Arrêt du nucléaire, énergie de destruction massive : tous au rassemblement 1er & 2 octobre 2016

Pourquoi cette mobilisation
Le CAN-Ouest réunit des associations, partis politiques et individuel(les), tous conscients des disfonctionnements et des conséquences du nucléaire sur le plan de la santé, de l’économie, de la préservation de l’environnement. Actuellement, les risques pour la filière nucléaire s’accroissent à grande vitesse et par voie de conséquence pour l’environnement et nous-même.
ARÉVA plonge dans un gouffre financier dû pour partie à des acquisitions ”foireuses” de soit-disant mines d’uranium mais aussi par les 7 années de retard sur le chantier de l’EPR d’Olkiluoto (Finlande). La baisse du marché du retraitement aggrave son déficit.
EDF a pendant des années acquis des compagnies étrangères et donc mobilisé ses réserves financières. Depuis la catastrophe de Fukushima, EDF doit adapter ses centrales aux nouvelles normes et entame ”le grand carrénage” (ou ”le grand rafistolage”) pour un coût annoncé de 55 milliards d’€. Pour sauver le soldat ARÉVA, le gouvernement demande à EDF de lui racheter sa branche ”réacteur” pour 2,5 milliards d’€. Le projet des deux EPR d’Hinkley Point (Grande Bretagne) est tellement colossal (23,2 milliards d’€) que le directeur financier d’EDF, Thomas PIQUEMAL, a démissionné le 7 mars 2016. Et la valeur EDF continue inexorablement de tomber à la bourse.
Si on rajoute à cette collection de désastres qui seront très lourds de conséquences, tous les autres chantiers nucléaires en France – le projet de centre d’enfouissement des déchets nucléaires à BURE, le chantier ”Astrid” à Marcoule et ”ITER” à Cadarache, il y a de quoi réagir.
C’est ce que fait le CAN-Ouest en appelant les français à se rassembler à Flamanville pour mettre un point d’arrêt à cet engrenage et emballement.

affiche_flamanville

Programme :

Ce rassemblement contre l’EPR et le «Grand Rafistolage» des vieux réacteurs se tiendra les 1er et 2 octobre 2016 à Siouville (voir page «Lieux et accès») prés de Flamanville où se construit l’EPR et où seront «rafistolés» deux vieux réacteurs.

SAMEDI 1er OCTOBRE 2016 Sur le site de Siouville-Plage Les TamarisStands associatifs, Animations, Buvettes et boissons

  • 11 h : Accueil
  • 20h  : Concerts entrée libre :
    • Pieds dans le bocal
    • Provisoire
    • les Ramoneurs de Menhirs
Marche vers la centrale nucléaire de Flamanville

  • 13h30 : Départ de Siouville-Plage : manifestation vers la centrale de Flamanville
  • 15h00 : Port de Dielette (Flamanville) : prises de paroles puis reprise de la marche
  • 18h : retour sur le site de Siouville-Plage

Fanfares, Batucadas et toutes animations sont les bienvenues lors de la manifestation

DIMANCHE 2 OCTOBRE 2016 Conférences thématiques dès 9h00

La région offre beaucoup de possibilités d’hébergement pour celles et ceux qui voudraient rester les deux jours (voir page «Hébergement»).

N’hésitez pas à consulter nos pages «Covoiturage» ou «Transport en car» afin de profiter des places disponibles dans les véhicules.

http://www.can-ouest.org/articles/rassemblement/

C’est l’année du nucléaire,

L’année en cours est propice à remettre le nucléaire au devant de l’actualité. Outre le fiasco des « fleurons » de l’industrie de l’atome, Areva et EDF que l’État doit recapitaliser pour les sauver, nous célebrons les anniversaires des catastrophes toujours en cours de Tchernobyl (30 ans) et de Fukushima (5 ans). Dans ces deux cas la France a une responsabilité et nous avons à rendre hommage aux populations subissant de terribles soufrances. En effet, dans les jours qui ont suivi les explosions des réacteurs, les responables francais de la sécurité nucléaire ont fait pression sur les gouvernements russes et japonais pour minorer la gravité des évènements et retarder l’évacuation des populations contaminées en péril. De plus le réacteur N°3 de Fukushima venait d’être chargé avec du combustible au plutonium (MOX) élaboré à Marcoule.

Dans ce qui suit on trouvera un texte de reflexion de 2 pages, sur la situation actuelle, et la présentation de livres qui viennent justes d’être édités sur cette actualité

Pierre

Une reflexion sur la situation que nous vivons.

Annie et Pierre Péguin, du Collectif Halte Aux Nucleaires Gard (CHANG) et de la Coordination antinucléaire sud-est.

30 ans après Tchernobyl, 5 ans après Fukushima, on nous prépare….à la catastrophe !

Autrefois le nucléaire était sûr, depuis peu, et petit à petit on laisse entendre que la catastrophe est possible. Les installations et les réacteurs vieillissent, l’argent manque, la sous-traitance est trop présente. De plus le terrorisme nous expose au risque d’attentat sur un site nucléaire, ou sur un transport de combustibles radioactifs. L’Autorité de Sureté Nucléaire (ASN) elle même, inféodée au lobby, prend ses distances et lance des alarmes. La situation est peut-être plus grave qu’on ne le croit dans un pays vérouillé par le tout nucléaire électrique et la bombe atomique (mais aussi par le chômage, l’état d’urgence sécuritaire et le libéralisme triomphant). En Belgique également l’inquiétude gagne: deux anciens réacteurs fissurés menacent. Quant aux installations militaires protégées par le secret, on peut s’en inquieter tout autant. Pays guerrier, nous risquons de payer cher le fer et le sang que nous portons en Afrique et au Moyen-Orient.

Le danger atomique maintenant avéré, on ne nie pas que nous pourrions avoir à subir les effets d’une catastrophe, et d’ailleurs on nous y prépare. De plus tout est fait pour qu’on ignore les horreurs vécues par les inombrables victimes du complexe militaro-industriel atomique mondial: secret militaire, subordination des médias, trucage des infos, le nucléaire est propre, circulez il n’y a rien à voir…

Les structures internationales chargées de la sécurité nucléaire (la France y est très présente), à la solde des lobbies, veillent à nier que le nucléaire soit mortifère (4.000 victimes de Tchernobyl pour elles, un million pour l’université de medecine de New York par exemple).

Mais l’actualité permet de bousculer l’omerta de l’information des grands médias: catastrophes toujours en cours en Europe de l’est et au Japon où des millions de personnes condamnées à vivre en zones contaminées en sont victimes, ; fiasco des « fleurons » de l’industrie de l’atome (chantiers des réacteurs EPR de Flamanville et de Finlande aux couts faramineux, faillite d’Areva, surendettement d’EDF); concurrence des énergies moins chères en particulier les renouvelables; necessité pour l’État de dégager discrètement les milliards (nos impots) necessaires pour renflouer cette industrie.

On pourrait croire que le nucléaire est condamné, pas sûr du fait de: L’obstination des nucléocrates élevés dans la religion de ses bienfaits et la confiance de nos politiques avides de croissance; la necessité d’alimenter l’armement atomique gage de la grandeur de la France (nucléaires civil et militaire étant étroitement liés).

Aussi, pour faire accepter par la population ce risque terrible, la stratégie du lobby reste triple : – Nous convaincre qu’avec 3/4 d’électricité nucléaire, on ne peut pas s’en passer, surtout en en developpant l’utilisation massive d’électricité (par le chauffage électrique, la climatisation, et maintenant de la voiture électrique).

– Oeuvrer à ce qu’il n’y ait pas d’alternatives crédibles, on ferme des centrales thermiques, on est à la traîne du développement des énergies renouvelables, de la sobriété et de l’efficacité énergétique.

– Prétendre qu’on peut vivre en zone contaminée, c’est ce que le lobby impose en Biélorussie et au Japon, au mépris de ce que subissent les habitants, et ce pour des générations. Il s’appuie pour cela sur des études menées en biélorussie financées par l’Europe et la France (Ethos, Core, etc).

Les citoyens manifestent, et les gouvernements voisins réagissent : la Suisse s’inquiète des dangers que fait courir la centrale de Bugey (une plainte est en cours), l’Allemagne demande l’arrêt de Fessenheim, et le Luxembourg propose même l’aumone de financer l’arrêt de Cottenom…. La France de plus en plus isolée dans son choix de la plus mauvaise solution pour faire bouillir l’eau necessaire à la production d’électricité.

L’Europe pourrait être confrontée au risque nucléaire le plus grave depuis Tchernobyl, et Euratom (qui a pour objectif de promouvoir à tous prix le nucléaire à l’échelle européenne) a fixé des limites particulièrement laxistes sur les aliments commercialisés en cas d’accident nucléaire. Un règlement scandaleux sera imposé à tous, concu pour minorer le coût pour les Etats, au détriment de la protection des populations. La Criirad a lancé une campagne de mobilisation contre ces normes ; pour Roland Desbordes une hécatombe se prépare. “Alors que personne n’était prêt en 1986, aujourd’hui on sait, et c’est alors beaucoup plus grave” .

Dans le même temps il est prèvu de limiter l’évacuation des zones touchées à 5 kms autour de l’accident, tout simplement parcequ’on n’aurait pas les moyens de prendre en charge les centaines de milliers d’habitants concernés. L’armée sera chargée de gérer les flux de populations cherchant à fuir, seule solution de survie. De même on ne distribue les pastilles d’iode* que dans un rayon de 10kms autour des centrales, alors que les pathologies de la thyroïde dues à Tchernobyl se sont développées à des milliers de kms.

Dès maintenant des études indépendantes montrent que l’ADN de tout le vivant est touché et annoncent un nombre effayant de victimes**. Les dégâts de l’atome nous permettent d’en parler comme d’un crime contre l’humanité qui devrait être jugé comme tel.

Ce choix mortifère menace la population très dense de l’Europe occidentale, il faut arrêter la production nucléaire d’électricité*** et renoncer à l’armement atomique.

*Rappelons que les pastilles d’iode n’ont pour but que de saturer la thyroide avant la contamination par de l’iode radioactif. Cela ne protège en rien l’organisme contre la multitude de radioélèments subis en cas de catastrophe. De plus il faut que cet iode soit absorbé avant d’être touchés par la radioactivité. Autant dire que faute de temps c’est quasi-impossible dans le rayon de 10 kms. …. D’un accident au coeur de la France, peu de gens échapperont à la contamination et à ses dégats.

**Recommandtions 2003 du Comité Européen sur le Risue de l’Irradiation (CERI)

*** Outre un programme exigeant de réduction de la consommation d’électricité, il faudra brûler des hydrocarbures dans les centrales thermiques en attendant que les renouvelables prennent le relais. La part du nucléaire dans la consommation totale finale d’énergie en France étant inférieure à 15 % (dans le monde 2 %), l’augmentation d’effet de serre due à l’arrêt serait modeste -compensable d’ailleurs par des mesures de sobriété.

Et de la lecture :

Nucléaire: la vérité officielle est trompeuse : La Comédie atomique. L’histoire occultée des dangers des radiations, par Yves Lenoir, La Découverte, 320 p., 22 euros

dont voici un commentaire interressant :

8 mai 2016 | Par Jade Lindgaard

Les instances internationales de radioprotection, chargées de protéger les populations des dangers de la radioactivité, minimisent les risques et les dégâts des activités nucléaires : c’est ce qu’affirme Yves Lenoir dans un livre, en cette année de double anniversaire de catastrophe atomique.

Quel est le bilan humain exact des accidents de Tchernobyl et de Fukushima ? À cette question, il n’a jamais été possible de répondre.

Parce qu’il est difficile d’isoler les causes de décès et de maladies des personnes. Mais aussi parce que les instances internationales de radioprotection, chargées de protéger les populations des dangers de la radioactivité, n’ont pas mis en place les outils de recherche nécessaires. Plus grave, elles ont fixé des seuils d’exposition « tolérable » aux rayons ionisants supérieurs aux valeurs préconisées par une partie des médecins. Ces valeurs de référence ont été utilisées par les gouvernements lors des catastrophes de Tchernobyl, en 1986, mais aussi de Fukushima en 2011.

C’est ce qu’explique Yves Lenoir dans son livre /La Comédie atomique, l’histoire occultée des radiations/ (La Découverte). L’auteur n’est ni épidémiologiste, ni médecin. C’est un ingénieur, expert en déchets radioactifs depuis le lancement du programme électronucléaire français dans les années 1970.

Yves Lenoir ne cache pas son opposition à l’usage de l’énergie nucléaire pour ses applications militaires et civiles. Mais en quarante ans de recherches sur les effets des radiations, il a accumulé une quantité impressionnante d’archives, de témoignages et de documents sur les pathologies et les souffrances endurées par les liquidateurs de Tchernobyl, les habitants de sa région, et en particulier les enfants – il préside l’association Enfants de Tchernobyl Belarus. C’est le point de départ de son ouvrage, qui tente de remonter le fil de l’occultation de cette tragédie, jusqu’aux plus hautes instances d’une bureaucratie internationale inconnue du grand public.

Son livre est une enquête historique détaillée sur la création, puis le fonctionnement en toute opacité, dans une culture persistante de l’entre soi, des instances internationales de radioprotection, placées sous l’égide de l’ONU. Il fait aussi l’hypothèse d’un imaginaire de la radiation, commun aux concepteurs de l’armement nucléaire (depuis le Manhattan Project dans les années 1940) et aux promoteurs de son utilisation en médecine et en production d’électricité. Il s’en explique dans cet entretien vidéo réalisé à Mediapart le 4 mai 2016. .

Et dans le Nouvel Obs, cette chronique d’Anne Crignon

Nucléaire : déni et mensonges d’Etats

Le nucléaire est un danger pour l’humanité. Trois livres bien informés bousculent le mythe de l’atome sous contrôle.

Une fois survenue, toute catastrophe nucléaire tend vers l’infini. C’est la morale de Tchernobyl. Des dizaines de milliers de liquidateurs, ces travailleurs chargés de «liquider» les conséquences de l’accident, sont morts. D’autres mourront. Le site posera problème pendant des ­milliers d’années. On invoque «les trente ans de Tchernobyl» comme on célébrerait un événement de l’histoire ancienne, mais trois essayistes prennent la plume contre l’illusion qu’un désastre nucléaire est réparable.

L’historienne Galia Ackerman a voyagé dans la zone interdite, et le journaliste Arnaud Vaulerin a rencontré «les humains jetables» de Fukushima, sacrifiés eux aussi. L’ingénieur Yves Lenoir, membre en 1974 et 1975 d’un groupe interministériel sur les déchets radioactifs, publie trois cents pages méticuleuses sur l’histoire des rayons depuis 1895 et la façon dont les dangers ont été savamment minorés pour servir «l’entrée de l’humanité dans l’âge de l’énergie atomique».

L’auteur commence par pilonner la distinction atomique/nucléaire qui fut introduite dans les années 1950 et les esprits pour défaire le lien entre la bombe et l’énergie nucléaire. Les centrales sont bel et bien ­atomiques.

Tout est fait pour le faire oublier, depuis l’accident d’octobre 1957 dans le nord-ouest de l’Angleterre, quand un réacteur de Windscale s’est enflammé, diffusant son iode radioactif jusqu’en Norvège.

Pour sauver la réputation de l’atome civil, l’OMS invente alors les cinq piliers de la communication de crise, toujours en vigueur: le déni (accident pas si grave, tout va s’arranger), les mensonges sur la santé (la peur d’avoir été irradié induit plus de maladies que l’irradiation elle-même), le dénigrement de la pensée humaniste, la rétention d’information, la saturation de l’espace médiatique.

Du côté de Tchernobyl, aujourd’hui, on court le risque de faire la soupe avec des champignons qui, en France, seraient stockés dans une alvéole bétonnée. Une altération de la fonction cardiaque apparaît, d’autant plus grave que la contamination par le césium 137 ingéré est élevée. L’insolite est inquiétant. Du blé pousse, d’un genre disparu depuis l’Antiquité.. On voit des oiseaux atteints de cataracte devenir aveugles et mourir de faim.

“Le mythe de l’atome radieux”

En Russie, Ukraine et Biélorussie, les enfants nés quinze ans après l’accident sont fragiles: leurs parents leur ont transmis des systèmes immunitaires affaiblis, et l’instabilité génomique (les erreurs de réplication dans l’agencement des chromosomes) va augmentant, génération après génération. Partout, des chercheurs indépendants font un tout autre constat que celui des institutions de l’orbite onusienne comme la Commission internationale de Protection radiologique (CIPR), qui ont organisé le déni autour de Tchernobyl et tenté de sauver «le mythe de l’atome radieux», pour reprendre la formule d’Arnaud Vaulerin dans son livre sur Fukushima.

Depuis mars 2011, 45 200 nettoyeurs sont passés sur le site. Ils charrient des tonnes de terre pour la mettre dans des sacs, entassés par milliers, et, «jour et nuit, s’efforcent de maintenir à flot ce Titanic atomique en jouant au chat et à la souris avec les sieverts». Un été, l’un d’eux qui étouffait dans sa combinaison à 45 °C a vu deux camarades mourir d’un arrêt cardiaque.

Un autre s’est irradié le pénis avec ses gants en allant uriner – pour régler le problème, certains ouvriers portent des couches.

Les deux tiers ont un salaire minable, sans rapport avec la dangerosité de la mission, 837 yens de l’heure (6 euros). Huit cents sociétés travaillent sur le site et emploient chaque jour 7 000 ouvriers. Dans «ce Far West de la décontamination», à peine 10% de la main-d’œuvre est formée pour le nucléaire, tant pis pour le rafistolage. En France, les élus travaillent-ils à prévenir l’accident dans nos centrales vieillissantes ?

Traverser Tchernobyl, par
Galia Ackerman, Premier Parallèle, 230 p., 18 euros.

La Désolation. Les humains jetables de Fukushima
, par Arnaud Vaulerin,Grasset, 224 p., 20 euros.

La Comédie atomique. L’histoire occultée des dangers des radiations, par Yves Lenoir, La Découverte, 320 p., 22 euros

2016 : Brennilis, Flamanville Appel à une forte mobilisation des anti-nucléaires

Suite au communiqué du Collectif anti-nucléaire Ouest du 15 janvier 2016 (1), la Fédération anti-nucléaire Bretagne invite les groupes de Bretagne à relayer samedi 30 janvier 2016 dans le plus grand nombre de villes, l’annonce du grand rassemblement des 1er et 2 octobre 2016 à Flamanville afin de faire renoncer à la mise en service de l’EPR et au rafistolage (appelé officiellement « grand carénage ») des réacteurs arrivant à 30 ans d’âge que ce soit à Flamanville, Paluel, Penly et ailleurs.

Nous sommes à un moment clé où près de 3/4 des réacteurs nucléaires français auront plus de 30 ans en 2016 et donc dépassé leur limite d’âge. Le risque de catastrophe est donc imminent. Comme à Tchernobyl et à Fukushima, ce seront des milliers de km2 inhabitables, des centaines de milliers de personnes déplacées, des millions de victimes, des centaines de milliards d’euros volatilisés…

N’acceptons pas que plus de 60 milliards soient injectés dans leur rafistolage, que le chantier de l’EPR de Flamanville dont le prix a triplé pour dépasser les 10 milliards d’euros continue avec les nombreuses malfaçons dont la plus grave est celle de la cuve du réacteur, élément-clé de sûreté.

Mobilisons-nous massivement pour qu’enfin la page du nucléaire soit tournée. Cette technologie est moralement et socialement inacceptable, c’est une énergie de destruction massive

30 ans après l’explosion du réacteur de Tchernobyl et 5 ans après ceux de Fukushima, la Fédération anti-nucléaire Bretagne organise à Brennilis le 23 avril 2016 et à l’Ile Longue (Crozon) le 24 avril deux journées de rassemblement avec films, débats, conférences, marche, fest-noz, vélorution pour l’arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire.

(1) http://www.can-ouest.org/communique-du-15012015/

Contacts presse : Chantal Cuisnier : 06 84 14 58 87 / Alain Rivat : 06 65 72 31 66 / Marie Nicolas : 06 72 50 89 14

La BD: “Tchernobyl, le nuage sans fin”

30 ans après l’explosion de la centrale nucléaire, le combat pour faire éclater la vérité raconté dans une Bande dessinée événement.
http://www.cyberacteurs.org/video/video.php?id=159

Bienvenue sur notre projet de Bande Dessinée en cours, démarrée cette année. Nous souhaitons avec votre aide la faire éditer début 2016 pour les 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl.
26 avril 1986 : le début du cauchemar.

À 1h 23 mn et 40 secondes du matin, la fusion du cœur du réacteur N°4 de la centrale ukrainienne déclenche une explosion qui libère une énorme quantité d’éléments radioactifs dans l’atmosphère. Le nuage contaminé entame alors sa course folle dans le ciel européen. Des mesures de protection sont décrétées en urgence dans la plupart des pays, comme l’interdiction aux enfants de jouer à l’extérieur, la mise en garde contre l’exposition à la pluie, la destruction de milliers de tonnes de légumes frais, etc.

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Le déni des autorités françaises.
En France, la communication gouvernementale se veut rassurante, au point d’affirmer, au mépris de la santé de la population nationale, que le nuage radioactif a épargné l’ensemble de l’Hexagone ! Ces déclarations mensongères sont hélas contredites quelques années plus tard, par une recrudescence de pathologies, notamment thyroïdiennes, sur le territoire national.

tchernobulle 2

Le combat contre la désinformation.
Devant cet effroyable constat, l’Association Française des Malades de la Thyroïde s’active. Son objectif : faire connaître les conséquences sanitaires de la catastrophe, et demander devant les tribunaux des comptes à l’Etat sur son inaction. Malgré 14 années de procédure acharnée, elle voit son dernier recours rejeté par la Cour Européenne des Droits de l’Homme le 31 octobre 2013.

Un devoir de vérité.
Grâce au travail remarquable d’un juge d’instruction indépendant, la relation entre le nuage de Tchernobyl et ses conséquences sur la santé est irréfutable. À travers cette bande dessinée largement documentée, nous voulons rompre le silence des institutions quant à la cruauté des faits, et rendre aux dizaines de milliers de malades de la thyroïde, la part d’histoire que la justice leur a volé.

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Merci pour votre soutien !
Cet ouvrage qui demande plus d’un an de travail, tant dans sa conception que dans sa réalisation, a besoin de votre participation pour son financement. Grâce à votre générosité et votre implication, le questionnement sur l’énergie nucléaire et, de manière plus concrète, sur l’avenir de nos enfants, va enfin trouver un véritable écho. En cela, nous vous en sommes profondément reconnaissants.

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A quoi va servir le financement ?
Le financement va permettre de rémunérer :
le dessinateur, le scénariste, l’impression de 1500 exemplaires, les contreparties, les expéditions des contreparties, le vidéaste, le pourcentage Ulule.
Le projet a bien démarré .Il faut que le dessinateur puisse aboutir la BD sachant qu’il y travaille à plein temps et ne peut accepter d’autres propositions en même temps. Nous souhaitons que la BD voit donc le jour en début 2016 pour “les 30 ans ” de Tchernobyl.

Vous pouvez contribuer en ligne
si vous préférez contribuer par chèque:
libeller à l’ordre de l’AFMT
envoyer à l’adresse: AFMT , BP1, 82700 Bourret
pour tous renseignements:
 
En cas de dépassement de la collecte souhaitée, voici nos priorités :
Augmentation du nombre de tirages
Traduction de la BD en plusieures langues (Europe, Japon…)
Refaire le site internet de l’AFMT …

A propos du porteur de projet
C’est d’une longue amitié entre les fondateurs de l’AFMT et MING qu’est né ce projet.
AFMT: l’Association Française des Malades de la Thyroïde
http://www.asso-malades-thyroide.org/
https://www.facebook.com/La-BD-Tchernobyl-le-nuage-sans-fin-904745916272981/

AMF
L’association a pour première vocation de soutenir une recherche libre et indépendante qui pourra redonner espoir aux malades, et à une science à échelle humaine. Aujourd’hui nous comptons près de 4000 adhérents et bientôt 16 ans d’existence.

Concernant le dessinateur:
MING est dessinateur, illustrateur et artiste peintre indépendant. Il vit et travaille dans la région Toulousaine.
Diplômé des Arts Appliqués de Paris, il collabore depuis 30 ans avec des agences de communication et éditeurs.
Il produit des dessins et story-boards pour de multiples projets ainsi que des illustrations pour livres d’enfants et ados. Il est spécialisé dans le portrait et la caricature.
Parallèlement, il réalise de nombreuses fresques en Midi-Pyrénées, peint et expose régulièrement.
Il coréalise un carnet de voyage sur la musique classique en Inde.
Sensible et concerné, il répond avec enthousiasme à la demande de l’AFMT sur ce projet de BD.
http://www.marcingrand.com

Ming

Bibliographie :
Le Dico du Cinéma de J-M Billioud / De la Martinière jeunesse
Les Encyclopes / Milan Jeunesse
Le Petit Livre Vert pour la Terre / Fondation Nicolas Hulot
Au Rythme du Raga / Ed.Bachari
GeoAdo / Milan
Le Poney de Pascale Hédelin /  Milan jeunesse

 

Les EPR d’Hinkey Point : Un cocorico ruineux pour le Royaume Uni et en France pour le service public

PAR BENJAMIN DESSUS

En annonçant que l’accord entre EDF et le gouvernement anglais pour la construction de deux EPR était enfin trouvé grâce à la participation de deux entreprises chinoises du nucléaire, le Monde du 21 octobre dernier indiquait, comme si c’était le rappel d’une évidence connue depuis toujours, que le montant total de l’investissement atteignait 33 milliards € et non plus 24 milliards € pour les deux réacteurs EPR de Hinkley Point dont le démarrage est prévu en 2025.  Ah oui nous dit on maintenant, il faut ajouter aux chiffres qu’avaient annoncés EDF les frais financiers de l’opération qui sont très importants vu le délai de 10 an qui va s ‘écouler, si tout va bien, entre le démarrage du chantier et la mise en route des réacteurs. 16,5 miliards d’€ par réacteur donc pour une puissance de 1650 MW, enfin un chiffre rond de bon aloi : 10000 € le kW, 5 fois plus cher que l’estimation initiale d’investissement du kW de l’EPR donnée par EDF en 2006 à la veille du démarrage du chantier de Flamanville, 7 fois plus cher que l’investissement d’une éolienne terrestre (frais financiers compris) ou 12 fois plus cher que celui d’une turbine à gaz…
En écrivant il y a 9 mois sur mon blog en conclusion de «  Fastoche le facteur 4 » « encore un petit effort, nous y arriverons à ce fameux facteur 4, non pas comme on l’imaginait naïvement sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais sur le coût du nucléaire et peut être même bien avant 2040 ! »je faisais preuve une fois de plus d’une coupable naïveté aussi bien sur le facteur que sur le délai…
Mais me direz vous ce n’est pas grave puisque le gouvernement anglais est prêt à acheter à partir de 2025 et jusqu’en 2060 le courant d’Hinkley Point à 126€/MWh, un tarif trois plus élevé que celui du marché de gros européen actuel. Pourquoi le font ils ? Après tout c’est leur affaire. Peut être accordent ils une importance particulière à l’idée de pouvoir disposer de 3,2 GW  et donc de 25 TWh d’électricité de base pour pallier la panne éventuelle de vent sur l’ensemble du parc éolien qui, si l’on en croit leur programme, devrait dépasser 50 GW  en 2025 dont une grosse part en mer où le vent est beaucoup plus régulier qu’à terre[1]. Par contre il est clair que ces parcs éoliens, quand ils produiront à pleine puissance à des coûts marginaux quasiment nuls (voire négatifs) vont rendre l’achat du courant d’Hinkley Point particulièrement onéreux pour le réseau du Royaume – Uni. Le fonctionnement en base du nucléaire présenté comme un avantage par les zélateurs d’Hinkley Point deviendra alors un véritable boulet. Dans un système de production  d’électricité où les moyens intermittents prennent de l’importance, ce n’est plus d’électricité de base dont on a un impérieux besoin, mais de moyens de pointe capables d’apporter la puissance nécessaire pendant les laps de temps (quelques heurs à quelques jours) où la météo est vraiment défavorable sur l’ensemble de la région considérée.  Et le nucléaire est particulièrement mal armé pour répondre à ce type de demande.
Pour préciser l’ampleur du désastre attendu revenons à l’économie du système. Plaçons nous dans l’hypothèse la plus favorable où pendant les 35 ans prévus par le contrat les deux EPR  auraient le bon goût de fonctionner 8000 heures par an comme prévu sur le papier, sans aucune panne.
 
Pour le coût d’investissement qui ressort du contrat signé (10000€/KW),  le coût courant économique calculé selon la méthode et les paramètres financiers préconisés par la Cour des comptes[2] atteindrait 127€/MWh (dont 105 de remboursement de l’investissement initial). L’opération serait donc au mieux neutre pour EDF jusqu’en 2060. Ce n’est qu’après 2060 qu’EDF et ses partenaires pourraient donc songer à engranger des bénéfices. Si la durée de vie de l’EPR atteint 60 ans comme l’affirme EDF,  le coût du MWh « tomberait » à 120€, dégageant une toute petite marge annuelle au producteur, marge bien fragile puisqu’elle serait très vite remise en cause par la moindre anicroche de fonctionnement  ou le moindre aléa de maintenance : si la durée d’appel tombe à 7500 h/an le coût repasse à 128/MWh et monte à 145€/MWh si elle rejoint celle du parc français actuel[3]…
Equation économique pour le moins risquée pour EDF et catastrophe économique à peu près sûre pour le Royaume Uni.
Alors comment comprendre cette décision ? Il s’agit, nous dit-on, de sauver la maison France à l’exportation puisque ce premier contrat va sûrement faire des petits. Oui mais quand et où  dans un contexte où le nucléaire perd chaque jour des points dans le marché mondial de la production d’électricité ? Sa part dans la production mondiale d’électricité est passée de plus de 15% à moins de 11% depuis 10 ans
Et puis, dans  l’affaire d’Hincley Point, les chinois qui sont en train de nous montrer qu’ils savent très bien se débrouiller tout seuls pour construire leurs propres réacteurs mettent un pied en Europe et se placent donc sur un marché déjà bien limité…
Enfin les clients potentiels, s’il en existe encore, échaudés par l’expérience désastreuse de Flamanville et d’Olkiluoto risquent fort d’attendre de voir comment se passe le chantier d’Hinkley Point avant de se lancer dans l’aventure, même si EDF leur promet des réductions de prix de 20 à 30%.
Pendant ce temps l’éolien et le photovoltaïque voient leur coût diminuer à grande allure et les réseaux intelligents se développer. En 2025-2030, les moyens de production très centralisés d’électricité en base comme le nucléaire ou les grosses centrales à charbon ont toutes chances d’apparaître comme un véritable anachronisme.
Reste EDF et son PDG qui droit dans ses bottes persiste et signe : il annonce tranquillement [4] que la France va construire une quarantaine d’EPR de « nouvelle génération » (encore meilleurs que les précédents qui n’existent pas encore ?) à partir de 2028  au rythme de deux par an et maintenir ainsi pour le siècle qui vient la sacro sainte puissance de 64 GW nucléaire de la France. Aux successeurs de Ségolène Royal  de continuer à subventionner à coûts de milliers d’euros les véhicules électriques et autres pompes à chaleur pour arriver à consommer suffisamment de cette électricité fatale pour respecter la règle des 50% de nucléaire…
 
Dans l’immédiat, pour les citoyens français dont on rappelle qu’ils sont propriétaires de 85% du capital d’EDF, cette dépense de plus de 20 milliards d’euros (les 2/3 du total de l’investissement d’Hinkley Point) apparaît d’autant plus absurde qu’il suffirait de consacrer la moitié de cet argent, sous forme d’aide au renouvellement anticipé d’appareils électroménagers ou de chauffage domestique et tertiaire et de moteurs efficaces dans l’industrie, pour économiser sans peine en 2015 une soixantaine de TWh, à des coûts par MWh économisé 5 fois moins importants, en fidélisant ses clients et sans prendre de risque inconsidéré. 
Mais pour cela il faudrait un Etat actionnaire animé d’un minimum de sens du service public, et  des corps d’Etat qui sortent de leur consanguinité avec un lobby nucléaire dépassé par les événements .
Il faudrait aussi qu’EDF et les pouvoirs publics admettent enfin leurs erreurs de jugement et ne continuent pas à s’enferrer dans des choix de plus en plus risqués, aussi bien pour les clients étrangers d’EDF que pour les usagers français qu’elle est supposée servir au mieux de leurs intérêts et de la collectivité nationale.
Sans même compter le risque majeur de voir l’autorité de sûreté française refuser l’agrément  de la cuve de Flamanville qui  remettrait en cause ce château de cartes déjà bien branlant.
 

[1] Alors que le nombre d’heures de fonctionnement équivalent pleine puissance d’une éolienne terrestre  neatteint rarement plus de 2200 heures au Royaume Uni, il peut dépasser 3000 heures en mer.
[2] Taux de rémunération du capital 7,8% , taux d’actualisation 5%,  voir « Le coût de production de l’électricité nucléaire actualisation 2014, Cour des comptes »
[3] En France en 2014 la durée d’appel aux centrales nucléaires n’a pas dépassé 6600 heures
[4]  voir par ex « EDF n’est pas prêt à sortir du nucléaire en France » Le Monde 23 octobre

Une école installée à l’ombre d’une centrale nucléaire au mépris des règles de sécurité, c’est la France

Dans le Loir-et-Cher, un groupe scolaire a été inauguré il y a quelques mois. Problème, il se situe près de la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux et ne respecte pas les mesures de sécurité préconisées par l’Autorité de sûreté nucléaire. Une inconscience qui n’est pas sans rappeler le précédent tragique de l’usine AZF.

une école à l'ombre de la centrale

une école à l’ombre de la centrale

Il y a quelques mois a été inauguré en Loir-et-Cher, sur la commune d’Avaray, un nouveau groupe scolaire pour les enfants d’Avaray et de Lestiou, la commune voisine. Il remplace deux écoles primaires existantes datant à peu près de Jules Ferry, et dépassées par les exigences des normes actuelles. Tout le monde semblait se réjouir de cet événement apparemment anodin et heureux.

Voisinage radioactif

Pourtant un groupe de militants vêtus de combinaisons blanches est venu rappeler le jour de l’inauguration que l’on assistait là à une grande première en France : la construction d’un ERP (établissement recevant du public) dans le périmètre rapproché d’une centrale nucléaire, en l’occurrence celle de Saint-Laurent-des-Eaux. Cette centrale possède deux réacteurs de 950 mégawatts en activité, et deux autres en démantèlement. Démantèlement étant en l’occurence un bien grand mot, puisque nulle part n’ont été démantelés jusqu’au bout ces types de réacteurs UNGG (Uranium naturel graphite gaz).

Manifestation

Manifestation

A ces INB (installations nucléaires de base) de production s’ajoute une INB de déchets proprement dits : les silos de graphite irradié (2 000 tonnes). A ces 2 000 tonnes on doit ajouter 2 500 tonnes par réacteur arrêté, ce qui fait pour Saint-Laurent 7 000 tonnes de graphite irradié pour un total national de 16 000 tonnes, et l’on sait désormais qu’ils dégagent du tritium gazeux, qui est un isotope de l’hydrogène. Que voilà un voisinage idéal pour une école primaire !
Pourtant la circulaire Borloo du 17 février 2010 recommande d’éviter les constructions sensibles dans les périmètres de dangers des centrales nucléaires, et ce par le biais d’un document précis commandé à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) régionale, ici celle d’Orléans.
– Télécharger la circulaire Borloo :
PDF – 144.4 ko

Ce document s’appelle le Porter à Connaissance (PAC), il est sorti en mai 2011 et a défini dans le cas présent un périmètre de deux kilomètres de rayon. Il a pour mission d’informer les collectivités locales des risques liés au voisinage de la centrale, et de les inciter à maîtriser leur urbanisation en conséquence. Il précise clairement que « la zone n’a pas vocation à recevoir d’ERP sensible » et deux pages plus loin, il donne comme exemple d’établissement sensible les écoles, dont la vulnérabilité est qualifiée de forte car leurs occupants « seront inaptes à reconnaître un danger ou difficiles à évacuer ».

La carte de la zone dans le PAC

L’histoire se répètera-t-elle ?

On pourrait multiplier les citations pour montrer que l’ASN a fait son travail, mais que ses conclusions ont été contournées. Le préfet a subi des pressions de la part des parents d’élèves qui ont opté pour la proximité au détriment de la sécurité. La commune d’Avaray, qui n’a même pas de PLU, continue de se développer à l’intérieur du rayon de deux kilomètres cité plus haut : des pavillons poussent en face des réacteurs, sur la rive droite de la Loire.

Derrière le groupe scolaire, à droite, les tours de refroidissement SLB1 et SLB2 ; à gauche, les structures carrées cachées derrière les arbres sont les carcasses de SLA1 et SLA2, en cours de « démantèlement » depuis 20 ans ; elles contiennent chacune 2500 t de graphite irradié.

Derrière le groupe scolaire, à droite, les tours de refroidissement SLB1 et SLB2 ; à gauche, les structures carrées cachées derrière les arbres sont les carcasses de SLA1 et SLA2, en cours de « démantèlement » depuis 20 ans ; elles contiennent chacune 2500 t de graphite irradié.

Cette inconscience me rappelle l’accident de l’usine AZF à Toulouse en septembre 2001. Je me contenterai de citer le titre de l’article du Monde de Benoit Hopquin paru le 3 octobre 2001 : « La croissance urbaine de Toulouse a négligé la protection industrielle. Les textes qui, depuis 1976, sont destinés à assurer la protection des habitants, n’ont pas été intégrés dans les POS avec assez de rigueur. Des commerces, des routes et même un groupe scolaire ont été construits près de l’usine AZF. »
L’histoire se répètera-t-elle ?
Ce qui est immuable et sidérant, c’est cette continuité dans l’absence de culture du risque, si caractéristique de notre pays.

Nicole Combredet
Présidente de Sortir du Nucléaire 41

29 ans après Tchernobyl, Youri Bandajevski alerte la seconde génération

Publié le : 25/04/2015

Vingt neuf ans après l’explosion de Tchernobyl, les radiations touchent encore 6 à 7 millions de personnes dans les territoires contaminés, selon le médecin Youri Bandajevski. Emprisonné dans son pays d’origine, la Biélorussie, pour avoir mis en évidence les risques sanitaires de la radioactivité, en particulier pour les enfants, puis libéré après une campagne d’Amnesty international et de la CriiRad*, il sonne l’alarme encore une fois sur les dangers des radiations.

D’emblée, il annonce la couleur.. «Là où vivent encore les victimes, personne ne voudra entendre parler de mes dernières études. »

Alors qu’il était le plus jeune professeur de médecine de l’ancienne URSS et qu’il était promis à un brillant avenir, Youri Bandajevski s’installe à Gomel, à 130 kilomètres de Tchernobyl. C’est alors que survient la catastrophe. Il décide d’étudier les conséquence de la radiation sur la santé humaine et publie plusieurs études qui feront référence, mais qui irritent le pouvoir biélorusse. Il est arrêté et condamné à 8 ans de prison dans un procès truqué. Ce n’est qu’avec le soutien d’Amnesty International, de l’Union européenne et, en France du comité de soutien créé par le Criirad qui sera finalement libéré, après 6 ans de détention..

Réfugié en France dont il a acquis la nationalité, Youri Bandajevski n’a pas dit son dernier mot.. Ses travaux continuent de déranger, dans les pays directement concernés par la catastrophe comme pour de nombreux collègues scientifiques. Adulé par certains, complotiste pour d’autres, les polémiques que suscitent ses positions tranchées ont au moins l’intérêt de montrer que le bilan de Tchernobyl est encore loin d’être fait. En particulier pour la «deuxième génération», née après la catastrophe mais exposée aux éléments radioactifs renfermés dans les sols et la nourriture des zones contaminées.

En 2013, une analyse a ainsi montré que les champignons sauvages pouvaient contenir jusqu’à 4700 bq/kg alors que le seuil autorisé est fixé à 500. Si un simple échantillon ne peut pas à lui seul refléter tous les facteurs de la contamination, ces résultats étaient inquiétants.

D’autant plus que l’inoffensivité des « faibles doses », Youri Bandajevski n’y croit pas. Surtout lorsqu’elles agissent en permanence sur un enfant : la période de croissance présentant à l’en croire « un terreau fertile au développement de pathologies plus graves par la suite. » Le médecin est catégorique : « il faut bien se rendre compte de l’importance et du danger que représente la radioactivité en elle-même. Pour moi, la seule norme possible, c’est le degré 0. »

Ses dernières recherches, réalisées entre 2014 et 2015, tentent justement de démontrer le rapport entre l’exposition au césium 137 et au strontium et les dysfonctionnements cardio-vasculaires chez les jeunes de 3 à 17 ans (donc, nés après la catastrophe).

Bandajevski explique : « sur les 3088 enfants que nous avons examinés, 81,9 % présentaient des troubles cardiovasculaires, parmi lesquels 5,6 % étaient même atteints du cancer de la thyroïde ». Hypertension, hypotension, arythmie, tachycardie, bradycardie et syndrome métabolique sont autant de pathologies qui ont été recensées, en particulier chez les garçons qui se montrent apparemment plus fragiles face à la radiation que les filles.

« Le taux de césium de ces enfants rentrait dans le cadre des normes de santé, dans 90,6 % des cas. » Le verdict de Bandajevski : « Les doses les plus infimes peuvent s’avèrer agressives pour le corps humain. La situation est même pire en Biélorussie et à Minsk, où j’ai pu étudier 500 cas de troubles cardiaques avec des résultats plus graves encore. En l’absence de contrôle du taux de radionucléides contenus dans les produits, la contamination est continue. »

Si les résultats de ses recherches ne font pour lui aucun doute, ils peinent pourtant encore à convaincre la communauté scientifique: non seulement par leur caractère controversé, mais aussi parce qu’ils ne correspondent pas aux standards des études scientifiques.

Qu’on le croie ou non, il n’en reste pas moins déterminé à poursuivre son combat pour Tchernobyl. Dernièrement, il a même réussi à obtenir des financements grâce à l’aide de Michèle Rivasi, députée européenne EELV et fondatrice de la CRIIRAD, pour continuer ses recherches sur les anomalies génétiques et le système endocrinien.

« Nous savons désormais qu’il existe un lien évident entre les troubles cardiaques et les pathologies endocriniennes, mais sa nature précise nous échappe encore », explique le scientifique. À ce jour, 200 enfants ont pu être étudiés : « C’est peu, concède-t-il, mais c’est un début. Il nous faut plus de personnes pour établir des résultats plus probants. »

S’il met tant d’énergie à vouloir prouver le bien-fondé de ses recherches, c’est pour que pour l’ensemble des personnes vivant sur les zones contaminées obtiennent le statu de « victimes ». À ce jour, la deuxième génération n’est toujours pas reconnue comme telle, alors qu’elle a reçu Tchernobyl en héritage

Pauline Pouzankov

* et de cyber @cteurs

EPR : les graves défauts avoués en avril 2015 étaient-ils connus avant la pose des cuves à Flamanville et Taishan ?

– L’Observatoire du nucléaire rend public un document estampillé “Ne pas diffuser en dehors d’EDF” qui montre que EDF avait de sérieux doutes sur les cuves des EPR au moins dès 2011

– La cuve a-t-elle été introduite dans le réacteur EPR de Flamanville en janvier 2014 (*) alors que ses défauts étaient connus d’EDF, Areva et de l’Autorité de sûreté nucléaire ?

– De même, les cuves des deux EPR de Taishan ont-elles été livrées en cachant aux Chinois la gravité des probables défauts de ces cuves ?

– Pourquoi l’information est-elle révélée publiquement aujourd’hui seulement ? Les dirigeants précédents de l’ASN, Areva et EDF ont-ils tenté d’enterrer la vérité ?

– Le document montre aussi que des erreurs ont été commises lors de la fabrication de couvercles de cuve pour de nombreux réacteurs du parc actuel

Ce n’est qu’en avril 2015 que l’état de la cuve du réacteur EPR en chantier à Flamanville a été révélée au grand jour (**) par l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) alors que, comme le montre un document EDF rendu public aujourd’hui par l’Observatoire du nucléaire, la gravité de la situation était connue d’EDF, Areva et de l’ASN au moins depuis août 2011.

Estampillé “Ne pas diffuser en dehors d’EDF”, daté du 2 août 2011, le document explique que “Lors de la fabrication du couvercle de la cuve de l’EPR de Flamanville 3, Areva NP a mis en évidence qu’une utilisation inappropriée de gabarits avait conduit à l’élimination d’une couche trop importante de beurrage au niveau des soudures des adaptateurs de couvercle de cuve. La réalisation de soudures sur une épaisseur de beurrage trop faible (…) est susceptible d’engendrer des défauts dans le métal de base”.

Même s’il ne s’agit pas à ce moment là des mêmes défauts que ceux qui seront reconnus en avril 2015, comment croire que EDF, Areva et l’ASN ignoraient que les cuves des EPR présentaient possiblement, voire probablement, de graves défauts. De fait, des questions cruciales se posent :

– Pourquoi la cuve a-t-elle été tout de même introduite dans le réacteur de Flamanville, en janvier 2014 (*) ? Y a-t-il eu une volonté de masquer la gravité de la situation ?

– De même, les cuves des deux EPR de Taishan ont-elles été livrées en cachant aux Chinois la gravité des probables défauts de ces cuves ?

Il est aussi légitime de se demander si c’est à la suite des récents changements de dirigeants à la tête de l’Autorité de sûreté (départ de M. Lacoste en décembre 2012), d’Areva (départ de M. Oursel en octobre 2014) et d’EDF (départ de M. Proglio en octobre 2014 aussi) qu’il a finalement été décidé de révéler la vérité ?

En clair : les dirigeants précédents avaient-ils décidé de cacher la vérité (à l’opinion publique et aux industriels chinois), et de démultiplier de fait le risque d’accident nucléaire, afin de ne pas compromettre le peu de crédibilité que conservait encore l’industrie nucléaire française ?

On notera d’ailleurs que, dans sa communication du 7 avril 2015, l’ASN explique pudiquement qu’elle “a été informée par Areva” de la situation, mais sans dire quand et surtout sans dire que cela aurait dû être fait (ou a été fait) depuis plusieurs années.

La vérité la plus absolue doit être faite non seulement sur l’état réels des réacteurs nucléaires mais aussi sur le déroulement chronologique de cette affaire et les graves rétentions d’information qui ont eu lieu

(*) http://www.areva.com/FR/actualites-10122/epr-de-flamanville-la-cuve-a-ete-introduite-dans-le-batiment-reacteur.html
(**) http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

CRILAN/ Les aciers de l’EPR de Flamanville : Démocratie à la Française ou “Démocrasseuse”?

C.R.I.L.A.N.
Association loi 1901, agréée au titre de l’article L.141-1 du code de l’Environnement.
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COMMUNIQUE du 20 AVRIL 2015

Les aciers de l’EPR de Flamanville :
Démocratie à la française ou “ Démocrasseuse”?

Le ministère chinois de l’Environnement (NNSA) , sur son site , se permet d’éclairer notre lanterne à propos des aciers de la cuve ( couvercle et fond ) de l’EPR de Flamanville :
“ Les pièces forgées sous pression ont été forgées par Creusot Loire, filiale d’AREVA (…) Ces pièces ont été fabriquées entre fin 2006 et le début 2007”

En démocratie, les lois s’appliquent-paraît-il- à tous, de la même façon. En réalité, pas aux industriels du nucléaire d’Etat puisque les fabrications de ces dites pièces ont été entreprises avant même la fin des procédures légales (Décret d’autorisation de création de l’EPR de Flamanville 11 avril 2007) ! “Certains sont plus égaux que d’autres” aurait dit Coluche reprenant Georges Orwell et sa “République des animaux”.
Ces fabrications de cuves se sont poursuivies en série dans les années suivantes ( Et de 2 pour les Chinois,à Taishan, et de 1 pour les USA (3), et de 1 au moins pour Hinkley Point en Angleterre …et ce, avant toute certitude de la faisabilité de ces projets !)

Une fois de plus l’Etat nucléaire et AREVA se sont précipités, dans une politique du fait accompli et ont anticipé, trop sûrs d’eux-mêmes !

“En décembre 2005, conformément à la législation de l’Union européenne, l’ASN française a publié un décret relatif aux équipement nucléaires sous pression.En 2008, l’ASN a défini les exigences spécifiques relatives à l’évolution des pièces forgées”
De 2010 à 2014, en conformité avec ces dernières un examen rétrospectif des pièces forgées des calottes du couvercle, du fond de cuve a été entrepris.Il a fallu attendre la fin de 2014 pour que les résultats des essais mettent en évidence une teneur en carbone supérieure à celle attendue et des valeurs de résilience inférieures à la limite réglementaire.” expliquent les Chinois
➤Le problème , bien que connu partiellement depuis 2011(4) n’a été révélé publiquement qu’en ce début d’avril 2015 ! Cela n’a pas empêché l’arrivée de la cuve sur le site de Flamanville, le 8 octobre 2013, à grand renfort de gendarmerie et son introduction dans le réacteur en janvier 2014 !!!

JUGES ET PARTIES ?

Qui va devoir décider ou non de la conformité et de la résistance aux accidents de ces pièces ultra sensibles? AREVA ET L’ASN , issus du même Grand Corps des Mines y travaillent et les résultats seront connus à l’automne 2015. Mais où se situe réellement l’indépendance de ces expertises ?
Madame ROYAL, Ministre de l’environnement ne vient-elle pas de déclarer ce 19 avril ” Que l’EPR n’est pas condamné, qu’il s’agit de simples ajustements de travaux et que selon EDF, l’ouverture serait sans doute retardée d’une année.”
Faut-il rappeler à la Ministre qu’elle fut jadis plus critique, en 1987 lorsqu’elle était solidaire des opposants à l’enfouissement des déchets nucléaires en granit à Neuvy-Bouin ( Deux Sèvres) où surfant sur la vague antinucléaire locale elle avait été élue , pour la première fois députée. Ou encore en 2007, alors que candidate à la Présidence de la République, elle avait déclaré publiquement son opposition à la construction de l’EPR?
Aujourd’hui, elle est Ministre mais que décident réellement les ministres de Gauche comme de Droite, dans une France qui se donne en modèle démocratique au Monde entier ?
La démocratie à la française ne serait-elle pas devenue “Démocrasseuse” ?

3 Projet abandonné depuis…

Avenir Energétique : La charge de la preuve change de camp !

La charge de la preuve change de camp!
10 AVRIL 2015 | PAR BENJAMIN DESSUS

A la lecture du scénario « Vers un mix électrique 100% renouvelable en 2050 » de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) qu’a révélé Mediapart dans son édition du 8 avril 2015, on comprend bien pourquoi les services du ministère de l’écologie et de l’énergie ont tout fait pour qu’il reste le plus longtemps possible dans un tiroir. Certes, d’autres, notamment Négawatt et Global chance, avaient montré depuis plusieurs années qu’une sortie du nucléaire au profit des renouvelables était non seulement possible mais souhaitable en termes économiques et environnementaux. Mais il ne s’agissait guère que d’experts « indépendants » qu’on pouvait soupçonner de parti pris écolo. Mais si l’Ademe, appuyée d’un centre d’études du propre sérail du corps des mines (Armines Persée), se met à justifier en détail ce genre de scénario, la menace devient sérieuse.

L’Ademe démontre en effet, chiffres à l’appui, que l’idée d’un système électrique totalement renouvelable à l’horizon 2050 est non seulement techniquement, mais aussi économiquement crédible : des coûts d’électricité de 11,5 à 12 centimes d’euro par kWh (contre 9,1 centimes actuellement) qui risquent fort de se révéler inférieurs à ceux associés à une poursuite de la politique nucléaire actuelle. On sait bien effet aujourd’hui grâce au dernier rapport de la Cour des comptes que la réhabilitation du parc (pour 10 ou 20 ans supplémentaires) va augmenter les coûts de 3 à 4 ct/kWh sans pour autant régler l’épineuse question du renouvellement du parc qui restera néanmoins indispensable dans 20 ans. Et les nouveaux malheurs de l’EPR, dont la cuve n’inspire pour le moins pas confiance, vont encore plomber son coût, si jamais il voit le jour, ce qui paraît de plus en plus improbable.

Dans ces conditions, il ne suffit plus de nier l’existence d’une politique crédible, différente de la politique actuelle, il va falloir démontrer que la politique actuelle est la meilleure…

En effet si une politique tout renouvelable est possible, avec ses avantages évidents en termes d’environnement, d’indépendance énergétique et d’emploi, on voit mal pourquoi on s’obstinerait dans une politique dont les risques environnementaux (accident majeur, déchets etc.) et industriels sont d’une autre ampleur.

C’est maintenant aux services du ministère, soit d’apporter la preuve que le scénario de l’Ademe ne tient pas la route, soit de montrer les avantages d’une poursuite de la politique actuelle.

En tentant de réduire l’Ademe au silence, le ministère de l’écologie ne chercherait ils qu’à gagner le temps nécessaire à la mise en place d’une programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) dans la continuité de la politique passée, au besoin avec quelques inflexions ?

Ce serait une grave erreur, car, si, finalement, c’est la perspective d’un système électrique à dominante renouvelable qui doit finalement l’emporter à long terme, c’est dès la prochaine programmation pluriannuelle énergétique (PPE) qu’il faut en prendre acte. Nous n’avons pas le loisir de perdre cinq ans de plus avant de prendre les mesures qu’imposerait cette nouvelle orientation, en particulier en termes d’infrastructures de transport et d’économie d’électricité.

C’est donc sans attendre qu’il faut lancer et arbitrer ce débat soigneusement escamoté jusqu’ici par les pouvoirs publics avec la complicité active du lobby nucléaire.