NDDL – Pour un développement de tous les territoires de l’Ouest

Communiqué de presse du CéDpa – Lundi 3 décembre 2012
Les « grands élus » ont exprimé leurs inquiétudes sur le devenir de l’Ouest. Selon eux, la création de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes serait nécessaire pour le développement du grand Ouest, ajoutant qu’ils ne veulent pas que l’Ouest devienne le Larzac. Ces arguments caricaturaux masquent les réels atouts et les véritables difficultés de l’Ouest de la France. Des « petits élus » membres du CéDpa, collectif d’élu-e-s opposé-e-s au projet de Notre-Dame-des-Landes souhaitent aussi faire partager leurs analyses et propositions pour un développement de tous les territoires de l’Ouest.

Notre région dispose d’une attractivité évidente. Dans les enquêtes auprès des personnes qui souhaitent vivre dans l’Ouest, l’équilibre territorial avec des villes moyennes et des territoires ruraux est souvent exprimé comme un avantage. Cette forme d’aménagement du territoire est effectivement un atout majeur. Toutefois, cette situation est aujourd’hui fragilisée. Nous assistons à un renforcement des déséquilibres entre les territoires (population et emplois). Une étude récente du Conseil Régional de Bretagne a mis en évidence les écarts de dynamiques économiques entre l’Ouest breton en difficulté (Finistère, Côte d’Armor, le nord du Morbihan) et les régions de l’est et du sud (allant de Rennes à Vannes en passant par Nantes). Des difficultés sont aussi constatées dans les Pays de la Loire (Mayenne, nord Sarthe, Pays de Châteaubriant). Cette situation a des conséquences sur l’emploi, les activités commerciales et le maintien des services publics.

Nous n’avons pas besoin d’un nouvel aéroport

Des associations et groupes politiques opposés au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ont formulé à plusieurs reprises des propositions. Elles visent à construire un développement équilibré des régions Bretagne et Pays de la Loire. Ces propositions reposent sur le maintien et la mise en réseau des villes de l’Ouest. Ces villes géographiquement bien réparties facilitent les synergies entre territoires ruraux et urbains. En matière de déplacement, l’enjeu principal est de faciliter les déplacements par des transports collectifs efficaces. Concernant les structures aéroportuaires, nous proposons de spécialiser les aéroports existants par destination. Cette spécialisation et rationalisation des plateformes pourraient par exemple facilement être organisées pour les vols vacances et charter. A noter que cela ne changerait pas fondamentalement les temps moyens d’accès aux aéroports pour les populations de l’Ouest.

Les porteurs du projet d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes construisent leur raisonnement sur une logique de concentration des infrastructures, des emplois et des populations. Cette politique renforcerait les déséquilibres entre les territoires. La métropole nantaise agissant comme une pompe aspirante des ressources et des investissements (pour partie sur financement public). Parallèlement, les territoires les plus éloignés rencontreraient de grandes difficultés (perte d’emploi, déclin démographique…). Nous devrions alors augmenter les subventions de compensation versées à ces territoires en difficultés. Ce schéma est une impasse pour les populations de l’Ouest. Il n’est pas souhaitable d’organiser le développement de l’Ouest en augmentant la concurrence entre les territoires : les uns se développant au détriment des autres.

Le projet d’aéroport n’apporte pas de service supplémentaire. Certains prétendent que ce projet inciterait des entreprises, mondialisées dans leur activité, à s’installer ou à rester dans la région Ouest. Ceci est une illusion, puisque les pistes seraient de la même longueur que celle de l’aéroport de Nantes Atlantique. L’A380 ne s’y poserait donc pas, et les destinations possibles seraient les mêmes. Le seul changement serait géographique en compliquant l’accès pour les entreprises et les populations du Sud Loire.

En matière d’économie et d’emploi, l’argument des 2000 emplois créés grâce à Notre-Dame-des Landes est à reconsidérer. Il s’agit d’emplois délocalisés (Nantes Atlantique, voire Rennes Saint-Jacques…) et non pas de création nette d’emplois. La dynamique économique de l’Ouest de la France n’est pas liée à la création d’un nouvel aéroport. Les enjeux sont ailleurs. La liste des secteurs d’activités à enjeu et en mutation est longue (agriculture et agroalimentaire, chantier naval, automobile, électronique et télécommunications….). Ce sont les évolutions et mutations de ces activités qui contribueront au développement de l’emploi dans le grand Ouest.

Il est nécessaire de mettre les territoires en réseau.

Les budgets sont contraints. Les politiques publiques doivent donc porter sur des investissements utiles pour les populations et pour l’économie des territoires. En matière de transport, les besoins de l’Ouest sont réels. Il faut améliorer les liaisons entre les villes. De nombreux exemples illustrent les carences régionales en la matière. A ce jour, il n’existe pas de liaison satisfaisante (train ou bus) entre Rennes et Nantes. Les deux régions et départements concernés pourraient avec peu de financement améliorer la situation existante à partir des infrastructures existantes. La ligne de train Angers-Nantes est saturée (par les TGV et les TER), le conseil régional des Pays de Loire doit investir sur cet axe très fréquenté. Il y a donc mieux à faire que de dépenser plusieurs centaines de millions d’euros dans un projet inutile.

La question des politiques d’accompagnement du développement de l’Ouest est importante. De nombreux membres du CéDpa sont élus de petites communes de l’ouest de la France. Ils sont tous conscients des enjeux liés aux développements des territoires de Bretagne et Pays de la Loire. Nous souhaitons contribuer au débat sans être oubliés.

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