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Bilan de la cyberaction : Rhone période complémentaire de vénerie sous terre des blaireaux

Mise en ligne du 10/04/2026 au 20/04/2026

Chaque année en France, certains préfets autorisent une ouverture anticipée de la chasse par déterrage des blaireaux, et ce parfois dès le 15 mai… en pleine période d’élevage des jeunes ! Pour que cesse cette pratique cruelle d’un autre âge, nous vous invitons à participer aux consultations publiques dans les départements concernés.

Bilan de la cyberaction :

1248 participants

Consultation terminée

Présentation de la cyberaction :

RHÔNE (69). La préfecture a publié un projet d’arrêté autorisant une période complémentaire de vénerie sous terre des blaireaux du 1er juin au 15 août 2026 ! Une note de présentation est disponible ici.
https://www.rhone.gouv.fr/Actualites/Consultations-et-enquetes-publiques/Biodiversite-Chasse-Foret-Peche2/CONSULTATIONS/Projet-d-AP-periode-complementaire-chasse-sous-terre-blaireau-campagne-2026-Rhone-Metropole-Lyon2  
Manifestez votre opposition en écrivant à ddt-consultation-publique@rhone.gouv.fr.    avant le 19 avril inclus


Pourquoi il est important de se mobiliser
La saison de chasse générale court de septembre à février, mais pour les blaireaux, l’horreur peut commencer dès le printemps. En effet, la loi prévoit que des périodes complémentaires de vénerie sous terre peuvent être autorisées par arrêté préfectoral dès le 15 mai… 
Avant toute publication d’arrêté autorisant l’ouverture d’une période complémentaire de vénerie sous terre, la préfecture doit organiser une consultation publique : l’ASPAS vous encourage fortement à y participer, car si les avis sont suffisamment nombreux et motivés, ils peuvent potentiellement être pris en compte par les préfets et faire modifier l’arrêté.
Et même si les préfets n’en tiennent finalement pas compte, il est inconcevable de laisser toute la place aux arguments fallacieux des chasseurs… Plus les citoyens manifesteront leur opposition à ce mode de chasse barbare à l’aide d’arguments scientifiques, plus notre demande de réforme sera audible et légitime !

Des arguments à reprendre et à personnaliser

Ci-dessous, l’ASPAS met à votre disposition une série d’arguments généraux en défaveur de la vénerie sous terre.

Chaque département ayant ses problématiques propres, votre contribution aura encore plus de poids s’il tient compte des situations locales. Pour cela, n’hésitez pas à vous aider des arguments fournis par l’association AVES qui propose un décryptage détaillé de chaque projet d’arrêté préfectoral.
La période complémentaire de chasse sous terre du blaireau, ou vénerie sous terre, est une pratique cruelle, barbare et non sélective, indigne d’un pays qui se prétend « civilisé ».

Cette chasse cruelle a lieu pendant la période d’allaitement, de sevrage et d’élevage des jeunes, ce qui est catastrophique pour une espèce à faible taux de reproduction.

Une espèce fragile dont on ne connaît pas les populations exactes

Aucune donnée scientifique sérieuse relative à la population de blaireaux n’est fournie, et les recensements de terriers, lorsqu’ils ont lieu, ne distinguent pas terriers principaux et secondaires, ce qui augmente artificiellement les effectifs estimés. Or, les destructions vont avoir lieu pendant plusieurs mois, et alors que la période de dépendance des jeunes blaireautins n’est pas terminée (de mars à l’automne), ce qui est éthiquement insoutenable et catastrophique pour une espèce à faible taux de reproduction (une femelle a en moyenne seulement 2,3 jeunes/an).

Un véritable acharnement !

Le blaireau est un animal particulièrement impacté par les collisions routières. Espèce chassable jusqu’à fin février, le blaireau peut également subir des battues administratives. Autoriser une période complémentaire de déterrage à partir du 15 mai ne fait qu’accentuer l’acharnement contre cette espèce discrète et nocturne.

Des dégâts faibles et évitables

Les informations concernant les dégâts causés par les blaireaux ne sont pas précises. Les dégâts agricoles imputés à cette espèce sont très localisés (essentiellement en lisière de forêt), et sont souvent confondus avec les dégâts, autrement plus importants, provoqués par les sangliers. Ils peuvent être évités par des mesures de protection des cultures ou d’effarouchement, comme l’installation d’un fil électrique ou l’utilisation d’un produit répulsif. Ces systèmes ont fait leurs preuves dans le Bas-Rhin, par exemple, où les blaireaux ne sont pas chassés (pour en savoir plus, cliquez ici).  

Le déterrage peut favoriser la dispersion de la tuberculose bovine

La vénerie sous terre n’est d’aucune utilité pour lutter contre la tuberculose bovine ; au contraire, elle ne ferait que contribuer à son expansion ! C’est la raison pour laquelle, dans les zones à risque, un arrêté ministériel du 7 décembre 2016 interdit « la pratique de la vénerie sous terre pour toutes les espèces dont la chasse est autorisée en raison du risque de contamination pour les équipages de chiens ». La tuberculose bovine est une maladie d’origine agricole, transmise à beaucoup d’animaux sauvages dont les blaireaux qui peuvent ensuite devenir un réservoir. Depuis 2001, la France est considérée comme « officiellement indemne de tuberculose bovine » par l’Union européenne, malgré la persistance chaque année d’une centaine de foyers en élevage.

Le blaireau, une espèce protégée ailleurs en Europe

Le déterrage porte une atteinte supplémentaire à une espèce pourtant garante d’une biodiversité riche et d’une nature préservée. Elle est protégée chez nos voisins anglais, belges et néerlandais, et fait l’objet d’une attention particulière par la Convention de Berne.

La vénerie sous terre, cruelle pour les blaireaux et cruel pour les chiens

Maintenus prisonniers pendant des heures sous terre pendant que les chasseurs manipulent pelles, pioches et barres à mine pour saccager leur terrier, les blaireaux visés par le loisir de la vénerie subissent un état de stress énorme. Une fois atteints, les animaux sont violemment extirpés de leur “maison” à l’aide de grandes pinces, puis mis à mort par fusil ou arme blanche (s’ils ne sont pas déjà morts de stress ou tués par les chiens sous terre…) 
Introduits parfois de force dans les galeries, les chiens de chasse sont incités à acculer les blaireaux au fond de leur terrier, s’exposant ainsi aux griffes puissantes des mustélidés qui cherchent à se défendre. Inversement, les chiens les plus vaillants et hargneux dont les chasseurs n’ont aucune maîtrise sous terre, peuvent déchiqueter vivants les petits blaireaux. Dans un cas comme dans l’autre, la vénerie sous terre est source de souffrance animale.

La vénerie sous terre est une chasse non-sélective

Par la destruction des terriers de blaireaux, la vénerie sous terre porte potentiellement atteinte à d’autres espèces animales. Les terriers peuvent en effet servir de gîte à d’autres animaux, notamment les renards, mais aussi des espèces protégées comme le chat forestier, la loutre (si le terrier est proche d’une zone humide), certaines variétés de chauve-souris, d’amphibiens et de reptiles.

La période complémentaire de déterrage tue les blaireautins

Par ailleurs, la loi interdit aux chasseurs de tuer les “petits” des mammifères chassables, or chaque année, de l’aveu même des chasseurs, de nombreux blaireautins succombent à l’atrocité de la vénerie sous terre. En effet, une fois envoyés sous terre, les chiens échappent à la maitrise des chasseurs et blessent ou tuent directement des petits.
Dans sa décision du 28 juillet 2023, le Conseil d’Etat rappelle l’interdiction de tuer les “petits” de blaireaux, étant entendu qu’un “petit”, au sens scientifique, est celui qui n’est pas en mesure de se reproduire et donc de contribuer au renouvellement de l’espèce. Le Conseil d’Etat a rappelé que le préfet est tenu de s’assurer, au regard des circonstances locales, « qu’une telle prolongation [de la vénerie sous terre] n’est pas de nature à porter atteinte au bon état de la population des blaireaux ni à favoriser la méconnaissance, par les chasseurs, de l’interdiction légale de destruction des petits blaireaux ». Or, pendant la période complémentaire (de mars à septembre), les petits sont encore dépendants des parents (période de sevrage et d’élevage des jeunes) et, en tout état de cause, ne sont pas en âge de se reproduire, et donc de participer au renouvellement de l’espèce. Sur la base de cette argumentation, de nombreux tribunaux ont suspendus/annulés les arrêtés autorisant les périodes complémentaires de vénerie sous terre.
Citons par exemple : 
Tribunal administratif d’Amiens, décision n°2102956 du 28 décembre 2023 (Somme) 
Tribunal administratif de Caen, décision n°2201342, 2201597 du 24 novembre 2023 (Orne) 
Tribunal administratif de Poitiers, décision n°2101751 du 19 octobre 2023 (Vienne)

La lettre qui a été envoyée :


Madame, Monsieur
La cour administrative d'appel de Bordeaux qui considère que l'émancipation du petit blaireau n'est atteinte à aucun moment de la période complémentaire autorisée jusqu'ici par les arrêtés s'inscrit donc en faux par rapport à la conclusion de votre présentation.
J'espérais donc que vous respecteriez cette décision en vous abstenant d'ouvrir une nouvelle période complémentaire de vénerie sous terre du blaireau dès cette année. En vain alors que c'est une espèce fragile, qui fait peu de dégâts évitables.
Dans cette attente veuillez croire en ma vigilance sur vos décisions.

 

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7 commentaires

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Les blaireaux les plus dangereux sont autour du trou!

Yves Mollet
Le 17/04/2026 à 23:32:28

Mme la Préfète ou M. le Préfet,
Je vous prie de renoncer à la « battue », la vénerie, bref à la chasse à mort concernant les blaireaux qui ne chamboulent aucun m2 de forêt pouvant vous embarrasser, vous venger d’un mammifère. Cet animal fait penser à feu Villeret, bon père de famine, quoi!
Ne lancez sur les sentes les lieutenants de vénerie, ne les échauffez pas, il y a mieux à faire au printemps et toute l’année, quand les blaireautins s’égaillent, les femelles les couvent et « Villeret » ne fait RIEN de nuisible.
Veuillez ne pas arracher la peau du blaireau que M. Hollande devait avoir comme totem lui qui n’aurait jamais fait de mal avec une pince, un chien et un couteau Bowie.
Vive la forêt intacte et ses habitants, les seuls qui la respectent.(NB on aime beaucoup les tribunaux administratifs protecteurs.

Aïchat Nussy

Colette Nusbaum Vallet
Le 16/04/2026 à 20:02:41

Ce serait peut-être intéressant qu’un professionnel « sociologue ou psychologue », voit si historiquement il n’y aurait pas quelque chose qui nous éclairerait sur cet acharnement. Le moyen âge et le rapport de la chasse avec la noblesse, ou autre.

nouvelleau
Le 13/04/2026 à 23:44:23

Avis défavorable
Quand cesserez-vous de vous soumettre à ces individus qui n’ont que pour seule distraction d’ôter la vie, tuer des êtres innocents, les faire souffrir ?
A défaut d’empathie pour ce qui vit, ou de quelques sentiments d’humanité, n’avez-vous donc aucune formation, aucune connaissance qui vous permet de savoir où est le bien, le distinguer du mal, et encore aucune, absolument aucune information, documentation scientifique  ?
Où , pour les blaireaux, renards et autres petits mammifères est-il justifié de leur action néfaste qui puisse les qualifier de nuisibles ? De plus ces animaux, très utiles, se régularisent d’eux-mêmes selon la nourriture qu’ils ont à leur disposition,
Arrêtez d’obéir à ces gens qui se disent protecteurs de la nature, de l’environnement, et qui n’ont que pour seule ambition de continuer leurs œuvres destructrices, leurs massacres, en dehors des périodes de chasses réglementées !
Comment qualifier ces êtres qui prennent plaisir à tuer, comment pouvez-vous les en autoriser, leur donner votre bénédiction ?
N’avez-vous donc aucun courage, qu’il faille que vous passiez par une enquête, une consultation, pour savoir ce que vous devez faire ?
Avez-vous peur, êtes vous menacé, vous ou vos proches, par ces malades mentaux qu’on appelle chasseurs, ce qui expliquerait cette situation qui vous fasse mettre les responsabilités sur une opinion publique, au lieu de vos propres responsabilités, celles pour lesquelles vous touchez une rémunération ?
La majorité de la population est pourtant anti-chasse à 82 % ; il serait bon d’en prendre note.
Cette population, comme Cousteau à son époque et qui en avait fait une pétition, est en droit de réclamer sa part de gibier libre et vivante ainsi que sa part d’espace naturel au lieu de vous laisser les offrir à des tueurs, des criminels en puissance !
Il va de soi, et je vous demande de bien en prendre note que je suis absolument contre toute campagne de tueries d’animaux quels qu’ils soient, je ne vais pas non plus argumenter avec des preuves scientifiques dont vous avez forcément connaissance et qui vous seront également communiquées via d’autres commentaires, d’autres personnes sûrement également scandalisées par votre incompétence, tout au moins celle que vous laissez paraître !.

L'élimination massive des espèces jugées « nuisibles » s'avère inefficace et coûteuse
Une nouvelle étude, menée par des chercheurs du Muséum national d’Histoire naturelle et publiée dans la revue Biological Conservation, montre que la destruction de millions d’animaux jugés « nuisibles » en France ne réduit pas les dommages économiques qui leur sont attribués. Ces destructions ne régulent pas non plus les populations animales concernées, et représentent un coût économique huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces.
En France, chaque année, 1.7 million de renards, mustélidés (fouines, martres) et corvidés (pies, corbeaux et corneilles) sont tués pour réduire les pertes économiques et les risques sanitaires (zoonoses) attribués à ces « espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (ESOD).
Les critères de destruction des ESOD reposent en grande partie sur un régime déclaratif des dégâts. L’efficacité de cette politique publique n’avait jamais été évaluée. Le Muséum national d’Histoire naturelle publie aujourd’hui une étude qui révèle que ces destructions ne réduisent pas les pertes économiques, notamment pour les cultures et les élevages. L’analyse de sept années de données de déclarations de dégâts et d’animaux tués, collectées à l’échelle départementale et centralisées par l’administration, montre qu’une augmentation de l’effort de destruction des ESOD ne réduit pas les dégâts, mais aussi qu’un arrêt des destructions n’engendre pas d’augmentation de dégâts. De plus, chez les oiseaux, les effectifs reproducteurs au printemps ne dépendent pas de l’effort de destruction : les « régulations » ne diminuent pas la taille des populations nicheuses. Enfin, une évaluation monétaire du coût des destructions animales propose une estimation de 103 à 123 millions d'euros par an, tandis que le coût annuel des dégâts déclarés varie de 8 à 23 millions d'euros. Il n’est donc pas rentable de détruire des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts : cela coûte plus cher que d’indemniser les dommages économiques causés.
Il n'existe ainsi aucune preuve d'un quelconque bénéfice à détruire massivement les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts, d’autant que ces destructions réduisent les services que ces espèces rendent à nos sociétés, notamment à l’agriculture et la foresterie, comme la prédation des rongeurs et la dispersion des graines. Il apparaît ainsi opportun de réviser cette politique publique de gestion des dégâts, comme le préconisait déjà un rapport de l’Inspection Générale de l’Environnement et du Développement Durable, publié en décembre 2024. Il est également important d’identifier rapidement des stratégies non létales et efficaces de réductions des pertes économiques, notamment pour l’agriculture (enrobages répulsifs de semences, effaroucheurs), pour assurer une cohabitation apaisée durable entre humains et ESOD.

Lionel Bécus
Le 11/04/2026 à 19:36:52

nous connaissons tous des blaireaux à 2 pattes qui mériteraient bien le sort des vrais blaireaux

maripachats
Le 11/04/2026 à 16:54:54

Salut ! J'ai juste repris en titre l'intitulé d'un de vos intertitres : "Un véritable acharnement !". Je pense qu'on ne peut pas qualifier autrement cette obsession contre ce petit animal... Mais c'est quoi, leur problème, aux chasseurs et autres préfets, avec ce petit bestiau qui ne demande qu'à vivre et qui a, quand même, son utilité ? Pfff... On se pose des questions sur l'acharnement de l'Humain à flinguer tout ce qu'il ne comprend pas...

Anne
Le 11/04/2026 à 14:06:50

Vous allez voir, grâce à la vénerie sous terre, on va faire un tour de France et réviser nos départements. 69 : le Rhône, 44 : la Loire atlantique, etc, etc...
C'est triste à dire mais je ne me reconnais plus dans cette pseudo ruralité qui ne supporte rien de ce qui est naturel et sauvage. Pire, je l'em... à pied, à cheval et en tracteur, la pseudo.
Où êtes-vous, chers grands-parents paysans et ouvriers qui vous amusiez du hochement de la Bergeronnette grise sur votre toit et guettiez, au printemps, le retour des hirondelles nichant dans l'étable ? Les petits trous creusés dans vos belles prairies par Monsieur Meles ne vous dérangeaient pas, pas plus que sa consommation nocturne de fruits trop mûrs tombés à terre.
Vous n'étiez pas du genre à demander des tueries et des dérogations au bon sens. Nom de D... , comme vous me manquez !

Frawald
Le 10/04/2026 à 20:12:28

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