PARCE QU’IL N’Y AURA PAS D’AÉROPORT (TEXTE DES 6 POINTS SUR L’AVENIR DE LA ZAD)

Ce texte en 6 points a pour but de poser les bases communes nécessaires pour se projeter sur la zad une fois le projet d’aéroport définitivement enterré. Il a été réfléchi au sein d’une assemblée régulière ayant pour objet de penser à l’avenir des terres une fois le projet d’aéroport abandonné. Assemblée qui regroupe des personnes issues des différentes composantes du mouvement de lutte. Ce texte a été longuement débattu, à plusieurs reprises, dans de multiples composantes et espaces d’organisation du mouvement.
Nous défendons ce territoire et y vivons ensemble de diverses manières dans un riche brassage. Nous comptons y vivre encore longtemps et il nous importe de prendre soin de ce bocage, de ses habitant-e-s, de sa diversité, de sa flore, de sa faune et de tout ce qui s’y partage.
Une fois le projet d’aéroport abandonné, nous voulons :

1. Que les habitant-e-s, propriétaires ou locataires faisant l’objet d’une procédure d’expropriation ou d’expulsion puissent rester sur la zone et retrouver leur droits.

2. Que les agriculteurs-ices impacté-e-s, en lutte, ayant refusé de plier face à AGO-VINCI, puissent continuer de cultiver librement les terres dont il-elles ont l’usage, recouvrer leurs droits et poursuivre leurs activités dans de bonnes conditions.

3. Que les nouveaux habitant-e-s venu-e-s occuper la zad pour prendre part à la lutte puissent rester sur la zone. Que ce qui s’est construit depuis 2007 dans le mouvement d’occupation en termes d’expérimentations agricoles hors cadres, d’habitat auto-construit ou d’habitat léger (cabanes, caravanes, yourtes, etc.), de formes de vies et de luttes, puisse se maintenir et se poursuivre.

4. Que les terres redistribuées chaque année par la chambre d’agriculture pour le compte d’AGO-VINCI sous la forme de baux précaires soient prises en charge par une entité issue du mouvement de lutte qui rassemblera toutes ses composantes. Que ce soit donc le mouvement anti-aéroport et non les institutions habituelles qui détermine l’usage de ces terres.

5. Que ces terres aillent à de nouvelles installations agricoles et non agricoles, officielles ou hors cadre, et non à l’agrandissement.

6. Que ces bases deviennent une réalité par notre détermination collective. Et nous porterons ensemble une attention à résoudre les éventuels conflits liés à leurs mise en oeuvre.

Nous semons et construisons déjà un avenir sans aéroport dans la diversité et la cohésion. C’est à nous tout-e-s, dès aujourd’hui, de le faire fleurir et de le défendre.
Acipa, Coordination des opposants à l’aéroport, occupant.e.s de la zad, copain 44, naturalistes en lutte.

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6 réflexions au sujet de « PARCE QU’IL N’Y AURA PAS D’AÉROPORT (TEXTE DES 6 POINTS SUR L’AVENIR DE LA ZAD) »

  1. Je n’ai pas ressenti l’habituelle détermination du gouvernement dans son communiqué, plutôt l’impression d’une déception, celle de ne pas voir l’artiste Vinci se mettre à l’ouvrage. Mébon, ce serait être mauvais perdant pour l’État que de pérorer, en la circonstance.

    Pourvu, donc, que l’accumulation de gendarmes dont il est question aujourd’hui ne soit pas le préambule à volte-face orchestrée à l’avance : http://www.lemonde.fr/planete/article/2018/01/12/notre-dame-des-landes-la-gendarmerie-se-prepare-a-une-operation-d-ampleur_5240937_3244.html

  2. Très heureux de cette décision gouvernementale si tardive, nous allons rester attentifs et vigilants sur l’avenir de la zad. Marie-Pierre Chevrier

  3. Le point 6 doit être essentiel. Vous ne pouvez pas, devez pas, sous-estimer le fait, la certitude, qu’il y aura des conflits, et peut-être hélas des conflits encore majeurs!
    A résoudre avec le maximum de “douceur” (trouvez le vocabulaire qui convient !) par les ZADistes. L’adversaire est musclé, lui!

    • Il est musclé en effet, et apparaît aussi caricatural lorsqu’il demande d’évacuer la ZAD en moins de 3 mois. Si le “D” de ZAD veut dire “différé” pour l’État, alors ça devrait valoir aussi pour la solution.
      Maintenant, l’État peut considérer que ce “D” peut aussi être celui de “dialogue” avec celles et ceux qui se sont engagés dans cette action qui a –judicieusement– différé le projet, tellement qu’aujourd’hui les conditions ne sont plus réunies pour….

  4. Ce n’est pas d’un déploiement de gendarmes que ce territoire a besoin,
    mais d’un engagement du Ministre Nicolas Hulot pour construire et reconstruire avec toutes les parties prenantes qui portent des projets et souhaitent y participer.
    Une belle occasion de démontrer des actions POSITIVES avec et par les citoyens, coordonnées et soutenues par le Ministre.

  5. C’est évident que cette “ZAD” pour construire cet aéroport aurait été un vérita
    ble appel d’air pour tout un panel d’autres projets de “ZAE” et l’ensemble au
    rait certainement atteint la taille de ce que l’aéroport de Roissy-CDG a entraî
    né au Nord de Paris…Et il ne faut pas oublier aussi l’attractivité économique de l’aéroport de Beauvais…A NDDL,il y aurait eu connexion avec le TGV Aqui
    taine + TER avec la Bretagne,les Pays-de -Loire,la Vendée…Bref,cette ZAD
    serait devenue une zone tentaculaire pour toutes les régions alentours,ce qui
    n’aurait pas manqué de “vider” les bassins économiques tout à son profit…
    Et il y a fort à parier que les aléas climatiques en provenance du continent
    américain auraient également affecté le fonctionnement de cet aéroport(tem
    pêtes tropicales)…Mais j’ai comme l’impression que ce renoncement-à réali
    ser cet aéroport-n’est que partie remise…On devrait en avoir un aperçu à l’ho
    rizon du prochain quinquennat présidentiel…En effet,une fois construit,il pour
    rait être suivi d’une “exposition universelle”,si ce n’est de JO…

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