#BUGEY #EPR2
Cyberaction : Nucléaire, débats publics, dégats publics
En France, pays de l'atome roi, tout débat public à propos de l'industrie nucléaire civile et militaire est oblitéré par le « fait du prince ». Pour y résister il faut dénoncer ses mensonges. Parmi ceux-ci, il y a « la compétitivité du nucléaire ». [ 1 833 participations ]
Cyberaction mise en ligne le 29 janvier 2025
Proposée par Cyberacteurs
Elle sera envoyée à DGE
Plus d'infos
Françatomique et dégâts publics
En 1974, après le premier « choc-pétrolier », le premier ministre Pierre Messmer confirmait le lancement d’un programme de construction de 200 réacteurs nucléaires à horizon 2000. Ils devaient nous affranchir de la dépendance au pétrole et assurer l’indépendance énergétique de la France, dont la consommation électrique était supposée doubler tous les dix ans. EDF était alors en situation de quasi-monopole pour la production, le transport, la distribution et la commercialisation d’électricité en France, qu’il s’agissait de nucléariser en moins de 25 ans. Ce fut fait à l’aide de technologies états-uniennes (après quelques tergiversations c’est la technologie et la licence Westinghouse qui avaient été retenues). Mais 59 réacteurs, au lieu des 200 prévus, furent construits durant cette période (parmi ceux-ci, le seul de technologie française, Superphénix, fut arrêté 13 ans après sa mise en service suite à de nombreux incidents techniques).
Voir la suite sur le blog
https://blogs.mediapart.fr/francois-vallet/blog/030125/nucleaire-debats-publics-degats-publics-2
Résistance à la Françatomique et débat public
Du 28 janvier au 15 mai 2025, un débat public est prévu sur le projet d’EDF de construire une paire d’EPR au Bugey. Il sera organisé à la demande d’EDF par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP).
Plusieurs organisations de la région opposées au projet, mais aussi à la poursuite de l’exploitation des réacteurs nucléaires du Bugey qui ont dépassé l’âge canonique, ont participé depuis plus de 10 ans aux enquêtes publiques, débats publics, concertations en tous genres, sans être entendues jusqu’à présent. Elles ont publié des études, des lettres ouvertes, des « cahiers d’acteurs » et organisé de nombreuses réunions publiques pour faire connaître leurs analyses. Des groupes d’élus ont également manifesté leur opposition au projet d’EPR sur le site du Bugey.
Ils ont besoin d’être soutenus pour éviter que notre pays s’enfonce dans la dette et qu’à la catastrophe économique s’ajoute une nouvelle catastrophe nucléaire.
Pour plus d’informations
Coordination Stop Bugey :
https://www.stop-bugey.org/
Collectif national Arrêt du nucléaire :
http://collectif-adn.fr/#cout-du-nucleaire
Article de blog : Coût du nucléaire, prix de l’électricité, dette publique
https://blogs.mediapart.fr/francois-vallet/blog/251024/cout-du-nucleaire-prix-de-l-electricite-dette-publique
La production d’électricité nucléaire, dont le coût prétendument bas devait garantir un prix bas pour les consommateurs français, a conduit à une réduction de l’indépendance énergétique et à une augmentation de la dette publique. Tandis que la grande majorité des français en subit les déficits, c’est une petite minorité qui profite de la «manne nucléaire».
Ce sont les mêmes qui veulent la construction de nouveaux réacteurs, quel qu’en soit le coût pour les finances publiques et pour les consommateurs d’électricité. Ce sont aussi les mêmes qui voudraient les financer par un prêt à taux zéro de l’Etat à EDF, c’est-à-dire par une aggravation de la dette publique. Ils voudraient aussi utiliser l’argent des livrets A.
Personne n’en connaît d’ailleurs les coûts. Comme l’a relevé la Cour des comptes, dans son rapport de suites qui vient d’être publié, « la rentabilité prévisionnelle du programme EPR2 reste, à ce stade, inconnue, d’autant que les conditions de financement de ce programme ne sont toujours pas arrêtées ».
Dans ces conditions le débat public sur le projet d’EDF est prématuré voire même inutile car, selon la Cour des comptes, « L’accumulation de risques et de contraintes pourrait conduire à un échec du programme EPR2 ».
2 cibles proposées
Initialement, nous avions envisagé d'adresser la cyberaction aux organisateurs du débat public sur le projet d'EPR2 au Bugey. Mais tout est organisé pour empêcher un débat public ouvert et démocratique et pour filtrer les messages répétitifs, c'est à dire une prise de position collective.
Nous avons donc choisi de viser une autre cible, au sein du ministère de
l'économie, la direction générale des entreprises (DGE) en charge de la
filière nucléaire.
Nous vous proposons néanmoins de faire d'une pierre deux coups en
doublant votre signature par l'envoi de votre propre message inspiré de
celui de la cyberaction à l'adresse de contact du débat public :
EPR2Bugey@debat-cndp.fr. .
Pour augmenter les chances d'acheminement de votre message à ses destinataires nous vous conseillons d'y ajouter la question suivante :
"Le porteur du projet de construction de 2 EPR2 au Bugey, EDF, peut-il garantir que son projet n'aggravera pas la dette publique et si oui par quelles dispositions précises ?
Merci de votre participation à ces deux démarches.
Merci à François Vallet auteur de cette proposition et qui suit pour nous ce dossier.
Signer !
Récapitulatif
Cette cyberaction va envoyer un courrier électronique à maxime.bourrel@finances.gouv.fr
Avec les éléments suivants :
- Sujet : Nucléaire dég(b)âts publics
- Message : Madame, monsieur
La production d’électricité nucléaire, dont le coût prétendument bas devait garantir un prix bas pour les consommateurs français, a conduit à une réduction de l’indépendance énergétique (son taux a été divisé par plus de 1,7 entre 1973 et 2020) et à une augmentation de la dette publique. Tandis que la grande majorité des français en subit les déficits, c’est une petite minorité qui profite de la «manne nucléaire». Ce sont les mêmes qui veulent la construction de nouveaux réacteurs, quel qu’en soit le coût pour les finances publiques et pour les consommateurs d’électricité. Ce sont aussi les mêmes qui veulent la financer par un prêt à taux zéro de l’Etat à EDF, c’est-à-dire par une aggravation de la dette publique.
J'y suis opposé à Bugey comme ailleurs.
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https://www.sortirdunucleaire.org/Victoire-La-justice-donne-raison-a-sortir-du
Le 9 décembre 2025, le tribunal administratif de Lyon a annulé deux documents d’urbanisme permettant l’installation de deux EPR2 sur le site de la centrale du Bugey (Ain). Reprenant les arguments soutenus par sortir du nucléaire Bugey, la justice a considéré que les élus locaux n’avaient pas suffisamment pris en compte les conséquences néfastes sur l’environnement que ne manquerait pas d’occasionner la construction de deux nouveaux réacteurs et que ces décisions n’avaient pas respecté les règles d’urbanisme. Un revers pour l’industrie nucléaire et une victoire pour l’écologie et la démocratie.
C’est un grain de sable dans la machine bien huilée de la relance du nucléaire imposée à marche forcée par Emmanuel Macron. Faisant suite à une audience du 18 novembre 2025, la justice a donné raison à l’association sortir du nucléaire Bugey (SDN Bugey), contre le projet d’agrandissement de la centrale nucléaire du Bugey par la construction d’une nouvelle paire de nouveaux EPR2 sur les communes de Loyettes et Saint-Vulbas (Ain), à une trentaine de kilomètres de Lyon.
Plus précisément, la décision du tribunal administratif de Lyon fait suite à deux recours déposés par sortir du nucléaire Bugey, les 3 avril 2023 et 19 septembre 2024. SDN Bugey avait, tout d’abord, demandé l’annulation de la modification n°1 du schéma de cohérence territorial (SCoT) du Bucopa (regroupement de quatre communautés de communes dont celle de la Plaine de l’Ain comprenant les communes de Loyettes et St Vulbas) qui transformait 150 hectares de terres agricoles avoisinant la centrale en zone à urbaniser. Le deuxième recours déposé par SDN Bugey demandait l’annulation de la délibération du conseil municipal de Loyettes du 19 septembre 2024, approuvant la révision n°2 de son Plan Local d’Urbanisme (PLU). Cette révision permet l’implantation les deux EPR2 à la centrale du Bugey dont il est question dans le SCoT.
Une évaluation environnementale au rabais
Validant les arguments de SDN Bugey, le tribunal administratif de Lyon a relevé de nombreuses irrégularités dans ces deux décisions, justifiant ainsi leur annulation. Tout d’abord, la révision du PLU a été votée alors que l’étude des incidences sur le territoire et l’environnement est lacunaire en plusieurs points. Pourtant, les conséquences néfastes du projet d’EPR2 sur l’environnement sont bien réelles : dégradation de l’habitat d’espèces protégées (comme celui de l’œdicnème criard), danger pour la zone Natura 2000 de l’Isle Crémieu située sur l’autre rive du Rhône, impact sur des zones humides, une consommation en eau quasi équivalente à celle de métropole lyonnaise… Autant d’éléments qui n’ont pas fait l’objet d’une prise en compte suffisante par les élus locaux. La justice a ensuite reconnu que ces insuffisances ont eu pour effet de nuire à l’information complète de la population et ont été susceptibles d’exercer une influence sur le sens de la révision approuvée.
Déni de démocratie
Par ailleurs, la justice a considéré que l’ampleur de la modification des documents d’urbanisme était telle qu’elle justifiait une procédure de révision du SCoT, plus contraignante. De son côté, SDN Bugey soulevait qu’au regard de l’importance du projet, un débat public aurait dû avoir lieu en amont de la décision du syndicat mixte de modifier son schéma d’urbanisme, ce qui n’a pas été le cas. L’association relevait aussi l’absence de consultation des pays voisins et l’absence des avis de certaines personnes publiques associées. Ces points n’ont pas été tranchés par la justice qui s’est concentrée sur la nécessité de passer par une procédure de révision.
De plus, ce projet de nouvelles centrales au Bugey s’inscrit dans le cadre de la relance du nucléaire qui comprend également la construction de deux EPR2 à Gravelines et à deux autres à Penly et qui ont du faire l’objet, pour chaque site, de concertation avec la population. Or, la consultation pour les EPR2 du Bugey n’avait toujours pas démarré lorsque les élu·es ont donné leur feu vert pour rendre possible l’implantation des réacteurs sur leur territoire.
En dépit du revers infligé par la justice à EDF et aux élus locaux pro-nucléaires, le syndicat mixte Bugey-Côtière de l’Ain a dénoncé « ?une décision regrettable », qui « n’a pas d’impact » et « ?ne change rien ». Lors de la commission locale d’information (CLI) qui s’est tenue le lendemain de l’audience donnant raison à SDN Bugey, le représentant d’EDF de même que le représentant de la CLI ont entonné le même refrain : « cela ne change rien ». Le syndicat du Bucopa planche d’ors-et-déjà sur la révision du ScoT. De son côté, la commune de Loyettes a fait savoir qu’elle étudiait également les recours possibles, avec potentiellement un sursis d’exécution.
Artificialisation des sols
Alors qu’il conviendrait de défendre une agriculture locale et résiliente afin de viser la souveraineté alimentaire et que la préservation des sols est essentielle pour lutter contre le dérèglement climatique et la perte de biodiversité, le projet de construction de nouvelles centrales au Bugey sur des terres agricoles est un non-sens écologique. Cela contrevient par ailleurs à l’esprit de la loi Climat et résilience du 22 août 2021, qui a posé un objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols d’ici à 2050. C’est la raison pour laquelle le Réseau "Sortir du nucléaire" a lancé une campagne en 2025 pour dénoncer l’artificialisation des sols et l’accaparement des terres agricoles par l’industrie nucléaire.
Dès 2018, EDF convoitait 336 hectares autour de la centrale du Bugey. Ce qui s’est expliqué lorsqu’en 2022, Emmanuel Macron annonce son projet de construire six nouveaux EPR2, dont deux à la centrale du Bugey. Aidé par la Société d’aménagement foncier et d’établissement agricole, dont les missions sont pourtant de protéger l’environnement et soutenir l’agriculture, EDF est déjà parvenu à mettre la main sur 220 hectares de terres autour de la centrale. La construction de cette nouvelle paire d’EPR2, le plus grand chantier de la région pour les décennies à venir, nécessite, en effet, de bétonniser au moins 300 hectares de terres agricoles (l’équivalent de la surface du projet d’autoroute A69), pour y couler plus d’un million de mètres cubes de béton (l’équivalent de 8 Groupama Stadium).
Alors que les enjeux climatiques et écologiques doivent plus que jamais orienter l’action publique, la relance du nucléaire imposée à marche forcée par Emmanuel Macron depuis le discours de Belfort en 2022, est en contradiction totale avec la nécessaire préservation de l’environnement. Cette relance, coûteuse et absurde alors que la France est en surproduction d’électricité, se fait au détriment et contre l’avis des populations concernées. Elle doit impérativement cesser.
Alain UGUEN
22/12/2025 - 10:18:08