Tro Breizh algues vertes 2016 : revue de presse

Plages bretonnes : Attention, les algues vertes sont toujours là

Les algues vertes, ce n’est pas de l’histoire ancienne… Bien au contraire ! C’est le message que veulent faire passer les associations écologistes de la Coordination verte et bleue. Elles étaient sur la plage du Ris, à Douarnenez, ce mercredi.
Les cinq associations de la Coordination verte et bleue, qui luttent contre la prolifération des algues vertes, font en ce moment leur “Tro Breizh Marées Vertes 2016”,  un tour des plages concernées qu’elles effectuent cet été pour sensibiliser touristes et riverains au problème. Car même si vous n’en avez peut-être pas vu beaucoup cette année, les algues vertes, liées au taux de nitrates dans l’eau, sont toujours bien présentes.

En baie de Douarnenez, par exemple, selon où l’on se trouve, les plages sont encore envahies cette année : “On a Trezmalaouen qui depuis début juin est presque tout le temps couverte d’algues vertes, et si vous continuez, vous allez trouver Sainte-Anne côté Tréfeuntec, Ty Anquer, Lestrevet, qui sont couvertes sur plusieurs hectares”, soupire Jean Hascoët, le président de Baie de Douarnenez environnement.
Une stagnation, mais pas forcément de mieux
Selon lui, on ne peut pas parler d’amélioration. L’été dernier, “6000 tonnes d’algues ont été ramassées sur les plages bretonnes, c’est dans la moyenne depuis une trentaine d’années”. L’autre moyen de constater un mieux, c’est de regarder le taux de nitrates dans l’eau. Des efforts ont été faits, mais ce n’est pas suffisant, pour Gildas, lui aussi membre de l’association.
On est passé de 45 miligrammes à 35. Mais les scientifiques disent qu’il faudrait passer en dessous de 10. On est loin du retour à la normale.
Aujourd’hui, personne ne nie le fait que les algues vertes sont liées à la pollution aux nitrates, mais les militants déplorent qu’elles soient presque rentrées dans les moeurs. Selon eux, même les entreprises chargées du ramassage ne se protègent pas correctement. Ils signalent aussi que certains panneaux obligatoires à l’entrée des plages,pour prévenir des dangers des algues vertes, ont disparu.
Sur certaines plages, on voit des enfants jouer, des parents se baigner, des chiens errer dans les algues. Cela nous inquiète beaucoup.
Magali Fichter France Bleu

Jean Hascoët, président de Baie de Douarnenez Environnement via France Bleue

Algues vertes. Le Cap-Coz en exemple

le Cap Coz 09-10-2016

Cette semaine, les associations de la Coordination verte et bleue invitent le grand public à une « Pause Radio » sur quatre plages du littoral breton. Mardi après-midi, l’auditorium forain s’est installé au Cap-Coz, à l’occasion de la 1r e escale de son « Tro-Breizh Marées vertes 2016 ». Ce mardi, on le retrouve plage du Ris, dans la Baie de Douarnenez. La manifestation adopte pour fil rouge l’écoute du reportage radiophonique d’Ines Leraud, baptisé « Algues vertes, le déni » et diffusé dans le Journal Breton de France Culture. Estivants et Fouesnantais font halte et viennent à la rencontre des militants qui leur expliquent leur démarche. « Les associations du collectif entendent participer activement au Plan Algues Vertes. Nous militons pour le changement des pratiques agricoles, seule condition pour sortir des marées vertes et des pollutions associées, de la source à la mer ».

Contre les algues vertes et les algues bleues Sur le sable du Cap-Coz, l’Association pour la Sauvegarde du Pays fouesnantais (ASPF), Baie de DouarneneZ Environnement (BDZE), Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor, Sous le Vent les Pieds sur Terre-Trébrivan et le Comité de soutien à la famille Morfoisse souhaitaient ainsi faire entendre leur voix et leur combat contre la prolifération des algues vertes sur les plages et des algues bleues dans les plans d’eau douce en Bretagne. « On n’a pas atteint les objectifs » Vincent Esnault (ASPF) peste contre l’arrêt du Plan Algues Vertes. « L’État réclame une année de transition en 2016 pour l’ensemble des plans, avant de repartir pour une nouvelle action 2017-2021. Le discours officiel, c’est : tout va bien. Mais ce n’est pas la réalité. Certes, le taux de nitrate a baissé, mais pas suffisamment. On n’a pas atteint les objectifs fixés par le plan ». Des propos confirmés par Jean Hascoët, président de BDZE. « Cette semaine, c’est chaud bouillant. Certains secteurs sont particulièrement touchés, comme Sainte-Anne-La-Palud ». Lorsque l’on constate le peu d’algues vertes sur la plage du Cap-Coz, Vincent Esnault affirme : « Dans la Baie de La Forêt, c’est à partir du mois de septembre ». Erwan Chotard est secrétaire de l’association costarmoricaine Sous le Vent les Pieds sur Terre-Trébrivan, dont la raison d’être est la lutte contre une exploitation porcine que les militants surnomment la « ferme des 1.000 truies ». « Nous nous battons contre l’excès de phosphore produit par l’exploitation et les algues bleues dans nos cours d’eau. Les terres sont lessivées, plus de pêche. Une situation qui a pris forme avec le remembrement ». Les prochaines escales Les prochaines escales du « Tro-Breizh Marées vertes 2016 », à partir de 14 h 30 : aujourd’hui, plage du Ris, dans la Baie de Douarnenez ; demain, plage de Plestin-Les-Grèves, dans la Baie de Lannion ; vendredi, plage de Val-André, dans la Baie de Saint-Brieuc. André Ollivro et Yves-Marie Le Lay, auteurs du livre « Les marées vertes tuent aussi », seront présents à l’occasion des deux derniers rendez-vous.

Algues vertes. Opération sensibilisation au Ris

le ris

Hier, sur la plage du Ris, le collectif associatif Coordination Verte et Bleue a sensibilisé les passants à un problème qui dure dans la baie de Douarnenez : l’accumulation des algues vertes. Le débat dure depuis les années 1970, lorsque la prolifération d’algues vertes a commencé sur les côtes bretonnes : comment lutter contre les marées vertes, ces amas d’algues vertes visibles sur les plages et provenant d’un excès de nitrates ? Hier, sur la plage du Ris, six associations regroupées sous l’appellation Coordination Verte et Bleue ont sensibilisé les passants à cette problématique.

Pour la première fois, le collectif a organisé un Tro Breizh Marée Vertes, tour des plages de Bretagne qui a donc fait escale au Ris, hier. Pause radio L’occasion pour la vingtaine de participants de réécouter, sur des transats disposés sur le sable, un reportage radio baptisé « Algues vertes, le déni », diffusé sur France Culture en juin.
Sylvie Gourdon et Alain Uguen au Ris le 10-08-2016

« J’habite à Sainte-Anne la Palud depuis huit ans et la plage a toujours été verte. Nous avons beaucoup de problèmes là-bas », se plaint Eva. La plage de Plonévez-Porzay tout comme celles du Ris et de Trezmalaouen, à Kerlaz, sont particulièrement touchées par les algues vertes. « Au Trezmalaouen, j’ai vu des gens patauger dans les algues ! Nous avons écrit au maire de Kerlaz pour lui demander de fermer la plage », assure Jean Hascoët, président de l’association Baie de Douarnenez Environnement. Autre revendication de la Coordination Verte et Bleue : le retour du panneau obligatoire concernant la dangerosité des algues vertes sur la plage du Ris. Car les amas d’algues vertes en décomposition émettent des gaz toxiques, notamment de l’hydrogène sulfuré. Un gaz qui peut être dangereux pour la santé. Changement agricole « Avec ce Tro Breizh Marées Vertes, notre objectif est d’alerter les citoyens et les décideurs sur ce problème qui, selon, nous, n’est pas suffisamment bien traité », poursuit Jean Hascoet. On y arrivera que si un changement des pratiques agricole s’opère. Même si certains agriculteurs prennent conscience du problème et changent, la plupart sont davantage dans l’intensification agricole que dans le changement ». L’excès de nitrates provoquant l’apparition des algues vertes provient essentiellement des activités agricoles et notamment de l’épandage d’engrais azoté. Azote qui se répand ensuite dans l’eau. Mais ce n’est pas la seule cause. Les problèmes d’assainissement collectif et de station d’épuration ainsi que la géomorphologie de la baie facilitent la présence de ces algues. Le danger de l’intensification « Il faut arrêter de nous taper dessus, le problème des algues vertes ne vient pas que de nous », s’agace Bernard, éleveur dans la baie. « Je reconnais que les nitrates sont un problème et comme moi, beaucoup de petits agriculteurs passent au système de pâturage pour utiliser moins d’intrants. Ce sont les gros exploitants, lancés dans la course à l’intensification, qui polluent ! » Pour lutter contre les marées vertes, un plan a été adopté en 2010 dans les huit baies françaises catégorisées « algues vertes ». Parmi elles, celle de Douarnenez, où la concentration de nitrates était en moyenne de 29 mg par litre en 2014-2015, selon l’établissement public de gestion et d’aménagement de la baie de Douarnenez (Epab). Une baisse de 24 % comparée à 2009-2010, mais qui reste en deçà des objectifs fixés par le plan algues vertes, préconisant une baisse d’au moins 30 % des flux de nitrates à l’horizon 2.015.

© Le Télégramme – Plus d’information sur

La Croix : Assiste-t-on à un recul des algues vertes en Bretagne ?

La pollution aux algues vertes, moins visible qu’à d’autres périodes, est toujours présente sur les plages bretonnes et sur d’autres sites, en Poitou-Charentes et en Normandie.
Ces marées vertes générées par l’agriculture intensive dépendent aussi des conditions météorologiques. Pour éradiquer le phénomène, il faudrait modifier en profondeur le modèle de production agricole.

« Les niveaux restent élevés, et la pollution s’étend »
EXPLICATION de Patrick Durand, directeur de recherche à l’Inra

« La qualité des eaux s’améliore grâce à la baisse des concentrations en nitrates, à l’origine des algues vertes en Bretagne. Depuis une quinzaine d’années, on constate dans toute la région une stabilisation puis un recul net, de l’ordre de 20 à 30 %, de ces nitrates liés à l’agriculture. Le Plan de lutte contre les algues vertes, lancé en 2010, a permis de généraliser des actions d’amélioration des pratiques agricoles dans certaines zones, et de créer une prise de conscience des agriculteurs dans d’autres. Il fera l’objet d’un bilan dans quelques mois.
On ne peut cependant pas dire qu’il y a un recul du phénomène. Les marées vertes concernent principalement la partie ouest des Côtes-d’Armor, la baie de Douarnenez, la baie de Fouesnant et la côte nord du Finistère. Les tonnages d’ulves collectées (1) ont été de 40 000 tonnes en 2015 contre 42 000 en 2006. Certes, les records régulièrement atteints au début des années 2000 n’ont pas été battus. Mais les niveaux observés à l’heure actuelle sont relativement élevés, notamment dans les baies les plus polluées. Et il y a même une extension géographique à certains sites, en Poitou-Charentes et en Normandie.

Il y a donc un paradoxe : malgré la diminution des concentrations en nitrate, les marées vertes ne refluent pas. Pourquoi ? Parce que le phénomène est multifactoriel. Les paramètres météorologiques jouent un rôle essentiel et entraînent de grosses variations d’une année sur l’autre. Et puis nous n’avons pas encore atteint un niveau en nitrates suffisamment bas pour limiter la prolifération des algues vertes. Aujourd’hui, selon les baies, les concentrations varient entre 25 et 60 mg/litre. D’après les spécialistes du CEVA et de l’Ifremer, il faudrait descendre à moins de 20 mg/litre, voire moins 10 mg/l dans certains endroits, avant de constater un recul significatif.
Pour y arriver, l’amélioration des pratiques agricoles engagée depuis plus de 15 ans doit se poursuivre, mais elle ne suffira pas. Il faudra diminuer encore la pression de l’activité agricole sur l’environnement. Des exploitations devront être reconverties en espaces naturels et de nouveaux modèles agricoles économes en azote, comme le bio ou les productions labellisées, devront être généralisés.
Or ces modèles ne sont pas compatibles avec l’organisation actuelle de l’agriculture bretonne, basée sur une production de masse à bas coût, peu rémunératrice pour les exploitants. L’introduction de productions de qualité ne permettrait plus de fournir des denrées à prix très bas. La société est-elle prête à accepter ces changements ? La question du choix entre le maintien du système actuel et l’amélioration de la qualité de l’environnement pour se débarrasser des algues vertes n’a pas vraiment été posée. »
Recueilli par Raphaël Baldos

(1) Chiffres de la Mission interdépartementale et régionale de l’eau (MIRE).
(2)

France3 Bretagne journal du 10 aout 19/20 à partir de 3 min 45

Pétition : Thierry Morfoisse mort en transportant et déchargeant des algues vertes en décomposition

cyberaction N° 688: Nutréa-Triskalia planète positive aux pesticides ?

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Une réflexion au sujet de « Tro Breizh algues vertes 2016 : revue de presse »

  1. La forte concentration d’élevages porcins en Bretagne est en grande partie responsable de la production d’algues vertes et c’est la raison que j’invoque pour refuser de manger de la viande de porc. GillesDriat

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