Bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Royaume-Uni : interdiction de la publicité pour les produits trop gras, salés ou sucrés

Au Royaume-Uni, la publicité pour les produits trop gras, salés ou sucrés est interdite depuis lundi à la télévision avant 21 heures. La mesure vise à lutter contre l’obésité infantile, qui touche 22 % des enfants à l’entrée en primaire et près de 36 % à 10-11 ans. Selon le gouvernement britannique, cette interdiction pourrait éviter 20 000 cas d’obésité par an. En France, des tentatives similaires ont jusqu’ici échoué. (Reporterre)

2. Lancement du « plus grand réseau de transport gratuit « 

Dans le bassin minier du Pas-de-Calais, les agglomérations de Lens-Liévin, Hénin-Carvin et Béthune-Bruay ont lancé un vaste réseau de transports publics gratuits. Les bus sont gratuits pour tous les usagers, tandis que le train est gratuit pour les habitants du territoire, sous conditions. Le dispositif concerne près de 650 000 habitants(Politis)

3. Norvège : près de 100 % de voitures neuves électriques

En Norvège, 95,6 % des voitures neuves immatriculées en 2025 sont électriques, un niveau proche de la généralisation. Cette transition repose sur de fortes incitations publiques financées par la rente pétrolière (avantages fiscaux, malus sur le thermique, réseau de recharge dense). Malgré leurs impacts, les véhicules électriques émettent 2 à 3 fois moins de CO₂ que les voitures thermiques sur l’ensemble de leur cycle de vie(TV5monde)

4. Congo : des habitants replantent des arbres pour sauver leur île

Sur l’île d’Idjwi, au Congo, des habitants se mobilisent pour replanter des arbres après des années de déforestation liée au charbon de bois et à l’extraction de sable. Portées par des associations de femmes, des écoles, des églises et une radio communautaire, ces initiatives visent à lutter contre l’érosion, les inondations et la perte de terres agricoles. Si la pression économique reste forte, les habitants cherchent à concilier exploitation du bois et reboisement durable(Reporterre)

5. Bande de Gaza : l’école à tout prix

Dans la bande de Gazales enfants recommencent progressivement à aller à l’école depuis le cessez-le-feu. Les cours se tiennent dans des écoles partiellement détruites, encore occupées par des familles déplacées, ou sous des tentes installées dans les camps. Selon l’ONU, près de 90 % des établissements scolaires ont été visés par des attaques israéliennes depuis octobre 2023, laissant une génération d’enfants lourdement marquée par la guerre. (Politis)

6. Bretagne : découverte exceptionnelle d’un martin-pêcheur

En Bretagne, un martin-pêcheur d’Amérique, jamais observé officiellement auparavant en France hexagonale, a été identifié le long du canal de Nantes à Brest, près de Glomel. Probablement victime d’un accident de migration, l’oiseau attire depuis plusieurs semaines des centaines d’ornithologues venus de toute l’Europe. L’individu, un jeune mâle, semble en bonne santé et s’est adapté à son environnement, mais sa présence suscite aussi des débats sur l’afflux de visiteurs et les dérangements possibles(Vert)

7. Amazonie : des abeilles sans dard obtiennent des droits légaux

Au Pérou, deux municipalités d’Amazonie (Nauta et Satipo) ont reconnu aux abeilles sans dard le statut de sujets de droit, une première mondiale.Ces pollinisatrices essentielles obtiennent le droit d’exister, de prospérer, de vivre dans un environnement sain et d’être représentées en justice en cas de menace. La décision s’appuie aussi sur l’importance écologique et culturelle de ces abeilles pour les peuples autochtones. (La Relève et La Peste)

8. France : la LPO veut sauver un sanctuaire d’oiseaux menacé par des rats

Sur l’atoll de Clipperton, territoire français du Pacifique nord, la LPO alerte sur une crise écologique majeure liée à l’invasion de rats noirs introduits accidentellement. Les rongeurs détruisent œufs et poussins, provoquant l’effondrement de la reproduction de plusieurs espèces d’oiseaux marins, dont certaines sont déjà proches du point de bascule. Une éradication totale des rats est jugée techniquement possible et urgente, mais elle nécessite un fort soutien logistique et politique de l’État français. (La Relève et La Peste)

9. États-Unis : une entreprise condamnée pour discrimination raciale

Aux États-Unis, une entreprise américaine a été condamnée à verser 115 millions de dollars à une ancienne salariée pour discrimination raciale et représailles. La justice a reconnu un environnement de travail hostile et des sanctions professionnelles liées à des dénonciations internes. Cette décision judiciaire est présentée comme exemplaire. (L’Humanité)

10. Colombie : Gustavo Petro augmente le salaire des travailleurs

En Colombie, le président Gustavo Petro a annoncé une hausse historique de 23,7 % du salaire minimum pour 2026, bien supérieure aux 7,21 % demandés par le patronat. Le chef de l’État affirme vouloir garantir un salaire permettant aux familles de vivre dignement, et non simplement de survivre. Cette décision, prise fin décembre, suscite une vive opposition des employeurs, mais s’inscrit dans la ligne sociale assumée du gouvernement Petro. (L’Humanité)

https://mrmondialisation.org/publicite-transports-et-voitures-electriques-les-10-bonnes-nouvelles-de-la-semaine/

Face au Feu Nationaliste une Coalition des Eco-Volontaires pour la planète et les droits des vivants.

 

Chers cyber-amis, chères cyber-amies,

Vous avez peut-être vu la video de l’incendie de la discothèque de Cran Montana montrant des jeunes filmant l’incendie du plafond avec leur portable tandis qu’une personne essaye d’éteindre le début d’incendie avec un linge.

Cette video est à l’image de ce qui se passe dans le monde où le Feu Nationaliste se répand alors que les démocrates se contentent de regarder paralysés par l’éco-anxièté.

Sans attendre l’entre-deux tours de la présidentielle, préconisons deux contrefeux

1 Une coalition des Eco-Volontaires pour la Planète et les droits des vivants pour

a ) réclamer Une primaire législatives pour désigner les candidates et candidats avant de choisir le ou la candidate à la présidentielle.

Pétition : La marguerite symbole du sursaut

b ) se donner collectivement les moyens d’être visibles : des brassards verts réfléchissants servant aussi bien dans les manifestations que dans la vie quotidienne comme secours pour les victimes de harcèlement, d’homophobie, de racisme…

c) organiser devant toutes les mairies des rassemblements le premier mercredi du mois (pour bénéficier de l’appel de la sirène des pompiers) pour échanger les infos des réseaux présents sur ce territoire.

d) appel « je vote vert ou coalition des Eco-volontaires » pour inciter toutes les listes aux municipales qui veulent les voix des citoyennes et citoyens lassés des divisions qui font reculer la France à rejoindre cette coalition

e ) le 21 avril des opérations de semis de marguerites, de coquelicots, de bleuets dans toute la France pour ne pas laisser à l’extrême droite les couleurs de la République.

2 Une campagne de porte à porte pour discuter avec les citoyennes et citoyens des meilleurs moyens de concilier fin du Monde, fin du mois et faim de démocratie.

Nous avons besoin de vous pour essayer de convaincre les associations auxquelles vous adhérez de la nécessité d’une mobilisation citoyenne en faveur d’une primaire des territoires législatives pour éviter un tout à l’égo présidentiel qui serait la meilleure rampe de lancement pour un RN dont le seul argument est de n’avoir jamais été essayé.

Au bord du gouffre n’essayez pas le saut dans l’inconnu !

GREENPEACE : L’extrême droite au pouvoir : qu’est-ce que ça changerait pour l’environnement ?

Législatives : face au RN, l’appel au Front Républicain pour sauver une transition écologique et sociale

FNE : Urgence démocratique et écologique : mobilisation citoyenne contre l’extrême-droite

 

Hommage à Agnès Bertrand par Pierre Péguin

Agnès Bertrand
Ce message est destiné à celles et ceux qui ont connu Agnès Bertrand, ou ont partagé ou suivi certains de ses combats fondamentaux à la faveur de l’écologie et d’une économie alternative, fraternelle et de proximité, il est destiné aussi à ceux qui souhaitent en savoir plus sur cette période des débuts de la prise de conscience des dangers à venir de la mondialisation libérale, et aussi de la crise écologique, c’est tout ce que nous vivons aujourd’hui; cette époque où nous avions espéré en “l’altermondialisme” est bien loin..

L’ écologiste altermondialiste, Agnès Bertrand est morte le 2 janvier à 77ans. Il sera bien difficile de mesurer l’ampleur de l’influence de son travail sur l’avenir, tant ses apports infusent aujourd’hui encore l’ensemble des analyses produites sur les dégâts de la mondialisation libérale.

Actuellement, de nombreuses voix s’élèvent et tentent de contrer la signature du Mercosur qui menace la petite agriculture et l’agroécologie paysanne, seules pourtant à pouvoir nourrir les peuples, tout en maintenant notre planète en bonne santé.

Avant le Mercosur, ces accords destructeurs du vivant et de la solidarité entre les peuples, étaient déjà là. En 1990 ils s’appelaient GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), en 1995 (AGCS, Accord Général sur le Commerce des Services), sans oublier le traitre à l’acronyme trompeur, l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement), etc. Tous ayant une même volonté d’ orchestrer la mainmise progressive des multinationales de l’agro-industrie, de la chimie, des technologies et de la finance sur les populations du monde entier.

Toute sa vie Agnès Bertrand l’a consacrée à nous éclairer sur les dangers de ces textes sur l’environnement, nos existences et nos démocraties. Nous pouvons mesurer aujourd’hui à quel point elle et ses amis avaient raison de s’émouvoir des conséquences de telles politiques.

Pour en savoir plus on trouvera  un article de la revue Nature et Progrès de 2003,

une photo d’Agnès, et ci-dessous des textes très instructufs  sur la période au cours de laquelle on pouvait espérer mettre des grains de sable dans la mondialisation libérale et promouvoir le respect du vivant, période au cours de laquelle Agnès Bertrand a oeuvré. Ces textes vallent la peine, vous ne serez pas décus de voir comment une poignée de personnes ont tout fait pour faire prendre conscience de ce qui se tramait à cette époque.

Pierre

De Fabrice Nicolino:

1) écrit pour Politis en 2000, quand on parlait encore d’antimondialisation.
https://fabrice-nicolino.com/la-veridique-histoire-des-pionniers-de-lantimondialisation/

2) entretien avec elle mené pour Terre Sauvage en 2005:

L’espoir d’une autre mondialisation


Agnès Bertrand est une pionnière. Bien avant José Bové, elle a compris que le sort du monde se jouait dans les bureaux les plus discrets. Là où se négocient l’air et l’eau, les sols et les forêts, la biodiversité. Elle se dit convaincue qu’on peut vivre et produire autrement. C’est-à-dire mieux.

Terre Sauvage : Agnès, je vous connais depuis une vingtaine d’années, et si j’ai eu envie de cet entretien pour Terre Sauvage, c’est que vous êtes, à mes yeux du moins, un drôle d’animal. Car vous êtes la pionnière en France de ce qu’on appelle l’altermondialisation. Comment a commencé cette aventure ?

Agnès Bertrand : Par l’Europe. Par un club de pionniers de l’écologie, profondément Européens, mais pas du tout partisans de l’Europe actuelle. Il s’appelait et s’appelle toujours Ecoropa, qui signifie Ecologica-Europa, (l’Europe écologique.) J’ai rejoint Ecoropa en 1982 et je me souviens encore de Denis de Rougemont, son président fondateur, nous décrivant comme « le collège invisible des dissidents de l’Occident ». J’étais une néophyte de l’écologie, je ne savais que bien peu de choses dans ce domaine, et voilà qu’ils me chargent de préparer une enquête pour un tribunal international de l’écologie.

TS : Dites moi, quelle responsabilité !

A.B : Oui, mais c’était des gens convaincus, enthousiastes et j’ajouterai polyglottes, ce qui aidait beaucoup. La franchise et l’écoute qui régnaient entre nous avaient quelque chose de jubilatoire. Le comité d’Ecoropa comptait huit ou neuf nationalités, des gens qui s’étaient choisis, rapprochés, et compris.

TS : Vous pouvez nous citer quelques noms ?

AB : Eh bien, Jean-Marie Pelt en faisait partie, ainsi que René Dumont au moment de la fondation. Et encore Christian Huglo, ce grand avocat qui s’est illustré depuis, avec Corinne Lepage, dans le procès de l’Amoco Cadiz. Il y avait également Manfred Siebker, un Allemand qui travaillait à la Commission européenne et nous décryptait tout de l’intérieur. Il y avait le Britannique Teddy Goldsmith, des Espagnols, des Norvégiens. Le secrétaire général, Edouard Kressman, habitait Bordeaux, et au moment de sa retraite, il s’était lancé dans l’écologie. À cause du vin…

TS : Pardonnez-moi de préciser pour nos plus jeunes lecteurs. On ne présente plus Jean-Marie Pelt, botaniste, écologiste et conteur, mais un mot concernant René Dumont et Teddy Goldsmith. Dumont grand agronome de la faim, a été le premier candidat écolo aux élections présidentielles de 1974. Quant au second, il a créé l’une des plus grandes revues écologistes de la planète, en 1969 : The Ecologist. Mais vous parliez du vin, non ?

AB : Oui. Édouard Kressman ne supportait pas comment on traitait la vigne, dans tous les sens du terme. Et il a été la cheville ouvrière des premières réunions. Intellectuel protestant, il avait lu le philosophe Jacques Ellul, qui avec son ami Bernard Charbonneau a beaucoup écrit sur la technique et la technocratie. On ne s’en souvient pas forcément, mais Charbonneau a été le premier à dénoncer cette folie qui consiste à arracher les haies. On trouvait dans ce club de réflexion une vraie érudition qui m’a permis de faire comme une sorte d’université parallèle. Dès ma première réunion, qui se tenait à Paris, dans les locaux du journal protestant Réforme, j’ai été charmée.

TS : Vous êtes par la suite devenue secrétaire générale d’Ecoropa, n’est-ce pas ?

AB : D’abord d’Ecoropa – France, puis au niveau européen à la mort d’Edouard Kressman. Comme ces intellectuels étaient aussi des gens concrets, c’était doublement stimulant. Je me souviens d’une réunion à Genève qui se termina par des collages d’affiches antinucléaires à minuit passé. Non seulement c’étaient des gens de conviction et de plume, mais aussi d’action, et souvent très originaux…

TS : Pensez-vous qu’un groupe aussi réduit ait pu avoir une influence durable ?

AB : Oui, parce qu’il s’agissait au fond d’un réseau de réseaux avant l’heure. Le manifeste d’Ecoropa, traduit dans toutes les langues pour les premières élections européennes au suffrage universel, a joué un grand rôle intellectuel. Notamment auprès de partis écologistes alors en formation. Nous ne nous arrêtions pas au rideau de fer qui à l’époque coupait l’Europe en deux. Nous avions noué des liens avec certains dissidents des régimes communistes, comme la Charte 77 en Tchécoslovaquie.

TS : J’en profite pour dire que l’ancien président tchécoslovaque Vaclav Havel vient de prendre position pour les écologistes aux dernières élections tchèques. Et revenons à vous : que signifiait à cette époque, pour vous, l’écologie ?

AB : J’avais fait des études de philosophie, à Nanterre, où j’étais en 1968… Autrement dit, j’ai été marquée comme d’autres par ces années d’après-68. La mode intellectuelle allait alors vers de grandes théories aujourd’hui oubliées, comme par exemple le structuralisme, et je ressentais une véritable insatisfaction. Sans trop le savoir alors, je cherchais une réponse globale au sens de la vie sur terre. Et les premiers textes écologiques que j’ai pu lire, que ce soit ceux du club de Rome, qui mettaient en question la croissance, déjà, ou encore les écrits de Jacques Ellul ou Ivan Illich, m’ont permis de réfléchir en profondeur. Je repense ainsi au dernier grand ouvrage de Denis de Rougemont, L’avenir est notre affaire. Toute une série de thèmes d’aujourd’hui y sont abordés : les dégâts du productivisme, l’imbécillité de la croissance pour la croissance, les dangers du nucléaire. Ecoropa a été une suite pratique. Je m’occupais du bulletin, maintenais les liens depuis un appartement-bureau où les moyens matériels étaient des plus limités.

TS : Et comment passe-t-on de la réflexion – et du cadre européen – à la contestation de la mondialisation ?

AB : C’est bien difficile à résumer ! Mais j’ai été profondément marquée par un propos d’un des membres d’Ecoropa, l’écrivain Carl Amery : « Il ne suffit pas de courir pour éteindre un incendie l’un après l’autre, il faut arrêter les pyromanes ». Pour nous, les pyromanes n’étaient autres que les grandes institutions financières mondiales, qui prêtaient de l’argent pour des projets insensés qui menaient le plus souvent à la destruction de la planète. Et ils s’appelaient la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). C’est pour cette raison qu’Ecoropa a assumé le secrétariat de la campagne mondiale « Sauvons les forêts, sauvons la planète » qui a réuni 3 millions de signatures, que nous sommes allés remettre au siège des Nations Unies, à New York. Parmi elles, les signatures – sous forme de leurs empreintes digitales – d’indigènes de Bornéo ! Vous imaginez à quel point nous étions émus ? C’était la preuve concrète que nous appartenions à une seule et même planète. Que la coupure entre le Nord et le Sud n’avait rien de fatal.

TS : Mais franchement, peut-on parler d’un lien véritable entre peuples du Nord et peuples du Sud ?

AB : Bien sûr ! Je repense à Ailton Krenak : cet Indien du Brésil, ami de Chico Mendès, avait réussi à faire la paix entre les seringueiros – les collecteurs de caoutchouc – et les tribus indigènes. Ces dernières voyaient leurs territoires ancestraux de plus en plus envahis et Ailton avait fondé l’Union des nations indigènes pour tenter d’arrêter la destruction de l’Amazonie. À New York, il était avec nous pour envahir pacifiquement les Nations Unies. Avec ses plumes, bien sûr. Il n’était pas question d’aller porter nos pétitions sans les représentants des premières victimes de la déforestation. Le réseau malaisien Third World Network y avait envoyé quelqu’un. Quelqu’un qui a repéré que j’étais passionnée et qui m’a invitée à une réunion internationale à Penang, en Malaisie.

TS : Comme ça ? Mais qu’est-ce donc que ce Third World Network ?

AB : C’est une structure qui publie un journal, organise des réunions et séminaires, avant de lancer des campagnes dans le monde entier. En résumé : recherche, étude, vulgarisation, action. Le réseau était alors surtout asiatique, avec des Malaisiens bien sûr, des Indiens, des Thaïlandais, des Indonésiens. Le thème de la réunion de Penang était, figurez-vous : « Grands courants économiques contemporains ». Et c’est là, pour la première fois de ma vie, que j’ai entendu parler du Gatt, l’ancêtre de l’Organisation mondiale du commerce.

TS : Je crains que les lecteurs de Terre Sauvage aient besoin d’une explication sur le Gatt.

AB : Au départ, après la Seconde guerre mondiale, le Gatt, initiales anglaises pour Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce, n’était qu’un accord international de commerce, sans statut juridique permanent. Mais peu à peu, ses réunions ont été investies par les transnationales, d’autant plus aisément que les politiques ne s’en occupaient pas réellement. On n’a d’abord parlé que de marchandises réelles quittant réellement un pays pour aller dans un autre. Et puis d’autres questions ont été mises sur le tapis, comme les services. Peu à peu, le Gatt a commencé à mettre le nez dans les règles et lois internes de chaque pays, par exemple en menaçant du tribunal ceux qui ne voulaient pas accepter les nouvelles règles commerciales. Et puis, on a transformé les anciens droits de propriété industriels en droits de propriété intellectuelle. De cette façon, il devenait possible de déposer des droits de propriété, avec brevets et royalties, sur des formes vivantes, comme des plantes ou animaux transgéniques. Entre autres. D’année en année, le Gatt transformait la planète en une gigantesque marchandise.

TS : Et vous avez compris tout cela à Penang, au cours de cette seule réunion ?

AB : Presque, oui, car je n’avais aucune idée de tout ce que je viens de vous raconter. J’ai gardé mes cahiers de l’époque, et je dois dire qu’il m’arrive de les relire. Les gens du Third World Network déployaient une énergie, une intelligence absolument remarquables. Outre Martin Khor, le directeur du réseau, j’y ai rencontré l’Indienne Vandana Shiva. Et je me souviens lui avoir demandé : « Vous êtes combien, dans ce réseau ? ». Elle m’a répondu : « Oh, une dizaine ».

TS : Qui s’apprêtaient à défier le monde entier…

AG : Oui. Après Penang, notre petit groupe international a commencé une enquête intellectuelle passionnante. Il fallait se plonger dans des accords aussi épais que les vieux bottins téléphoniques, et bien moins clairs. Nous ne pouvions avoir accès aux documents officiels, le contenu des négociations du Gatt relevait du secret défense. Et pendant ce temps, notre Parlement ignorait qu’une structure sans aucune légitimité était en train d’écrire des règles nouvelles visant à s’imposer au monde entier.

TS : Ecoropa était pourtant une force minuscule…

AB : C’est vrai. Nous n’avions qu’un bureau de 30 m2, où il faisait 13 degrés l’hiver, avec un fax qui tombait en panne aux moments les plus cruciaux. Mais nous avons fini par trouver des alliés : avec France Nature Environnement, la Confédération paysanne et l’UFC-Que Choisir notamment, avons créé l’Alliance paysans- écologistes consommateurs. Au fil des mois et des années, nous avons trouvé un style. Un jour, par exemple, j’ai appris qu’Arthur Dunkel, le directeur du Gatt, était de passage à Paris, au Grand Hôtel, invité par la Chambre de commerce internationale. PDG et ministres y étaient conviés. Nous nous sommes présentés à l’entrée avec une camionnette remplie de deux tonnes de plumes.

TS : De plumes ?

AB : De plumes, et aux cris de « Tous plumés par le Gatt ». Avec une soufflerie qui dispersait le tout, nous avons bloqué les portes de l’hôtel et improvisé une conférence de presse. . Les policiers éternuaient, et nous aussi. Vous n’allez pas me dire que ce n’est pas de la non-violence, j’espère. Des plumes !

TS : On comprend mieux le grand show de Seattle, en 1999. Rappelons pour nos lecteurs que le Gatt s’est transformé en Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995 et que l’OMC avait décidé de se retrouver à l’automne 1999 dans cette grande ville américaine. Mais vous étiez là-bas, vous et beaucoup d’autres. Que s’est-il passé ?

AB : L’OMC voulait lancer un nouveau round de négociations commerciales, s’étendre à de nouveaux domaines et accélérer encore les négociations sur les services. À Seattle, la réunion était sponsorisée par Microsoft et Boeing. Nous n’avons rien contre les petites entreprises. Mais ces négociations étaient faites sur mesure pour les très grandes, celles qui ont assez d’appétit pour avaler le monde entier. Sur place, à Seattle, il y avait eu un travail de préparation remarquable des jeunes de Direct Action Network. Très courageux, totalement non violents, ils ont fait la différence. Ils s’étaient mis en tête de bloquer l’accès au Centre de conférences, où devaient se réunir les officiels. Nous avons suivi, et ces jeunes sont parvenus à empêcher pendant six heures le démarrage de la conférence.

TS : Mais comment ?

AB : Ils s’étaient enchaînés les uns aux autres et avaient coulé par-dessus une sorte de béton à prise rapide. Il aurait fallu couper leurs bras pour les séparer ! Six heures. Au milieu des gaz lacrymogènes. Je crois que la police a un peu cafouillé… (rires). Quand j’ai appris que la réunion de l’OMC était finalement suspendue, sans parvenir à aucun accord, je me suis mise à courir vers le Centre de conférence. Il y avait de la magie dans l’air.

TS : En tout cas, Seattle a changé la face du mouvement altermondialiste, et entraîné un fort courant de sympathie, surtout chez les jeunes. Vous avez peu de temps après votre retour créé dans le Gard, dans un village, un Institut pour la relocalisation de l’économie. En quelques mots ?

AB : Cet institut incarne la défense du local comme valeur universelle. Je ne plaide en aucun cas pour le repli à l’intérieur des murs. Les échanges culturels, culinaires, artistiques, le dialogue entre les gens et les peuples, les rencontres, c’est fantastique. Mais la production d’objets et de nourriture doit rester le plus proche possible des lieux où l’on habite. Je reprendrai volontiers à mon compte ce propos de la linguiste Helena Norberg-Hodge, qui a vécu 23 ans au Ladakh : « L’important n’est pas de se demander si l’on mangera des oranges dans les pays froids, mais s’il est utile que nos aliments de base parcourent des milliers de kilomètres avant d’arriver sur notre table quand ils peuvent être produits à proximité ». Cette démarche est multiplicatrice de solutions. On minimise ainsi l’impact sur, les sols, les eaux, le climat, sans participer à cette terrible exploitation des enfants et adultes dans les pays du Sud. Mais elle implique au passage de reconstituer des paysanneries là où elles ont disparu. Enfin, une économie relocalisée fait renaître la démocratie parce qu’elle conduit à discuter sur place des meilleurs systèmes. L’économie globale ne détruit pas seulement la planète, mais aussi la société, en cassant les liens sociaux. Je crois dans le local, le vernaculaire comme l’appelait Ivan Illich. J’y crois, parce qu’il représente l’espoir.



De Pierre Ygrié
Agnès Bertrand est une figure de l’ombre mais essentielle de l’écologie politique française, particulièrement active depuis les années 1990. Voici une synthèse de ses travaux et publications majeures.

Ses ouvrages de référence
Philosophe de formation, elle a principalement écrit pour décrypter les mécanismes de la mondialisation :

  • OMC, le pouvoir invisible (Fayard, 2002) : Coécrit avec Laurence Kalafatides. C’est son livre le plus célèbre. Elle y dénonce le “coup d’État planétaire” que représente selon elle l’Organisation Mondiale du Commerce, en expliquant comment des règles commerciales secrètes priment sur les protections sociales et environnementales.
  • Le Tao de l’écologie (Éditions du Rocher) : Elle a traduit et adapté cet ouvrage d’Edward Goldsmith (fondateur de la revue The Ecologist). Ce livre est fondamental pour comprendre la vision systémique et holistique de l’écologie qu’elle défend.
  • La dernière oasis : l’eau en danger (1995) : Un ouvrage sur la gestion des ressources en eau, thématique qu’elle a portée très tôt.


Ses articles et contributions (Revue L’Écologiste)
Elle a été membre du comité de rédaction et “associée” de l’édition française de la revue The Ecologist. Parmi ses contributions notables :

  • “AGCS : la fronde des élus” (n°14, 2004) : Un article sur la résistance locale face à la libéralisation des services.
  • “Empoisonnement à la dioxine” (n°7, 2002) : Une enquête technique sur les scandales sanitaires.
  • Analyses sur les OGM : Elle a beaucoup écrit sur les risques liés aux biotechnologies et la nécessité de protéger les semences paysannes.

Son rôle “historique” : L’affaire de l’AMI (1997)
C’est un fait d’arme méconnu mais crucial. Avec l’Observatoire de la mondialisation, Agnès Bertrand a fait partie du petit groupe de militants (aux côtés de Susan George et Christian de Brie) qui a réussi à se procurer le texte secret de l’AMI (Accord Multilatéral sur l’Investissement).

En révélant ce texte, qui permettait aux multinationales de poursuivre les États, ils ont provoqué un tollé tel que le gouvernement de Lionel Jospin a fini par se retirer des négociations, entraînant l’échec mondial de l’accord. C’est l’un des actes fondateurs du mouvement altermondialiste en France.

Ses réseaux d’influence

  • ECOROPA : Un réseau européen de penseurs (dont Jacques Grinevald) qui a théorisé la “décroissance” et la “relocalisation” bien avant leur popularisation actuelle.
  • Alliance paysans-écologistes-consommateurs : Structure précurseure dans la mise en relation directe entre producteurs et citoyens, à la base de ce que nous connaissons aujourd’hui sous forme de circuits courts.

    De Bernard Bruyat
    Je vous remercie de cette info qui me touche personnellement beaucoup . Je n’ai eu la
    chance de croiser Agnès qu’une fois chez une amie en Ardèche , alors que j’ai beaucoup fréquenté Sauve chez SERGIO GIRARDI que j’avais connu a travers les réunions des DÉCROISSANTS “spécialiste des écrits de MARX “et défenseur des SITUATIONNISTES que j’ai essayer d’approcher avec lui en GRÈCE.
    Mais c’est bien autour des idées que défendait Agnès que c’est construit mon travail de recherche pour un autre VIVRE ENSEMBLE que je poursuis encore aujourd’hui avec une boutique de rencontre “LES TERRESTRES RESPONSABLES” a VALS LES BAINS ouvert a TOUTES ET TOUS pour poursuivre le travail d’Agnés

    Je dois aussi souligner que c’est avec un de ses ami RAOUL MARC JENNAR “AGCS bien oublié” que nous avons crée l’ OPDLM (observatoire des pratique de développement du local au mondial) libre de toutes appartenances politique,religieuse et sectaire .

STOP au projet d’usine de saumons au Verdon-sur-Mer

Après trois ans de combat, Pure Salmon vient d’annoncer la dernière étape avant la construction de son usine de saumons en Gironde : l’enquête publique a lieu du jusqu’au 19 janvier 2026.

L’objectif de Seastemik ? Obtenir un avis négatif de la commission d’enquête et bloquer ce projet industriel qui serait un désastre écologique et social

https://seastemik.org
https://www.usinesdesaumonsnonmerci.fr

En chiffres

Investissement & production
  • Prévision de 10 000 tonnes de saumons par an, soit l’équivalent d’un quart de la production piscicole française (env. 40 000 tonnes), ou presque l’équivalent des débarquements de pêche en Nouvelle-Aquitaine (12 000 tonnes)
  • 3 millions de saumons par an, élevés dans l’équivalent de près de 250 piscines olympiques.
  • 275 millions d’€ d’investissement annoncé pour une convention d’occupation de 49 ans avec le GPMB
Zone ciblée
  • 14 hectares sur le site industrialo-portuaire du Verdon-sur-Mer
  • Une ancienne vasière, remblayée en 2015
  • Site “clés en main France 2030”
  • Site en bordure du Parc naturel marin Estuaire de la Gironde et mer des Pertuis et du Parc Naturel Régional du Médoc
  • Aux abords immédiats de 2 zones NATURA 2000 et de 3 zones naturelles d’intérêt : ZICO, ZNIEF 1 et 2
Emploi
  • Promesse d’emploi surévaluée : 250 emplois annoncés (pour une mise en production estimée à partir de 2030) VS 850 emplois pour 10 000 tonnes de truite chez Aqualand ; 800 emplois pour 12 000 tonnes débarquées en pêche artisanale en Nouvelle-Aquitaine
Consommation d’eau, énergie et environnement
  • Empreinte carbone : 70 000 de tonnes de CO2 par an
  • Consommation d’eau : 6 500 m³ d’eau par jour = consommation d’une ville de 44 000 habitants. Pompages à 200 m du rivage, près d’une plage familiale
  • Consommation électrique : 100 à 125 GWh/an = consommation d’une ville de 40 000 habitants
  • Dépendance aux importations : 233 milliards de poissons sauvages devront être pêchés + 436 000 tonnes de soja devront être récoltés chaque année pour nourrir les saumons
  • Densité d’élevage extrême : jusqu’à 80 kg/m³ (contre 15-25 kg/m³ en mer), créant stress, maladies et nécessitant potentiellement des traitements médicamenteux. C’est jusqu’à 500 poissons par mètre cube d’eau.
Logistique & transports
  • Durée du chantier : environ 3 ans
  • Trafic routier équivalent à 15 à 25 semi-remorques par jour minimum
  • Estimation de 27 tonnes/jour de boues humides (issue des déjections animales) à évacuer

 

https://www.usinesdesaumonsnonmerci.fr/comprendre

 

Quelques conseils pour rédiger votre avis

  1. Exprimer clairement votre désaccord avec le projet
  2. Mettez en avant votre lien avec le territoire
  3. Argumentez votre avis en vous focalisant sur 1 ou 2 aspect(s) du projet qui vous touche(nt) particulièrement

Vous pouvez par exemple évoquer (liste non exhaustive) :

  • Risques majeurs de pollution de l’Estuaire : rejets d’azote et phosphore
  • Menace sur l’emploi du littoral : pêche locale, conchyliculture et tourisme
  • Intensification du trafic routier dans un secteur déjà saturé (15 semi-remorques minimum par jour)
  • Nuisances visuelles, sonores et olfactives
  • Pression sur les ressources locales en eau : 6 500 m3 d’eau pompés / jour
  • Mortalité massive de poissons : densités élevés, production intensive
  • Saumon “local” nourri aux importations : soja (Brésil) et farine de poissons (Afrique de l’Ouest)
  • Empreinte carbone : 70 000 tonnes de CO2 émises chaque année
  • Consommation électrique : 100 à 125 GWh/an, soit la consommation d’une ville de 40 000 habitants

Comment participer ?

Sur le registre numérique : registre-numérique.fr

  1. Par email : construction-elevage-saumon-verdonsurmer@mail.registre-numerique.fr

  2. Par courrier : à l’attention du Président de la commission d’enquête à la mairie du Verdon-Sur-Mer, 9 bld Lahens, 33123 Verdon-Sur-Mer

  3. Par dépôt : à la mairie du Verdon-Sur-Mer et de Soulac-Sur-Mer

Participer en ligne

consultation

https://www.registre-numerique.fr/construction-elevage-saumon-verdonsurmer/deposer-son-observation

Pure Salmon : deux manifestations ce samedi à Royan et Soulac-sur-Mer contre le projet

 

« Une chance » ou « une aberration » ? En Gironde, le projet Pure Salmon divise les habitants du Verdon-sur-Mer

 

Contribution de Georges Cingal  SEPANSO

Ce projet mérite de recevoir un avis défavorable.

Conséquences environnementales

Pure Salmon devra :
Détruire une importante zone humide sensible
Consommer des eaux en grandes quantités (prélèvement nécessaire estimé à 6500 m3/jour) au risque de perturber la nappe de l’Éocène et l’interface eaux douces/eaux saumâtres.
Consommer beaucoup d’électricité
Effectuer des rejets d’effluents dans un parc naturel marin en induisant une perturbation importante de l’estuaire de la Gironde.

Conséquences économiques

Il ne ressort pas des pièces du dossier que les impacts du projet ne porteront pas atteinte aux activités économiques actuelles : conchyliculture, tourisme… L’intérêt général est loin d’être démontré !

Conséquences sanitaires

les nutritionnistes de l’Agence Nationale de Sécurité Alimentaire, de l’environnement et du travail recommandent de ne pas consommer plus de 200 grammes de poisson par semaine (ceci vaut pour du saumon pourtant intéressant pour ses oméga-3). Ceci est dû au fait que les poissons contiennent des substances chimiques qui sont toxiques pour la santé. Les substances chimiques les plus préoccupantes en regard de la consommation de poisson sont le méthylmercure et les polychlorobiphényles (PCB).

Esther Dufaure, de l’ONG Seastemik, opposante au projet Pure Salmon au Verdon-sur-Mer

les bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Le Royaume-Uni s’apprête à interdire l’ébouillantage des crustacés 

Après avoir reconnu en 2021 que les homards, crabes et crevettes sont des êtres sensibles, le gouvernement britannique prépare une interdiction de l’ébouillantage à vif pour 2030. Des méthodes d’abattage alternatives, jugées moins cruelles, devraient être imposées. La Suisse, la Norvège, l’Autriche et la Nouvelle-Zélande l’ont déjà proscrit. (Reporterre)

2. Dans ce marché, les clients choisissent le prix qu’ils paient

Dans les locaux de l’ancienne Manufacture des tabacs, dans un quartier populaire de Bergerac, aucun tarif n’est affiché au marché “des trois prix” : chacun donne selon ses moyens ou ce qu’il estime juste. Ce système solidaire permet l’accès à une alimentation de qualité tout en assurant l’équilibre économique du lieu. (Reporterre)

3. Des mobilisations pour sauver les forêts millénaires du Canada

Dans la forêt de Walbran, sur l’île de Vancouver, au Canada, militants, habitants et communautés autochtones s’opposent à des projets d’exploitation menaçant des forêts anciennes. Ils dénoncent la destruction d’écosystèmes irremplaçables, essentiels à la biodiversité et au climat. (La Relève et la Peste)

4. Les politiques écologiques urbaines s’installent durablement

Bio dans les cantines, pistes cyclables, rues aux écoles : dans de nombreuses grandes villes comme Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Poitiers, Grenoble ou Marseille, ces mesures ne sont plus remises en cause. Même les alternances politiques ne reviennent pas sur ces transformations. (Libération)

5. Une espèce disparue depuis un siècle réapparaît en Lot-et-Garonne

Sur les bords de la Garonne vers Agen, le castor d’Europe, absent des observations locales depuis près de cent ans, a été repéré le long d’un fleuve. Une redécouverte liée à l’amélioration progressive des milieux naturels. (Actu)

6. Des orangs-outans sauvés du trafic vont à l’école de la jungle

A l’Orangutan Information Centre (OIC), à Sumatra, en Indonésie, les orang-outansvictimes du commerce illégal, vont ensuite à l’école de la jungle, suivre une longue réhabilitation pour réapprendre à se nourrir seuls, construire des nids et éviter les humains avant leur réintroduction. (Mongabay)

7. Un recensement inédit du léopard des neiges au Népal

397 individus léopards des neiges ont été recensés à travers sept régions montagneuses du Népal, avec une densité moyenne de 1,56 léopard pour 100 km². Une prouesse rendue possible grâce à des années de relevés de terrain. Menacé dans les 12 pays où il est présent. Ce recensement permet d’orienter les actions de protection, notamment dans les zones non protégées où subsistent encore de nombreux léopards des neiges. (WWF)

8. Le chauffage urbain va coûter moins cher à Paris

Au 1er janvier 2027, Dalkia remplacera Engie à la tête du réseau de chaleur parisien (décision validée le 17 décembre par le Conseil de Paris), via un contrat annoncé à 15 milliards d’euros sur 25 ans. La Ville annonce une baisse des tarifs en 2027 pour 69 % des usagers. (Journal du Geek)

9. Un label pour identifier le bœuf sans déforestation au Brésil

Un nouveau label reposant sur quatre niveaux de certification pour le bœuf sans déforestation a été lancé au Brésil. Si la filière bovine brésilienne ne l’a pas encore largement adopté, les entreprises devraient progressivement s’y engager à mesure que la demande de bœuf certifié BoT augmente chez les exportateurs. Un premier pas qui amènera sans doute à quelques critiques prochainement.  (Mongabay)

10. Un tribunal suédois bloque l’abattage de loups prévu pour 2026

En Suède, un tribunal administratif a suspendu un projet d’abattage de loups prévu pour 2026, estimant que les conditions légales n’étaient pas réunies pour justifier ces tirs. La décision rappelle que le loup est une espèce strictement protégée par le droit européen et que les autorités doivent démontrer l’absence d’alternatives et l’absence d’impact négatif sur l’état de conservation de l’espèce. (30 Millions d’Amis)

Crustacés, marché et forêts millénaires : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Francis s’en est allé

Le botaniste Francis Hallé, ardent défenseur des forêts tropicales primaires

les bonnes nouvelles de Mr Mondialisation

1. Un pêcheur artisanal protège la mer face à la pêche industrielle

Paolo Fanciulli, pêcheur toscan, contraint par l’inaction des autorités face aux chaluts de fond destructeurs, a coulé environ 800 blocs de béton et sculptures sous-marines pour stopper ces pratiques qui ravagent les herbiers, restaurer la vie marine et défendre une pêche durable. (La relève et la peste)

2. Une mousse prometteuse pour purifier nos eaux

Une étude révèle que la mousse Warnstorfia fluitans et ses micro-organismes peuvent absorber des métaux lourds dans l’eau. Cette découverte offre une solution naturelle et accessible face à la pollution industrielle qui menace les communautés et l’environnement. (National Geographic)

3. Lula promeut la réduction du temps de travail

Au Brésil, le président Lula relance le débat pour une semaine de travail à 36 h sans baisse de salaire, qu’il promet de remettre en place en cas de réélection en 2026. Un projet qui répond à la souffrance des travailleurs et aux revendications syndicales pour plus de temps libre et d’égalité. (L’humanité)

4. Essor fulgurant de l’éolien et du solaire

Les énergies renouvelables explosent : éolien et solaire gagnent du terrain, offrant espoir pour l’emploi et la planète. Une avancée clef vers une transition énergétique juste, malgré les résistances politiques et industrielles. (Alternatives économiques)

5. Même aux États‑Unis, le soutien à Israël s’effrite

Un plan pro‑Israël adopté à l’ONU illustre le soutien politique de Trump, mais l’opinion américaine, surtout dans la jeunesse, se détourne de la politique pro-israélienne, défiant les lobbies traditionnels et bousculant la politique étrangère. (Le Monde diplomatique)

6. Solidarité : des bénévoles passent leur réveillon avec les sans‑abri

Face au froid, des bénévoles ont repoussé leur réveillon de Noël pour ouvrir un lieu chauffé et permettre aux personnes sans domicile de dormir au chaud, mettant en valeur la solidarité face à l’urgence sociale et l’insuffisance des réponses publiques. (Ouest-France)

7. Un tiers‑lieu nourrit les étudiants précaires

À Clermont‑Ferrand, le tiers‑lieu LieU’topie sert chaque semaine des repas bio et locaux à prix libre aux étudiants en galère, une réponse solidaire à la précarité alimentaire qui combine lutte sociale et accès à une alimentation saine. (Reporterre)

8. Brésil : victoire judiciaire pour les droits indigènes

La Cour suprême brésilienne a annulé une loi qui limitait l’accès des peuples indigènes à leurs terres ancestrales, une avancée contre le lobby agraire et pour la justice climatique et sociale, alors que leur rôle face à la déforestation reste crucial. (GoodPlanet mag’)

9. Une étudiante crée une appli pour verdir les universités

Carolina Furtado, de l’Université de Worcester, lance GreenUp, une appli qui mesure la conscience écologique des étudiants via des quiz basés sur les Objectifs de Développement Durable. Une innovation solidaire pour guider les décisions universitaires vers plus de durabilité. (BBC)

10. Des champignons pour révolutionner l’avenir de l’informatique ?

Des chercheurs ont montré que le mycélium de shiitake peut agir comme mémoire informatique, ouvrant la voie à ordinateurs bioélectroniques durables et biodégradables, moins dépendants des métaux rares et de l’énergie polluante. (Science Post)

– Simon Verdière

Solidarité, énergie, champignons : les 10 bonnes nouvelles de la semaine

Du blé contre du gravier

Pour autoriser une entreprise à tripler la surface d’extraction du site, situé sur les communes de Saint-Antoine-de-Breuilh et Vélines, la Communauté de communes consulte la population sur la mise en conformité du plan local d’urbanisme

L’entreprise Carrières de Thiviers projette d’étendre son site d’extraction de matériaux alluvionnaires, situé au sud de la route départementale 936, sur les communes de Saint-Antoine-de-Breuilh et Vélines (Dordogne), de 10,3 à 32,8 hectares (ha). Soit 22,5 ha supplémentaires, pris sur des surfaces cultivées. Les matériaux (graves) extraits seraient traités sur le site voisin de Lamothe-Montravel.

Le site avait fait l’objet d’une mobilisation d’agriculteurs de la Confédération paysanne, en janvier 2025, certains critiquant l’accaparement de terres arables dans la plaine.

Enquête publique

Pour permettre cette extension et renouveler l’autorisation d’exploitation de quinze ans, la Communauté de communes Montaigne Montravel et Gurson (CCMMG) doit mettre en compatibilité le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) et organiser une concertation préalable. L’enquête publique, qui a démarré le 15 décembre, se poursuit jusqu’au 23 janvier.

Le dossier est consultable à la CCMMG (avec registre pour toute remarque ou information), sur son site Internet (www.cdcmontaignemontravelgurson.fr) et dans les deux mairies concernées.

Le commissaire enquêteur se tiendra à la disposition du public, jeudi 8 et vendredi 23 janvier, de 14 à 17 heures à la CCMMG.

 

Perspectives et enjeux futurs

L’opposition à l’extension des carrières de granulat s’inscrit dans une tendance de fond de la société, marquée par une sensibilité croissante aux questions environnementales et une volonté accrue de participation citoyenne aux décisions d’aménagement du territoire.

Cette évolution pose plusieurs défis majeurs pour l’avenir :

  • La sécurisation de l’approvisionnement en matériaux de construction, dans un contexte de raréfaction des ressources facilement exploitables
  • La transition vers des modèles d’exploitation plus respectueux de l’environnement et mieux intégrés dans leur territoire
  • Le développement de filières alternatives (recyclage, matériaux biosourcés) pour réduire la dépendance aux granulats naturels
  • L’amélioration des processus de concertation et de prise de décision pour mieux intégrer les préoccupations de toutes les parties prenantes

Face à ces enjeux, de nouvelles approches émergent, comme le concept d’économie circulaire appliqué au secteur des matériaux de construction. Cette approche vise à optimiser l’utilisation des ressources, à minimiser les déchets et à favoriser le recyclage et la réutilisation des matériaux.

Sur le plan juridique, on peut s’attendre à une évolution progressive de la réglementation vers :

  • Un renforcement des exigences environnementales pour les projets d’extension
  • Une meilleure intégration des enjeux de biodiversité et de préservation des ressources en eau
  • Des procédures de concertation plus poussées en amont des projets
  • Une prise en compte accrue des objectifs de transition écologique dans l’évaluation des projets

Ces évolutions nécessiteront un dialogue constant entre les différents acteurs : industriels, collectivités territoriales, associations environnementales, riverains et pouvoirs publics. L’enjeu sera de construire un nouveau modèle d’exploitation des ressources minérales qui concilie les impératifs économiques, environnementaux et sociétaux.

En définitive, l’opposition à l’extension des carrières de granulat, au-delà des aspects juridiques, soulève des questions fondamentales sur notre modèle de développement et notre rapport à l’environnement. Elle invite à repenser en profondeur nos modes de construction et d’aménagement du territoire pour les rendre plus durables et respectueux des équilibres écologiques.

Nous vous invitons à rédiger votre propre message à partir de ces propositions, les commissaires enqueteurs ayant tendance à refuser les messages qui se ressemblent.

participez à la consultation

courrier à adresser à          secretariat@cdcmmg.fr

Madame, Monsieur,

L’opposition à l’extension des carrières de granulat, au-delà des aspects juridiques, soulève des questions fondamentales sur notre modèle de développement et notre rapport à l’environnement. Elle invite à repenser en profondeur nos modes de construction et d’aménagement du territoire pour les rendre plus durables et respectueux des équilibres écologiques.
Je vous invite donc à émettre un avis négatif à l’extension de cette carrière pour inciter l’entreprise à miser sur le recyclage.

Autres luttes similaires

Un collectif vent debout contre l’extension de la plus grande carrière de Bretagne, dans le Morbihan

Collectif St-Julien-Molin-Molette contre l’extension de la carrière

https://stopcarriere.noblogs.org

Vous ne casserez pas ! Résistances villageoises aux extensions de carrière

“Entendre un bruit perpétuel, ça va me rendre dingue” : les riverains de la carrière Lafarge vent debout contre le projet d’extension du site

ZAN à l’extension de la carrière de Coet Lorc h

BTP et écologie : le boom des granulats recyclés dans la construction

https://www.mycailloux-sud.com/btp-et-ecologie-le-boom-des-granulats-recycles-

Opposition à l’extension d’une carrière de granulat : Enjeux juridiques et environnementaux

OURS À COMPORTEMENT “ANORMAL OU DANGEREUX” : AVIS DÉFAVORABLE !

Avant le 30 décembre, l’ASPAS vous invite à déposer un avis défavorable au projet d’arrêté ministériel fixant “les conditions et limites dans lesquelles des mesures de conditionnement aversif des ours bruns présentant un comportement anormal ou dangereux peuvent être mises en place par les préfets”.

Avec ce projet, qui remplace le protocole “ours à problème” de 2009, les ministères de l’Écologie et de l’Agriculture entendent faciliter et accélérer la mise en œuvre des mesures d’aversion des ours bruns soupçonnés de présenter un risque pour la sécurité des personnes. En l’occurrence, ce texte concerne les individus qualifiés de soit trop “familiers”, soit trop “agressifs”.

Le projet d’arrêté apparaît très léger, puisqu’il ne fait aucune référence au protocole qu’il est censé appliquer (si ce n’est une rapide occurrence dans ses visas), ce qui interroge en outre sur la valeur juridique et contraignante dudit protocole…

Pourtant, si cet arrêté ne cadre que le volet 2 d’application pratique du protocole, il est indissociable des volets suivants qui peuvent aller jusqu’au tir létal de l’ours concerné.

Dans les faits, le “conditionnement aversif” d’un ours consiste à lui tirer des balles en caoutchouc dans les fesses en espérant qu’il modifie son comportement … L’idée derrière la manœuvre est que l’animal associe la douleur ressentie dans son arrière-train au comportement “anormal” ou “agressif” qu’on lui prête.

S’il ne s’agit pas de nier qu’un ours, à certains moments, peut potentiellement présenter un comportement inhabituel et potentiellement dangereux, surtout envers une personne qui ne sait pas comment réagir face au plantigrade, l’ASPAS alerte sur les assouplissements inacceptables prévus par cet arrêté.

En effet, contrairement à la précédente réglementation, le nouveau projet entend explicitement élargir le conditionnement aversif :

  • aux ourses accompagnées de leurs oursons (femelles suitées) ;
  • à tout individu au “gabarit semblable à l’ours visé”, qui présenterait “un comportement similaire à proximité des mêmes sites”.

De plus, il prévoit de se passer de l’avis du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel (CSRPN) de même que de celui des associations. Si l’expertise de l’OFB reste un prérequis obligatoire, la consultation optionnelle des “partenaires locaux” (lesquels précisément, rien ne le précise) laisse craindre un réel manque d’objectivité et de potentiels abus, a fortiori dans les territoires où l’acceptation sociale est loin d’être acquise.

Pour l’ASPAS, mieux vaut sensibiliser davantage la population à la cohabitation avec les ours dans les Pyrénées, communiquer sur les bons gestes à adopter en cas de rencontre inopinée avec les plantigrades, plutôt que de faciliter les mesures d’agression envers les ours, avec un protocole douloureux et traumatisant pour l’animal, et aux résultats tout à fait incertains…

Par ailleurs, les qualificatifs “familier” et “agressif” sont sujets à interprétation et risquent d’augmenter le nombre de situations subjectivement considérées comme problématiques. En outre, ils ne permettent en rien d’affirmer avec certitude qu’un ours serait plus dangereux qu’un autre pour la sécurité des personnes. Comme tout animal sauvage, s’il est surpris, un ours peut potentiellement adopter à n’importe quel moment une réaction de défense, et pas seulement lorsqu’il se nourrit ou qu’il est en repos, comme décrit dans le projet d’arrêté.

Pour toutes ces raisons, l’ASPAS appelle à déposer un avis défavorable à ce projet. en cliquant sur les liens ci-dessous

participez à la consultation

https://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/spip.php?page=article&id_article=3287 

ou directement sur ce lien si votre texte est déjà prêt

PAYS DE L’ours : Consultation publique sur les nouvelles modalités de gestion des « ours à problèmes »

FERUS : Ours brun : un projet d’arrêté avec de trop nombreuses insuffisances

Indiquez bien « avis défavorable » dans le titre de votre commentaire. Nous vous recommandons de ne pas copier-coller ces arguments afin de personnaliser votre message. Vous pouvez bien-sûr vous en inspirer.