Pour un référendum sur les conclusions du Grenelle

débat sur une demande de référendum pour cloturer le Grenelle de l'Environnement

Pour un référendum sur les conclusions du Grenelle

Messagede alain » 12 Oct 2007 10:48

Le grenelle citoyen a le mérite de créer du débat dans la société autour des questions liées à l'environnement. Seulement le risque existe et le premier jet semble le confirmer que cet exercice de démocratie participative à grande échelle se limite à de grandes déclarations d'intention sans réelle décision à la hauteur des enjeux mis en lumière.

A l'occasion du débat de la présidentielle, les initiateurs du projet http://primaire.org proposaient d'associer les participants à la démarche de primaire pour désigner un candidat unique de la gauche et des écologistes au premier tour de la présidentielle et des législatives à dees ACTES (Assises Citoyennes de la Transformation Ecologique et Sociale). Le principe étant d'appliquer le principe des votations suisses en faisant voter l'ensemble des participants sur tous les sujets proposés par au moins 10 000 signataires.

Comme la démarche du grenelle concerne l'ensemble de la société et non pas les seuls partisans d'une démarche politique de construction d'une nouvelle majorité, ne serait-il pas judicieux de mener campagne pour un processus référendaire qui permettrait de trancher les grandes questions qui font débat en évitant que le pouvoir ne fasse son marché dans l'ensemble des propositions en se limitant à un exercice de communication ?

Le diviser pour régner risquant de prévaloir au bout du compte, ne pourrions-nous pas nous mettre d'accord sur un texte réclamant un référendum qui pourrait permettre d'associer l'ensemble des citoyens pour trancher les grands débats en laissant la possibilité de remettre les sujets au coeur du débat de la prochaine présidentielle
Etes-vous pour ou contre
un moratoire de 5 ans sur les OGM ?
un moratoire de 5 ans sur les autoroute ?
un moratoire de 5 ans sur les incinérateurs ?
un moratoire de 5 ans sur le nucléaire ?
un moratoire de 5 ans sur les pesticides ?

Merci de vos réponses que je mettrai sur ce forum ouvert pour le Grenelle de l'Environnement

Alain Uguen
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-> référendum Grenelle

Messagede Marchand Jean-Pierre » 12 Oct 2007 18:14

Je suis contre les moratoires.
Cela constitue pour moi des blocages sans solution alternative....sinon le gel dans l'état existant....qui n'est généralement pas satisfaisant.
Et les dommages collatéraux de l'immobilisme ne sont jamais évalués
Marchand Jean-Pierre
 

référendum Grenelle

Messagede Jean-Marie Matagne (ACDN) » 13 Oct 2007 15:45

Faut-il accepter :

un moratoire de 5 ans sur les OGM ?
un moratoire de 5 ans sur les autoroutes ?
un moratoire de 5 ans sur les incinérateurs ?
un moratoire de 5 ans sur le nucléaire ?
un moratoire de 5 ans sur les pesticides ?

Si le moratoire de 5 ans signifie qu'on arrête de développer, jusqu'aux prochaines présidentielles, les OGM, les autoroutes, les incinérateurs, le nucléaire (civil et militaire), les pesticides, alors que, sans moratoire, on les développerait, je suis POUR.

S'il signifie qu'on ne prend aucune décision nouvelle, c'est-à-dire qu'on continue à appliquer seulement les décisions antérieures, donc qu'on continue à développer tout cela, alors je suis CONTRE.

En fait, je suis POUR la consultation rapprochée (pas dans 5 ans !) du peuple français sur les grands sujets qui déterminent l'avenir de la société française et même, dans le cas du nucléaire militaire, l'avenir de l'humanité tout entière.

A chacun de définir sa position dans le ou les domaine(s) qu'il connaît le mieux. Pour ce qui concerne le désarmement nucléaire, cela fait plus de 11 ans que l'Action des Citoyens pour le Désarmement NUcléaire (ACDN) revendique l'organisation d'un référendum sur cette question.

Actuellement, nous pensons que la question devrait être formulée de la manière suivante :

- "Voulez-vous que la France demande à tous les Etats nucléaires, signataires ou non du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP), de négocier, adopter et mettre en oeuvre au plus tard en 2010 un calendrier d'élimination de leurs arsenaux nucléaires, sous un contrôle international strict et efficace, qu'elle suspende jusqu'en 2010 inclus ses programmes de nouveaux armements nucléaires et qu'elle affecte leur budget à la satisfaction de besoins sociaux, sanitaires, culturels, éducatifs, environnementaux ou humanitaires ?"

On peut ajouter les remarques suivantes :

1. Il ne s'agit pas, dans un premier temps, de demander à la France (c'est-à-dire d'imposer à sa classe politique...) un référendum sur un désarmement nucléaire unilatéral, mais seulement d'obtenir une initiative diplomatique en direction de TOUS les Etats dotés d'armes nucléaires (et membres ou non du TNP), pour que ceux-ci (dont la France) négocient les modalités pratiques et le calendrier d'élimination de toutes leurs armes nucléaires (conformément à l'article VI du TNP).

2. Cette initiative de la France serait assortie de moratoires effectifs et immédiats sur ses propres programmes de "prolifération verticale" : 4e sous-marin nucléaire lanceur d'engins nucléaires de nouvelle génération (4e SNLE-NG), missiles nucléaires M51 et ASMP-A, nouvelles têtes nucléaires océaniques (TNO), nouveaux Sous-marins Nucléaires d'Attaque (6 SNA), Laser Mega Joule, etc.

3. Dans un deuxième temps, si les AUTRES Etats nucléaires refusaient la négociation "de bonne foi" qu'exige l'article VI ou s'ils la faisaient échouer, il resterait toujours possible de consulter le peuple français sur cette autre question : "Voulez-vous que la France conserve sa force de frappe, ou qu'elle s'en débarrasse ?"

4. Si, actuellement, les avis des Français seraient très partagés sur cette dernière question, ils seraient en revanche une très forte majorité à répondre OUi à la question proposée par ACDN. C'est en effet ce qui ressort d'un sondage effectué fin juillet-début août 2007 par une société de sondage canadienne auprès de 1000 adultes français : 86,6 % d'entre eux souhaitent l'abolition de toutes les armes nucléaires, y compris dans ce cas celles de la France. On comprend, dans ces conditions, pourquoi la classe politique française a toujours évité, à commencer par le général de Gaulle lui-même, de consulter les Français sur cette question cruciale.

5. C'est approximativement la même proportion de Français qui sont favorables à "un moratoire sur les OGM", c'est-à-dire dans ce cas à une suspension jusqu'à nouvel ordre (jusqu'à plus ample informé) de toute culture d'OGM en plein champ. On comprend pourquoi... ETC.

6. Un sondage n'est pas un référendum (voir le précédent référendum sur le TCE)... Mais même si, lors d'un référendum sur un désarmement nucléaire intégral, universel et contrôlé, la réponse des Français devait être négative, il est du devoir de tout démocrate de la solliciter : actuellement, les Français sont, sans l'avoir voulu et même sans le savoir, les complices de la préparation d'un crime contre l'humanité et d'un suicide collectif, que les dirigeants français préparent en leur nom et avec leur argent. Les citoyens français doivent donc en prendre ou en refuser la responsabilité par un vote explicite, établi EN CONNAISSANCE DE CAUSE.

CONCLUSION : Sur CHACUN de ces sujets cruciaux, ce n'est pas un moratoire de 5 ans qu'il faut réclamer, c'est UN GRAND DEBAT NATIONAL, loyal, contradictoire et bien informé (notamment avec accès des ONG concernées à tous les médias), suivi d'un REFERENDUM clair et non truqué.

Jean-Marie Matagne, président de l'Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN), www.acdn.net, contact@acdn.net
Jean-Marie Matagne (ACDN)
 

Messagede terrienne » 14 Oct 2007 10:10

GRENELLE de l’environnement : des lumières et des ombres.

La société du spectacle et de la frime, des discours trompeurs et des mots trahis, disserte abondamment sur l’environnement, l’écologie, la défense de la planète.

Les pires fossoyeurs du vivant, les plus féroces accapareurs dégoulinent de bonnes intentions affichées et vous jurent la main sur le cœur qu’il faut faire la Révolution verte, proclamation qui serait burlesque si elle ne servait de soporifique venant d’individus obsédés d’ordre, de conservation des privilèges, paroles de gardiens cruels de tous les lobbies de la mort et de la prévarication.

Invitées par le monarque électif français, davantage proche de BUSH que de AL GORE, à réfléchir et débattre « d’environnement », les associations bonnes filles travaillent sérieusement, sagement en veillant bien à ne pas sortir des clous, s’infligeant une stricte auto-censure.

Par exemple, il est interdit de prononcer au GRENELLE de l’environnement le très gros mot de « chasse ».

Que cette activité de pur loisir soit la première cause de raréfaction et d’artificialisation de la faune en ce temps et en ce pays doit être passé sous silence.

En revanche, il est hautement conseillé de s’intéresser au climat, à la fonte des banquises, sous réserve tout de même que les puissants intérêts des rois de l’asphalte et du béton ne soient pas remis en question.

Parlez, braves associations besogneuses. Rédigez de bons rapports qui seront publiés et en bout de course le chef de l’état et lui seul, puisque lui seul décide désormais de toute chose, en tirera les conclusions qu’il lui plaira de tirer.

Ni le BTP, ni le CPNT, ni la FNSEA ni les transporteurs routiers n’ont à redouter l’avenir immédiat.

Est-ce à dire que le battage fait autour du GRENELLE de l’environnement sera vain, voire pire, masquera les turpitudes des adorateurs du profit et de la croissance pour les copains ?

A force de se draper dans les habits de la vertu écologiste, les imposteurs rendent hommage à leurs adversaires idéologiques.

Que sortira-t-il du GRENELLE de l’environnement ?

Ceci : la planète n’est pas infinie et les activités anthropiques compromettent son atmosphère, ses eaux, ses sols, sa biosphère.

Il faut agir.

Pour agir, il faut changer les hommes au pouvoir qui ne sont, ici et ailleurs, que des agents du Marché, des commis des forces d’argent qui pillent et détruisent la Nature, des conservateurs qui perpétuent l’éthique anthropocentrique.

Parallèlement au GRENELLE de l’environnement et en opposition aux préoccupations écologiques, un « groupe de réflexion » sur les freins à la croissance, groupe conduit par un ancien ami du Président Mitterrand dénonce le principe de précaution, empêcheur de spéculer et de détruire sans frein ni limite.

Dans un esprit malhonnête, répandu en ce pays plus qu’en tout autre, les tenants de la croissance et du productivisme feignent de rabaisser la pensée écologiste à une peur infantile et irrationnelle face au progrès des sciences et des techniques.

Ils feignent, avec une splendide mauvaise foi, d’ignorer que nous effectuons un choix positif, résolu, rationnel et très élaboré, consistant à mettre le vivant et la Nature au centre des valeurs, là où les anciens mettaient des dieux, des titans, et où les moins anciens mettaient l’espèce humaine.

L’espèce humaine est une partie intégrante de la biosphère et comme toutes les autres composantes du vivant a été et sera soumise à la loi de l’évolution.

Rien ne permet de penser que cette évolution est achevée et que nous sommes davantage différents des hommes qui vécurent il y a quelques dizaines de milliers d’années, que ceux qui y vivront dans quelques milliers d’années seront différents de nous.

L’auto-adoration est une douce illusion.

L’homme d’aujourd’hui n’est ni un centre, ni un sommet, mais une simple étape de l’aventure de la vie sur terre.

Ce qui vaut, c’est l’aventure de la vie sur la planète.

Que voilà une réflexion fondamentale bien éloignée des préoccupations des serviteurs de l’argent, uniquement soucieux des bénéfices des entreprises.

La politique néo-conservatrice méprise les « intellectuels » (crânes d’œufs) comme les totalitarismes du parti unique les méprisaient en les qualifiant de dissidents.

Le pouvoir n’aime guère ce qui fait penser, ce qui pourrait remettre en question les vérités révélées, les hiérarchies établies toujours sur l’injustice et l’abus.

Les victimes de cette société n’ont rien à espérer de concret du GRENELLE de l’environnement qui accouchera de mesurettes symboliques, mais l’opinion publique saura que même les néo-conservateurs parlent d’écologie.

Un jour, lassés d’en entendre parler en vain, les citoyens comprendront-ils qu’il faut agir en écologistes ?

Gérard Charollois
Convention vie & nature pour une écologie radicale
L'homme est un singe qui a mal tourné.
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contribution de MC Gamberini

Messagede alain » 15 Oct 2007 9:12

salut,

louable initiative (notamment pour l'idée de donner un délai concret pour les moratoires, au lieu de laisser la durée dans le flou), mais je proposerais, à titre indicatif, les reformulations suivantes ;

un moratoire de 5 ans sur toute culture d'OGM en plein champ
un moratoire de 5 ans sur la construction de nouvelles autoroutes ou portions d'autoroutes
un moratoire de 5 ans sur toute construction et mise en service de nouveaux incinérateurs
un moratoire de 5 ans sur tout nouveau projet d'installation nucléaire en France ou à l'exportation
un moratoire de 5 ans sur l'utilisation de pesticides (mais faudrait peut-être préciser lesquels, parce que je crois que, même en bio, on en utilise...)

c'est plus long (et on peut sûrement améliorer), mais un moratoire "sur les OGM" ou "sur le nucléaire", concrètement, ça ne veut pas dire grand-chose, et ça ne contribue guère à éclairer les enjeux...

amicalement,
mc
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