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Bilan de la cyberaction : 336 Chine - Disney se joue des droits sociaux

Une nouvelle série d’enquêtes menées dans quatre usines de Disney en Chine révèle les conditions de travail indécentes auxquelles sont soumis les milliers d’ouvriers, très majoritairement des femmes, qui fabriquent ses jouets.

Bilan de la cyberaction :

5161 participants

5161 participants ont écrit à robert.a.iger@disney.com.  

Vos courriers et e-mails ont fait mouche !
Non seulement auprès des militants de la SACOM(2), impressionnés et encouragés par le nombre de message de solidarité qu’ils ont reçus, mais aussi auprès de la multinationale Disney, qui a fi ni par réagir.

Après avoir longtemps ignoré les deman- des de notre partenaire chinois, le n°1 du divertissement a accepté d’ouvrir le dialogue et d’entendre les revendications des ouvrières qui fabriquent ses jouets. Ainsi, des formations portant sur les droits des travailleurs devraient bientôt être proposées dans les usines de Tianyu Toys et de Wai Shing Factory ; et la direction de Tianyu Toys serait en train de procéder au paiement d’un certain nombre de retenues sur salaires. Si nous nous réjouissons
de cette avancée, nous restons très prudents et rappelons à Disney que beaucoup reste à faire pour mettre en conformité les conditions de travail chez ses fournisseurs chinois avec la législation et avec son propre code de conduite. Seule une collaboration suivie et de bonne foi avec les ONG chinoises travaillant sur la question permettra d’atteindre ces objectifs.
Peuples Solidaires continue donc, dans le cadre de la campagne européenne
« C’est pas du jeu ! », à suivre le dossier Disney de très près afi n de consolider ces avancées.
(2)Association d’étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises

Présentation de la cyberaction :

Salaire indécent, absence de contrat de travail, heures supplémentaires payées en dessous des minimums légaux, pas d’équipement de sécurité adéquat, absence de sécurité sociale et de cotisation pour la retraite… C’est aux citoyens et consommateurs d’agir pour inciter la multinationale à jouer le jeu des droits de l’Homme.

Fanny Gallois Peuples Solidaires
Alain Uguen Cyber @cteurs


« On m’a obligée à travailler de nuit 3 jours de suite (…) J’ai été forcée de travailler, sans repos compensateur, jusqu’à 28 heures d’affilée. Tout ça pour seulement 1029 yuans (soit 102 euros) par mois ».


(Témoignage d’une ouvrière de l’usine Tianyu Toys.)


« En profitant de la concurrence acharnée que se livrent ces usines entre elles, en imposant des délais de commandes très courts et des prix bas, les grosses multinationales comme Disney sont responsables, elles aussi, de ces violations »


Debby Chan, représentante de la SACOM

La SACOM(1) et le China Labor Watch (CLW), deux organisations partenaires de Peuples Solidaires basées respectivement à Hong Kong et à New York, ont enquêté entre mai et octobre 2009 auprès d’usines sous-traitantes de Disney en Chine : Haowei Toys(2) (aujourd’hui Rong Gao) Tianyu Toys, Wai Shing(3) et Merton Toys(4).

Les résultats de ce travail de terrain sont sans appel : dans ces quatre usines, les violations des droits des ouvriers sont légion, et l’exploitation est la règle.

Une exploitation honteuse

Les salaires sont si bas que les ouvriers doivent faire de nombreuses heures supplémentaires pour gagner de quoi vivre. En haute saison – au moment où l’on fabrique les jouets pour Noël – ils enchaînent les journées et parfois les nuits de travail, sans jour de repos. En saison basse, les commandes chutent… et les salaires avec. De plus, des amendes arbitraires leur sont infligées.
A Tianyu, 50 yuans (5 €) sont ainsi déduits du salaire de ceux qui refusent de travailler la nuit. Il faut également déduire le prix de l’hébergement, qui s’élève à 65 yuans (6,5 €) à Wai Shing et atteint 72 yuans (7,2?€) à Tianyu Toys où jusqu’à 25 ouvriers partagent un dortoir de 25 m2. Enfin, la nourriture – que des ouvriers qualifient d’infecte – coûte 250 yuans (25 €) par mois à Merton Toy.


« Non seulement ils s’épuisent à la tâche, mais en plus, ils sont soumis à des conditions de travail dangereuses, sans protection adéquate et sans formation »

explique Debby Chan, représentante de la SACOM. En effet, à Wai Shing, les ouvriers travaillent quotidiennement au contact de produits chimiques (peintures et diluants) dont ils ne connaissent ni les noms, ni les dangers et qu’ils manipulent sans aucune protection.
Pour autant, aucun des examens médicaux prévus par la loi ne leur est proposé… Les enquêtes montrent aussi que les ouvriers sont victimes de traitements dégradants : violences verbales, insultes, humiliations… A Tianyu, ils doivent par exemple demander un laissez-passer pour aller aux toilettes.
Face à ces traitements indignes, certains ouvriers dénoncent leurs conditions et demandent des améliorations. Ainsi, à Haowei, les ouvriers se sont plaints en 2003 auprès des autorités chinoises. A Merton et Tianyu, ils sont même allés jusqu’à se mettre en grève pour réclamer des salaires décents. Mais ils n’ont pas obtenu gain de cause.

Par ailleurs, la nouvelle loi qui oblige, depuis janvier 2008, les employeurs chinois à remettre un exemplaire du contrat de travail à leurs employés n’est pas respectée. Or faute de contrat, les ouvriers ne peuvent faire valoir leurs droits ni devant leur employeur, ni en justice… Quant aux syndicats, même dans les usines qui en comptent comme Wai Shing, ils sont affiliés au syndicat du parti et leurs responsables sont le plus souvent choisis par la direction elle-même.

Mais que fait Disney ?

Face à cette situation, nos partenaires chinois se tournent vers le donneur d’ordres que ces usines ont en commun, la multinationale Disney, pour qu’elle assume sa responsabilité sociale. Son code de conduite pour les sous-traitants et les milliers d’audits qu’elle mène auprès de ses fournisseurs montrent le souci de Disney de prouver aux consommateurs qu’elle prend les choses en main. Mais d’après les enquêtes de nos partenaires, ces mesures sont largement inefficaces.
Alors que Disney avait été interpellée au sujet de l’usine Merton en 1998, le CLW constate que

«même si les conditions se sont globalement améliorées, de nombreuses violations graves persistent ».


L’usine de Tianyu avait elle aussi fait l’objet d’une première enquête de la SACOM il y a un an mais – mis à part quelques améliorations en matière notamment de temps de travail – les enquêteurs n’ont pas constaté de progrès suffisants. Et quand il y a des avancées, celles-ci restent fragiles : à Haowei, sous la pression de Peuples Solidaires et de la SACOM, Disney avait accepté de faciliter l’établissement d’un comité de travailleurs pour faire entendre la voix des ouvriers au sein de l’usine, mais ce dernier n’a pas été pérennisé.

C’est la raison pour laquelle la SACOM et le CLW en appellent aujourd’hui à la solidarité de tous pour demander à Disney de prendre enfin la mesure des lacunes de sa politique de responsabilité sociale et de la corriger afin de garantir effectivement des conditions décentes aux ouvriers qui fabriquent ses jouets.

(1) Association d’étudiants et universitaires contre la mauvaise conduite des entreprises

(2) SACOM, “Still Looking for Mickey Mouse’s Conscience”, mai 2009.

(3) Cf. Rapport de la SACOM publié par Peuples Solidaires, “Ouvriers du jouet : les derniers maillons de la chaîne”, décembre 2009

(4) Rapport ”Unhappy Holidays at Merton Toy Factory”, octobre 2009, disponible sur  www.chinalaborwatch.org..  

Nous vous à déposer des cartes dans les magasins lorsque vous faites vos courses de Noël
http://www.peuples-solidaires.org/peupsodocs/CPDJ_cartes_magasins.pdf  

et surtout, à devenir les “amis” de Monsieur Nounours, la mascotte de notre campagne
http://www.peuples-solidaires.org/monsieur-nounours-cherche-des-amis   , c’est-à-dire à exprimer leur solidarité avec les ouvrières chinoises exploitées.

Texte de la pétition :


Dear Mr Iger,


I have been informed by Peuples Solidaires of the results of the investigations led by SACOM and China Labor Watch at your suppliers Rong Gao, Tianyu Toys, Wai Shing and Merton Toy in China.

I am extremely concerned by workers' situations at these factories and urge you to

- Enable manufacturers to comply with labour laws and your code of conduct (in particular by raising order prices and allowing reasonable delivery time for all
orders);

- Rethink your audit system that failed to identify serious labor violations;
- Collaborate with NGOs in China to provide trainings on labour laws for suppliers and workers.

Sincerely yours,


 

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