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L'Agence nationale de sécurité sanitaire, de l'alimentation et de l'environnement (Anses) reçoit plus de "pressions" politiques et financières qu'avant lorsqu'elle doit évaluer la dangerosité des pesticides, selon un rapport de l'association Pollinis publié jeudi.
Cette étude inédite intitulée "Anses, l’expertise sous pression" a donné la parole aux agents de l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation et de l'environnement (Anses). Selon ce rapport, "l’agence sanitaire française est prise en étau entre sous-financement, augmentation de ses missions et offensives politiques visant à subordonner l'évaluation scientifique des pesticides aux intérêts de l’agrochimie". Pollinis évoque un contexte où les arbitrages du projet de loi de finances (PLF) 2027 "ravivent les tensions sur le financement des agences de l’État".
Les attaques se multiplient
"Loi Duplomb, loi d’urgence agricole, omnibus pesticides… Depuis deux ans l’Anses est la cible d’attaques, venues aussi bien du gouvernement que de parlementaires alliés aux lobbys des fabricants de pesticides ou de l’agro-industrie, qui entachent son indépendance scientifique", dénonce le rapport. Fondé sur "une analyse budgétaire rigoureuse" et sur les "témoignages d'agents de l’Anses", le rapport montre que l'agence "a subi une amputation de près de sept millions d’euros depuis 2024 et fait face à un modèle de financement profondément déficitaire".
Pour financer l'évaluation de la dangerosité des pesticides, la taxe versée par les industriels est insuffisante, se désole la déléguée générale de Pollinis, Julie Sohier. "La taxe qu'ils paient ne couvre pas les coûts de vérification réalisés par l'Anses par rapport au seuil de toxicité, qui sont jugés acceptables", explique-t-elle. "Ce service, qui coûte 16 millions d'euros par an, les industriels n'en financent que huit millions, donc, le contribuable paie la moitié du coût des autorisations qui leur permettent pourtant de vendre leurs produits."
Déjà 138 dérogations en 2026
Plusieurs représentants syndicaux de l'Anses témoignent dans le rapport pour alerter sur le fait que des fabricants livrent des dossiers incomplets, notamment pour les produits déjà sur le marché. Ils estiment que le but est d'obtenir une dérogation du ministère de l'Agriculture, sans avis de l'Agence, et des prolongations d'autorisation pour 120 jours qui sont de plus en plus nombreuses cette année.
"Le nombre de dérogations a explosé, on en a comptabilisé 138 et l'année n'est pas encore finie. L'année dernière, c'était 110, l'année d'avant 83", détaille Julie Sohier. "Le contournement de l'expertise de l'Agence par le ministère de l'Agriculture semble être une pratique courante" et ce "en dehors de tout regard sur les risques pour la santé et l'environnement", met-elle en garde. Pollinis appelle à renforcer le financement et les effectifs de l'Anses.
"En matière d’évaluation des pesticides, l’Anses se retrouve progressivement réduite au rang de caution scientifique pour appuyer des choix politiques taillés sur mesure pour les grands acteurs de l’agro-industrie", s'inquiète Julie Sohier. "La sécurité sanitaire a un coût. Sans moyens financiers et humains supplémentaires, l’agence ne pourra jamais inverser le rapport de force asymétrique qui l’oppose aux géants du secteur." Elle juge enfin que, dès que l'expertise de l'Anses "ralentit la mise sur le marché de pesticides, c’est l’agence que l’on presse d’accélérer et d’assouplir ses procédures, visant à réduire son arbitrage scientifique à une simple formalité administrative dictée par les intérêts de l’agro-industrie".
Plusieurs amendements ont été déposé dans le cadre du projet de loi finance 2025 pour relever le plafond de la taxe sur les autorisations de mise sur le marché : Amendement n°003688, Amendement n°001527, Amendement n° 1009, Amendement n°003223.
Cette cyberaction va envoyer un courrier électronique à premier-ministre@cab.pm.gouv.fr Avec les éléments suivants :
Sujet : Des moyens pour l'ANSES
Message : Madame, Monsieur,
Dénonçant l'insuffisance des moyens dont dispose l'agence, j'exige
+un relèvement du barème de la taxe payée par les industriels pour l'évaluation de leurs produits
+des moyens pour l'Anses de contester chaque donnée fournie par les producteurs de pesticides
+un registre national sur l'utilisation des pesticides
+le choix des laboratoires chargés de produire les dossiers d’autorisation par l'ANSES et non par ceux dont ils évaluent les produits !
Croyez en ma vigilance sur vos décisions
Vous pouvez modifier le sujet et le texte de cette cyberaction en choisissant l'option "modifier des éléments" ou "me connecter et modifier"
quelles agences échapperont à leur potentielle disparition d'ici mai 2027 ?
quelles possibilités d'être informés, de pouvoir argumenter pour éviter des conséquences désastreuses à long terme ?
Anita VILLERS 05/10/2026 - 09:53:11
Il devient de plus en plus évident que nous sommes gouvernés par des moines-soldats de l'agrochimie.
Frawald 30/09/2026 - 13:02:39
qu'est ce qui n'est pas mis en péril de nos jours, plus on montre de bon sens plus on est vilipendé
maripachats 29/09/2026 - 16:57:19
la France grand utilisateur de pesticieds à l hectare cultivé !
cancers, parkinson, pollution des eaux , alors que l on peut faire sans !
Mandrin 28/09/2026 - 18:09:04
Malheureusement, la droite et l'extrême droite garde la majorité au sénat... cela n'augure rien de bon pour la biodiversité et ses défenseurs.
Fabrice Oppenlander 28/09/2026 - 17:35:00
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quelles possibilités d'être informés, de pouvoir argumenter pour éviter des conséquences désastreuses à long terme ?
Anita VILLERS
05/10/2026 - 09:53:11