt neuf milliards d’humains.

Le pacte consisterait bien sûr en une charte des engagements de part et d’autre. Soit l’usage de la terre en échange de conditions vérifiables, disons tous les dix ans. Et bien sûr sous la forme de communs, terme ancien revenu à la mode, qui renvoie ici au mode de gestion traditionnel du million d’hectares de landes qui couvraient la Bretagne avant la première révolution agricole. N’entrons pas dans les détails : il s’agit pour une communauté de définir un mode de gestion de biens, naturels ou non, dans le but de les gérer et de les conserver au mieux. On pourrait voir dans ces constructions sans appropriation individuelle une élucubration, mais signalons, parmi tant d’autres, les travaux d’Elinor Ostrom et Oliver Williamson, qui leur ont valu le prix Nobel d’économie en 2009. Elinor Ostrom ouvre grandes les portes d’un avenir où la décision collective des communautés deviendrait, au travers des communs, le centre de l’activité économique.

Oui, on peut imaginer sur place une bouillonnante expérience dans laquelle les occupants tiendraient toute leur place. Y compris ceux qui — minoritaires selon nous — ne rêvent que d’affrontements avec la police ? Non, sans eux. Un projet de cette sorte fixerait la population qui pratique déjà quantité d’activités durables, et découragerait peu à peu ceux qui n’auraient plus l’occasion d’en découdre en se réclamant d’une cause qui aurait définitivement changé. En somme et en résumé, la Zad deviendrait une terre pacifiée et constructive.

Comme on s’en doute, cela ne saurait suffire à régler la situation, car la réputation des occupants est, dans la région épouvantable. Et c’est à ce point de l’histoire qu’il faut se montrer encore plus grand, en commençant par un vaste travail de pédagogie assistée. Auprès de qui ? Mais des paysans, évidemment ! Fixons pour commencer deux points fondamentaux. Un, il existe déjà une frange importante de paysans sympathisants ou membres de Copain, qui doivent être invités au premier rang, en coopération avec le syndicat minoritaire de la Confédération paysanne, très présent. Deux, le syndicat majoritaire — la FDSEA 44 — a plusieurs fois pris position contre l’aéroport, notamment au regard des terres agricoles sacrifiées.

Mais cela ne suffira pas encore, en toute hypothèse. Il faut proposer un accord qui inclue tous les paysans volontaires de la zone — et même de sa périphérie —, quel que soit leur profil. Nous devons parler à tous en leur promettant ceci : un engagement solennel sur 25 ans, signé et contresigné, qui leur offre un statut expérimental généreux, en échange de la participation, fût-elle symbolique — nous souhaitons au passage désarmer les plus acharnés — à l’aventure commune. En deux mots, il s’agirait de rejoindre le mouvement réel de la société, qui réclame toujours plus des productions de qualité, sans chimie ni maltraitance animale, et du même coup garantisse la pérennité des exploitations et la considération de tous.

Inutile de dire que l’opération, complexe et incertaine, serait de vérité sur l’état de la France. Ce pays est-il capable d’une sorte de « paix des braves » à Notre-Dame-des-Landes entre ceux qui défendent le système ancien de production agricole et les autres ? Cette phase, périlleuse entre toutes, pourrait s’étendre sur un temps compté en mois, pendant lequel quantité de spécialistes du sol — les Bourguignon —, de la terre en général — Pierre Rabhi —, des arbres — Jean-Yves Morel —, des friches — Gilles Clément — , de l’eau — Jean-Claude Pierre —, de grands cuisiniers, des paysans d’ailleurs — Via Campesina — viendraient éclairer le débat de leurs savoirs et de leurs pratiques, sous la forme de rencontres, de conférences, ce que plusieurs groupes d’occupants ont déjà engagé. Sans un considérable effort de pédagogie vivante, soyons lucides, l’idée a peu de chances d’aboutir.

Faisons maintenant une pause et résumons avant de passer au très concret. Compte tenu d’évolutions réelles de la société, de nouvelles perspectives apparaissent. Il existe dans le bocage nantais des forces disponibles, dont certaines doivent désormais se parler et se comprendre. L’intérêt bien compris d’un ministre écologiste est d’aider au renouveau sur une terre devenue malgré elle un symbole international. Mais quoi proposer publiquement, qui puisse claquer comme notre étendard à tous ?

Eh bien, les discussions que nous avons eues avec les occupants et l’Acipa nous permettent de dire qu’une cause permet de réunir la plupart des opposants à l’aéroport : la biodiversité. Et c’est d’autant plus intéressant que celle-ci, à Notre-Dame-des-Landes, nous éloigne des habituelles gesticulations médiatiques. En ce qu’elle porte sur une nature ordinaire d’une part — loin des images de baleines ou d’éléphants — et d’autre part, qu’elle est le fruit d’une longue cohabitation entre les humains au travail et quantité d’espèces végétales et animales qui ont su s’adapter à ce cadre. Toute personne considérant l’avenir du monde doit convenir que tel est l’enjeu qui domine les autres : comment cohabiter ? Comment faire en sorte que la présence des hommes ne conduise à la disparition de tout le reste ? De la réponse heureuse à cette question angoissée dépend en partie la suite de la crise écologique.

« Triturus cristatus », le triton crêté.

Donc, la biodiversité. Nous tenons là l’occasion peut-être unique de sortir des phrases convenues pour ouvrir enfin un chantier qui pourrait, par-delà tant de divergences, nous rendre collectivement fiers de l’œuvre accomplie. Sous quelle forme ? Nous proposons pour commencer la création d’un :

Observatoire de la biodiversité. Cet organisme neuf, ouvert aux non-professionnels, se chargerait de collecter pour tous le maximum d’éléments scientifiques sur l’évolution de la faune et de la flore du site, un site que nous souhaitons, rappelons-le, parcouru par les hommes et leurs troupeaux. D’évidence, ici plus qu’ailleurs, l’intelligence collective doit primer. Un état des lieux serait régulièrement réalisé, numérisé, disponible partout dans le monde. Ce bilan, répété sur des années, servirait de fil conducteur à une réflexion transdisciplinaire et permanente sur les liens entre l’homme et la nature simple où il vit et travaille. Décliné sous une infinité de formes — vidéo, livres et livrets, conférences et entretiens, classes vertes —, il pourrait servir de base à une revivification de tout l’enseignement de ce qu’on n’appelle plus les sciences naturelles dans l’enseignement secondaire.

Il faut également envisager le lancement d’un :
Centre international de l’agroécologie, adossé à l’université de Nantes. Notre pays manque cruellement d’une formation de haut niveau, universitaire, qui rende compte de pratiques de plus en plus répandues, et qui permettend’en tirer tous les enseignements, tout en fournissant une formation théorique digne de ce nom. Il est invraisemblable que l’Université française soit à ce point absente de ce grand questionnement. Notons que c’est tout à côté de Notre-Dame-des-Landes, à Granjouan-en-Nozais, qu’a été créée en 1830 la première école d’agriculture de tout l’Ouest.

Pourquoi pas un Centre de recherche sur l’écoconstruction ? Une telle initiative, outre qu’elle permettrait sans doute d’intégrer sur place des occupants très inventifs — et bien d’autres de la région, jeunes ou moins jeunes — serait un encouragement institutionnel à tous ceux qui veulent habiter d’une manière plus raisonnable l’espace qui est le leur.

En complément, et en cohérence, imaginons :

Un centre international de l’alimentation et des productions alimentaires, ouverte aux étudiants du monde entier. L’avenir — faut-il le rappeler ? — est avant tout autre chose alimentaire.

Encore deux projets, qui complètent les précédents :

Un festival international du goût et de l’alimentation, dans le droit fil du Salone del Gusto, de Carlo Petrini. Nantes, le pays nantais et bien sûr Notre-Dame-des-Landes pourraient accueillir un rendez-vous bisannuel de toutes les saveurs, senteurs et productions du monde. Depuis le café sauvage de la forêt d’Harenna (Éthiopie) jusqu’à l’oignon violet de Zalla (Espagne) et le piment serrano de Tlaola (Mexique), passant par le sel de Baleno (Afrique du Sud) ou encore le cumin d’Alnif (Maroc).

Une bibliothèque de l’écologie, de l’agriculture, de la nourriture, avec un prolongement numérique accessible à tous. Quand donc la France acceptera -t-elle efin de jouer un rôle moteur dans la diffusion de connaissances aussi décisives ? On peut, on doit viser 100.000 volumes en dix ans. En attendant mieux. C’est, bien sûr, le prolongement de la belle initiative de la bibliothèque du Taslu créée sur la Zad.

Et tout cela ne serait rien encore si les futurs habitants du merveilleux bocage de Notre-Dame-des-Landes ne disposaient d’un label conforme à la qualité de leur terre et de leurs pratiques respectueuses. Oui, il est concevable — mais des conditions strictes sont à réunir — d’imaginer d’ici quelques années un label de qualité pour les productions locales. Pour les miels, les laits et fromages, les viandes, les pains, les charpentes. Un tel renversement, de nature économique, serait une manière presque parfaite de tourner la page de dix ans de tensions et d’affrontements. Tel serait pour nous le meilleur moyen de garantir l’avenir d’un bocage qui a failli disparaître.

solaire en occitanie

Pour information, action et diffusion.
Soleil du Midi est le développeur de cette « première » en feu Midi-Pyrénées. Il vient juste après la récente mise en service de celui de Luc-sur-Aude, premier parc solaire citoyen de France !
—> C’est surtout une excellente occasion pour devenir client ENERCOOP (même pour ceux qui n’habitent pas en Occitanie !)
Durables amitiés
————————————————————-
Benoit PRADERIE / SDM / 06 7903 6250
116 Gde. Rue St.Michel, 31400 Toulouse
100% électricité renouvelable avec Enercoop

Mesdames, Messieurs,

Nous tenons à vous remercier pour votre venue lors de la réunion publique d’information du 25 novembre dernier à Auterrive, commune qui verra l’installation du premier parc solaire d’Enercoop Midi-Pyrénées.
Nous avons apprécié l’accueil chaleureux qui nous a été réservé, et été touchés de votre intérêt à toutes et à tous pour ce projet de production d’énergies renouvelables local et citoyen. La présence d’élu-e-s, de divers acteurs locaux et de sociétaires de la coopérative prouve que le circuit court de l’énergie a de l’avenir devant lui !

Pour information, à ce jour nous avons reçu plus de de 80
000 € fléchés vers les projets de production de la coopérative. Nous avons pour objectif de lever 300 000 € pour auto-financer notre premier investissement sans faire appel aux mécanismes de soutien public. Ensemble, produisons l’énergie que nous consommons, de manière coopérative, locale et non spéculative. Vous pouvez retrouver sur cette page les caractéristiques du parc solaire d’Auterrive et plus généralement sur le développement de moyens de production de notre coopérative. Si vous n’êtes pas encore sociétaire et souhaitez le devenir, vous trouverez ici les informations nécessaires.

Nous souhaitons inaugurer notre premier parc solaire lors de la prochaine Assemblée Générale : nous vous donnons d’ores et déjà rendez-vous le 5 mai 2018 à Auterrive
!

Belle soirée,
Coopérativement,

 

L’équipe d’Enercoop Midi-Pyrénées

26-28 rue Marie Magné – 31300 Toulouse
05 32 50 04 90

Pas un euro de plus pour les énergies fossiles !

Le 12 décembre, 2 ans après l’adoption de l’Accord de Paris, la France accueillera le sommet international “Finance et climat” initié par le gourvernement d’Emmanuel Macron. A cette occasion, plusieurs ONGs, associations et acteur.trice.s de la société civile appellent à une grande mobilisation pour dire haut et fort : pas un euro de plus pour les énergies du passé !

Le compte n’y est pas : les émissions de gaz à effet de serre continuent à augmenter à un rythme soutenu, les États ne tiennent pas leurs engagements et accordent des subventions, aides au développement ou prêts à l’industrie fossile et aux promoteurs des fausses solutions, au premier rang desquels le nucléaire. Les banques et les compagnies d’assurances soutiennent elles aussi les projets destructeurs du climat.

Le REFEDD avait d’ailleurs pris position fin 2016 contre l’investissement des écoles et universités dans les énergies fossiles dans son communiqué « Libérons l’enseignements supérieur des énergies fossiles ».

Une économie destructrice

Maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C, c’est à dire une terre vivable et vivante, impose de stopper ces financements à leur source : pas un euro de plus ne doit aller vers les activités destructrices du climat. Les financements doivent être intégralement réorientés dans le soutien à la transition vers des sociétés justes et durables.

C’est pourquoi avec 350.orgAlternatiba, les Amis de la Terre FranceANV-COP21Attac FranceBizi!, la Confédération paysanne, la Coordination Eau Bien Commun France, la Coordination Eau Bien Commun Ile de France, le CRIDFrance Nature EnvironnementNotre Affaire à TousGreenpeace France, la Fondation pour la Nature et l’HommeOxfam France, le Réseau Action Climat France, le Réseau sortir du nucléaireSciences Po Zéro Fossile et l’Union Syndicale Solidaires nous préparons des mobilisations de masse, pour faire entendre nos voix.

Illustration @Roussel Victoria

LES RENDEZ-VOUS POUR DIRE « NON » AUX ÉNERGIES FOSSILES

  • Préparez la mobilisation grâce aux ateliers organisés par les associations et ONGs du mouvement :

Samedi 09/12 : 10h00 – 13h00 Atelier banderoles et pancartes

Dimanche 10/12 : 11h – 13h Atelier de préparation à l’action

Lundi 11/12 : 19h-20h30 Répétition générale

Tous les ateliers ont lieu au 23, rue du Château Landon, 75010 Paris

  • Le 10 décembre

Participez à un Tribunal des peuples qui, après les témoignages des personnes impactées, jugera la finance climaticide. Retrouvez toutes les informations sur l’événement Facebook dédié

>>> Tribunal des peuples impactés par la finance climaticide <<<

  • LE 12 DÉCEMBRE

Nous nous retrouverons au lever du soleil, pour une action de masse, dans un lieu iconique de Paris pour faire entendre haut et fort notre voix et appeler la France et la communauté internationale à passer enfin aux actes et exiger l’exemplarité de la France. Toutes les informations sur l’événement Facebook ci-dessous.

>>> Grande mobilisation : Agissons pour sortir des énergies du passé <<<

Etudiant.e.s, si vous souhaitez rejoindre la mobilisation, faites le savoir et inscrivez-vous ici ou suivez la page Facebook du mouvement pour ne rien rater des actualités. 

LYON TURIN : la sortie du tunnel par le haut, c’est le respect de la Convention Alpine.

 

  • –  Par ailleurs, la pollution des vallées alpines a des explications simples et les responsabilités sont évidentes. L’une d’elles tient à cette simple vérité : Depuis 15 ans, les vallées et les populations alpines auraient pu bénéficier d’un réel report modal de la route sur le train (ferroutage) si le projet du Lyon Turin n’était pas venu, sans cesse, décourager tous les investissements et optimisation des équipements existants ! L’Etat s’est appliqué, avec une attention remarquée, et malgré nos incessantes interpellations, à réduire le ferroutage à la portion congrue : aujourd’hui, l’« autoroute ferroviaire alpine » totalise 4 allers retours par jour entre Aiton et Orbassano….. alors que l’objectif initial était fixé par les Etats entre 20 à 30 trains par jour et par sens (accord franco italien du 29.01.2001)….et que nous pouvons même faire mieux sur la ligne existante !

    Nous disposons d’écrits des promoteurs du Lyon Turin incitant les pouvoirs publics à ne pas relancer l’Autoroute Ferroviaire Alpine au risque que cela puisse démontrer l’inutilité du Lyon Turin sur le court terme. Rien, sinon l’aveuglement technocratique, empêchent l’utilisation renforcée de la ligne existante. Il est possible de faire démarrer l’Autoroute Ferroviaire dés Ambérieu ou même Dijon en quelques mois : la ligne existante a été mise au gabarit GB1 (la norme permettant le chargement de plus de 80 % des camions !) depuis 2010. Qu’est-ce qu’on attend ? Pendant tout ce temps, nous comptons les décès prématurés liés à la pollution dramatique de l’air…

  • –  Enfin, la nouvelle ligne du Lyon Turin, si elle devait se réaliser, ne réduira pas la fréquentation des camions dans les Alpes … avant au moins 20 ans, date optimiste d’achèvement des travaux ! Or, il est impossible d’attendre encore 20 ans sans devenir complice de la mise en danger de la vie d’autrui.

    Mesdames Messieurs les Députés, votre responsabilité, au travers de votre vote ce 22 décembre, est engagée.

    Enfin, point aggravant malgré son évidence: disposer d’une ligne nouvelle n’induira aucune obligation des camions à utiliser le ferroutage. Plus qu’une nouvelle ligne ferroviaire à 26 milliards, l’urgence du Gouvernement et des Parlementaires est d’imposer des cadres réglementaires et fiscaux qui, aujourd’hui font défaut à une réelle politique de transfert modal. L’inversion des priorités ne fait qu’affaiblir plus encore le projet !

    Mesdames et Messieurs les Députés, nous nous interrogeons gravement sur l’ensemble de manipulations et d’omissions autour de ce projet qui, toujours, est poussé pour passer en force… Pourquoi faire compliqué et hors de prix lorsqu’on peut faire simple, immédiatement et pas cher? Pourquoi une telle désinformation des parlementaires au plus niveau de l’Etat ?

    Ce projet de 26 milliards est il une priorité au moment où le pays a des besoins majeurs pour rénover son infrastructure ferroviaire de base, au moment où la grande vitesse et la stratégie ferroviaire des 20 dernières années sont remises en cause? Ne vaut il pas mieux reporter ce projet, se donner le temps de mieux l’évaluer et d’étudier les solutions alternatives, de trouver les bons compromis, au bénéfice de tous….. ?

    Il suffit d’engager, immédiatement, avec nos amis italiens et espagnols, le transfert modal en améliorant les capacités de l’Autoroute Ferroviaire, en créant une Autoroute de la mer en Méditerranée (pour réduire la pression à Vintimille), en réduisant le volume des marchandises transportées et en relocalisant les économies…

    Autant d’objectifs contenus dans la Convention Alpine qu’il suffit de mettre en œuvre au lieu de prolonger la fuite en avant.

    Contacts : Alain Boulogne 06 87 71 90 56 – Marc Pascal 06 08 83 52 69 – Adresse postale du Collectif d’Association c/o CIPRA France -MNEI, 5 place Bir-Hakeim 38000 Grenoble

    CIPRA France, Environn’Mont-Blanc, FRAPNA Savoie, FRAPNA Union, Les Amis de la Terre Isère-Savoie-Haute Savoie, Association pour le Respect du Site du Mont Blanc (ARSMB), Challes terres citoyennes, Moutain Wilderness, Vivre et Agir en Maurienne (VAM)- Les Amis de la Confédération Paysanne

 

 

Du 17 au 19 février 2017, s’est réunie Chrysalide Citoyenne à Kingersheim, Haut-Rhin.

Communiqué de Presse
Ce week-end des 18 et 19 février s’est réunie à Kingersheim une assemblée de plus de 90 citoyens, appartenant à divers mouvements et collectifs en chemin vers une démocratie renouvelée. Organisé par des citoyens bénévoles et l’association Sud-Alsace Transition, cet événement a eu lieu à Kingersheim, haut-lieu de la démocratie participative depuis des années. Son maire, Jo Spiegel a ouvert les débats.
L’événement a été financé par un financement participatif
Des candidats à l’élection présidentielle ont été invités. il s’agissait de réunir ceux qui se reconnaissent dans une démarche de promotion de la démocratie réelle et du pouvoir citoyen et défendent la souveraineté du peuple, y compris au-delà des strictes échéances électorales.
Invités : M. Bourgeois, J.M. Fortané, S. Guyot, B. Hamon, Y. Jadot, A. Jardin, J. Lassalle,
J. Letailleur, C. Marchandise, J.L. Mélenchon, S. Nadot, Superchataigne, A. Waechter, R. Yade.
Etaient présents : J.M. Fortané, C. Marchandise, R. Yade, A. Waechter.

A l’issue de ce week end de travail :
Présidentielles 2017
Cette assemblée « Chrysalide Citoyenne » a abouti, entre autre, à une invitation à tous les candidats à se rencontrer et à se positionner pour une candidature unique ou pour des candidatures reliées, à l’élection présidentielle 2017.
Une rencontre est en cours d’organisation par un groupe de 5 personnes mandatées par l’ensemble des participants à Chrysalide Citoyenne. Elle se produira dans les 15 jours, et sera filmée pour une totale transparence. 3 candidats présents ont d’ores et déjà annoncé leur participation (Charlotte Marchandise, Rama Yade, Jean-Marc Fortané).
Mais aussi, pour après…
L’assemblée « Chrysalide Citoyenne » a travaillé sous forme d’ateliers participatifs, en intelligence collective, et élaboré des propositions communes et des orientations qui se développeront dans les temps à venir :
Une plateforme collaborative et des outils participatifs facilitant la communication entre les divers mouvements citoyens ; les outils numériques doivent se complémenter de rencontres physiques ;
Créer une assemblée citoyenne comme contre-pouvoir ;
Créer un réseau d’experts indépendants comme appui à tous les candidats qui iront aux élections futures ;
Lancer un appel aux maires pour apporter leur signature aux candidats à l’élection présidentielle 2017 ;
Dessiner une cartographie de nos mouvements et de nos candidats afin d’élaborer une stratégie collective ;
Mettre en place 577 chrysalides citoyennes et s’articuler aux initiatives « Jour Debout » et «Stades Citoyens» ;
Adopter la perspective des diverses élections à venir : présidentielle, législatives, européennes et municipales ;
Poursuivre des actions convergentes après les élections ;
Réécrire une nouvelle constitution ;
Dit d’une autre façon, il s’agit de créer une reliance au service d’une autre démocratie, pour une autre gouvernance qui s’appuie sur :
La notion de (biens) Communs ;
Des processus agiles et démocratiques ;
Une vision systémique ;
Sur de nouveaux indicateurs (de richesse – exit le PIB) ;
Sur la transition écologique ;
Sur une solidarité réelle ;
Et sur une vraie répartition des richesses.

Contact : Philippe KUHN 03 88 74 39 19 – 06 74 97 51 04
site :
page facebook :
Financement participatif :

Primaire Ouverte de la Transition Ecologique Solidaire pour 2017

Soutien = affichage sur ce site uniquement des soutiens aux différentes propositions

Cette initiative est différentes des pétitions et cyberactions habituelles qui sont proposées à cyberacteurs par des associations partenaires qui rédigent le contenu, définissent les délais et en font le bilan.

2007 Alliance pour la planète, 2017 silence pour la planète ?

2007 Alliance pour la planète
En 2007 l’Alliance pour la planète avait mobilisé les candidats à la présidentielle autour du pacte écologique signé par des centaines de milliers de citoyens. Celui-ci signé par les principaux candidats (dont le gagnant de la présidentielle) avait débouché sur le Grenelle de l’Environnement.
En 2009 les écologistes répartis sur deux listes (Les Verts et MEI) réalisaient près de 20% des voix
En 2011 Sarkozy aux agriculteurs: l’environnement, “ça commence à bien faire”
En 2012 l’Alliance pour la planète a été dissoute et depuis l’écologie politique a éclaté.

2017 silence pour la planète ?
Pour tenter de mettre la Transition Ecologique Solidaire au cœur de la campagne de la présidentielle nous proposons à nos cyber-amis de défendre leur solution pour ça. Nous avons donc créé cet espace POTES2017 (Primaire Ouverte de la Transition Ecologique Solidaire pour 2017) dont nous espérons que grâce à vous il deviendra le réseau social de la Transition, lieu de présentation, de soutien et de débat.

Proposez donc à votre (vos) candidat(s) d’exposer sa (leur) définition de la transition Ecologique Solidaire;
Invitez ensuite vos amis à soutenir cette ou ces candidatures;
Invitez les associations, collectifs et réseaux auxquels vous participez à utiliser cet espace, le faire connaitre
Proposez leur d’utiliser les commentaires pour faire connaître les initiatives qui vont dans le sens de la Transition;
Utilisez ce blog pour débattre.
Ensemble mettons la Transition Ecologique Solidaire au coeur de la séquence Présidentielle-Législative de 2017

Synthèse et analyse de la COP 22 (COnférence des Parties) de Marrakech -2016 –

par Alain Vandevoorde des Amis de la Terre

Quelques rappels pour situer le cadre
Lors du sommet de Paris de décembre 2015, 1er accord concernant tous les pays, les états avaient adopté l’objectif de contenir la hausse du réchauffement en dessous de 1,5° d’ici 2100, sans en préciser les objectifs d’étape, ni les moyens à mettre en oeuvre.
Aussi, les engagements de réduction volontaires des émissions de l’ensemble des pays nous mènent-ils sur une trajectoire de 3°
Par ailleurs, cet accord est non contraignant, qui permet à tout pays de sortir jusqu’à 3 ans après son entrée en vigueur.
Il était convenu de réévaluer les contributions volontaires des pays en 2025, sans qu’en soit définie la méthode
Nombre de questions posant problème ou à affiner ont été reportées aux discussions ultérieures, et notamment de la COP 22.

Synthèse COP 22
Fonds vert 1. Si le principe d’une contribution des pays riches à ce fonds vert à hauteur de 100 Milliards / an en 2020 est adopté depuis plusieurs années, il tarde à se mettre réellement en place où les pays riches continuent de venir les poches vides.
Ainsi aujourd’hui cette aide publique s’élève t-elle à 67 Milliards € et seuls 16% de ces fonds sont attribués à l’adaptation, ce qui est largement insuffisant. Le PNUE – Programme des Nations Unies pour l’Environnement – évalue ces besoins entre 140 et 300 milliards annuels d’ici à 2030.
Agriculture et sécurité alimentaire Aucun accord n’a pu avoir lieu concernant ce dossier. Le clivage oppose des partisans d’une agriculture paysanne respectueuse des sols et des populations, aux tenants d’une agriculture industrielle, chimique et aux OGM génératrice d’importantes émissions. De même des pays ne parlent que d’atténuation 2, alors que d’autres ne veulent que l’adaptation 3.
Révision des contributions La COP 21 avait chargé les COP suivantes d’instaurer un « dialogue de facilitation » afin de définir pour 2018 un cadre concret pour la mise en oeuvre de l’accord de Paris, de même devaient se discuter les méthodes de réévaluation des contributions volontaires des pays. Là encore, aucune avancée, les discussions reprendront l’an prochain
Pertes et dommages Lors de la COP 19 de Varsovie, les pays pauvres ont acquis de haute lutte la création de ce mécanisme d’indemnisation. Deux ans plus tard, il n’y a toujours aucun financement, ce mécanisme reste une coquille vide !
Une proclamation pour conjurer l’effet Trump
« Sonnée » par l’élection de Trump qui affirme ouvertement son soutien inconditionnel aux énergies fossiles, la COP s’est terminée par une proclamation solennelle réaffirmant la gravité et l’urgence de la situation, ainsi que du nécessaire engagement de tous.

Analyse et commentaires
Sortie des énergies fossiles : les lobbies font la loi !
L’exploitation des énergies fossiles depuis l’ère industrielle a fait « exploser » la teneur en CO2 de l’atmosphère. Aussi, nous ne pouvons plus exploiter que le 1/5 des ressources fossiles connues à ce jour, et faute de décroissance rapide de nos émissions d’ici 2020, le GIEC affirme que nous ne pourrons plus rester en dessous de 1,5° de réchauffement.
Et pourtant ces dernières continuent d’être largement subventionnées et soutenues du fait du poids des lobbies et de leur influence auprès des politiques. Aux USA, D.Trump vient même de nommer un climato-sceptique connu pour ses liens avec les lobbyistes à la tête de l’EPA.
Fonds vert, à votre bon coeur Messieurs, Dames
Alors que la fraude fiscale mondiale annuelle est estimée au bas mot à 1000 Milliards $, les contributions des pays riches font figure d’aumône. Pire depuis 2014, ils se déchargent sur le privé, les collectivités, ONG désormais admis depuis l’adoption du plan d’action Lima / Paris.
Facteur aggravant, aucune règle n’a été négociée à ce jour concernant ce plan d’action, ce qui ouvre la porte à toutes les dérives possibles : utilisation des OGM, plantations de forêts industrielles, accaparement des terres … Certaines entreprises multinationales l’ont bien compris, qui s’y sont engouffrées.
Situation Française
Si les négociations Onusiennes sont importantes, elles n’empêchent pas les pays d’agir, encore faut-il qu’elles en aient la volonté !’
Le nucléaire empêche toute transition énergétique
La décision par nos gouvernants de poursuivre obstinément le nucléaire, filière en très mauvais état et en faillite totale, nous coûtera des centaines de milliards.
Par voie de conséquence, la transition énergétique est une coquille vide. Ces milliards sont indispensables à la rénovation des logements, au développement des énergies renouvelables, au développement des alternatives au tout routier, à la transformation de notre agriculture …Là encore de puissants lobbies sont à l’oeuvre.
Faute de mobilisation citoyenne forte, nous risquons de connaître à la fois la peste et le choléra ; à savoir subir les effets et dégâts du réchauffement climatique, mais aussi la survenue d’un Fukushima de plus en plus probable, avec en plus des caisses financières qui auront été vidées !
Présidentielles 2017, les politiques hors sol !
Alors qu’il nous faut 1,6 planète, que la teneur en CO2 est 45% supérieure à la normale, que notre terre devient de moins en moins habitable, aucune formation politique ne parle de l’extrême gravité de la situation environnementale et de l’effondrement du vivant que confirme hélas le dernier rapport « Planète vivante du WWF » voir article de presse
Tout se passe comme si nos décideurs vivaient hors sol, dans un autre monde, en fait celui de la finance et des lobbies.
Alors que le GIEC affirme haut et fort que faute d’action rapide et radicale, « nous sommes au bord de dégâts importants, étendus et irréversibles », rien n’est proposé pour réduire drastiquement nos émissions, ni réduire notre empreinte écologique, ni sortir de la chimie particulièrement nocive pour l’environnement et le vivant.
Assos écolo : pas d’alliance pour la défense de la vie
Alors que les présidentielles permettent d’aborder nombre de sujets majeurs, et d’interpeller l’opinion et les candidats, il est consternant de voir qu’aucun front commun associatif n’existe pour la défense de la vie qui se poserait en lanceur l’alerte, pour sauver l’habitabilité de la terre et l’humanité, car c’est bien de cela qu’il s’agit.
Chacun reste dans son coin, gérant à l’ordinaire son petit pré carré, bien respectable certes, mais qui accrédite l’idée que finalement tout ne va pas si mal que ça.
Notre pouvoir est puissant et nous ne l’utilisons pas !
Et pourtant nous disposons d’atouts majeurs :
De l’argent il y en a, aussi bien en France qu’au niveau mondial.
Les alternatives existent.
Nous sommes 1 000 fois plus nombreux que ceux qui nous dirigent et manipulent, et 7 Milliards de personnes sont concernées.
L’histoire est longue des luttes sociales qu’on disait impossibles à remporter. Seules les batailles que nous n’engageons pas sont perdues d’avance.
Pour rappel, les Amis de la terre Dunkerquois tiennent chaque mois depuis 4 ans un cercle de bruit, où nous allons à la rencontre de la population, pour l’alerter de la gravité de la situation, et les inviter à se mobiliser.
Cette initiative peut paraître dérisoire, insensée. Légere, facile à mettre en oeuvre, elle peut être reproduite partout de par le monde, et sa généralisation pourrait à terme créer un raz de marée qui emporterait l’immobilisme.

1- Le fonds vert est chargé d’aider les pays en voie de développement à faire face aux changements consécutifs aux changements climatiques, mais aussi à réduire leurs émissions
2 – L’atténuation désigne la réduction des émissions de GES
3 – L’adaptation désigne les actions menées en vue de faire face aux conséquences des changements climatiques

Comment mettre la Transition Ecologique Solidaire au cœur du débat de 2017 ?

Les sept candidats à la primaire de la droite et du centre ont débattu pendant 570 minutes à la télévision et ils n’ont consacré que sept minutes de leur temps de parole à l’écologie.
Le candidat du parti Les Républicains (LR) à la présidentielle compte revenir sur la loi de Transition énergétique votée par la gauche en août 2015. François Fillon est un grand supporter du nucléaire et veut revenir sur le principe de précaution qui s’applique en cas de doute sur la dangerosité d’un projet. Nucléaire et principe de précaution ont d’ailleurs été dans le domaine de l’écologie les deux seuls points abordés lors des débats.
http://www.wedemain.fr/Sur-570-minutes-de-debat-a-la-primaire-de-droite-7-ont-ete-consacrees-a-l-ecologie-_a2320.html

Il aura fallu l’épisode d’anticyclone pour qu’on parle enfin d’écologie.

Paradoxe : alors que nous avons été précurseur sur l’idée de primaire nous ne sommes pas parvenus ni à imposer l’idée que cette primaire devait être législative et non présidentielle ni l’idée de candidature collective citoyenne pour renouveler les pratiques politiques.

Notre propos a toujours été de proposer une approche pluraliste de l’implication citoyenne pour mettre à la fois le citoyen et l’écologie au centre du débat politique à tous les niveaux.

Pour répondre à cet aspect de notre implication citoyenne, nous proposons à tous nos adhérents à jour de cotisation qui soutiennent une démarche visant à mettre la transition écologique solidaire au centre du débat politique de la séquence présidentielle-législatives de proposer cette démarche au soutien de nos abonnés. Même si nous utilisons les mêmes outils en proposant aux abonnés de signer, ce ne seront ni des pétitions ni des cyberactions juste un signe pour dire « dans le débat actuel je souscrit à cette démarche ». Chacun-e peut d’ailleurs soutenir plusieurs démarches dans la mesure où il ne s’agit pas de votes mais de contributions au débat qui peuvent éclairer les électeurs que nous sommes au moment du vote.
Notre rôle à cyberacteurs dans cette affaire c’est de créer à notre petit niveau les conditions du débat citoyen entre nous.
Chers cyber-amis, comme à d’autres moment de la vie de notre association nous vous proposons de décider si cette idée vous sied ou pas en participant à la consultation. Seule la dernière question concerne cette consultation. Les autres restent en ligne pour l’histoire de l’association et aider ceux qui ne nous suivent pas depuis longtemps à voir le cheminement.
http://www.cyberacteurs.org/sondages/index.php
Merci par avance de votre participation nécessaire pour valider ou refuser cette proposition.