Non à l’industrialisation de la pétition !

Pour prolonger notre échange téléphonique et le dialogue avec les initiateurs de l’action que nous avions envisagé ensemble il y a plus d’un mois et que tu m’avais demandé de suspendre en attendant la réaction de la FNAB, j’ai rajouté le lien vers la pétition pour offrir à nos abonnés le choix entre les deux formes d’actions.

Comparaison n’est pas raison mais nous demander de relayer la pétition sur le site d’une filiale nord américaine implantée en Espagne c’est comme si nous vous demandions de dire à vos clients d’aller acheter leurs produits bio chez Leclerc ou chez Lidl.

Le projet qui aboutit aujourd’hui à transacteurs est né dans les années 80 au cours d’une manifestation contre une super-porcherie de Gourvennec à Hanvec. Je me suis dit « aussi vite tous les manifestants seront peut-être demain chez Leclerc en train d’acheter les côtes de porc calibrées sortant des porcheries industrielles : il ne faut pas se contenter de mobiliser contre il faut donc proposer des alternatives économiques pour que les consomacteurs utilisent leur premier outil de transformation de la société, leur porte-monnaie. »

Cohérence entre la forme et le fond ?

Or change est dans notre créneau de la mobilisation citoyenne, l’équivalent pour vous de l’agriculture industrielle contre laquelle nous nous battons ensemble. Son modèle économique consiste à revendre les adresses de ses signataires : si tu veux que ta pétition fasse du chiffre, tu débourses pour que Change l’adresse à d’autres « clients ». Nous notre démarche qui existe depuis 20 ans consiste à mettre nos outils au service de partenaires associatifs en envoyant toutes les propositions d’actions à tout notre carnet d’adresses et si nous proposons à nos partenaires de contribuer pour permettre à l’outil de continuer à fonctionner, nous ne faisons pas de la diffusion de leurs actions une question d’argent.

Quel modèle ?

De plus choisir d’aller sur la filiale espagnole dont le pays est justement un des fleurons de l’agriculture industrielle est paradoxal pour défendre le bio local. Mais nous avons tous nos contradictions.

On a toujours besoin d’un plus petit que soi

Par contre nous défendons la biodiversité associative qui demande de respecter les petits et n’est pas incompatible avec la nécessité de se regrouper pour peser et toucher un public le plus large possible. Et pour toucher un public le plus large la complémentarité des réseaux est plus pertinente que l’instauration d’un monopole dans la diffusion d’une action et dans le choix des formes. Si vous êtes contents de nous trouver pour lutter contre les pubs de Saveolou pour défendre la bio, vous ne pouvez pas nous demander de disparaître au profit d’un gros parce que vous voulez faire du chiffre car sinon vous n’aurez plus demain qu’un gros qui ne voudra plus vous défendre parce qu’il aura des plus gros à défendre.

Les deux modes d’action sont complémentaires : à la différence de la pétition où on rajoute son nom à une liste, la cyberaction permet de s’adresser directement à la personne ciblée. Mais dans tous les cas nous pouvons, quand vous le souhaitez, vous remettre la liste pdf des signataires utilisable exclusivement au format papier mais qui vous permettra de totaliser les signatures obtenues par différentes méthodes.

J’espère que ces quelques arguments te permettront de convaincre tes instances supérieures que loin d’apporter de la confusion dans votre action la multiplication des apports est une force pour toucher un public le plus large possible.

Merci de vos avis et commentaires.

Alain Uguen
Fondateur et Trésorier de Cyberacteurs

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24 réflexions au sujet de « Non à l’industrialisation de la pétition ! »

  1. Je suis bien d’accord, “faire du chiffre” ne peut pas être un objectif en soi : nos pétitions doivent être ciblées pour aller là où elle doit être entendue.

  2. je ne suis plus partisan de la pétition qui abouti généralement aux paniers à papier, je pense qu’il est plus nécessaire d’agir localement au niveau des municipalités et localement, de créer des comités locaux de vigilance pour que tout le monde puisse s’exprimer et ne pas se dédouaner en signant une pétition.Il est préférable de faire une fête des voisins avec un sujet préoccupant du coin

    • les petitions je les vomi du mondialiste soviet on prend la masse on la manipules moutons esclaves sans ame sans noronne et privè de sont sens critique et de sont intelligences mixer dans un moules aux services d une causes non reelles car on en connets pas sont fond ses tenebres et n aboutisses a rien les bonnes bien sur referendum national comme le demande les gilets jaunes et moi meme

      • Quel charabia! Par pitié,vérifiez un minimum votre orthographe,utilisez la ponctuation, exprimez vous simplement au lieu de nous servir des formules toutes faites sans queues ni têtes. Je n’ai rien compris à votre commentaire qui fait suite à un exposé très clair de Alain, et à des prises de position tout aussi claires des autres commentateurs.
        Jusqu’à preuve du contraire, les pétitions sont un mode d’action qui donne des résultats. Ne serait-ce que pour soutenir les acteurs sur le terrain quand on ne peut être physiquement présent et que l’on veut soutenir une cause. Elles permettent aussi d’informer.Mais la pétition ne suffit pas, elle doit s’accompagner ou être suivie d’une action.
        Je suis d’accord avec Alain . Pas de transfert vers change.org, car il risque d’y avoir manipulation. Je fais confiance à cyberacteurs.

  3. “Mais dans tous les cas nous pouvons, quand vous le souhaitez, vous remettre la liste pdf des signataires utilisable exclusivement au format papier”

    “utilisable exclusivement au format papier” ???
    Quel est l’obstacle ?

    – – –
    Merci Alain pour cette saine et honnête réaction.

    • “utilisable exclusivement au format papier” ???
      Quel est l’obstacle ?
      Y a pas d’obstacle mais la volonté
      1 de respecter le choix des personnes qui participent à nos actions mais ne veulent pas que leurs coordonnées apparaissent sur internet.
      2 de permettre à des associations qui utilisent d’autres moyens comme pétition papier de pouvoir déposer en main propre l’ensemble des expressions même si dans le cas de la cyber action les personnes visées ont déjà reçu directement le message.
      Alain

  4. C’est sûr que le chauffage des serres est totalement incohérent et qu’il est souhaitable de manger bio, local et de saison.

    Quand à l’industrialisation de la pétition, je ne connaissais pas les pratiques de Change.org, basé de plus au Delaware… Merci Alain, merci Franck. Je me sentais, moi aussi, mal à l’aise avec eux qui proposaient de signer tout et n’importe quoi. Je me suis désabonnée, je ne signe leur pétitions qu’envoyées par des tiers lorsqu’elles me conviennent.

    Schaffhauser, les actions, les organisations locales, l’imagination au pouvoir, bien sûr, c’est constructif et c’est indispensable. Mais il est important qu’on en parle, qu’un maximum de personnes soient au courant , que tout ce qui est fait soit relayé d’une façon ou d’une autre. Nous ne pouvons pas tellement compter sur les média …
    La pétition a d’avantage pour but de dire notre désaccord, de dénoncer des pratiques, de faire des demandes, de nous compter. Les instances publiques ou privées ne peuvent ignorer des avalanches de pétitions ou de cyber@ctions. Les dictatures les plus extrêmes ne peuvent se maintenir que grâce à la complicité de notre silence.

  5. Concernant Change.org, il faut relire les déclarations de son ex directeur Benjamin des Gachons sur sa création du groupe “Decideurs” c à dire ses clients (groupes industriels, financiers, politiques, agences de com…).
    Ces clients ” decideurs” ont le droit d intervenir directement sur les commentaires des pétitions,
    Ou d’infiltrer le fil de conversation dans le sens qui leur convient comme je l ai constaté lors de l accident/drame de Millas…

  6. L’information des clients à l’entrée des grandes surfaces pour leur expliquer ce mode de culture et ses conséquences. Ceci afin de les inciter à réorienter leur consommation vers les producteurs les plus locaux possibles et surtout à consommer moins et mieux. Plutôt que de vilipender les clients des grandes surfaces, éduquons les.

  7. Pour moi , une action si minime soit elle,si elle est argumentée en vrai dialogue avec mon voisin, voilà le secret du changement….Chaque fois,j’aurais fait mon possible….et,si tous les gars et les filles du monde voulaient se donner la main….mais l’eau ,ce qu’il en restera , continue à couler sous les ponts….Créons des ponts, oui, non des mûrs….
    Pierre C…..
    Je lis plutôt Frédéric Le NOIR. Je souhaite le bonheur pour tous

  8. Celà fait longtemps que je ne signe rien de Change et que je demande à mes correspondants de ne pas me les faire suivre et leur explique ce qu’est Change. IL m’a suffit de chercher l’origine et autres infos que l’on trouve sans trop de difficultés. Info non confirmé : Ils utiliseraient le nombre de signataires pour l’ensemble de leurs pétitions pour être reconnu comme ONG permettant d’obtenir des subventions. A vérifier?
    Concernant les serres:Certains réseaux de producteurs BIO – les allemands en particulier – sont favorables en expliquant qu’ils valorisent la chaleur inutilisée des méthaniseurs dont ils sont les grands champions sans avoir réfléchis à l’impact sur le cycle du carbone pour les sols. Encore un leurre pour écolos – dont la FNE – comme ce fût le cas pour les agrocarburants. Amicalement et bravo à Alain

  9. Le chauffage des serres ne m’a jamais inspirée même lorsque cela pouvait être arrangeant pour moi. La nourriture nourrissante est celle qui est là juste à côté de nous, celle que nous voyons, celle auprès qui se pose sous notre regard, celle qui ne prend pas l’avion ou le camion. Il y a plein de ressource alimentaire méconnue et directement mis au rebus. L’heure est à l’économie de l’énergie alors le chauffage des serres…. Il y a quelques petites décénies, la serre plastique était nouvelle et proposait un surcroit de production, aujourd’hui on la chauffe et demain ?
    Je pense qu’il est temps de remettre en question la manière dont l’humain fonctionne.
    Le bonheur tant rechercher n’est sêrement pas dans cette direction ! Et si nous regardions ce qui se passe à l’intérieur de nos vies, de nos ressentis ? Comment nous parlent t-ils ceux là ?

  10. Ton amour propre est blessé, c’est normal.
    Effectivement, il aurait mieux fallu choisir Avaaz ou 350.org, car je pense que leur force de frappe est plus importante que Cyberacteurs (je dis ça sans connaître précisément la question, juste une impression, certainement la même que ceux qui ont mis en ligne la pétition), et la réussite de cette action est primordiale pour la bio : si on gagne, c’est un coup d’arrêt à l’industrialisation de la bio, et une avancée pour que la bio intègre des critères liés au changement climatique.
    Maintenant si cette impression est fausse, montre leur, je crois qu’ils seront tout contents de le faire à la prochaine.

  11. Alain, salut!
    La question mérite d’être posée. La réponse est délicate.
    Je synthétise la question : “bio” de saison au jardin ou “bio de 4 saisons” sous serres.
    On nous demandait hier (en 2013) de réfléchir à l’autonomie alimentaire de nos territoires ( Une autre Provence, un Pays au sens Pasqua-Voynet)
    Pour l’heure, mon esprit et mes connaissances, en économie européenne ou mes observations très locales, m’amène à penser que : a priori pourquoi se refuser cet apport d’énergie sous serres… comme en parlait et l’évoquait volontiers un écrivain
    local, René Barjavel, le premier enjeu pour la vie, est l’énergie.
    L’autre enjeu serait celui de la communication ou de l’information : cyber-acteurs, avec tous les autres, les portables et smartphones, vous, nous consommons 10% de l’énergie produite sur la planète. (toutes énergies confondues). Je te conseille le livre de Philippe Bihouix, Le bonheur était pour demain.
    Bonne soirée
    JP Duboc

  12. Cela m’était apparu évident qu’il ne faille pas accepter le chauffage des serres. Et puis, j’ai lu une réflexion sur chauffage des serres près de chez nous ou transport venant de loin…
    Y a-t-il suffisamment de bio en France, près de chez nous pour répondre à la demande ? Devant la pénurie (si réelle pénurie il y a, et ça, je l’ignore) vaut-il mieux chauffer des serres ou faire venir du bio de l’étranger ?
    Une autre solution serait bien sûr d’aider le bio à se développer, en France, près de chez nous. En dehors des pouvoirs publics, comment favoriser le développement du bio chacun à notre niveau ? Il y a le système des paniers, mais qui est adapté à des familles et pas trop à des personnes seules ou à un couple.
    Mais quoi d’autre ?

    • Le problème est qu’il est pas bon de manger des tomates en février : c’est mauvais au goût, et ça demande une quantité de pétrole pour les faire pousser. Si vous aviez lu le texte, vous verriez que le bilan carbone d’une tomate espagnole est bien meilleur que celui d’une tomate sous serre chauffée. Quant à considérer l’Espagne comme un pays exotique, il faut aller le dire aux gens de Biarritz ou de Perpignan.
      Est ce que c’est un effort extraordinaire de ne pas manger de tomate fraiche pendant trois mois, pour pouvoir garder la planète vivable à nos enfants ?

    • Et si tu peux pas te passer de tomate fraiche en hiver, tu pourras toujours en acheter en conventionnel, t’inquiètes pas. Personne n’est obligé de manger bio, pas plus que de produire en bio. C’est pour ça qu’il faut garder une cohérence. On critique beaucoup certains agriculteurs qui gardent leur mentalité de productiviste même après être passé en bio (comme ceux qui veulent faire pousser des tomates en hiver), mais ils ont leur pendant chez les consommateurs.

  13. Selon moi une bonne pétition est soit une pétition qui apporte une information qui passe inaperçue du plus grand nombre, soit une pétition qui impose à son destinataire de réagir (par exemple l’Initiative Citoyenne Européenne). Dans les deux cas, nous sommes bien dans le “Name and shame”. Dans le premier cas on vise un responsable, dans le second cas on vise une institution qui semble sourde aux attentes de ses mandants.

    Dans le contexte des risques climatiques, la question de l’énergie est primordiale. Je pense que le bilan carbone d’une production doit être évalué et connu.
    J’ai toutefois un doute en ce qui concerne la protection contre le gel. Par contre je n’ai pas de doute en ce qui concerne les serres chauffées entre 18 et 24 degrés me semblent une aberration

  14. Je ne signe que sur les plates-formes indépendantes basées en Europe (donc soumises au RGPD) et qui ne revendent pas de données personnelles. Et à choisir entre elles, je préfère celles qui ne revendent pas de données du tout, directement ou indirectement.
    Cyberacteurs, Avaaz, Wemove.eu et 350.org répondent à la première condition, et à ma connaissance, seul Cyberacteurs répond à la deuxième (pas de “se logger avec Facebook” ou autre qui transmette des données à des multinationales qui créent des profils d’internautes à partir de celles-ci).

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