Faut-il accepter :
un moratoire de 5 ans sur les OGM ?
un moratoire de 5 ans sur les autoroutes ?
un moratoire de 5 ans sur les incinérateurs ?
un moratoire de 5 ans sur le nucléaire ?
un moratoire de 5 ans sur les pesticides ?
Si le moratoire de 5 ans signifie qu'on arrête de développer, jusqu'aux prochaines présidentielles, les OGM, les autoroutes, les incinérateurs, le nucléaire (civil et militaire), les pesticides, alors que, sans moratoire, on les développerait, je suis POUR.
S'il signifie qu'on ne prend aucune décision nouvelle, c'est-à -dire qu'on continue à appliquer seulement les décisions antérieures, donc qu'on continue à développer tout cela, alors je suis CONTRE.
En fait, je suis POUR la consultation rapprochée (pas dans 5 ans !) du peuple français sur les grands sujets qui déterminent l'avenir de la société française et même, dans le cas du nucléaire militaire, l'avenir de l'humanité tout entière.
A chacun de définir sa position dans le ou les domaine(s) qu'il connaît le mieux. Pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, cela fait plus de 11 ans que l'Action des Citoyens pour le Désarmement NUcléaire (ACDN) revendique l'organisation d'un référendum sur cette question.
Actuellement, nous pensons que la question devrait être formulée de la manière suivante :
- "Voulez-vous que la France demande à tous les Etats nucléaires, signataires ou non du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP), de négocier, adopter et mettre en oeuvre au plus tard en 2010 un calendrier d'élimination de leurs arsenaux nucléaires, sous un contrôle international strict et efficace, qu'elle suspende jusqu'en 2010 inclus ses programmes de nouveaux armements nucléaires et qu'elle affecte leur budget à la satisfaction de besoins sociaux, sanitaires, culturels, éducatifs, environnementaux ou humanitaires ?"
On peut ajouter les remarques suivantes :
1. Il ne s'agit pas, dans un premier temps, de demander à la France (c'est-à -dire d'imposer à sa classe politique...) un référendum sur un désarmement nucléaire unilatéral, mais seulement d'obtenir une initiative diplomatique en direction de TOUS les Etats dotés d'armes nucléaires (et membres ou non du TNP), pour que ceux-ci (dont la France) négocient les modalités pratiques et le calendrier d'élimination de toutes leurs armes nucléaires (conformément à l'article VI du TNP).
2. Cette initiative de la France serait assortie de moratoires effectifs et immédiats sur ses propres programmes de "prolifération verticale" : 4e sous-marin nucléaire lanceur d'engins nucléaires de nouvelle génération (4e SNLE-NG), missiles nucléaires M51 et ASMP-A, nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO), nouveaux Sous-marins Nucléaires d'Attaque (6 SNA), Laser Mega Joule, etc.
3. Dans un deuxième temps, si les AUTRES Etats nucléaires refusaient la négociation "de bonne foi" qu'exige l'article VI ou s'ils la faisaient échouer, il resterait toujours possible de consulter le peuple français sur cette autre question : "Voulez-vous que la France conserve sa force de frappe, ou qu'elle s'en débarrasse ?"
4. Si, actuellement, les avis des Français seraient très partagés sur cette dernière question, ils seraient en revanche une très forte majorité à répondre OUi à la question proposée par ACDN. C'est en effet ce qui ressort d'un sondage effectué fin juillet-début août 2007 par une société de sondage canadienne auprès de 1000 adultes français : 86,6 % d'entre eux souhaitent l'abolition de toutes les armes nucléaires, y compris dans ce cas celles de la France. On comprend, dans ces conditions, pourquoi la classe politique française a toujours évité, à commencer par le général de Gaulle lui-même, de consulter les Français sur cette question cruciale.
5. C'est approximativement la même proportion de Français qui sont favorables à "un moratoire sur les OGM", c'est-à -dire dans ce cas à une suspension jusqu'à nouvel ordre (jusqu'à plus ample informé) de toute culture d'OGM en plein champ. On comprend pourquoi... ETC.
6. Un sondage n'est pas un référendum (voir le précédent référendum sur le TCE)... Mais même si, lors d'un référendum sur un désarmement nucléaire intégral, universel et contrôlé, la réponse des Français devait être négative, il est du devoir de tout démocrate de la solliciter : actuellement, les Français sont, sans l'avoir voulu et même sans le savoir, les complices de la préparation d'un crime contre l'humanité et d'un suicide collectif, que les dirigeants français préparent en leur nom et avec leur argent. Les citoyens français doivent donc en prendre ou en refuser la responsabilité par un vote explicite, établi EN CONNAISSANCE DE CAUSE.
CONCLUSION : Sur CHACUN de ces sujets cruciaux, ce n'est pas un moratoire de 5 ans qu'il faut réclamer, c'est UN GRAND DEBAT NATIONAL, loyal, contradictoire et bien informé (notamment avec accès des ONG concernées à tous les médias), suivi d'un REFERENDUM clair et non truqué.
Jean-Marie Matagne, président de l'Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN),
www.acdn.net,
contact@acdn.net