LYON TURIN : la sortie du tunnel par le haut, c’est le respect de la Convention Alpine.

 

  • –  Par ailleurs, la pollution des vallées alpines a des explications simples et les responsabilités sont évidentes. L’une d’elles tient à cette simple vérité : Depuis 15 ans, les vallées et les populations alpines auraient pu bénéficier d’un réel report modal de la route sur le train (ferroutage) si le projet du Lyon Turin n’était pas venu, sans cesse, décourager tous les investissements et optimisation des équipements existants ! L’Etat s’est appliqué, avec une attention remarquée, et malgré nos incessantes interpellations, à réduire le ferroutage à la portion congrue : aujourd’hui, l’« autoroute ferroviaire alpine » totalise 4 allers retours par jour entre Aiton et Orbassano….. alors que l’objectif initial était fixé par les Etats entre 20 à 30 trains par jour et par sens (accord franco italien du 29.01.2001)….et que nous pouvons même faire mieux sur la ligne existante !

    Nous disposons d’écrits des promoteurs du Lyon Turin incitant les pouvoirs publics à ne pas relancer l’Autoroute Ferroviaire Alpine au risque que cela puisse démontrer l’inutilité du Lyon Turin sur le court terme. Rien, sinon l’aveuglement technocratique, empêchent l’utilisation renforcée de la ligne existante. Il est possible de faire démarrer l’Autoroute Ferroviaire dés Ambérieu ou même Dijon en quelques mois : la ligne existante a été mise au gabarit GB1 (la norme permettant le chargement de plus de 80 % des camions !) depuis 2010. Qu’est-ce qu’on attend ? Pendant tout ce temps, nous comptons les décès prématurés liés à la pollution dramatique de l’air…

  • –  Enfin, la nouvelle ligne du Lyon Turin, si elle devait se réaliser, ne réduira pas la fréquentation des camions dans les Alpes … avant au moins 20 ans, date optimiste d’achèvement des travaux ! Or, il est impossible d’attendre encore 20 ans sans devenir complice de la mise en danger de la vie d’autrui.

    Mesdames Messieurs les Députés, votre responsabilité, au travers de votre vote ce 22 décembre, est engagée.

    Enfin, point aggravant malgré son évidence: disposer d’une ligne nouvelle n’induira aucune obligation des camions à utiliser le ferroutage. Plus qu’une nouvelle ligne ferroviaire à 26 milliards, l’urgence du Gouvernement et des Parlementaires est d’imposer des cadres réglementaires et fiscaux qui, aujourd’hui font défaut à une réelle politique de transfert modal. L’inversion des priorités ne fait qu’affaiblir plus encore le projet !

    Mesdames et Messieurs les Députés, nous nous interrogeons gravement sur l’ensemble de manipulations et d’omissions autour de ce projet qui, toujours, est poussé pour passer en force… Pourquoi faire compliqué et hors de prix lorsqu’on peut faire simple, immédiatement et pas cher? Pourquoi une telle désinformation des parlementaires au plus niveau de l’Etat ?

    Ce projet de 26 milliards est il une priorité au moment où le pays a des besoins majeurs pour rénover son infrastructure ferroviaire de base, au moment où la grande vitesse et la stratégie ferroviaire des 20 dernières années sont remises en cause? Ne vaut il pas mieux reporter ce projet, se donner le temps de mieux l’évaluer et d’étudier les solutions alternatives, de trouver les bons compromis, au bénéfice de tous….. ?

    Il suffit d’engager, immédiatement, avec nos amis italiens et espagnols, le transfert modal en améliorant les capacités de l’Autoroute Ferroviaire, en créant une Autoroute de la mer en Méditerranée (pour réduire la pression à Vintimille), en réduisant le volume des marchandises transportées et en relocalisant les économies…

    Autant d’objectifs contenus dans la Convention Alpine qu’il suffit de mettre en œuvre au lieu de prolonger la fuite en avant.

    Contacts : Alain Boulogne 06 87 71 90 56 – Marc Pascal 06 08 83 52 69 – Adresse postale du Collectif d’Association c/o CIPRA France -MNEI, 5 place Bir-Hakeim 38000 Grenoble

    CIPRA France, Environn’Mont-Blanc, FRAPNA Savoie, FRAPNA Union, Les Amis de la Terre Isère-Savoie-Haute Savoie, Association pour le Respect du Site du Mont Blanc (ARSMB), Challes terres citoyennes, Moutain Wilderness, Vivre et Agir en Maurienne (VAM)- Les Amis de la Confédération Paysanne

 

 

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