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Bilan de la cyberaction : 118 : GUATEMALA - TERRE ET TERREUR DANS LES FINCAS

“Au Guatemala, la paix a été signée, mais elle n'a pas été construite”(1).
Ces mots d'un militant guatémaltèque des droits humains résument bien la situation de ce pays, ravagé par trente-six ans de guerre civile (1960-1996). Ce fut le conflit le plus long et le plus meurtrier de l'Amérique centrale contemporaine.

Bilan de la cyberaction :

1040 participants à cette cyber @ction

Présentation de la cyberaction :

Près de 200 000 personnes, pour la grande majorité des paysans indigènes, furent exécutés de manière extrajudiciaire, massacrés ou “disparurent”. Les accords de paix signés le 31 décembre 1996 ont mis fin à cette guerre civile, mais pas aux criantes inégalités économiques et sociales dans lesquelles elle puisait ses racines. Selon la FAO(2), la faim gagne du terrain et touche aujourd'hui 3 millions de personnes, soit 10 % de plus qu’il y a dix ans. Et l'organisation internationale pointe du doigt les raisons de ce désastre : diminution de la production locale, importation massive de produits alimentaires, bas salaires... Par ailleurs, l'impunité perdure pour les auteurs de violences, notamment les groupes paramilitaires qui continuent à sévir. Face à ces injustices, les organisations paysannes se mobilisent pour exiger des changements.

Le 31 août dernier, les forces de police prennent d'assaut la Finca Nueva Linda, une propriété située dans le sud du pays. Les paysans occupaient ce domaine depuis plusieurs mois pour protester contre l'inefficacité des recherches policières et judiciaires suite à la disparition d'un de leur dirigeant, Hector René Reyes Perez. Ce militant a été vu pour la dernière fois le 5août 2003, en compagnie du responsable de la sécurité de la Finca. Or l'enquête menée sur cette affaire piétine quant elle n'est pas carrément entravée : des preuves auraient même disparu.

Alors que des fonctionnaires dialoguent avec les responsables paysans pour tenter de les persuader de quitter les lieux, un ordre est donné à la police. Des échanges de coups de feux ont lieu. La présence, aux côtés des forces officielles, d'inconnus armés et de gardes privés de la propriété est remarquée. Les journalistes couvrant l'événement sont malmenés, des appareils photos et vidéos confisqués. Bilan de l'opération : 9 morts, 45 blessés et une quarantaine de disparus.

Ce drame démontre une nouvelle fois les accointances entre la police et les propriétaires terriens. Il marque aussi une nouvelle étape dans la répression des mouvements sociaux guatémaltèques. Aux dernières informations, les policiers sont accusés de coups et blessures et vols contre les journalistes, mais ils ont été libérés sous caution et nient les faits. Les paysans sont, eux, accusés d'homicides, attentats, appartenance à un groupe armé... Sur 31 paysans arrêtés, 19 sont encore en prison.

UN REGAIN DE MOBILISATION
Depuis le début de l'année 2004, le pays est traversé par une vague de contestations. Plus de 50 occupations de terre sont dénombrées, avec leur triste corollaire : les expulsions forcées. En mars et en avril, deux importantes manifestations rassemblent chacune plus de 20000 paysans. d'autres secteurs socio-économiques se mobilisent, et une grève générale paralyse le pays les 8 et 9 juin pour protester contre les difficultés des zones rurales, demander l'arrêt des expulsions violentes, exiger des solutions à la crise agraire, dénoncer le traité de libre-échange en cours de négociation avec les Etats-Unis et les réformes fiscales. Cette action réunit paysans, maîtres d'école, vendeurs populaires, syndicalistes... Face à l'ampleur du mouvement, le gouvernement prend au mois de juin des engagements dans trois domaines : fiscal, agraire et commercial. Mais ceux-ci restent lettre morte. Parmi les promesses, les autorités s'étaient entre autres engagées à faciliter des solutions négociées pour résoudre les occupations de terre !

POUR UNE REFORME AGRAIRE INTEGRALE

Les organisations sociales ne se limitent pourtant pas à la contestation. Depuis plusieurs années, elles font des propositions aux pouvoirs publics lorsque la parole leur est donnée. Elles ont participé aux commissions mixtes issues des accords de paix pour élaborer des projets de loi et de réformes constitutionnelles. Bien souvent, leurs efforts sont restés vains. Elles persistent cependant à demander qu‚une véritable lutte soit menée contre la pauvreté, la faim et l'exclusion sociale en zone rurale.

l'un des piliers de cette politique serait la mise en ?uvre d'une véritable réforme agraire dite “réforme agraire intégrale”(3). Si la population des campagnes est si pauvre, c'est entre autres parce que paradoxalement, elle est privée d'un des modes de production fondamentaux, la terre. Les inégalités sont criantes : 2 % de la population détiennent 80 % de la terre productive.

l'accès à la terre était pourtant l'un des points des accords de paix signés en 1996.Mais les dispositions prévues n'ont pas été appliquées ou, inspirées par les modèles de la Banque mondiale, elles se sont révélées inadaptées. Quant au nouveau président du pays Oscar Berger, élu en décembre 2003, il représente une nouvelle génération d'hommes d'affaires, fils de grands propriétaires terriens peu soucieux de développement social.

Cependant, malgré le climat de violence, la fin de la guerre civile a permis à un espace politique d'exister pour faire avancer les revendications sociales. c'est cet espace que les organisations paysannes ont décidé d'occuper pour faire respecter leurs droits économiques et sociaux.

(1) Franck Larue, portrait et interview par Grégory Lassalle paru dans Solidarité Guatemala n° 107.
(2) Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture
(3) cf. Solidarité Guatemala n° 159 (été 2004), lettre publiée par le Collectif Guatemala

POUR EN SAVOIR PLUS: SOCIETE CIVILE EN MOUVEMENT Le Comité d'Unité paysanne (CUC) - où a milité Rigoberta Menchu - Prix Nobel de la Paix en 1992, a été le 1er syndicat paysan à défendre les droits des ouvriers agricoles et des paysans sans terre. Avec le processus de paix, beaucoup d'associations ont vu le jour. Un certain nombre est regroupé au sein de la CONIC (Coordination nationale indigène et paysanne). Deux grandes plates-formes font pression auprès des pouvoirs publics : la CNOC (Coordination nationale des organisations paysannes) et la Plate-forme agraire.
A LIRE :
Moi Rigoberta Menchu, Elyzabeth Burgos, Gallimard
Amérique centrale, Les naufragés d'Esquipulas, Maurice Lemoine, Edition
l'atalante

APPEL EN LIEN AVEC: Le Collectif Guatemala Fondé en 1979 par des réfugiés guatémaltèques et des militants français, le Collectif Guatemala travaille aujourd'hui à l'accompagnement international (protection civile de personnes menacées) ; l'appui aux organisations de la société civile guatémaltèque ; l'information et la sensibilisation du public français.

Contact : 21 ter, rue Voltaire 75011 Paris Tél. / Fax : 01 43 73 49 60
collectifguatemala1@libertysurf.fr.  

COMMENT AGIR:

Par lettre : vous pouvez recopier le modèle
Affranchissement : 0,90 • (ou enveloppe internationale - 8,40 • les 10)
Délai de réaction : dès réception, mais pour donner plus d'ampleur à la campagne, vous pouvez la diffuser jusqu’à mi-décembre 2004.

Traduction du texte de la lettre :

J’ai été informé par Réseau-Solidarité de l’expulsion qui a eu lieu le 31
août 2004 dans la Finca Nueva Linda, qui a fait neuf morts. Préoccupé par la
détérioration de la situation des droits économiques et sociaux, et par
l’impunité des crimes contre les paysans, je vous demande de satisfaire les
demandes des organisatiosn paysannes réunies le 12 octobre dernier : l’arrêt
immédiat des expulsions ; une enquête exhaustive et impartiale sur les faits
qui se sont produits à la Finca Nueva Linda ; le renforcement de la CONTIERRA et des programmes d’accès à la terre dans le budget 2005, et la désignation d’un commissaire aux questions agraires. Dans l’attente de votre réponse (...)

Texte de la pétition :


Oscar BERGER
Presidente de la República
6 av. 6-0 - Z 1
Guatemala Ciudad
Guatemala

à l'attention de l'ambassadeur du Guatemala en France Señor Presidente de la República,

Por medio de la Red Solidaridad Francia, me enteré del desalojo ocurrido el 31 de agosto 2004 en la Finca Nueva Linda, cuyo desalojo dejo un saldo tragico de nueve personas muertas.

Preocupado por el deterioro de la situación de los derechos economicos y sociales en Guatemala, tal como por la impunidad que gozan los crimenes
contra los campesinos, le ruego atender a las siguientes peticiones de las organiçzaciones campesinas reunidas el 12 de Octubre :
- la suspensión inmediata de los desalojos,
- una investigación exhaustiva e imparcial de los hechos violentos sucedidos en la Finca Nueva Linda,
- el fortalecimiento de CONTIERRA y de los programas de acceso a la tierra en el presupuesto 2005, y la designación de un Fiscal para Asuntos Agrarios.

En espera de su pronta repuesta, le saludo atentamente.

 

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