CONSTRUCTION D’UN SITE PISCICOLE ET D’UN ATELIER DE TRANSFORMATION DE SAUMONS

prendre-vous du saumon pour les fêtes

L’enquête publique sur le projet controversé de ferme aquacole porté par Pure Salmon, au Verdon-sur-Mer, en Gironde, a officiellement débuté ce lundi 15 décembre. Habitants et parties prenantes sont invités à faire part de leurs observations jusqu’au 19 janvier 2026  sur ce projet industriel d’envergure, qui suscite déjà de vives inquiétudes environnementales et sanitaires.

https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/gironde/bordeaux/10-000-tonnes-de-saumons-par-an-et-24-bassins-d-elevage-l-enquete-publique-est-ouverte-sur-ce-projet-pharaonique-de-ferme-usine-tres-controverse-3267518.html

Le projet déclaré fin octobre “recevable sur la forme” par les services instructeurs de l’État vise la création d’une ferme d’élevage intensif destinée à produire 10 000 tonnes de saumon par an, réparties dans 24 bassins d’élevage installés sur la terre et assortie d’un site d’abattage et de transformation. Un projet qui crée de nombreuses inquiétudes d’un point de vue environnemental.

“Accidents majeurs” et “usines qui brûlent”

Pour Maxime de Lisle, cofondateur et directeur de Seastemik, une ONG de protection des océans, la ferme aquacole pose déjà question par sa taille. “Ce sont des usines, qui à cette échelle, n’ont été mises en œuvre nulle part ailleurs dans le monde”, souligne le dirigeant. Et à chaque fois, les tests se sont soldés par des accidents qui sont majeurs. À chaque fois, ce sont des usines qui brûlent et des déversements de chlorures de fer dans les mers.”

Le projet d’usine, dont l’emprise serait de 14 hectares au sein du Parc naturel régional du Médoc, a fait l’objet d’un avis de la Mission Régionale d’Autorité environnementale de Nouvelle-Aquitaine.

Nous devons stopper cette fuite en avant, avant qu’elle ne cause des dommages irréversibles aux écosystèmes, aux animaux et aux communautés humaines.

Les ONG Seastemik et Foodrise

Au-delà des risques d’accident, l’instance avertissait en août 2024 concernant la préservation des ressources en eau potable. Alors que le territoire est régulièrement en stress hydrique, la Mission Régionale mettait en garde contre “un système global […] nécessitant un apport en continu en eau neuve quasi équivalent de 6 500 mètres cubes par jour”. Un flux entrant problématique donc pour un flux sortant qui pose tout autant question.

Le site industriel prévoit en effet de produire 27 tonnes de boues par jour, dont le convoi vers une usine de méthanisation ne serait pas sans incidence en termes de transport. Des points d’interrogation auxquels l’Autorité environnementale enjoignait les porteurs de projet de répondre en “précisant les solutions alternatives en cas de situation accidentelle” et en “quantifiant le nombre de tonnes d’azote rejetées dans l’estuaire”. Pour Maxime de Lisle, pas de doute au vu de l’étude de projets similaires. “Avec de tels rejets, c’est évidemment la qualité de l’eau qui est menacée” renchérit le directeur de Seastemik, qui en association avec l’ONG Foodrise a publié un rapport sur les dégâts causés par l’élevage hors sol des saumons.

le PDF est visible à l’adresse

https://www.cyberacteurs.org/pdf/foodrise-salmononl_83.pdf

Les recherches menées par Foodrise et Seastemik révèlent que l’élevage intensif terrestre de saumons est un désastre environnemental et social. C’est la nouvelle frontière de l’élevage industriel.

L’expansion des installations terrestres ne fera qu’approfondir les impacts déjà existants de la production de saumon, en augmentant la demande de poissons sauvages pour l’alimentation et en déclenchant une cascade d’autres dommages pour l’environnement, la faune, le bien-être animal et les communautés.

Les décideurs européens et britanniques doivent agir dès maintenant pour mettre un terme à la propagation de cette technologie destructrice avant qu’elle ne s’installe.

L’avis de GÉNÉRATION ECOLOGIE NOUVELLE AQUITAINE

Aujourd’hui, nous ne sommes pas seulement réunis pour dire “non” à un projet. Nous sommes réunis pour dire “oui” à la raison, à la santé environnementale et à l’avenir de notre territoire.

Le projet “Pure Salmon” n’est pas une solution, c’est un mirage. Un mirage destructeur, énergivore, et profondément déconnecté des réalités d’aujourd’hui et de demain.

Nous sommes en 2025, le monde brûle, et pourtant, on nous propose là une usine à saumons géante, produisant 10.000 tonnes par an, un volume encore jamais réalisé, symbole de cette folie croissantiste qui pense encore pouvoir construire notre avenir sur l’exploitation sans limite des ressources, et au mépris de tous les équilibres.

Pure Salmon fait cas d’école en matière de non-sens écologique et social. Illustration en 5 faits et chiffres :

• 100 GWh par an : c’est la consommation électrique de ce projet. C’est l’équivalent de celle de 45 000 habitants. Une ville entière. Une ville qui elle, abrite des écoles, des hôpitaux, des vies. Pas des bassins surpeuplés où des saumons agonisent à 70 kg par mètre cube.

• L’eau potable, cette ressource vitale, est jugée, par la Commission Locale de l’Eau, comme menacée par ce projet. On nous parle de prélèvements massifs dans la nappe de l’estuaire, alors que nos nappes phréatiques sont déjà sous tension. On nous parle aussi de rejets liquides chargés d’azote et de médicaments, alors que nos rivières étouffent sous les algues et les polluants.

• 16 degrés : c’est la température maximale que supportent les saumons en élevage. Or, l’eau de la nappe, à 15-16°C, est déjà proche de cette limite létale. Alors que fera-t-on lors des pics de chaleur de plus en plus fréquents ? Refroidira-t-on l’eau à grands frais, (avec au besoin des groupes électrogènes qui émettent 18 fois plus de CO₂ que le réseau électrique) ? À l’heure où chaque kilowatt doit être économisé, où chaque gramme de CO₂ compte, c’est une insulte à l’intelligence collective.

• 250 emplois, c’est ce que promet Pure Salmon. Mais qui peut croire à ces chiffres miracles ? La réalité se situe bien plus certainement autour de 70 emplois seulement. 70 emplois précaires, mécanisés, jetables, là où il faudrait 8.000 artisans et artisanes de la pêche et de la conchyliculture pour produire les mêmes volumes, avec des pratiques qui, elles, nourrissent les territoires sans les détruire.

• Et puis, il y a les camions. Une dizaine par jour pour transporter le saumon, indique Pure Salmon. Mais où sont passés les dizaines d’autres ? Ceux qui amèneront les aliments, ceux qui évacueront les déjections ? Des kilomètres de pollution, des embouteillages, du bruit, de la fatigue pour nos routes et nos villages. Sans compter que ces saumons seront nourris avec des farines de poissons pêchés dans des pays en développement, volant ainsi la ressource des communautés locales.

C’est ça, le monde qu’on nous propose ? Un monde où l’on sacrifie la qualité de l’emploi local, de l’eau, et le climat sur l’autel du profit à court terme ?

Pourtant, des alternatives existent.

Nous ne sommes pas contre l’aquaculture. Nous sommes pour une aquaculture intelligente et soutenable, comme l’élevage de truites de mer en petites unités locales, ou de coquillages à forte valeur ajoutée comme les ormeaux, qui permettent moins de camions, moins de pollutions et plus de résilience. Des emplois ancrés, une activité qui régénère au lieu de piller.

Le choix est entre nos mains. “Pure Salmon” n’est pas une fatalité. C’est un choix : celui d’un modèle qui nous affaiblit, ou celui d’un avenir qui nous rend plus forts.

L’enquête publique est ouverte ce jour et jusqu’au 19 janvier. Chaque avis compte. Exigeons des études sérieuses.
Soutenons les alternatives. La Gironde n’est pas à vendre. Elle est à défendre. Alors levons-nous. Mobilisons-nous. Protégeons ce qui nous unit : cette terre, cette eau, cet avenir commun.

Rappel NON au projet d’usine à saumons de Plouisy

la méga-usine de saumons prévue par Smart Salmon à Plouisy est définitivement abandonnée ! Face à la mobilisation acharnée de citoyen·nes, de collectifs comme Dourioù Gouez, d’associations environnementales et d’élu·es locaux engagés, les promoteurs norvégiens ont dû jeter l’éponge. Cette victoire prouve une fois de plus que les luttes locales peuvent faire plier les géants industriels, et qu’aucun combat n’est jamais perdu d’avance !
https://www.cyberacteurs.org/archives/bilan.php?id=4337

Nous vous invitons à faire vos courses dans les différents avis proposés ci-dessus et d’autres qui viendraient compléter ceux-ci dans les commentaires de notre blog et à déposer votre propre texte sur le registre numérique.

participez à la consultation

https://www.registre-numerique.fr/construction-elevage-saumon-verdonsurmer/deposer-son-observation

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5 réflexions au sujet de « CONSTRUCTION D’UN SITE PISCICOLE ET D’UN ATELIER DE TRANSFORMATION DE SAUMONS »

  1. • 100 GWh par an : l’équivalent d’une ville de 45 000 habitants. Pour des bassins surpeuplés où des saumons agonisent à 70 kg par mètre cube, dans les conditions sanitaires qui sont celles de toutes les concentrations.

    • L’eau potable est menacée par ce projet, selon la Commission Locale de l’Eau. Avec des nappes phréatiques déjà sous tension, des prélèvements massifs dans la nappe de l’estuaire sont prévus. À ceci s’ajouteront les rejets liquides chargés d’azote et de médicaments, alors que nos rivières étouffent sous les algues et les polluants.

    • 16 degrés est la température maximale que supportent les saumons en élevage. L’eau de la nappe, à 15-16°C est déjà proche de cette limite létale. Lors des pics de chaleur de plus en plus fréquents, refroidira-t-on l’eau à grands frais, (avec au besoin des groupes électrogènes qui émettent 18 fois plus de CO₂ que le réseau électrique) Sérieusement, c’est ça le projet ? Alors que chaque gramme de CO₂ compte, c’est une insulte à l’intelligence collective.

  2. dire “oui” à la santé environnementale et à l’avenir de notre territoire

    dire “non” à une usine à saumons géante, produisant 10.000 tonnes par an, dans l’exploitation sans limite des ressources , au mépris de tous les équilibres

    enfin dire “non” quand la Commission Locale de l’Eau la juge menacée , dans l’utilisation projetée, alors qu’elle reste et demeure ressource vitale

  3. C’est un projet d’industrie agricole porté par un fond d’investissement dont l’objectif est la rentabilité au détriment de la faune, de la flore et de l’eau. Encore une fuite en avant agro-industrielle à l’opposé du vivant, une aberration.

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