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Bilan de la cyberaction : Mayenne consultation publique sur la période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau

Mise en ligne du 04/05/2020 au 20/05/2020

Le projet d’arrêté soumis à consultation du public concerne l’autorisation d’une période complémentaire de déterrage du blaireau en 2021 : « ARTICLE 3 »

Bilan de la cyberaction :

2042 participants

Présentation de la cyberaction :

La préfecture n’a pas publié de note de présentation.
http://www.mayenne.gouv.fr/content/download/39407/279085/file/Projet_AP_chasse_gibier_sédentaire_2020_2021_V4.pdf  

SUR LA FORME :

Alors que ce projet d’arrêté fixe la période d’ouverture générale de la chasse à tir du dimanche 20 septembre 2020 au dimanche 28 février 2021, la vénerie sous terre du blaireau pourra être pratiquée aussi pour une période complémentaire à partir du 15 mai 2021 jusqu’à l’ouverture générale de la chasse.

Le projet d’arrêté n’est pas accompagné d’une note de présentation. Il n’existe aucune donnée exhaustive sur le Blaireau permettant au contributeur de se positionner en fonction des documents présentés, en particulier aucun chiffrage des dégâts. Or, l’Article 7 de la Charte de l’Environnement précise que : « Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement. »
Je me permets de vous rappeler qu’au moment de la publication de l’arrêté final, l’article L 123-19-1 du code de l’environnement stipule qu’ « au plus tard à la date de la publication de la décision et pendant une durée minimale de trois mois, l’autorité administrative qui a pris la décision rend publics, par voie électronique, la synthèse des observations et propositions du public avec l’indication de celles dont il a été tenu compte, les observations et propositions déposées par voie électronique ainsi que, dans un document séparé, les motifs de la décision. » Je vous remercie donc de bien prévoir la publication d’une synthèse des avis qui vous ont été envoyés.

SUR LE FOND :

Certains départements n’autorisent plus la période complémentaire du blaireau, et notamment les départements des Alpes-de-Haute-Provence, des Hautes-Alpes, des Alpes-Maritimes, de l’Aude, des Bouches-du-Rhône (depuis 2016), de la Côte d’Or (depuis 2015), de l’Hérault (depuis 2014), du Var, du Vaucluse, des Vosges, des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne.

L’article 9 de la Convention de Berne n’autorise les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux espèces protégées qu’« à condition qu’il n’existe pas une autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas à la survie de la population concernée pour prévenir des dommages importants aux cultures, au bétail, aux forêts, aux pêcheries, aux eaux et aux autres formes de propriété ». Pour être légales, les dérogations à l’interdiction de porter atteinte aux blaireaux doivent être justifiées par trois conditions, devant être cumulativement vérifiées : la démonstration de dommages importants aux cultures notamment ; l’absence de solution alternative ; l’absence d’impact d’une telle mesure sur la survie de la population concernée. Ces trois conditions ont-elles été discutées lors de la Commission Départementale de la Chasse et de la Faune Sauvage ?
Cette pratique, appelée « vénerie sous terre », est particulièrement barbare et cruelle. Elle inflige de profondes souffrances aux animaux puisqu’elle consiste à acculer les blaireaux dans leur terrier à l’aide de chiens, puis, pendant plusieurs heures, à creuser afin de les saisir avec des pinces. Les animaux, dans un état de stress très important, sont ensuite achevés à la dague.

Lorsque la vénerie est pratiquée à partir du 15 mai, les jeunes blaireaux de l’année ne sont pas entièrement sevrés et dépendent encore des adultes. En effet, les périodes choisies pour ces abattages — tout comme les périodes complémentaires de chasse du blaireau — sont en contradiction avec l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, selon lequel « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ».

Les jeunes blaireaux ne sont absolument pas sevrés et forcément ne sont pas émancipés au moment des périodes complémentaires de chasse du blaireau comme l’a démontré l’étude « Contribution à l’étude de la reproduction des Blaireaux Eurasiens (Meles meles) et de la période de dépendance des blaireautins en France » réalisée par Virginie Boyaval, éthologue sur le blaireau : « […] au mois de mai, juin, juillet, les blaireaux juvéniles ne peuvent pas survivre sans leur mère. Ils sont sevrés à l’âge de 4 mois et commencent progressivement leur émancipation pour une durée de plusieurs mois s’étalant de 1 à 4 mois et ne peuvent donc être considérés comme étant émancipés qu’à partir de l’âge de 6 à 8 mois minimum. La destruction des blaireaux, débutant généralement à partir de la mi-mai, compromet le succès de reproduction de l’espèce. La destruction des mères allaitantes, laisse de nombreux orphelins incapables de survivre seul ». Par conséquent pour épargner la nouvelle génération, il faut prendre en considération non pas la période de sevrage mais la période de dépendance des jeunes qui va jusqu’à fin juillet ; il convient donc de préserver la vie des mères jusqu’à la fin de la période de dépendance des jeunes afin que ceux-ci puissent survivre.

La période d’allaitement des blaireautins s’étale au-delà du 15 mai, et les jeunes restent dépendants jusqu’à l’automne, ils sont donc présents dans les terriers pendant la période de déterrage. Il est donc nécessaire de prendre en considération la période dépendance des jeunes comme référence et non pas le sevrage lui-même si l’on veut respecter la survie des jeunes.

La vénerie sous terre n’est pas sans conséquences pour d’autres espèces sauvages. En effet, une fois l’opération terminée, les terriers se trouvent fortement dégradés. Or ces derniers sont régulièrement utilisés par d’autres espèces, dont certaines sont réglementairement protégées par arrêté ministériel et directive européenne, comme le Chat forestier (Felis silvestris) pour les départements concernés ou des chiroptères lorsque certaines espèces sont en phase d’hibernation pendant la période de septembre/octobre à fin avril : «Le Petit rhinolophe hiberne dans des gîtes souterrains (mines, caves, sous-sols ou même terriers de Renard ou de Blaireau)» source Atlas des Mammifères de Bretagne éd. 2015.

Le Conseil de l’Europe recommande d’interdire le déterrage : « Le creusage des terriers, à structure souvent très complexe et ancienne, a non seulement des effets néfastes pour les blaireaux, mais aussi pour diverses espèces cohabitantes, et doit être interdit. »

Il faut obligatoirement que la totalité de la période de chasse du blaireau, qu’elle soit assortie d’une période complémentaire ou non, fasse l’objet de déclaration d’intervention auprès de la DDT et d’un compte-rendu de cette intervention. La fédération doit également être capable de fournir, lors de la commission, des éléments pertinents et exhaustifs sur les bilans annuels de tirs et de déterrage et non des données approximatives qui ne permettent pas d’avoir une idée de ce que cela représente par rapport aux populations départementales. Ces éléments chiffrés doivent être rendus publics. Or, ce projet d’arrêté n’est accompagné d’aucune note de présentation pouvant justifier cette période complémentaire.

La période de tir, lorsqu’elle est autorisée jusqu’au 29 février, provoque potentiellement la mort des mères gestantes et ne doit en aucun être autorisé, en application de l’article L424.10 du Code de l’environnement visant à préserver la future génération.

À PROPOS DU BLAIREAU :

Les populations de blaireaux sont fragiles et souffrent de la disparition de leurs habitats (haies, lisières, prairies, …) et sont fortement impactées par le trafic routier.

Inscrit à l’annexe III de la Convention de Berne, le Blaireau d’Europe, Meles meles, est une espèce protégée (cf. art. 7). A titre dérogatoire, la Convention de Berne encadre strictement la pratique de la chasse et la destruction administrative de cette espèce (cf. art. 8 et 9). Le ministère de l’écologie doit soumettre « au Comité permanent un rapport biennal sur les dérogations faites ».

Aux termes de l’article L. 424-10 du Code de l’environnement, « il est interdit de détruire (…) les portées ou petits de tous mammifères dont la chasse est autorisée ». Or, l’article R424-5 du même code précise toutefois que le préfet peut autoriser l’exercice de la vénerie du blaireau pour une période complémentaire à partir du 15 mai, cet article contrevient donc au précédent.
La dynamique des populations de blaireaux est extrêmement faible (moyenne de 2,3 jeunes par an).
Cette espèce n’est jamais abondante (mortalité juvénile très importante (de l’ordre de 50% la 1ère année).

Une mortalité importante de blaireaux est liée au trafic routier.

Les opérations de vénerie peuvent affecter considérablement les effectifs de blaireaux et peuvent entraîner une disparition locale de cette espèce.

Les bilans annuels relatifs à la vénerie sous terre sont généralement très bas et ne régulent pas du tout les populations. Les collisions routières ont certainement un impact bien plus important que le déterrage. Si ces prélèvements ne permettent pas de réguler les populations (pour de quelconques raisons sanitaires ou économiques), alors pourquoi continuer d’accorder des autorisations de déterrage, si ce n’est de contenter quelques acharnés de la pratique de vénerie sous terre ?
Les dégâts que le blaireau peut occasionner dans les cultures de céréales sont peu importants et très localisés, essentiellement en lisière de forêt. Selon l’Office National de la Chasse ONC bulletin mensuel n° 104 : « Les dégâts que peut faire le blaireau dans les cultures ne sont gênants que très localement (…) Et il suffit de tendre une cordelette enduite de répulsif à 15 cm du sol pour le dissuader de goûter aux cultures humaines. »

En ce qui concerne les éventuels dégâts causés sur les digues, routes ou ouvrages hydrauliques par le creusement des terriers, la régulation du blaireau a montré son inefficacité, voire même un effet contre-productif du fait de la place libérée par l’animal éliminé qui est très vite occupée par un autre individu.

Une méthode simple et pérenne consiste à utiliser des produits répulsifs olfactifs sur les terriers posant problème, ceci accompagné de la mise à disposition à proximité de terriers artificiels. Les avantages de cette solution sont que les animaux continueront d’occuper un territoire sur le même secteur et ne permettront pas l’intrusion d’un nouveau clan. (source : LPO Alsace)

Attention, les messages que vous adressez à la préfecture doivent-être personnalisés et argumentés.

Ils doivent-être envoyés par formulaire électronique avant le 20 Mai 2020, avec comme objet « Projet AP O/F 2020 « .

AVES France
https://www.consultationspubliques.aves.asso.fr/2020/05/02/mayenne-jusquau-20-mai-2020-consultation-publique-sur-la-periode-complementaire-de-venerie-sous-terre-du-blaireau/?utm_source=mailpoet&utm_medium=email&utm_campaign=consultations-publiques-dernieres-publications_1  

Contrairement à notre partenaire, nous revendiquons que la cyber action soit prise en compte comme une façon pour chacune et chacun d'entre vous de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement conformément à l'article 7 ci-dessous

Article 7. – Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement.

La lettre qui a été envoyée :


Monsieur le Préfet
Sans donnée chiffrée vous proposez d'étendre à la quasi totalité de l'année la pratique du déterrage d'une espèce protégée chez la plupart de nos voisins européens alors que les petits très vulnérables sont encore au terrier à cette période et que l'utilisation de répulsif suffirait à dissuader de goûter aux cultures humaines.

Comme le Conseil de l'Europe et en application de l’Article 7 de la Charte de l’Environnement je demande que mon avis soit pris en compte pour l’interdiction du déterrage du blaireau, une pratique de chasse barbare et incompatible tant avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles qu' avec la sensibilité de l'opinion publique opposée à la chasse.

 

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9 commentaires

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Sans donnée chiffrée vous proposez d'étendre à la quasi totalité de l'année la pratique du déterrage d'une espèce protégée chez la plupart de nos voisins européens alors que les petits très vulnérables sont encore au terrier à cette période et que l'utilisation de répulsif suffirait à dissuader de goûter aux cultures humaines.

Comme le Conseil de l'Europe et en application de l’Article 7 de la Charte de l’Environnement je demande que mon avis soit pris en compte pour l’interdiction du déterrage du blaireau, une pratique de chasse barbare et incompatible tant avec la reconnaissance des animaux comme êtres sensibles qu' avec la sensibilité de l'opinion publique opposée à la chasse.
En quoi les vies humaines auraient plus de valeur que la vie des animaux ?????

Brigitte MAURET
Le 13/05/2020 à 17:47:22

Le blaireau est un noctambule,
Quand une voiture ne lui explose
La Carcasse, il vaque à sa chasse,
Et fait les finitions dans son terrier.
Bel édifice pour la famille en pleine forêt
Ou ailleurs. Il suffit de lui indicuer
Un autre endroit et il s'y colle,
C'est pas sorcier.


Aïchat Nussy

colette Nusbaum Vallet
Le 06/05/2020 à 20:11:31

Pendant combien de temps encore va-t-il falloir supporter la bêtise sans fond et sans vergogne de tant et tant de "décideurs" ?
À vrai dire, de toute façon, ce sont les "conso-citoyens" que nous sommes qui auront le dernier mot.
Et si rien ne change en profondeur ces prochaines années dans notre façon d'être liés aux autres et à la nature, le 21ème siècle ne sera pas… sauf pour les happy few plein aux as bien-sûr… quoi que...

Mathieu Roger
Le 05/05/2020 à 15:36:57

La terre n'appartient pas qu'à l'homme. Il serait temps d'apprendre à se conduire en être raisonnable et laisser un peu d'espace aux autres animaux.

tania bizouarn
Le 05/05/2020 à 09:06:41

Je signe, je signe, je signe... Je n'en peux plus de signer toutes ces pétitions, sur tous les fronts, on a l'impression que ça ne sert à rien, c'est sans fin, tout est toujours à recommencer... CE N'EST PLUS POSSIBLE DE CONTINUER COMME ÇA !

Et ça rejoint le reste. Tout se tient. Il faut que "quelque chose" change dans notre pays, si vous voyez ce que je veux dire. Un grand ménage de fond en comble, les culbuter !

Tiphaine
Le 04/05/2020 à 23:21:33

Stop au massacre de la nature !

Roland COMTE
Le 04/05/2020 à 21:41:07

c'est l'époque où j'observe régulièrement le blaireau
il ne gêne personne, il fait sa vie, à part se méfiait des hommes qui le dérange, il sort de son terrier, ils se nettoient mutuellement, creuse un peu pour arranger la chambre des jeunes, les jeunes s'amusent, se coursent après, puis ils vont se nourrir
mais il dérange personne le blaireau, bien sûr il faut bien que des imbéciles s'amusent à les détruire, c'est vrai que c'est très nuisible, en tous cas bien moins que les chasseurs qui se permettent se sortir braconner en période de confinement
Le blaireau doit devenir un animal protégé à 100 % comme son voisin le renard
arrêtons de massacrer la biodiversité
Brunoaydat

brunoaydat
Le 04/05/2020 à 20:31:44

Pendant combien de temps encore va-t-il falloir supporter la bêtise sans fond et sans vergogne de tant et tant de "décideurs" ?
À vrai dire, de toute façon, ce sont les "conso-citoyens" que nous sommes qui auront le dernier mot.
Et si rien ne change en profondeur ces prochaines années dans notre façon d'être liés aux autres et à la nature, le 21ème siècle ne sera pas… sauf pour les happy few plein aux as bien-sûr… quoi que...

Mathieu Roger
Le 04/05/2020 à 18:11:23

Monsieur le Préfet,

En l'absence de données chiffrées, vous proposez d'étendre à la quasi totalité de l'année la pratique du déterrage des blaireaux (une espèce protégée chez la plupart de nos voisins européens), sans tenir compte des périodes où les petits, très vulnérables, sont encore au terrier.
Le sens dominant chez le Blaireau européen est l'odorat. Lorsque la présence de "villes" (terriers) et la consommation de fruits dans les vignes et vergers posent problème, les blaireaux peuvent être éloignés en utilisant des répulsifs et la présence de chiens (l'odeur de leurs urines est aussi un excellent répulsif !).
En conséquence, si ce n'est pour l'amusement cruel d'une poignée d'irréductibles, il n'est nul besoin de prolonger la période de vénerie sous terre, pratique qu'une majorité de la population française réprouve.
Enfin, je m'étonne que de tels arrêtés puissent être mis en projet lors d'une crise sanitaire grave. N'y a-t-il rien de plus urgent à traiter pour les préfectures ?
Déconfinement, masques, sécurité de la population, lutte contre les cambriolages et le braconnage ?...

Croyez en ma vigilance sur vos décisions et recevez, Monsieur le Préfet, mes salutations citoyennes.

Frawald
Le 04/05/2020 à 13:06:35

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