Scoop : AUTOLIB’ n’est pas écologique

– Le Jury de déontologie publicitaire donne raison à l’Observatoire du nucléaire : AUTOLIB’ n’est pas écologique car l’électricité utilisée est principalement nucléaire

– La voiture électrique est aussi polluante que la voiture essence ou diesel, et délocaliser la pollution n’est en aucun cas un acte “écologique”

– il faut immédiatement annuler les aides publiques massives engagées de façon absurde en faveur des voitures électriques et des bornes de rechargement

C’est un véritable pavé dans la mare, ou plutôt dans le pare-brise de la voiture électrique. Alors même que la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, entend faire de ce véhicule un des éléments principaux de la fumeuse “transition énergétique”, le Jury de déontologie publicitaire (1), saisi par l’Observatoire du nucléaire, a publié jeudi 26 juin 2014 une décision explosive : la société Autolib’ ne peut prétendre proposer un service “écologique”, “vert” ou “propre”.

Des décisions identiques viennent d’ailleurs d’être rendues concernant les sociétés “soeurs” d’Autolib’, à savoir BlueLy à Lyon (4), et BlueCub à Bordeaux, toutes trois détenues par la multinationale Bolloré.

Se basant en particulier sur la recommandation “Développement durable” de l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), le Jury a donné raison à l’Observatoire du nucléaire qui conteste les publicités que l’on trouve sur le site web d’Autolib’. Il y est prétendu par exemple que la voiture Bluecar est “100% écologique”. Les sites de Bluely (8) et BlueCub présentent le même genre d’allégations.

L’Observatoire du nucléaire a prioritairement mis en exergue le fait que les batteries des voitures d’Autolib’ sont rechargées sur le réseau électrique ordinaire, alimenté comme chacun sait à 75% par de l’électricité nucléaire.

On peut donc véritablement parler de “voitures nucléaires” qui sont de fait co-responsables des pollutions occasionnées par l’industrie atomique : contaminations autour des mines d’uranium, rejets radioactifs et chimiques des centrales dans leur environnement, production de déchets radioactifs pour lesquels n’existe aucune solution, etc.

Par ailleurs, pour fabriquer ses batteries “lithium métal polymère”, la société Bolloré importe du lithium extrait de gisements situés dans divers pays, en particulier en Amérique du Sud, dont l’environnement est là aussi gravement pollué.

De plus, les batteries des Bluecar d’Autolib’ doivent constamment être maintenues à la température de 80°, ce qui entraîne une forte consommation d’électricité même lorsque les batteries sont pleines. Enfin, ces batteries semblent avoir une fâcheuse tendance à exploser et causer de dangereux incendies, même si ces derniers sont opportunément attribués à l’ “insécurité”

Certes, la voiture électrique ne pollue pas au moment précis où elle circule, mais elle pollue avant et après, et surtout elle délocalise la pollution. La voiture électrique permet finalement à des urbains privilégiés de rouler prétendument “propre” au détriment de populations éloignées, et qui plus est en faisant en France le jeu de l’industrie nucléaire.

La totale remise en cause du caractère “écologique ” de la voiture électrique est assurément l’occasion de dénoncer la fuite en avant du gouvernement et de nombreuses collectivités territoriales sur ce dossier : c’est à qui offrira le plus d’argent public pour doper les achats de voitures électriques – le bonus prétendument “écologique” d’état pouvant se cumuler avec des aides régionales et dépasser ainsi les 11 000 euros (11) – ou l’installation partout en France de bornes de rechargement.

On s’étonnera aussi du fait que l’espace public urbain soit massivement mis à la disposition de la multinationale Bolloré, qui fait donc “main basse sur la ville”, comme c’est déjà le cas à Paris (Autolib’), Bordeaux (BlueCub) ou Lyon (BlueLy), avec la surprenante bénédiction d’élus comme Mme Hidalgo ou MM Collomb et Juppé.

Rien ne peut justifier le développement de la voiture électrique alors qu’il s’agit finalement de remplacer des voitures polluantes. par d’autres voitures polluantes. Les vraies solutions sont pourtant connues de longue date : n’utiliser de véhicule à moteur que lorsqu’on ne peut absolument pas faire autrement, développer et prioriser les déplacements collectifs (transports en commun, co-voiturage, etc).

Et par ailleurs stopper au plus vite l’industrie nucléaire, avant qu’une catastrophe comme Fukushima ne se produise, au lieu de tenter de la maintenir en vie par un subterfuge aussi grossier que la voiture électrique.

NB – Areva veut faire disparaître l’Observatoire du nucléaire

Dans un autre dossier, l’Observatoire du nucléaire est poursuivi en justice par la multinationale Areva qu’elle a accusé d’avoir cherché à influer les décisions des autorités du Niger pour continuer à s’accaparer à bas prix l’uranium de ce pays. Est en particulier en cause un curieux “don” de 35 millions d’euros qui aurait été directement affecté à l’achat d’un nouvel avion pour le Président du Niger. un ancien cadre d’Areva. Condamné en première instance, par le biais d’un jugement entaché fautes grossières ( http://observ.nucleaire.free.fr/jugement-entache-fautes.htm ), l’Observatoire du nucléaire a fait appel. Areva exige de lourdes pénalités financières qui, de toute évidence, ont pour unique but d’obtenir la disparition de l’association. Le procès est fixé au mercredi 19 novembre 2014 à 14h à la Cour d’appel de Paris. Un rassemblement de soutien est organisé à 13h devant le tribunal, 4 boulevard du Palais (métro Cité).

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2 réflexions au sujet de « Scoop : AUTOLIB’ n’est pas écologique »

  1. Je suis à 150% d’accord avec cet article sur le fond concernant la voiture électrique. Autant si la source électrique était “durable” j’applaudirais à ce nouvel outil de mobilité urbaine, autant basée sur le nucléaire, c’est une arnaque totale ! Et une duperie grave car elle laisse croire au public que c’est une avancée quand c’est tout le contraire ! Bien sûr Areva fait tout pour occulter le vrai prix du nucléaire. Car la vérité ferait bondir l’opinion, tant cette énergie est hors de prix. Mais encore faut-il avoir le courage de faire les vrais calculs en intégrant tous les paramètres, depuis l’exploitation des mines jusqu’à la production, aux traitements des déchets, et aux lourdes charges de maintenance de centrales très fatiguées …. Sans parler du démantèlement qui ne se fera jamais car hors du possible !! Nous vivons au pays du mensonge !

  2. Enfin un article qui dit la vérité sur la voiture électrique. Depuis longtemps on veut nous faire croire que c’est LA solution “écologique” de demain alors qu’il n’en est rien et que cela va entrainer un peu plus de pollution puisqu’il faudra faire tourner les centrales nucléaires pour fournir toute cette énergie aux voitures et à quel prix ?
    Il faudrait que nos ministres notamment Ségolène Royal prennent bien conscience de cela et arrêtent aussi de nous mentir.

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