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Pétition : contre l’extraction de sable coquillier en baie de Lannion

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Pétition mise en ligne le 16/01/2012 , proposée par : Peuple des dunes en Trégor


Elle prendra fin le : 31/03/2012



Le projet d’extraction de 8 millions de m3 de sable en 20 ans par 40 m de fond entre deux zones Natura 2000 et qui est une zone essentielle pour la pêche, la protection de la faune et les autres activités liées à la mer menace directement les emplois locaux.

[ 3 177 participations ]

logo peuple des dunes en trégor

Plus d'infos

Monsieur le Préfet
Préfecture du Finistère
42 boulevard Dupleix 29320 Quimper cedex
Le 07 Janvier 2012
Objet : Baie de Lannion demande de concession minière d’ouverture de travaux, d’exploitation et d’autorisation d’occupation domaniale, déposée par la Compagnie Armoricaine de Navigation (Pontrieux 22) en vue d’exploiter un gisement de sable coquillier.
Monsieur le Préfet,
J’ai l’honneur d’attirer votre haute attention sur le projet d’extraction de sable coquillier en baie de Lannion, dénommé gisement Pointe d’Armor, à proximité immédiate de Trébeurden, qui a fait l’objet d’un rapport d’enquête publique en date du 11 Janvier 2011. Ce rapport émet un avis favorable à cette demande déposée par la société Compagnie Armoricaine de Navigation, filiale du Groupe Roullier de Saint-Malo. Après réunion de la commission minière du 06 mai dernier qui ne revêt « aucun caractère conclusif », vous avez transmis ce dossier au ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable, des Transports et du Logement pour étude et décision concernant le titre minier.
Ce rapport appelle de la part du collectif d’associations que je représente les plus extrêmes réserves :
1. Le commissaire enquêteur a assorti son avis favorable de cinq recommandations, dont certaines sont des préalables essentiels, notamment la nécessité de faire établir, avant toute décision, un état initial scientifiquement pertinent hors l’intervention de la CAN, protocole conseillé par l’IFREMER. De l’avis de tous les scientifiques que nous avons consultés un tel état initial, pour être significatif, doit être réalisé sur une période assez longue (2 voire 3 ans). Or à notre connaissance cet état initial n’a pas été réalisé comme l’exigeraient les règles de l’art.
Ses conclusions sont très largement contredites par le rapport de l’IFREMER, qui de l’avis même du commissaire enquêteur, fait référence en ce domaine. En effet l’IFREMER dans son rapport très critique du 24 janvier dernier émet :
a) un avis réservé sur la demande de concession
b) un avis très réservé sur la demande d’exploitation.
2. Les questions soulevées par la DREAL ne trouvent pas de réponse concernant :
a) l’absence de justification du site
b) L’absence de discussion des mesures techniques pour limiter les impacts (ce qui indique au passage qu’il y aura bien des impacts !)
c) l’état initial de la faune et de la flore
3. La réduction de 400 000 m3 à 330 000 m3/an préconisée par le commissaire enquêteur ressemble à une plaisanterie lorsque l’on sait que les besoins en sable de la totalité de l’agriculture bretonne représentent moins de 100 000 m3/an et qu’en 2008 la quantité totale de sable coquillier et de maërl extraite était inférieure à 650 000 m3 dont moins de 250 000 m3 de sable coquillier pour toute la France.
4. Il n’est nullement tenu compte, dans le rapport du commissaire enquêteur des retours d’expérience sur d’autres sites d’extraction tout simplement et à notre grande surprise parce que cela n’existe pas: aucun retour d’expérience sur les sites de la Horaine et de la Cormorandière où la CAN a extrait du maërl pendant plusieurs années. Aux dires des pêcheurs professionnels, le fond sous-marin présente à ces endroits, un aspect « lunaire » : il n’existe plus ni faune, ni flore : un vrai désastre écologique. Le Commissaire Enquêteur aurait pu s’inspirer notamment de l’extraction expérimentale, disponible et fort instructive, réalisée en Baie de Seine de 2006 à 2011.
5. Le rapport fait fréquemment mention de la nécessité de maintenir l’emploi à la CAN, analyse économique qui reste bien floue quant au nombre d’emplois maintenus et qui peut surprendre dans ce type de rapport, mais il fait bien peu de cas des emplois locaux qui seraient supprimés si ce projet voyait le jour. La zone d’extraction envisagée est une zone de pêche essentielle pour les professionnels de la pêche dont certains ont indiqué qu’ils quitteraient leur métier si ce projet devait voir le jour (cf. étude du comité local des pêches de Paimpol : sur 1 550 jours de pêche pour 19 navires, 770 jours de pêche se déroulent sur ce site). En effet, la dune hydraulique est le refuge naturel des lançons, poisson fourrager des lieus, bars, raies, lottes, barbues…lieu de pêche aussi de homards et de coquilles Saint-Jacques. Aucune mention n’est faite de l’impact sur les métiers du tourisme, du nautisme, de l’activité des pêcheurs-plaisanciers et des plongeurs (3 000 participants/an). Or des emplois locaux seront là aussi menacés, même si cela n’arrive que plus progressivement. D’autres sites d’exploitation, plus au large et moins sensibles écologiquement, maintiendraient tout aussi bien l’emploi à la CAN. Ce chantage à l’emploi à sens unique est inacceptable.
6. Aucune mention n’est faite des solutions alternatives possibles. Non seulement, comme l’ont noté la DREAL et l’IFREMER, sur d’autres sites marins moins sensibles mais aussi avec d’autres types d’amendement (crépidule, tangue, organisation de collecte de coquillages consommés…).
Mais plus encore, ce rapport méprise l’avis des citoyens et des élus :
1. Sur 1 403 avis recueillis au cours de l’enquête, 1 132 sont défavorables, soit plus de 80%. Le commissaire enquêteur a l’honnêteté de reconnaitre qu’une part des avis favorables émane des employés de la CAN !!
2. Les 13 communes riveraines de la baie de LANNION concernées par l’enquête publique ont TOUTES délibéré et se sont TOUTES prononcées contre ce projet ainsi que Lannion Trégor Agglomération.
3. Il plane parmi la population l’idée que les « jeux étaient faits » avant même le démarrage de l’enquête publique. Si l’Etat ou ses services ont pris des engagements avec le Groupe Roullier pour compenser l’interdiction à partir de 2013 de l’extraction du maërl, la moindre des choses serait de les révéler publiquement ou, si ce n’est pas le cas de le dire publiquement. De même si le commissaire enquêteur a eu, dans ses activités antérieures, des relations directes ou indirectes avec le Groupe Roullier, il serait souhaitable qu’une transparence totale vienne conforter nos citoyens.
Nos associations ne sont pas opposées à ce que notre pays exploite les ressources marines auxquelles notre situation géographique nous donne accès. Elles souhaitent seulement que cette exploitation se fasse dans le respect de l’environnement et du principe de précaution, ce qui n’est pas le cas de ce projet. Elles souhaitent aussi que les attentes légitimes des citoyens sur la protection de leur environnement et la transparence des arguments soient prises en compte.
Enfin, il convient de souligner que ce projet d’extraction de sable coquillier se situe, curieusement, entre les zones Natura 2000 des 7 Iles et de Morlaix. L’étude du dossier d’enquête publique sur les incidences sur les zones Natura 2000 est très superficielle et ne fait que répondre à une demande du dossier sans exigences scientifiques prouvées. Aucune étude sérieuse indépendante n’a été effectuée sur l’évolution de la courantologie, de la turbidité portant atteinte à la réserve naturelle des 7 Iles, des mouvements de sable formant la dune hydraulique de Trézen Ar Gorjégo.
Pour toutes ces raisons, notre collectif émet un avis catégoriquement défavorable à ce projet immature dont les conséquences seraient irréversibles.
Je vous prie de croire, Monsieur le Préfet, à l’expression de ma haute considération.
Pour le Peuple des Dunes En Trégor
Alain Bidal
Président de l’association Trébeurden Patrimoine et Environnement

Texte de la pétition

Je m’oppose à l’extraction de sable coquillier en baie de Lannion

 

Signature de la pétition contre l’extraction de sable coquillier en baie de Lannion

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Commentaires

7 cyberacteurs ont commenté cette Pétition :

Extraction de sable. Les parlementaires PS au créneau


La pression s'accentue sur le projet d'extraction de sable coquillier en baie de Lannion. D'accord avec les opposants, les parlementaires socialistes ont adressé un courrier à la ministre de l'Écologie.



Hier, Jean-Luc Fichet, sénateur du Finistère, Yannick Botrel, sénateur des Côtes-d'Armor et Corinne Erhel, députée des Côtes-d'Armor, ont adressé un courrier officiel à Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'Écologie, du développement durable, des transports et du logement. Dans leur lettre, les parlementaires socialistes reprennent très largement l'argumentaire du collectif «Le peuple des dunes en Trégor» et rappellent que ce projet, porté par la Compagnie armoricaine de navigation (groupe Roullier), «prévoit l'extraction de 600.000 tonnes de sable durant vingt ans. À raison de 345 extractions chaque année, sur 4km² et, par endroits, à près de 40m de profondeur, nombre d'élus et de professionnels s'interrogent légitimement sur l'impact de tels prélèvements», écrivent-ils.

Rappelant que le site convoité jouxte un espace classé Natura2000, les élus évoquent le rapport du commissaire enquêteur qui «pointe nombre d'interrogations et dénonce des carences dans l'état des lieux objectif de la biodiversité de cette baie». «Pour autant, et c'est surprenant, le projet bénéficie d'un avis final favorable alors que sur 1.403 avis recueillis, 1.132 sont défavorables, soit plus de 80%», poursuivent les élus. Des parlementaires qui rappellent que sur les treize communes riveraines de la baie de Lannion, «toutes ont exprimé leur parfait désaccord» et que «les professionnels de la pêche émettent d'immenses réserves quant à la pérennité de leurs activités dans cette zone». Pour les parlementaires au créneau, «l'opportunité économique» ne saurait tout commander. «De tels projets ne peuvent aboutir sans études préalables d'impact réalisées par des organismes indépendants. Seul un organisme de recherche public peut être chargé d'un tel travail et missionné par le gouvernement».

Posté par Alain Uguen
Le 10/02/2012 à 13:45:44


ce n'est pas UN jour sans chasse par semaine, le dimanche ou un autre que je voudrais voir instaurer, mais seulement DEUX JOURS DE CHASSE par semaine! ça se passait comme ça dans les marais d'olonne, peut-être d'ailleurs est-ce toujours le cas, et ce n'était pas plus mal, et l'on pouvait aller observer les oiseaux sans se faire descendre en forêt les forestiers se plaignent des dégâts causés aux plantations, les chasseurs se plaignent des concentrations excessives de gibier sur les zones les moins accessibles aux chasseurs, et si on leur f... la paix de temps en temps?

Posté par jeane
Le 24/01/2012 à 19:41:17


D'un côté il y a la préservation d'un site et le bon sens, de l'autre c'est des profits immédiats pour certains.
Je me demande juste si en corse (par exemple),on aurait discuté autant et si ce projet avait une chance de voir le jour ?

Posté par J-Claude
Le 18/01/2012 à 19:03:45


Attention à Ifremer dans l'avenir : des sélections de candidats à des postes peu stratégiques se font à Paris : sur quels critères ?

Posté par halais
Le 17/01/2012 à 15:34:19


Encore un merdier où un projet ne peut se concevoir que avec des très gros sous , pour un volume énorme et une durée très limitée . C'est vraiment la mode du court terme du monde sans sagesse des financiers ,toujours et encore .
J'ai relié à mon pont de vue un collègue , qui trouvait les crises normales , en soulevant l'intérêt du très long terme , qui est davantage porteur de sagesse et de bienfaits .

Posté par halais
Le 17/01/2012 à 15:30:15


Je suis désespérée de voir que l'enquête publique ne sert à rien.... Je signe uniquement parce que les locaux n'ont pas été écoutés !

Posté par behalors
Le 17/01/2012 à 13:44:41


Encore une fois, je vois que la pression est mise par des ''industriels peu scrupuleux '' qu'un seul élément intéresse : le gain immédiat et non les risques écologiques qui ne manqueront d'impacter gravement un bassin de population bien plus large que celui visé par le pétitionnaire par son chantage à la perte d'emplois.Les incidences à plus ou moins long terme coûteront beaucoup plus cher que l'argent gagné par le seul pétitionnaire, mais ce sera à la charge d'une collectivité qui n'en a pas et n'aura pas, même dans plusieurs décennies les moyens de cicatriser les immondes plaies faites à la nature pour le seul profit.Je ne comprends pas pourquoi dans ce type de site avec les types d'enjeux connus, ce n'est pas l' IFREMER qui a voix prépondérante : où est la cohérence de toutes les actions qui sont énumérées (mais rarement concrétisées) pour un retour à un meilleur équilibre de la chaine ?

Posté par DOUTEAU Maurice
Le 17/01/2012 à 09:34:33


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